Patrick Lagacé

Archive de la catégorie ‘Gens beaux zé célèbres’

Marc-Yvan Côté a été ministre du Parti libéral du Québec. Il a été organisateur pour le Parti libéral du Canada. Quand son nom est sorti à la Commission Gomery qui se penchait sur le scandale des commandites, il a été sanctionné par le PLC : suspendu à vie par Paul Martin, alors premier ministre.

Pourquoi son nom était-il sorti à la Commission Gomery ? Pour une affaire d’argent cash lors de l’élection fédérale de 1997. Extrait du site de TVA Nouvelles :

L’ancien organisateur libéral a accepté 120 000$ en argent comptant de la part du directeur général du PLC, Michel Béliveau, lors des élections de 1997.

M. Côté explique qu’il est seulement coupable d’avoir fait confiance au directeur de son parti. Il ajoute qu’il n’a jamais sollicité ces fonds ni tiré profit personnellement de cet argent.

Ce cash était, nous résumait la CBC, pour distribuer à des travailleurs d’élection libéraux. Et à des candidats libéraux, selon Radio-Canada. Toujours selon ce résumé de 2005 des audiences de Gomery de Radio-Canada, M. Côté a dit au juge Gomery à propos de cette façon de faire qu’il s’agissait d’une « erreur ».

Bon. Ça, c’était en 2005.

Fast forward à 2012. L’émission Enquête recueille les confessions de Gilles Cloutier, le même Gilles Cloutier qui a commencé à témoigner chez la juge Charbonneau lundi le 30 avril. Il raconte à Marie-Maude Denis que son patron chez Roche était… Marc-Yvan Côté, le même Marc-Yvan Côté qui s’était retrouvé chez le juge John Gomery. Dans les histoires de Cloutier, M. Côté apparaît dans ces histoires de financement occulte d’élections clé en main. Gilles Cloutier a déclaré aujourd’hui que c’est Marc-Yvan Côté qui a donné le feu vert quand, selon ses dires, Frank Zampino a demandé 100 000$ cash de Roche, avant l’élection municipale montréalaise de 2001. M. Côté, selon M. Cloutier, aurait même été présent lors d’une rencontre avec Frank Zampino, à ce sujet.

Donc, résumons :

En huit ans, Marc-Yvan Côté a été impliqué dans deux commissions d’enquête différentes dans des histoires de financement de campagnes électorales par des moyens occultes impliquant du cash. Si on se fie à ce que raconte Gilles Cloutier chez la juge Charbonneau, M. Côté n’a pas appris de son « erreur » de 1997, telle que confessée chez le juge Gomery.

C’est tout.

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Dans ma chronique de ce matin, je porte un regard très dur mais que j’estime lucide sur l’entrevue de Céline Galipeau avec Mgr Marc Ouellet. Ceux qui le désirent peuvent lire cette chronique intitulée La génuflexion de Céline Galipeau sur le site de La Presse.

Le Premier directeur de l’information télévisée à Radio-Canada, Jean Pelletier, a pris la défense de sa chef d’antenne dans une note de service envoyée aux travailleurs de l’info télévisée de la société d’État, from coast to coast, et publiée sur un blogue radio-canadien. Je la retranscris intégralement ci-bas. Ma réponse se trouve juste après.

Chers collègues,
M. Patrick Lagacé peut penser ce qu’il veut et l’écrire à sa guise avec talent ou mépris. Son journal consacre à sa chronique une place importante jugeant sans doute que ses vitupérations se vendent bien. Il a son émission de télé et on peut l’entendre à la radio, bref il se prononce sur tout et en mène large.

Il a choisi hier de s’en prendre au travail de notre collègue Céline Galipeau qui a commis l’offense suprême à ses yeux de ne pas « décoiffer » le Cardinal Ouellet lors de l’entrevue qu’il lui a accordée à Rome samedi dernier. Sa critique est empreinte de mépris, elle n’évite aucune mesquinerie et est truffée de mots inutilement blessants, sans parler des jurons, tout cela parce que M. Lagacé – il n’y a là aucun conflit d’intérêt bien sûr- veut démontrer qu’il n’y a que lui dans la confrérie qui sait mener des entrevues. Dans la pratique de cet art difficile, M. Lagacé ne croit qu’en une chose : dans une entrevue ce ne sont pas les réponses qui comptent mais bien la colère des questions. Amener quelqu’un à se révéler autrement qu’à force de coups poings oratoires est pure perte de temps.

Nous croyons que ce métier peut se pratiquer autrement et que dans le cas qui nous occupe, le travail de notre chef d’antenne a fait en sorte d’amener le Cardinal Ouellet à en dire bien plus qu’il ne l’aurait souhaité, un constat largement partagé.
Loin de nous l’idée de reprocher à Patrick Lagacé de se prononcer sur tout et sur rien y compris Radio-Canada. Ses chroniques parfois méprisantes à notre égard ne font que nous convaincre encore plus de la sagesse de nos pratiques journalistiques.

Jean Pelletier
Premier directeur, Information télévision
Services français

Jean Pelletier a droit à son opinion, il a même le droit d’interpréter mes opinions à sa guise, mais il n’a pas le droit d’inventer des faits.

J’ai maintes fois défendu et vanté le travail du secteur de l’information à Radio-Canada. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai fait écho au travail remarquable de l’équipe d’Enquête, menée par Alain Gravel et Marie-Maude Denis. Quand Radio-Canada a été attaquée après cette formidable nouvelle touchant l’indépendance politique de la Sûreté du Québec, j’ai défendu sur plusieurs tribunes la pertinence de cette nouvelle et j’y ai favorablement fait écho. Quand la société d’État a fait l’objet d’attaques de son principal concurrent privé, je les ai déplorées. Sur le fond, j’ai souvent exprimé l’importance d’un diffuseur public qui consacre des ressources journalistiques considérables à des sujets qui laissent indifférents les diffuseurs privés.

Oui, j’ai parfois critiqué du travail radio-canadien. J’ai en mémoire quelques épisodes où le service de l’information de la société d’État a braconné le travail journalistique de La Presse en reprenant des nouvelles publiées ici sans nous en donner le crédit, pratique que je que je considère cheap et contraire aux us et coutumes du métier. Mais j’ai aussi esquinté TVA pour le même genre de conduite. J’ai aussi en mémoire un commentaire sur une entrevue à mon sens ratée de Bernard Derome avec Lucien Bouchard.

Si le « Premier directeur » croit vraiment que ce genre de critique tient du mépris, c’est qu’il a la peau bien mince.

Jean Pelletier ne se donne par ailleurs pas la peine de citer ces « chroniques parfois méprisantes ». Bizarre et éloquent.

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Mardi 12 février 2013 | Mise en ligne à 9h24 | Commenter Commentaires (104)

Denise Bombardier n’a pas toujours toléré le plagiat

J’évoquais l’an dernier cette curieuse affaire de plagiat commis par Françoise Laborde dans un livre que la Française cosignait avec Denise Bombardier l’an dernier. Confrontée sur ce larcin intellectuel commis par son amie et coauteure, Mme Bombardier a refusé d’en parler l’an dernier. Dimanche, sur le plateau de Tout le monde en parle, elle a rageusement lancé des écrans de fumée pour éviter de répondre aux questions que je lui posais là-dessus (chronologie du bras de fer sur mon blogue) puis hier, avec la même rage, elle a encore prétendu que cette histoire de plagiat n’existe pas…

Je l’ai dit, je le répète : quand on a jonglé avec les mots et les idées toute sa vie, comme Mme Bombardier ; quand on a fait un doctorat à La Sorbonne, comme Madame Bombardier, on sait ce qu’est le plagiat et la saloperie que le plagiat représente, que ce soit en recherche universitaire, en littérature ou en journalisme. Depuis que son amie Laborde a volé le travail d’une journaliste de Slate, sans attribution, Mme Bombardier semble avoir perdu sa boussole morale en pareille matière et prétend même que le nord magnétique n’existe pas…

Mais je découvre avec soulagement qu’il fut une époque où Denise Bombardier dénonçait le plagiat.

Je la cite :

Cet état d’esprit préside aussi au plagiat dans les travaux scolaires et universitaires. Internet n’est-il pas un instrument de connaissance? Alors, ils transcrivent sans vergogne avec d’autant plus d’assurance qu’ils misent sur la paresse, l’ignorance ou le découragement de leurs profs incapables de réagir ou de découvrir la fraude. Bien évidemment, dans la foulée de la laïcité mal comprise, le «rendons à César ce qui appartient à César», exclu du cursus scolaire, leur est inconnu. Désormais, «qui trouve garde» est leur credo. Voilà pour les travaux faits maison. Pour les examens, le système de copiage fait florès. D’autant plus que l’étudiant qui sait se sent dans l’obligation de transmettre sa science aux autres, l’appartenance au groupe, elle, étant sacrée. Copier aux examens n’est donc plus une faute mais une question de possibilité ou d’impossibilité, selon le système de surveillance.

C’était dans Le Devoir du 15 novembre 2003, dans une chronique intitulée L’honnêteté ? Connais plus !

Bref, le plagiat vaut la peine d’être dénoncé quand il concerne notre jeunesse à la dérive ; il n’existe pas quand il s’agit de notre amie.

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