Patrick Lagacé

Archive, mai 2013

Vendredi 31 mai 2013 | Mise en ligne à 16h01 | Commenter Commentaires (110)

Il était une fois… Brise estivale

J’ai lancé la semaine dernière un appel à tous pour une série d’été, qui s’intitulera « Il était une fois… »

Inspiré par cet appel à tous, un lecteur qui s’appelle Martin Lévesque m’a écrit une petite nouvelle. Ça fait une bonne lecture de week-end, je trouve. Titre : Brise estivale. La voici :

Je ne crois pas qu’il y ait plus grand supplice pour l’âme que de constater être à des années lumières de la raison de son bonheur.

Elle était radieuse.

J’ai rêvé que c’était pour moi.

Son sourire rendait ses yeux espiègles et sa robe était de celles que le vent plaque sur la peau, laissant au hasard des courants le soin de deviner les délicates courbes de son corps.

J’ai déposé mes lèvres sur ses joues, laissant traîner une main sur ses hanches.

- Ça va toi ? j’ai demandé

- Ça va. J’attends un copain

- Un, ou Ton copain ?

- Un bon copain

- Je croyais que le bon copain c’était moi, que j’avais au moins atteint ce statut

- Fais pas ton niaiseux, tu sais ce que je veux dire

- Non, justement, mais explique, j’en trépigne d’envie

Elle a commencé, excitée comme une petite fille à qui on vient de donner un méga suçon rouge. J’ai allumé une cigarette. En rejetant longtemps ma première bouffée, j’ai fait signe que bon, j’avais pas vraiment envie de savoir et puis d’ailleurs il arrivait, j’allais pouvoir me faire ma propre idée sur ce grand con qui sans laisser sa conversation avec son portable, laissa fondre un baiser au creux de sa nuque.

Je suis resté là les mains dans les poches à me balancer sur les talons, passant d’elle émerveillée à lui juste con. Il a terminé son entretien – probablement fictif – sur des mots lourds et autoritaires.

- Martin, je te présente André. André, c’est Martin, un collègue

Il m’a tendue une main dégoulinante d’assurance, main que j’ai d’ailleurs laissée fendre l’air en solo.

Bonne soirée, j’ai dit en m’approchant de Julie et avant même qu’elle ne réalise mon geste, mes lèvres étaient soudées aux siennes. Puis profitant du malaise ambiant, j’ai tourné les talons.

- C’est quoi son problème ?

- … une petite mouche volant par là m’aurait raconté une Julie encore sous le choc

- Tes collègues t’embrassent souvent comme ça ?

- Heu, non

- C’EST QUOI TON PROBLÈME ? qu’il cria, manifestement à mon attention

J’ai fait un doigt d’honneur sans me retourner, souhaitant entendre ses pas, sentir sa main sur mon épaule et mes jointures lui éclater le nez.

Rien.

Rien qu’une petite mouche qui se marrait bien.

Drelin, il fallait s’y attendre.

- C’était quoi ça ?

- Ça quoi ?

- Ton p’tit numéro de tantôt ?

- Il est là ?

- Oui. Non. Parti me chercher un verre

- C’était bon

- Bon quoi ?

- Tes lèvres

- Qu’est-ce qui t’a pris ?

- J’ai envie de toi

- …

- Tu viens me rejoindre ?

- T’es où ?

AJOUT, dimanche, 16:21 — Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu les commentaires laissés à la suite d’un billet de blogue (le mien ou un autre). Ça m’a rappelé pourquoi ça faisait longtemps que je n’avais pas lu les commentaires laissés à la suite d’un billet de blogue.

Lire les commentaires (110)  |  Commenter cet article






Vendredi 24 mai 2013 | Mise en ligne à 15h00 | Commenter Commentaires (63)

Appel à tous : « Il était une fois… »

« Il était une fois… »

C’est ainsi que commencent les contes pour enfants. Et c’est ainsi que je pense commencer chaque chronique d’une série qui sera publiée cet été dans La Presse. D’où cet appel à tous.

J’ai déjà quelques idées en tête, des histoires que je n’ai pas pu (ou pas su) raccrocher à l’actualité, ces derniers mois. Que je n’ai donc pas pu raconter. Que je vais raconter cet été, dans cette série estivale qui va s’intituler, tout bêtement « Il était une fois… »

Bref, cet appel à tous est une invitation à me raconter une histoire. Peut-être qu’elle se transformera en chronique.

Une histoire ? Eh oui, une histoire, celle d’un lieu, d’un événement, d’une photo, d’une rencontre, d’une déception, d’une victoire, d’une vie, d’une mort, d’une légende locale, d’un personnage, d’une chicane…

C’est vous qui décidez. J’en cherche une demi-douzaine, environ.

Seul critère d’admissibilité, ou presque : il faut que l’histoire soit vraie. Et humainement vérifiable. Je sais que la vérité dépend parfois du point de vue où on se trouve, mais je pense que vous comprenez ce que je veux dire… Bref, je ne vais malheureusement pas pouvoir raconter la fois où vous avez été kidnappé par des extraterrestres. Ces gens-là ont la fâcheuse tendance à ne pas retourner les appels des journalistes.

On me contacte par courriel : iletaitunefois1972@gmail.com

Lire les commentaires (63)  |  Commenter cet article






Hein ?

Quoi ? !

Un policier a bousculé un homme de 85 ans en marge de la conférence de presse de Denis Coderre (dont mon collègue Normandin fait un résumé) ?

Quand j’ai vu passer ça, je me suis dit : « Joyeux cinglé. »

Puis, j’ai vu la vidéo sur le site de TVA. J’ai bien sûr grimacé en voyant le pauvre Monsieur faire un vol plané.

Mais si vous voulez y voir de la brutalité policière, libre à vous. On peut bien sûr s’obstiner à savoir si le policier a réagi trop fortement en repoussant ainsi le Monsieur.

Mais une chose est claire à mes yeux : c’est TOUJOURS une mauvaise idée de s’interposer entre un policier et un citoyen qu’il interpelle. C’est une encore plus mauvaise idée de poser la main sur un flic qui est en train d’interpeller un citoyen. Et c’est une idée désastreuse de le faire dans son angle mort, alors que ce n’est pas sur vous que son attention se porte. Ça correspond assez clairement à la définition d’entrave au travail d’un policier (entrave souvent invoquée à outrance par les policiers, c’est vrai).

C’est dommage, mais quand la police interpelle une personne, ce n’est ni l’endroit ni le moment pour jouer les pacificateurs ou plaider la cause d’une personne. Même si la police a tort. Même si vous avez 85 ans (je présume ici que cette info est exacte, je ne l’ai pas vérifiée moi-même). Même si votre cause (le logement social) est on ne peut plus juste. Même si vous pensez que la personne interpellée ne devrait pas être inquiétée.

Si vous voulez aider la personne interpellée, faites ce que des gens faisaient à ce moment précis : filmez, photographiez. Ça, c’est votre droit le plus strict (un droit que les policiers ont tendance parfois à piétiner sous toutes sortes de prétextes, disons-le) et c’est un geste qui peut réprimer les ardeurs des têtes brûlées portant un uniforme. Mais vous interposer entre un policier et un citoyen qu’il est en train d’interpeller risque de vous valoir un vol plané.

« Un policier bouscule un homme de 85 ans » : c’est une manchette qui rend mal à l’aise. Mais je regarde les images de TVA et je ne peux pas dire en toute bonne foi que le costaud policier a même eu le temps de déterminer qui il repoussait ainsi. Encore moins son âge.

Autre truc : le jeune homme interpellé par le policier avant la bousculade est le même jeune homme — à moins qu’un autre ne se soit déguisé exactement comme lui — qui s’est posté derrière le candidat à la mairie, le visage caché par un masque. Porter un masque, en vertu du règlement municipal P6, est interdit. On peut ne pas aimer ce règlement, on peut espérer que la contestation judiciaire dont il fait présentement l’objet soit un succès, ça ne change rien au fait que si on porte un masque et qu’on va le porter dans une conférence de presse télédiffusée en direct, les flics vont fort probablement vous interpeller. C’est ce qu’ils ont fait avec ce jeune homme.

Lire les commentaires (223)  |  Commenter cet article






publicité

  • TWITTER

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    mai 2013
    L Ma Me J V S D
    « avr   juin »
     12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  
  • Archives