Patrick Lagacé

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    Patrick Lagacé aime le journalisme : « Cette profession permet de vivre des aventures et d'être payé pour le faire », dit-il.
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    Jeudi 14 février 2013 | Mise en ligne à 7h23 | Commenter Un commentaire

    L’amour, seul moteur de la survie… Retour sur cette série

    Voilà, c’est la fin de cette série sur l’amour.

    Tous les textes publiés de samedi dernier à aujourd’hui, jour de la Saint-Valentin, sont réunis sur la même page de La Presse.ca

    Le thème était vaste et bien évidemment, je n’en ai pas couvert tous les aspects, exploré tous les recoins. Dans 2000 ans, le sujet ne sera pas épuisé, alors…

    C’était la troisième « grande » série que je signais pour La Presse, après le cancer et l’argent. Chacune de ces aventures culmine par un accouchement difficile — au moment de trier les thèmes et, surtout, de les écrire —, mais pour la série sur l’amour, ce fut un cas de siège. Je m’explique…

    Mon cerveau n’est pas calibré pour ces vastes chantiers. Mon cerveau de journaliste est calibré pour écrire principalement une chronique de 800 mots sur un sujet bien précis. Puis de passer à un autre sujet. Quand je parle de calibrage, c’est un peu compliqué : quand j’ai commencé à chroniquer, en 2003 au JdeM, même si c’est ce que je voulais faire depuis toujours, mon cerveau n’était pas calibré pour écrire des chroniques. Il était conçu pour écrire des papiers « objectifs ». J’ai mis des années à trouver un ton, un état d’esprit, une méthode de travail et une façon de « lire » le monde qui ont fini par faire en sorte que j’écris ces chroniques de façon, disons, plus fluide. Mon cerveau a fini par comprendre comment écrire des chroniques.

    Mais des dossiers de 10 000 mots, saucissonnés en tranches qui se recoupent, qui demandent la même sorte de souffle d’un bout à l’autre et qui nécessitent de citer tant des lecteurs qu’une anthropologue et des textes vieux de 200 ans ? Non… Mon cerveau n’est pas fait pour ça. C’est un accouchement difficile, chaque fois. Si j’en faisais à longueur d’année, je finirais par trouver le ton, l’état d’esprit, la méthode de travail et la façon de lire le monde qui feraient en sorte que j’accouche de ces dossiers dans l’allégresse…

    Je dis souvent que travailler à La Presse est un wet dream journalistique. La preuve, c’est que quand la préparation de cette série a viré au cauchemar — quand j’étais coincé dans mon sujet comme une voiture chaussée de pneus d’été s’embourbe dans un banc de neige, incapable de voir les thèmes et encore moins de les écrire — mes boss ont été d’une patience absolue. D’autres se seraient impatientés de me voir absent des pages du journal et de n’avoir pas grand chose à montrer pour ces semaines de libération. Et au final, cette impatience m’aurait tétanisé encore davantage. Pas eux, pas dans ce journal. Merci, Katia Gagnon (revenue dans la salle de rédaction, comme journaliste, depuis), Martin Pelchat et Jean-François Bégin. Vous avez été des accoucheurs formidables.

    Le wet dream, c’est aussi de travailler avec des gens super talentueux. Je pense à Martin Tremblay, Hugo-Sébastien Aubert et Anne Gauthier (photos) ; à Ghassene Jerandi, Francis Léveillé et France Dupont (conception graphique) qui ont su mettre ces textes en valeur avec un brio artistique incomparable.

    Le wet dream, c’est aussi ces lecteurs de La Presse qui ont répondu à mon appel à tous, l’automne dernier. Cet appel de témoignage a généré plus de 200 textes, courts ou longs, fascinants même quand ils étaient banals. Ce fut le matériau de base pour ces textes que vous avez pu lire depuis samedi dernier. Je suis privilégié d’avoir eu accès à vos tourments les plus intimes, à vos joies les plus pures. J’ai dû me résoudre, trop souvent, à ne pas utiliser des témoignages, des images, des citations qui auraient pu mériter un texte à eux seuls. Toutes mes excuses.

    Quand Leonard Cohen chante The Future, les images sont effrayantes… Il est question de planter le dernier arbre vivant dans ce trou dans la culture… Du blizzard du monde qui a franchi le seuil, pour renverser l’ordre des âmes… De petits poètes minables qui tentent d’imiter Charlie Manson…

    Mais au milieu de ces polaroids inquiétants, une image lumineuse sort de la bouche du poète montréalais et éclaire tout le reste…

    Love is the only engine of survival, susurre M. Cohen ; l’amour est le seul moteur de la survie…

    C’est la réflexion qui a lancé cette série, c’est celle qui la clôt.


    • aH! J’EN AURAIS LU ENCORE ET ENCORE…. Des histoires toutes aussi savoureuses et touchantes à la fois…loin des clichés du ”je t’aime, tu m’aimes”. Particulièrement ”Lettre à François” où ça m’a permis de voir une face cachée et peut-être tabou de la vie sexuelle pendant cette descente aux enfers; et Stéphanie (si je me rappelle bien son prénom, jeune fille adoptée) pourrait faire une beau scénario de film. Histoires qui nous portent à réfléchir sur nos valeurs qui parfois prennent le bord. Encore une fois, BRAVO, c’était captivant…

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