Patrick Lagacé

Archive, novembre 2013

Mardi 12 novembre 2013 | Mise en ligne à 9h55 | Commenter Commentaires (73)

Tania Longpré, un poteau embarrassant

Le collègue Simon Boivin a exhumé d’anciens statuts Facebook de Tania Longpré, candidate péquiste dans Viau. Ouf, je veux bien croire qu’il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée, mais quand même, faire un virage à 180 degrés en si peu de temps sur le sujet fondamental de la légitimité de la chef Pauline Marois, c’est quelque chose…

Il y a deux ans, donc, alors que le PQ était en pleine tourmente, alors que sa chef était hyper-contestée, Tania Longpré s’est tournée vers Facebook pour dire que Pauline Marois devrait retourner jardiner, que l’entourage de la chef devrait être recyclé et que le PQ se fichait de l’article 1 de son programme, celui sur la souveraineté. Ah, oui, elle a aussi dit que le PQ devrait disparaître… Sans oublier que les priorités du genre les places en garderie, le PQ devrait les larguer: « Une connerie ».

Deux ans plus tard, elle représente la bannière péquiste dans cette élection partielle qui devrait selon toute logique consacrer David Heurtel, le candidat libéral !

Ouf…

Par où commencer ?

Commençons par cette entrevue qu’elle accordait ce matin à Paul Arcand : une de ses premières lignes de défense fut de dire que la politique est sale, qu’elle est la cible d’attaque de gens qui souhaitent la salir (je paraphrase).

Euh… Non. Pas du tout. Il ne s’agit pas de sortir un événement survenu il y a 20 ans, dont l’impact sur sa candidature n’a qu’un lien diffus. Il s’agit de propos tenus il y a deux ans, en public, et qui témoignent au minimum d’un changement de cap absolument sidérant de la part de la candidate, sur des sujets politiques. Des propos écrits par la candidate elle-même. Pour le salissage, on repassera. Ça ressemble à s’autopeluredebananiser doublé d’un manque de prévoyance au cube: comment la candidate pensait-elle pouvoir échapper ainsi à ses propres mots ?

Ce qui me frappe aussi, dans les commentaires de Mme Longpré rapporté par Simon Boivin, c’est la vacuité qui s’en dégage. Bordel, un peu de hauteur, un peu de vision : c’est ce qu’on espère de ceux qui font le saut en politique. Et pourtant non, au-delà du 180 degrés politique que ces statuts démontrent, ils exposent aussi une capacité de réflexion du niveau d’un… statut Facebook.

Le PQ a réussi à attirer, ces dernières années, des jeunes candidats aux intellects formidables — je pense spontanément à Mme Hivon et à M. Cloutier — qui ont une réflexion intéressante sur la société et sur les débats, qu’on soit d’accord avec leur affiliation politique ou non. À côté d’eux, la recrue péquiste dans Viau souffre de la comparaison, mettons.

On dira que Mme Longpré n’est qu’un poteau, que dans Viau n’a aucune chance d’être élue. Justement : on s’attend d’un poteau qu’il soit un bon soldat, qu’il fasse acte de présence, qu’il récolte au pire un bon score et au mieux qu’il chauffe le candidat dont la victoire est inévitable.

On ne s’attend pas à ce qu’un poteau embarrasse son parti, embarrasse sa chef.

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Si la Sûreté du Québec était un corps de police talentueux, si la SQ n’était pas une police politique, il y aurait déjà eu une enquête criminelle sur le fait suivant: dès 2007, Michel Arsenault, chef de la FTQ, est sous écoute policière dans le cadre d’une enquête criminelle. Ce sont nos collègues de QMI, Andrew McIntosh et Félix Séguin, qui ont sorti cette histoire.

Mais voilà: en 2009, l’écoute électronique perd toute son efficacité furtive. Parce que quelqu’un, dans ce corps de police, a ouvert sa grande gueule. Les flics découvrent, à espionner Arsenault, qu’il se sait espionné. Alors que pensez-vous qu’Arsenault fait? Il fait attention. L’affaire vient de rebondir ce matin à la Commission Charbonneau.

C’est absolument scandaleux. C’est de l’amateurisme carabiné et criminel.

Qui a parlé, à la SQ ?

Qui a fait en sorte que Michel Arsenault se sache sous écoute ?

La théorie, c’est que la SQ a prévenu le politique que Michel Arsenault, poids lourd syndical, politique et économique, était sous écoute. Une sorte de geste de bienveillance à l’égard du gouvernement.

D’un point de vue policier, d’une point de vue judiciaire, c’est de la bouillie pour les chats. Une enquête de police — dans une société où le politique et le policier sont vraiment séparés par un mur de Chine — ne devrait jamais souffrir de telles indiscrétions.

Alors, qui a parlé, au gouvernement de Jean Charest ? Qui a fait savoir à Arsenault qu’il était sous écoute?

Nous ne le saurons pas. Parce que la SQ est une police d’amateurs, parce que la SQ est une police incompétente. Elle n’a pas initié d’enquête criminelle pour savoir qui avait ainsi pulvérisé une enquête s’étant étalée sur des dizaines de mois. Pas grave, on ferme les livres !

Voyez l’absurdité de la suite des événements : quand QMI a éventé cette affaire en septembre, Michel Arsenault a exigé une enquête policière pour savoir qui était allé se confier aux journalistes McIntosh et Séguin. Et il l’a obtenue ! La fuite a eu lieu sous un gouvernement libéral ; l’enquête criminelle qui lance une chasse aux sources journalistiques sous les péquistes. Ainsi va la vie qui va à la SQ, police politique, qui jamais ne mordra ses maîtres.

Je récapitule : une enquête de police avorte parce que la cible de l’enquête a été prévenue qu’on l’espionnait. Il n’y a pas de chasse à la taupe. Des sources racontent l’affaire troublante à des journalistes de QMI… Il y a une chasse aux taupes, ordonnée par le ministre lui-même !

Des fois, je me demande si les grands boss de la SQ ont dans leurs dossiers des photos d’officiels du PQ et du PLQ dans des positions compromettantes, avec des chèvres. C’est la seule piste plausible expliquant pourquoi la SQ n’est pas sanctionnée pour ce genre d’incompétence. Mais au fond, c’est un deal qui arrange police et politiques : la SQ ne se fait pas écoeurer pour ses manquements ; la police n’écoeure pas le politique pour ses crosses.

(En septembre, je pondais un autre texte sur la SQ, en tant que police politique.)

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Dimanche 3 novembre 2013 | Mise en ligne à 21h38 | Commenter Commentaires (102)

Pourquoi suis-je fasciné par cette photo de Denis Coderre?

Photo Olivier Jean — La Presse

Photo Olivier Jean — La Presse

Mon camarade Olivier Jean nous arrive avec une photo hallucinante de Denis Coderre, nouveau maire de Montréal.

Hallucinante, parce qu’elle capture Denis Coderre, le politicien en perpétuelle campagne, dans toute sa certitude.

Tu as les clés de la maison, Denis…

Sais-tu ce que tu vas faire avec, maintenant? Telle est la question.

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