Patrick Lagacé

Archive, avril 2013

Marc-Yvan Côté a été ministre du Parti libéral du Québec. Il a été organisateur pour le Parti libéral du Canada. Quand son nom est sorti à la Commission Gomery qui se penchait sur le scandale des commandites, il a été sanctionné par le PLC : suspendu à vie par Paul Martin, alors premier ministre.

Pourquoi son nom était-il sorti à la Commission Gomery ? Pour une affaire d’argent cash lors de l’élection fédérale de 1997. Extrait du site de TVA Nouvelles :

L’ancien organisateur libéral a accepté 120 000$ en argent comptant de la part du directeur général du PLC, Michel Béliveau, lors des élections de 1997.

M. Côté explique qu’il est seulement coupable d’avoir fait confiance au directeur de son parti. Il ajoute qu’il n’a jamais sollicité ces fonds ni tiré profit personnellement de cet argent.

Ce cash était, nous résumait la CBC, pour distribuer à des travailleurs d’élection libéraux. Et à des candidats libéraux, selon Radio-Canada. Toujours selon ce résumé de 2005 des audiences de Gomery de Radio-Canada, M. Côté a dit au juge Gomery à propos de cette façon de faire qu’il s’agissait d’une « erreur ».

Bon. Ça, c’était en 2005.

Fast forward à 2012. L’émission Enquête recueille les confessions de Gilles Cloutier, le même Gilles Cloutier qui a commencé à témoigner chez la juge Charbonneau lundi le 30 avril. Il raconte à Marie-Maude Denis que son patron chez Roche était… Marc-Yvan Côté, le même Marc-Yvan Côté qui s’était retrouvé chez le juge John Gomery. Dans les histoires de Cloutier, M. Côté apparaît dans ces histoires de financement occulte d’élections clé en main. Gilles Cloutier a déclaré aujourd’hui que c’est Marc-Yvan Côté qui a donné le feu vert quand, selon ses dires, Frank Zampino a demandé 100 000$ cash de Roche, avant l’élection municipale montréalaise de 2001. M. Côté, selon M. Cloutier, aurait même été présent lors d’une rencontre avec Frank Zampino, à ce sujet.

Donc, résumons :

En huit ans, Marc-Yvan Côté a été impliqué dans deux commissions d’enquête différentes dans des histoires de financement de campagnes électorales par des moyens occultes impliquant du cash. Si on se fie à ce que raconte Gilles Cloutier chez la juge Charbonneau, M. Côté n’a pas appris de son « erreur » de 1997, telle que confessée chez le juge Gomery.

C’est tout.

Lire les commentaires (71)  |  Commenter cet article






Publicité contre la violence faite aux femmes, en Arabie saoudite

Publicité contre la violence faite aux femmes, en Arabie saoudite

L’Arabie saoudite, un pays où la démocratie n’existe pas et d’où émanent plusieurs sources de financement de mouvements islamistes radicaux, mais que l’Occident n’embête pas car il nous fournit du pétrole sans problème, bien connu pour sa société civile basée sur la charia qui fait des femmes des citoyennes de seconde zone, est exposée à une première campagne de publicité contre…

La violence faite aux femmes.

Troublant.

C’est comme si la femme montrée dans la pub était doublement battue, mais que seul l’oeil au beurre noir était répréhensible.

Lire les commentaires (58)  |  Commenter cet article






Jeudi 25 avril 2013 | Mise en ligne à 15h57 | Commenter Commentaires (77)

L’École de management Gérald Tremblay : ayoye !

Le témoignage à la Commission Charbonneau de Gérald Tremblay, ex-maire de Montréal est très instructif. Il permet de jeter un autre éclairage sur des événements qui ont secoué l’Hôtel de ville dans les années Tremblay. La réaction en chaîne s’est étirée sur quelques années et a mené à la démission de Gérald Tremblay, mais tout commence par le fameux contrat des compteurs d’eau, une affaire de 400M$ qui a été marquée par plusieurs irrégularités.

Ainsi donc, on a appris aujourd’hui de la bouche de l’ex-maire que :

— S’il avait su que Frank Zampino (son bras droit et président du comité exécutif), était ami avec Rosaire Sauriol et Antonio Accurso, qu’il les avait côtoyés dans des destinations exotiques pendant le processus d’appel d’offres, il aurait a) viré Zampino et b) annulé l’appel d’offres

— Quand il a su que Frank Zampino quittait la Ville pour aller travailler à la firme de génie Dessau, dont Rosaire Sauriol était un des dirigeants, il n’était pas d’accord, il l’a dit à Zampino et à Sauriol. Le maire trouvait que ça n’avait aucun sens que Dessau, membre du consortium ayant gagné le fameux contrat de compteurs d’eau, embauche le numéro 2 de la Ville. Réponse de Zampino et Sauriol, selon le maire : ce n’est pas de vos affaires.

— Quand il a su que Frank Zampino était allé sur le yacht de Tony Accurso, il lui a demandé des preuves du paiement de son passage sur l’embarcation. Zampino a refusé quand il a su que le maire allait les rendre publiques. Zampino a aussi refusé de dire qui était dans les trois autres chambres du Touch. Selon l’ex-maire, si Zampino lui avait dit qui était là, cela aurait mis en danger le contrat des compteurs d’eau.

— Il a congédié Robert Abdallah, DG de la Ville, après avoir appris entre les branches que celui-ci dînait fréquemment avec Antonio Accurso

— Il a congédié Bernard Trépanier, bagman de son parti politique, quand il a appris des dirigeants de la firme de centres commerciaux Smart!Centers, basée à Toronto, que Trépanier leur aurait réclamé un pot-de-vin de 1M$ pour faire aboutir un projet impliquant la firme

— Quand il a congédié MM. Abdallah et Trépanier, nous a dit l’ex-maire, il l’a fait sans dire aux principaux intéressés pourquoi ils étaient virés.

— Gérald Tremblay a raconté avoir rapporté à Yvan Delorme, alors chef de police de la Ville de Montréal, l’histoire du pot-de-vin de 1M$ réclamé par Trépanier à Smart!Center. Selon le maire, le chef de police lui aurait dit qu’il n’y avait rien à faire avec cela.

Quelques observations…

— C’est drôle en tabarslak de congédier des gens sans leur dire pourquoi ils sont congédiés. Est-ce cela qu’on enseigne à Harvard Business School ?

— Quand a éclaté la tempête à propos de Zampino sur le bateau d’Accurso, la ligne de défense des hommes du maire Tremblay, était celle de la vie privée de l’ex-président du comité exécutif. Claude Dauphin, en avril 2009 : “M. Zampino a eu l’occasion de répondre que ceci est du domaine privé, a répondu l’actuel président du comité exécutif, Claude Dauphin. Alors on ne peut pas vous garantir ce soir qu’il y est allé ou qu’il n’y est pas allé ou jamais allé ou qu’il n’ira jamais: c’est du domaine privé.” L’ex-maire nous a dit qu’à l’époque, en coulisses, il ne pensait pas que la question était une simple affaire de vie privée, il savait à quel point ce copinage n’avait pas de sens.

— Hâte de voir la réaction de l’ancien chef de police Yvan Delorme sur cette conversation rapportée par Gérald Tremblay, selon laquelle Delorme aurait dit au maire qu’il n’y avait rien à faire, d’un point de vue policier, avec les griefs des patrons de Smart!Centers à l’égard de la demande de pot-de-vin de 1M$ de Bernard Trépanier. On a ici des plaignants potentiels qui disent qu’un homme se déclarant comme un « official of the Mayor » leur demande un bakshish. Et ça ne vaut pas un début d’enquête policière ? Surprenant !

Lire les commentaires (77)  |  Commenter cet article






publicité

  • TWITTER

  • Catégories



  • publicité





  • Calendrier

    avril 2013
    L Ma Me J V S D
    « mar   mai »
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives