Patrick Lagacé

Archive, septembre 2013

Lundi 30 septembre 2013 | Mise en ligne à 7h57 | Commenter Commentaires (21)

Trame sonore : que la Force soit avec elle

La BBC a sondé le public sur un sujet de la plus haute importance. Je parle bien sûr de la trame sonore de film préférée des Britanniques. Résultat : Star Wars, épisode IV arrive en tête de liste. La célèbre trame de John Williams recueille 21% des voix, suivie de The Good, the Bad and the Ugly (Ennio Morricone), à 17%. West Side Story (Leonard Bernstein).

Dans l’ordre des choses, cela est.

Bon début de semaine.

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Vendredi 27 septembre 2013 | Mise en ligne à 11h02 | Commenter Commentaires (69)

Jacques Parizeau va-t-il torpiller la Charte des valeurs ?

Photo La Presse

Photo La Presse

Quand Jacques Parizeau parle, les souverainistes écoutent, c’est bien connu. L’ancien premier ministre a beau espacer ses sorties médiatiques, ses mots peuvent provoquer des ondes de choc qui décoiffent le leadership péquiste. « Monsieur », en effet, n’hésite jamais à envoyer des coups de semonce quand le PQ adopte des postures qui lui déplaisent.

M. Parizeau, semble-t-il, s’apprête à faire connaître ses vues dans le débat sur la Charte des valeurs québécoises. Hier soir, il s’est présenté au lancement du livre de Jean Dorion, Inclure – Quelle laïcité pour le Québec, un ouvrage très critique face à la vision péquiste de la laïcité et des valeurs québécoises. D’ailleurs, peu après l’élection de septembre 2012, M. Dorion avait annoncé qu’il n’avait pas voté pour le PQ. Extrait de sa lettre au Devoir, qui formait l’ossature du livre publié cette semaine chez Québec Amérique : J

’ai donc laissé à ceux et celles qui rêvent de vivre un jour dans le seul coin de l’Amérique du Nord où une mère de famille pourrait se voir priver d’un gagne-pain pour cause de foulard la responsabilité de leur projet. Je reste un indépendantiste, un défenseur radical du français.

Que signifie la présence de Jacques Parizeau au lancement du livre d’un souverainiste bien connu qui torpille la Charte des valeurs québécoises du PQ ?

J’ai posé la question à Jean Dorion, ce matin…

« C’est un grand honneur que M. Parizeau m’a fait en venant à mon lancement. Mais je préférerais que ce soit M. Parizeau lui-même qui dise ce qu’il pense du livre et de cet enjeu. »

Mais M. Parizeau, fin stratège, ne peut pas ignorer ce que signifie sa présence au lancement du livre de Jean Dorion. Et entre les branches, au journal, nous avons appris que l’ancien chef péquiste prépare une lettre dans laquelle il se prononcera sur la Charte des valeurs québécoises portée par le ministre Bernard Drainville.

Qu’en dira-t-il, quand il publiera son épître?

Lui seul le sait. Mais conjuguez sa présence au lancement de M. Dorion et une citation récente de Lisette Lapointe, épouse de M. Parizeau et ex-députée de Crémazie, dans la foulée de l’expulsion de Maria Mourani du Bloc québécois pour ses propos critiques face à la Charte (« Imaginez une loi où, dans certains cas, on oblige les fonctionnaires à enlever leurs signes religieux, [mais] les députés peuvent les garder ») et on peut penser que chez les Parizeau-Lapointe, on ne trouve pas que c’est l’idée du siècle.

Gageons qu’au bureau de Pauline Marois, on doit être un peu nerveux. Bien sûr, d’autres fleurons de la famille souverainiste ont émis des doutes sur la Charte des valeurs québécoises. Mais M. Parizeau est encore perçu comme le principal penseur de la souverainiste et son influence auprès des militants n’a pas d’équivalent chez les ténors souverainistes. Un mauvais mot de sa part sur la Charte pourrait avoir l’effet d’un missile Scud sur le projet péquiste.

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Mercredi 25 septembre 2013 | Mise en ligne à 16h27 | Commenter Commentaires (103)

La procréation assistée, à hauteur de maman

Image sans rapport, et pourtant...

Image sans rapport, et pourtant...

Ma collègue Pascale Breton avait une nouvelle ce matin, sur la hausse des grossesses multiples à la suite de traitements de fertilisation in vitro (FIV). Depuis 2010, Québec rembourse ces traitements, évidemment très populaires auprès des parents aux prises avec des problèmes de fertilité. Il semble, selon les informations de Pascale, que des médecins et/ou des cliniques ne respectent pas la consigne sur l’implantation d’un seul embryon.

Extrait :

Mais l’augmentation au cours des dernières semaines des demandes de réduction foetale sonne l’alarme. Il semble que l’implantation de plus d’un embryon soit de nouveau une pratique utilisée. «Nous avons été saisis de la situation et une enquête est en cours», indique à ce sujet la porte-parole du Collège des médecins, Leslie Labranche. Elle refuse toutefois de divulguer les noms des médecins ou des cliniques qui pourraient être visés par l’enquête.

Je ne pense rien de cette politique, dont je sais qu’elle irrite beaucoup de médecins dans le système de santé. Il y a quelques années, quand j’ai fait une série sur le cancer pour La Presse, nombre de spécialistes se plaignaient bien sûr du manque de ressources: plusieurs considérent que c’est une dépense collective injustifiable, quand on sait que les besoins pour soigner les malades sont illimités.

Je sais aussi le drame intime qui ronge les couples qui tentent, en vain d’avoir un enfant. Après avoir lu la nouvelle de Pascale, Julie Marchiori m’a écrit cette lettre, même si je n’ai pas d’opinion sur le sujet, même si je n’ai jamais écrit une ligne sur le sujet. Il y avait un souffle suffisamment fort dans sa lettre pour que je lui demande la permission de vous la présenter. Voici donc…

Monsieur Lagacé,

(J’me lance dans la 2e personne du pluriel, celle qu’on dit polie, j’m’adresse à un représentant des médias, après tout).

Donc.

Monsieur Lagacé,

Je lis La Presse. Chaque matin. Des faits. Des opinions. J’suis d’accord. Ou pas. Souvent, avec les même « écriteurs ». Qui se ressemble se lise. Peut-être. C’est pas mon propos. C’est sur votre courriel que j’ai cliqué quand j’ai décidé qu’il était temps de dire un truc. Là. Maintenant.

Sporadiquement, mais invariablement, La Presse publie un joli bucket d’articles au sujet de la procréation assistée. Alerte aux abus. Mère indigne. Service à l’auto : trio bébé yeux bleu-nez retroussé, pour emporter, sivouplêêê. Fonds public dilapidés. Facteur émotif, sortez vos mouchoirs, Julie Snyder va vous faire pleurer sur l’air du Titanic. On entre en PMA (Procréation Médicalement Assistée) comme dans une rave party : on va prendre des pills, on va se taponner, on va rapidement sortir de là exaltée, engrossée, aux frais du contribuable. Who’s next, au suivant!

Non.

Parce que quelqu’un doit bien dire non, un moment donné.

Pour la majorité des gens qui passe par là, la PMA, ce n’est pas du tout ça.

La Presse dresse, sciemment ou non, un portrait unilatéral franchement trompeur du véritable calvaire que vivent ces couples, ces gens, ces femmes au prise avec un diagnostic l’infertilité (parce qu’il s’agit réellement d’un diagnostic. Comme la polio. L’urticaire. La syphilis grimpante. Ou le diabète).

La Presse ne dit mot.

De tous ces deuils accumulés après autant de protocoles échoués.

De tous ces matins, tôt levé, pour une énième échographie de follicules comptés, pendant parfois des années.

De ces innombrables injections, ponctions, am/pm qui font de votre ventre et de vos bras un champ de mars d’ecchymoses constellé.

De ce corps qui ne vous répond plus.

De cette intimité dont on vous dérobe et qu’on abandonne, faute de choix.

Du miracle de la vie qui devient chantier de l’échangeur Turcot médical, sous lampes halogènes, stériles.

De ces hormones homologuées (et hors de prix) qui distordent tant le cycle de la vie que l’humeur du quotidien

De ces équipes médicales qui vous sourient et vous soutiennent malgré les KO.

Et de ces belles histoires, qui au final, existent. Justement. Et, surtout.

La Presse ne dit mot.

Cet être extraordinaire qui surgi de tout ce magma merdique. Qui, dans 30 ans, contribuera bien par ses impôts à votre chère pension, vaut-il moins que la subvention attribuée à la méga corporation qui n’en a que pour le contentement de ses actionnaires? Vaut-il plus que ce 3% de ristourne, monnayé à même la poignée de main échangée sur le ponton d’un yacht franchement luxe au large de la Méditerranée? Vaut-il plus ou moins que tous ces millions évadés faisant du tourisme fiscal quelque part au Luxembourg?

La Presse choisi ses articles.

La société choisi ses batailles.

Moi, j’ai choisi la mienne.

On mettra au monde une citoyenne, made in Laboratoire. Active. Riche de son intelligence. Critique de son quotidien. Généreuse envers sa patrie et sa communauté. Qui lira Lagacé et le vouvoiera peut-être, par un beau matin de septembre pour dire, enfin : Non, un moment donné, faut dire la vérité.

La PMA, c’est beaucoup plus que ce qu’on lit entre les lignes. Que La Presse en parle. Ou pas.

Julie Marchiori.

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