Patrick Lagacé

Patrick Lagacé - Auteur
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    Patrick Lagacé aime le journalisme : « Cette profession permet de vivre des aventures et d'être payé pour le faire », dit-il.
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    Jeudi 14 février 2013 | Mise en ligne à 7h48 | Commenter Commentaires (19)

    L’amour, seul moteur de la survie : retour sur la série

    Voilà, c’est la fin de cette série sur l’amour.

    Tous les textes publiés de samedi dernier à aujourd’hui, jour de la Saint-Valentin, sont réunis sur la même page de La Presse.ca

    Le thème était vaste et bien évidemment, je n’en ai pas couvert tous les aspects, exploré tous les recoins. Dans 2000 ans, le sujet ne sera pas épuisé, alors…

    C’était la troisième « grande » série que je signais pour La Presse, après le cancer et l’argent. Chacune de ces aventures culmine par un accouchement difficile — au moment de trier les thèmes et, surtout, de les écrire —, mais pour la série sur l’amour, ce fut un cas de siège. Je m’explique…

    Mon cerveau n’est pas calibré pour ces vastes chantiers. Mon cerveau de journaliste est calibré pour écrire principalement une chronique de 800 mots sur un sujet bien précis. Puis de passer à un autre sujet. Quand je parle de calibrage, c’est un peu compliqué : quand j’ai commencé à chroniquer, en 2003 au JdeM, même si c’est ce que je voulais faire depuis toujours, mon cerveau n’était pas calibré pour écrire des chroniques. Il était conçu pour écrire des papiers « objectifs ». J’ai mis des années à trouver un ton, un état d’esprit, une méthode de travail et une façon de « lire » le monde qui ont fini par faire en sorte que j’écris ces chroniques de façon, disons, plus fluide. Mon cerveau a fini par comprendre comment écrire des chroniques.

    Mais des dossiers de 10 000 mots, saucissonnés en tranches qui se recoupent, qui demandent la même sorte de souffle d’un bout à l’autre et qui nécessitent de citer tant des lecteurs qu’une anthropologue et des textes vieux de 200 ans ? Non… Mon cerveau n’est pas fait pour ça. C’est un accouchement difficile, chaque fois. Si j’en faisais à longueur d’année, je finirais par trouver le ton, l’état d’esprit, la méthode de travail et la façon de lire le monde qui feraient en sorte que j’accouche de ces dossiers dans l’allégresse…

    Je dis souvent que travailler à La Presse est un wet dream journalistique. La preuve, c’est que quand la préparation de cette série a viré au cauchemar — quand j’étais coincé dans mon sujet comme une voiture chaussée de pneus d’été s’embourbe dans un banc de neige, incapable de voir les thèmes et encore moins de les écrire — mes boss ont été d’une patience absolue. D’autres se seraient impatientés de me voir absent des pages du journal et de n’avoir pas grand chose à montrer pour ces semaines de libération. Et au final, cette impatience m’aurait tétanisé encore davantage. Pas eux, pas dans ce journal. Merci, Katia Gagnon (revenue dans la salle de rédaction, comme journaliste, depuis), Martin Pelchat et Jean-François Bégin. Vous avez été des accoucheurs formidables.

    Le wet dream, c’est aussi de travailler avec des gens super talentueux. Je pense à Martin Tremblay, Hugo-Sébastien Aubert et Anne Gauthier (photos) ; à Ghassene Jerandi, Francis Léveillé et France Dupont (conception graphique) qui ont su mettre ces textes en valeur avec un brio artistique incomparable.

    Le wet dream, c’est aussi ces lecteurs de La Presse qui ont répondu à mon appel à tous, l’automne dernier. Cet appel de témoignage a généré plus de 200 textes, courts ou longs, fascinants même quand ils étaient banals. Ce fut le matériau de base pour ces textes que vous avez pu lire depuis samedi dernier. Je suis privilégié d’avoir eu accès à vos tourments les plus intimes, à vos joies les plus pures. J’ai dû me résoudre, trop souvent, à ne pas utiliser des témoignages, des images, des citations qui auraient pu mériter un texte à eux seuls. Toutes mes excuses.

    ***

    Un mot sur Judith Malenfant, qui était de la chronique Lettre à François, où elle racontait les derniers moments de la vie de son chum François. La chronique a touché beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens. Rarement eu autant de réactions à une chronique. Judith fait dire merci, elle a reçu beaucoup, beaucoup, beaucoup de feedback. « Mon coeur est plein d’amour pour les années à venir », m’a-t-elle écrit.

    Quand Leonard Cohen chante The Future, les images sont effrayantes… Il est question de planter le dernier arbre vivant dans ce trou dans la culture… Du blizzard du monde qui a franchi le seuil, pour renverser l’ordre des âmes… De petits poètes minables qui tentent d’imiter Charlie Manson…

    Mais au milieu de ces polaroids inquiétants, une image lumineuse sort de la bouche du poète montréalais et éclaire tout le reste…

    Love is the only engine of survival, susurre M. Cohen ; l’amour est le seul moteur de la survie…

    C’est la réflexion qui clôt cette série.


    • Bonjour Patrick,
      Tout ce que je peux dire, c’est: Mission accomplie! Tu as fais du super travail et tu as toute une plume. J’ai trouvé que tu as su donner un ton à tes chroniques et j’ai beaucoup aimé les lire. Elles m’ont touché, fait rire, pleurer. Donc, merci de nous offrir ces grands dossiers. J’espère te lire encore longtemps dans les pages de La Presse.

      Bonne journée et bonne St-Valentin!
      Julie

    • Sass faire le leche-botte, Lettre à Francois reste un des meilleurs texte journaliste ou chronique que j’ai vu ou lu, tout media confondu. Juste wow.

    • Merci Patrick! Tu nous as fait vivre plein d’

    • Bonjour M. Lagacé. Je profite de ce sujet pour vous dire que le Talmud nous apprend la vie.

    • Bon dossier Patrick.

      La chronique “Lettre à François” était incroyablement touchante. J’en ai pleuré. Saisissant et terrible à la fois. “Maman Mado” aussi était très touchante comme chronique. Pour Manon dans “La clôture de la concupiscence” je dirais plutôt que ce n’est pas grave si elle accepte aussi facilement le même comportement de la part de son mari… Lui avez vous demandé?

    • Lettre à François est définitivement un des textes les plus émouvants que j’aie lu.

      C’était une superbe série. Bravo!

    • Merci pour cette série de si beaux textes sur l’amour et de nous avoir partagé la Lettre à François qui m’a touchée beaucoup. Étant moi-même à combattre un cancer, j’aimerais bien relire la série que vous avez faite sur le cancer. Est-possible….

    • @ Etoile-Filante: mes pensées sont avec vous. Bon courage!

    • allez vous faire parvenir des fleurs et du chocolat à MMe Bombardier , ça serait la moindre des choses pour ne pas dormir sur le sofa médiatique

    • “Je vais avec la famille”! La “lettre à François” m’a clouée sur ma chaise et porté à beaucoup de réflexion et d’émotions de toutes sortes. Un des meilleurs articles que j’ai lus et relus depuis longtemps. Bravo, Patrick. Belle série et désolée que ton accouchement ait été difficile mais dis-toi que ça en vallait sacrément la peine, t’as bien fait ça…

    • Je ne suis pas vraiment un fan, mais j’ai lu vos textes sur le sujet, très touchant, alors félicitations!

    • M. Lagacé,
      C’est les larmes aux yeux que j’ai lu toute votre chronique sur l’amour. Des larmes de bonheur! Merci de nous aider à se comprendre.
      Je vous souhaite autant d’amour que votre chronique a montré.
      Encore!

    • Merci M.Lagacé pour cette série de textes. Lettre à François m’a littéralement soufflé, excellent texte!! Joyeuse St-Valentin à tous, et tout particulièrement à mon amour, Marie-Eve.xx

    • Monsieur Lagacé,
      pourquoi nous infligez-vous les commentaires du troll antisémite “moshe_levy”?
      Avez-vous vraiment besoin de ça pour que votre forum fonctionne?
      Faut-il que la communauté juive de Montréal se plaigne à votre journal pour que vous preniez ENFIN les mesures qui s’impose contre cet individu qui se moque des Juifs avec ses commentaires pseudo ethnocentriques qui n’ont comme seul but que de les faire mal paraître?

    • Bonsoir M. Lagacé,

      Merci pour votre série sur l’amour. J’ai été plus d’une fois touchée par les témoignages que vous avez recueillis. Comme plusieurs lecteurs, la Lettre à François m’a bouleversée. Je souhaite à Mme Malenfant et à ses enfants d’être heureux, malgré la disparition de François.

      Au fond, ce qui compte, c’est l’amour que l’on donne et celui que l’on reçoit.

      Louise Fournier

    • Patrick…je voulais juste te dire merci pour cette série… tu as utilisé une phrase de mon courriel dans ton article “Survivre à l’amour-passion”… c’était l’essentiel dans le fond…

      L’amour, l’amour….c’est pas une raison pour se faire mal… (faut croire)

    • Merci Patrick, ca a emu beaucoup de personnes qui ont connu Mado. Et je suis contente car c’est un bel hommage pour elle et Clement. xx

    • Bravo pour votre chronique !

      J’ai adoré les facettes que vous avez explorées, aussi spéciales les unes des autres. Vous n’êtes pas tombé dans le kitsh ni le moralisateur…le piège de ce genre de chronique. Une mention toute spéciale pour ”les amours jetables”, qui se veut un résumé de ma génération, l’ère des Y. Un retour de cette série l’an prochain?

      Bonne continuité.

    • Bonjour M.Lagacé je viens de terminer votre article sur le suicide de M.Archambault.Que de tristesse j’ai ressenti en vous lisant,une famille brisée.Il m’est revenu en tête les assascinats aux USA d’individus qui étaient en position d’autorité je me demande s’il y a pensé.Ces induvidus qui l’ont rendu dépressif à ce point devraient être jugé pour homicide c’est innaceptable dans notre société d’avoir des individus imbut de pouvoirs et qui l’exerce à outrance.Mes sympathie à la famille.Je continue de lire vos articles religieusement.Merci`.

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