Patrick Lagacé

Archive, mars 2013

Vendredi 8 mars 2013 | Mise en ligne à 14h45 | Commenter Commentaires (163)

Ah, les maudites féministes !

C’est le 8 mars, Journée internationale de la femme et avec les dossiers spéciaux dans les médias — comme ce palmarès concocté par La Presse —, on peut entendre l’écho des grognons qui se demandent pourquoi, « en 2013 », il faudrait souligner cette journée. Je ne suis pas particulièrement fan des journées thématiques, je comprends que le Québec est une société progressiste où les femmes ont fait des gains de géante depuis quelques décennies, mais il y a encore du chemin à faire.

Il y a du chemin à faire ici et ailleurs et cette journée le rappelle, tout simplement.

J’attire votre attention, pour l’occasion, sur un site web qui donne la parole à plusieurs femmes qui nous expliquent pourquoi elles sont féministes. Féministe, ah, le vilain mot ! Je suis toujours surpris quand j’entends des femmes se vanter de ne pas être féministe, de le dire avec le visage de celle qui vient d’avaler du lait passé date…

Mais je m’égare : ce site s’intitule Les féministes et les femmes à l’affiche s’expriment sur le mode question-réponse. La variété des participantes et des points de vue rappelle que le féminisme n’est pas qu’une seule vision de la vie et nous entraîne loin du cliché de la Germaine intraitable qui déteste les hommes. Voici quatre extraits choisis:

Pourquoi êtes-vous féministe?
Je suis féministe parce que je suis une femme et que pour moi la définition du féminisme est la seule volonté de vouloir améliorer le sort des femmes dans le monde.
— Léa Steliski-Richard

Le féminisme, populaire ou pas? Pourquoi?
Quelle question! Depuis quand les forces de transformation ont la cote d’amour auprès de ceux qui détiennent les privilèges?
— Manon Massé

Pourquoi êtes-vous féministe?
Partout, l’injustice envers les femmes persiste. La société québécoise a fait des pas de géants dans les dernières décennies. Mais encore aujourd’hui, le sexisme existe et empêche les femmes de réaliser leur plein potentiel. Le sexisme est partout : au travail, dans les médias, dans les arts. Dans la tête des hommes, et pire encore, dans la tête des femmes. C’est là, dans l’esprit des femmes, qu’une véritable Révolution sexuelle doit avoir lieu.
— Guylaine Maroist

Le féminisme, populaire ou pas ?
Malheureusement, non. J’enseigne à des femmes de tous âges, et elles tiennent à se dissocier du féminisme. Tristement. Chaque 8 mars, je leur sers un sermon : elles ont la chance inouïe d’étudier, de choisir leur compagnon de vie, d’avoir des enfants ou non et oublient que ces acquis sont le résultat d’années de luttes – qui ne datent pas d’il y a 100 ans !
Le féminisme a mauvaise presse auprès de ma génération. Je souhaite que ce ne soit que passager.

— Fabienne Elliott

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Dans ma chronique de ce matin, je porte un regard très dur mais que j’estime lucide sur l’entrevue de Céline Galipeau avec Mgr Marc Ouellet. Ceux qui le désirent peuvent lire cette chronique intitulée La génuflexion de Céline Galipeau sur le site de La Presse.

Le Premier directeur de l’information télévisée à Radio-Canada, Jean Pelletier, a pris la défense de sa chef d’antenne dans une note de service envoyée aux travailleurs de l’info télévisée de la société d’État, from coast to coast, et publiée sur un blogue radio-canadien. Je la retranscris intégralement ci-bas. Ma réponse se trouve juste après.

Chers collègues,
M. Patrick Lagacé peut penser ce qu’il veut et l’écrire à sa guise avec talent ou mépris. Son journal consacre à sa chronique une place importante jugeant sans doute que ses vitupérations se vendent bien. Il a son émission de télé et on peut l’entendre à la radio, bref il se prononce sur tout et en mène large.

Il a choisi hier de s’en prendre au travail de notre collègue Céline Galipeau qui a commis l’offense suprême à ses yeux de ne pas « décoiffer » le Cardinal Ouellet lors de l’entrevue qu’il lui a accordée à Rome samedi dernier. Sa critique est empreinte de mépris, elle n’évite aucune mesquinerie et est truffée de mots inutilement blessants, sans parler des jurons, tout cela parce que M. Lagacé – il n’y a là aucun conflit d’intérêt bien sûr- veut démontrer qu’il n’y a que lui dans la confrérie qui sait mener des entrevues. Dans la pratique de cet art difficile, M. Lagacé ne croit qu’en une chose : dans une entrevue ce ne sont pas les réponses qui comptent mais bien la colère des questions. Amener quelqu’un à se révéler autrement qu’à force de coups poings oratoires est pure perte de temps.

Nous croyons que ce métier peut se pratiquer autrement et que dans le cas qui nous occupe, le travail de notre chef d’antenne a fait en sorte d’amener le Cardinal Ouellet à en dire bien plus qu’il ne l’aurait souhaité, un constat largement partagé.
Loin de nous l’idée de reprocher à Patrick Lagacé de se prononcer sur tout et sur rien y compris Radio-Canada. Ses chroniques parfois méprisantes à notre égard ne font que nous convaincre encore plus de la sagesse de nos pratiques journalistiques.

Jean Pelletier
Premier directeur, Information télévision
Services français

Jean Pelletier a droit à son opinion, il a même le droit d’interpréter mes opinions à sa guise, mais il n’a pas le droit d’inventer des faits.

J’ai maintes fois défendu et vanté le travail du secteur de l’information à Radio-Canada. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai fait écho au travail remarquable de l’équipe d’Enquête, menée par Alain Gravel et Marie-Maude Denis. Quand Radio-Canada a été attaquée après cette formidable nouvelle touchant l’indépendance politique de la Sûreté du Québec, j’ai défendu sur plusieurs tribunes la pertinence de cette nouvelle et j’y ai favorablement fait écho. Quand la société d’État a fait l’objet d’attaques de son principal concurrent privé, je les ai déplorées. Sur le fond, j’ai souvent exprimé l’importance d’un diffuseur public qui consacre des ressources journalistiques considérables à des sujets qui laissent indifférents les diffuseurs privés.

Oui, j’ai parfois critiqué du travail radio-canadien. J’ai en mémoire quelques épisodes où le service de l’information de la société d’État a braconné le travail journalistique de La Presse en reprenant des nouvelles publiées ici sans nous en donner le crédit, pratique que je que je considère cheap et contraire aux us et coutumes du métier. Mais j’ai aussi esquinté TVA pour le même genre de conduite. J’ai aussi en mémoire un commentaire sur une entrevue à mon sens ratée de Bernard Derome avec Lucien Bouchard.

Si le « Premier directeur » croit vraiment que ce genre de critique tient du mépris, c’est qu’il a la peau bien mince.

Jean Pelletier ne se donne par ailleurs pas la peine de citer ces « chroniques parfois méprisantes ». Bizarre et éloquent.

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Mercredi 6 mars 2013 | Mise en ligne à 16h32 | Commenter Commentaires (5)

Deux plogues, une pour Simon et une pour Alain

Aujourd’hui, permettez que je fasse une Chantal Lacroix de moi-même et que je donne au suivant, avec cette tribune formidable qu’est un blogue sur le site de La Presse.

Une plogue pour Simon, d’abord.

Simon Brindamour a reçu 136 transfusions de plaquettes et de sang au cours de sa vie, après avoir reçu un diagnostic de cancer à 21 ans. Le cancer l’a néanmoins emporté.

Mais grâce à ces transfusions, grâce aux collectes de sang organisées par Héma-Québec, Simon a pu allonger sa vie de quatre mois et demi. L’entourage de Simon a une reconnaissance sans borne pour les donneurs de sang, pour ceux qui ont permis ces quatre mois et demi de sursis. Il s’en dit, des choses, en quatre mois et demi, quand on sait que le temps nous est compté. Et Simon a pu noircir quelques calepins de notes, que sa famille chérit comme autant de trésors.

« Quatre mois et demi à se dire qu’on s’aimerait » m’écrit Manon Méthot, sa mère.

Bref, voici la plogue : jusqu’au 10 mars, la famille de Simon invite le public à faire un don de sang au point de collecte Globule de la Place Laurier, à Québec. Il est préférable de prendre rendez-vous et Manon Méthot vous invite à mentionner qu’il s’agit de la campagne de Simon. Si vous donnez du sang hors de la région de Québec : mentionnez aussi la campagne. Sa tribu, qui sent qu’elle a une dette envers la société, aimerait dépasser les 40 dons de l’an dernier.

***

Seconde plogue, pour Alain Gaudet. J’ai parlé en chronique d’Alain, qui vit en résidence pour handicapés. Alain est un gladiateur de la vie, qui se bat pour éviter d’avoir à aller vivre en CHSLD, lui qui souffre d’une maladie dégénérative incurable dont il souffre depuis la naissance. Pour ce faire, il supplée la maigre aide de l’État pour payer son personnel avec divers moyens de financement.

Et là, le 22 avril, l’humoriste Mike Ward présentera un spectacle-bénéfice pour Alain, à la Salle J.-A. Thompson de Trois-Rivières. Évidemment, il faut bien vendre des tickets pour ce spectacle et permettre à Alain bien traiter le personnel qui lui permet de rester dans son logement.

Détails sur le site web d’Alain. Sa page Facebook est aussi riche en détails sur sa vie et sur son combat. Sa devise : ne pas lâcher.

Lâche pas, Alain.

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