Stéphane Laporte

Samedi 17 janvier 2015 | Mise en ligne à 14h59 | Commenter Commentaires (121)

La liberté d’expression

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Les gens de Charlie-Hebdo ont le droit de s’exprimer.

Les gens contre les gens de Charlie-Hebdo ont le droit de s’exprimer.

Les gens contre les gens contre les gens de Charlie-Hebdo ont le droit de s’exprimer.

Mais personne n’a le droit de se tuer.

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Dimanche 11 janvier 2015 | Mise en ligne à 18h44 | Commenter Commentaires (103)

À quand la télé française diffusée au Québec ?

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Quand un événement heureux ou tragique se déroule aux États-Unis, on peut le suivre comme si on y habitait. On allume notre télé et on a accès à toutes les chaines américaines: NBC, CBS, ABC, CNN, FOX…  On a l’embarras du choix.

Quand un événement heureux ou tragique survient en France,  on peut le suivre de loin, de très loin. On n’a pas grand chose à se mettre sous les yeux. TV5 qui diffuse quelques émissions françaises, c’est tout. Pas de France 2, pas de TF1, pas de BFMTV.

Faut fouiller sur l’internet.

Pourtant on est en 2015, y’a pas de raisons que nos bouquets de Vidéotron ou de Bell ne nous offrent pas les chaines de nos cousins.

Protéger la langue française, c’est permettre aux francophones d’avoir accès à la culture des autres francophones.

Ouvrez-nous une fenêtre sur la France !

Le monde, ce n’est pas juste CNN.

Si la télé veut survivre à l’ordinateur, qu’elle nous offre la planète, elle aussi.

PS: Un ami twitter me souligne que France 24 est, en ce moment. débrouillé au 199 sur Vidéotron. On en veut plus !

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Mercredi 3 décembre 2014 | Mise en ligne à 19h48 | Commenter Commentaires (39)

Une victoire signée Jean Béliveau

Un soir de printemps 1971. Derek Sanderson vient de compter un but. Un autre. C’est 5 à 1, Boston. Le sors en est jeté. Les Bruins sont trop forts pour le tricolore. Ils vont nous sortir des séries. Mon père me dit :
< Stéphane, tes Canadiens vont perdre, va te coucher ! >
Le ton grave, malgré ma voix de garçon de 10 ans en train de muer, je lui réponds :
< – Non Papa, c’est pas fini, il faut avoir la foi !
- Mon pauvre petit gars, ils sont morts, vas mettre ton
pyjama, tu reviendras me dire bonsoir !>
La tête entre les deux jambes, je me dirige vers ma chambre. Frustré. Mon
père ne comprend rien ! Dans la vie, il faut croire. Même quand ça va mal. Surtout quand ça va mal. Le prof l’a dit, ce matin, durant le cours de religion. La foi peut déplacer des montagnes. Alors elle peut sûrement déplacer le gros Esposito devant le but. Pour être sûr de mettre toutes les chances de mon côté, j’adresse une petite prière au ciel. < Bon Dieu, je sais que je n’ai pas le droit de vous déranger avec ça, je sais que vous avez des choses plus graves à vous occuper comme la guerre du Vietnam ou la séparation des Beatles, mais si vous pouviez faire en sorte que le Canadien gagne, je serai tellement content.> J’enfile mon pyjama en flanelette, et je retourne regarder la Sainte-Flanelle. Mon père m’interpelle :
< – Non Stéphane, installe-toi pas devant la télé, c’est fini, c’est 5 à 1, donne-moi un bec et va te coucher…
- Papa, donne-moi encore cinq minutes, je suis sûr qu’ils vont revenir
dans le match. J’ai la foi !>
Mon père branle la tête. Désespéré…
< Cinq minutes pas plus…>
Je m’allonge sur le tapis. Le visage à six pouces de l’écran. Et j’espère très
fort. Très très fort. Les cinq minutes passent. C’est toujours 5 à 1. Le Canadien n’a pas compté. Papa a raison. C’est peine perdue. Je suis aussi bien d’aller me coucher. J’ai un examen d’anglais demain. Je remets mes pantoufles. Et je viens pour donner un bec à papa. Henri Richard compte ! Je lâche un cri ! Mon père me modère les transports :
< Stéphane, calme-toi. Ça fait juste 5 à 2. Y’est trop tard. Va te coucher !>
Je n’écoute plus mon papa. Je n’écoute que Lecavalier. Je m’en veux d’avoir lancé la serviette trop tôt. Quand on a la foi, on ne lâche jamais. J’ai l’impression de les avoir trahi. Mes Glorieux. Je ne le ferai plus jamais. Cette fois, j’en suis sûr, on va remonter la côte. Je m’écrase à nouveau sur le tapis. À trois pouces de l’écran. Mon père fronce les sourcils :
< Stéphane ! Je te donne un autre cinq minutes mais c’est le dernier ! >
La troisième période commence. Béliveau, mon idole, compte, assisté de Cournoyer et de Ferguson. C’est 5 à 3. Je suis à un pouce de l’écran.
< OK Stéphane, ça fait ! Ça va faire 20 minutes, que Papa t’a dit 5 minutes ! Va te cou…>
Mon père n’a pas le temps de finir sa phrase. Béliveau compte un autre but ! 5 à 4. Plus question que j’aille me coucher ! Over my petit body ! Tout est possible. Même mon père commence à y croire. Je sors ma langue un peu à chaque fois que les Glorieux s’approchent du filet d’Eddie Johnston. On dirait que ça les aide. Lemaire compte ! 5 à 5. Yeah ! Le mouvement est irréversible. John Ferguson loge la rondelle derrière le gardien des Bruins.  6 à 5, Canadien ! Youppi ! Vive la foi ! Le prof avait raison. Ça se termine 7 à 5 pour les bons. 7 à 5 pour les miens.
Le visage illuminé, je donne un bec à mon papa et je m’en vais finalement me coucher. Heureux. En collant ma tête sur l’oreiller, je pousse un long soupir : < Merci Bon Dieu !>.
C’est niaiseux de remercier le bon Dieu pour une partie de hockey. J’ai beau avoir dix ans, je le sais. Mais c’est pas juste pour ça que je lui dis merci. Je lui dis merci pour la foi. Merci pour la vie. La foi, c’est pas compliqué, c’est juste de croire en la vie. Même pas en Dieu. Juste en la vie. On peut ne pas croire en Dieu. On ne peut pas ne pas croire en la vie. De toute façon, c’est la même chose.
Depuis cette soirée, à chaque fois que je suis dans la schnoutte jusqu’au cou, à chaque fois que ma situation semble désespérée, je me dis que si le Canadien a réussi à battre Bobby Orr et les Bruins, chez eux, au Garden, 7 à 5, après avoir tiré de l’arrière 5 à 1, je peux m’en sortir moi aussi. Et ça marche. Pas tout le temps. Mais souvent.
Jean Béliveau, Henri Richard, Ken Dryden et les autres ont appris à l’enfant que j’étais, que dans la vie, il ne faut jamais lâcher. Il faut toujours avoir confiance. Il faut avoir la foi. En ses moyens. Et en ceux des gens qui nous entourent. Continuer à jouer. À foncer. Même si c’est 5 à 1. Ce n’est pas la seule chose que les Glorieux m’ont apprise.  Ils m’ont aussi appris l’humilité, le courage, la confiance en soi et l’esprit d’équipe. C’est à ça que servaient les joueurs de hockey dans ce temps là. Apprendre aux enfants, la foi. Apprendre aux enfants, la vie.
Je ne sais pas si les enfants d’aujourd’hui ont la foi. Mais une chose est sûre, ce ne sont pas les joueurs du Canadien qui vont leur donner. On ne donne que ce que l’on a. Pourtant, les Savage, Quintal, Corson, Brisebois les ont vus, eux aussi, les Béliveau, Richard, Dryden, Cournoyer. Si seulement, ils pouvaient s’en rappeler…
Joyeux Pâques ! Ayez la foi ! Mais oubliez la Coupe Stanley ! Pour cette année…

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Un soir de printemps 1971. Derek Sanderson vient de compter un but. Un autre. C’est 5 à 1, Boston. Le sort en est jeté. Les Bruins sont trop forts pour le tricolore. Ils vont nous sortir des séries. Mon père me dit :

< Stéphane, tes Canadiens vont perdre, va te coucher ! >

Le ton grave, malgré ma voix de garçon de 10 ans en train de muer, je lui réponds :

” – Non Papa, c’est pas fini, il faut avoir la foi !

- Mon pauvre petit gars, ils sont morts, va mettre ton pyjama, tu reviendras me dire bonsoir !”

La tête entre les deux jambes, je me dirige vers ma chambre. Frustré. Mon père ne comprend rien ! Dans la vie, il faut croire. Même quand ça va mal. Surtout quand ça va mal. Le prof l’a dit, ce matin, durant le cours de religion. La foi peut déplacer des montagnes. Alors elle peut sûrement déplacer le gros Esposito devant le but. Pour être sûr de mettre toutes les chances de mon côté, j’adresse une petite prière au ciel. < Bon Dieu, je sais que je n’ai pas le droit de vous déranger avec ça, je sais que vous avez des choses plus graves à vous occuper comme la guerre du Vietnam ou la séparation des Beatles, mais si vous pouviez faire en sorte que le Canadien gagne, je serai tellement content.> J’enfile mon pyjama en flanellette, et je retourne regarder la Sainte-Flanelle. Mon père m’interpelle :

” – Non Stéphane, installe-toi pas devant la télé, c’est fini, c’est 5 à 1, donne-moi un bec et va te coucher…

- Papa, donne-moi encore cinq minutes, je suis sûr qu’ils vont revenir dans le match. J’ai la foi !”

Mon père branle la tête. Désespéré…

“Cinq minutes, pas plus…”

Je m’allonge sur le tapis. Le visage à six pouces de l’écran. Et j’espère très fort. Très très fort. Les cinq minutes passent. C’est toujours 5 à 1. Le Canadien n’a pas compté. Papa a raison. C’est peine perdue. Je suis aussi bien d’aller me coucher. J’ai un examen d’anglais demain. Je remets mes pantoufles. Et je viens pour donner un bec à papa. Henri Richard compte ! Je lâche un cri ! Mon père me modère les transports : < Stéphane, calme-toi. Ça fait juste 5 à 2. Y’est trop tard. Va te coucher !>

Je n’écoute plus mon papa. Je n’écoute que Lecavalier. Je m’en veux d’avoir lancé la serviette trop tôt. Quand on a la foi, on ne lâche jamais. J’ai l’impression de les avoir trahis. Mes Glorieux. Je ne le ferai plus jamais. Cette fois, j’en suis sûr, on va remonter la côte. Je m’écrase à nouveau sur le tapis. À trois pouces de l’écran. Mon père fronce les sourcils : ” Stéphane ! Je te donne un autre cinq minutes mais c’est le dernier ! ¨

La troisième période commence. Béliveau, mon idole, compte, assisté de Cournoyer et de Ferguson. C’est 5 à 3. Je suis à un pouce de l’écran.

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“OK Stéphane, ça fait ! Ça va faire 20 minutes, que Papa t’a dit 5 minutes ! Va te cou…”

Mon père n’a pas le temps de finir sa phrase. Béliveau compte un autre but ! 5 à 4. Plus question que j’aille me coucher ! Over my petit body ! Tout est possible. Le capitaine n’a pas quitté le bateau. Et c’est lui qui sonne la charge. 2 buts en moins de 2 minutes du Grand Jean. Même mon père commence à y croire. Je sors ma langue un peu, chaque fois que les Glorieux s’approchent du filet d’Eddie Johnston. On dirait que ça les aide. Lemaire compte ! 5 à 5. Yeah ! Le mouvement est irréversible. John Ferguson saisit une passe de Jean Béliveau et loge la rondelle derrière le gardien des Bruins.  6 à 5, Canadien ! Youppi ! Vive la foi ! Le prof avait raison. Ça se termine 7 à 5 pour les bons. 7 à 5 pour les miens.

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Le visage illuminé, je donne un bec à mon papa et je m’en vais finalement me coucher. Heureux. En collant ma tête sur l’oreiller, je pousse un long soupir de satisfaction. Je suis content de moi. Je n’ai pas lâché. J’y ai cru. Et j’ai eu raison d’y croire. Parce que mes idoles n’ont pas lâché non plus. Surtout mon héros. Le 4.

Depuis cette soirée, chaque fois que je suis dans la schnoutte jusqu’au cou, chaque fois que ma situation semble désespérée, je me dis que si le Canadien a réussi à battre Bobby Orr et les Bruins, chez eux, au Garden, 7 à 5, après avoir tiré de l’arrière 5 à 1, je peux m’en sortir moi aussi. Et ça marche. Pas tout le temps. Mais souvent.

Jean Béliveau et les siens ont appris à l’enfant que j’étais, que dans la vie, il ne faut jamais lâcher. Il faut toujours avoir confiance. Il faut avoir la foi. En ses moyens. Et en ceux des gens qui nous entourent. Continuer à jouer. À foncer. Même si c’est 5 à 1. Ce n’est pas la seule chose que Béliveau m’a apprise.  Il m’a aussi appris l’humilité, le courage, la confiance en soi et l’esprit d’équipe. C’est à ça que servaient les joueurs de hockey dans ce temps là. Apprendre aux enfants, la vie.

Merci Monsieur Béliveau. Vos victoires ont fait de nous des gagnants.

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