Patrick Lagacé

Archive, février 2013

Stéphane Archambault et sa fille Samantha

Stéphane Archambault et sa fille Samantha

Mon texte de ce matin porte sur le suicide d’un employé civil du Service des incendies de la Ville de Montréal (SIM), Stéphane Archambault, en octobre dernier. Il avait 48 ans. Il est impossible de dissocier ce geste désespéré du climat de travail qui sévissait à la division Prévention du SIM, où il oeuvrait. Ce climat de travail s’est dégradé quand, en 2010, un nouveau patron est venu diriger la Prévention, un homme du nom de Pierre Sigouin.

Pour le clan Archambault, il n’est pas question de blâmer un homme — Pierre Sigouin — pour le suicide de son chef. Elle blâme Sigouin de s’être comporté de façon brutale avec les employés de la Prévention, et avec Stéphane Archambault notamment, bien sûr. Mais la famille reproche surtout à la Ville de Montréal et au SIM de ne pas avoir vu que le climat de travail était toxique et inadmissible au 200, rue Bellechasse et de ne pas avoir pris au sérieux les appels à l’aide de Stéphane Archambault. Je reviens sur cette affaire tragique demain et samedi. J’aborderai la réponse du SIM a) au suicide du préventionniste Archambault et b) aux récriminations de la famille de M. Archambault, qui s’est mobilisée et qui talonne le SIM et la Ville de Montréal depuis le 19 octobre dernier.

Mais plus globalement, cette série de papiers aborde ce phénomène encore méconnu, encore tabou : le harcèlement psychologique au travail. La Ville de Montréal refuse de parler, dans cette affaire, de harcèlement psychologique. On parle pudiquement de « climat de travail malsain ».

Dans la foulée de l’affaire Archambault, à la demande de la famille, la Ville de Montréal a ordonné une enquête indépendante sur ce qui s’est passé dans la division dirigée par Pierre Sigouin. L’avocate qui a enquêté a parlé à 58 personnes. Au terme de cette enquête, Pierre Sigouin a été suspendu pour deux mois et demi. La Ville assure qu’il ne travaillera plus jamais en son sein… Mais m’a dit que sa conduite ne justifiait pas un congédiement. Ce rapport est ultra-secret, la Ville refuse de le dévoiler et se contente d’en faire des résumés oraux. J’ai été soufflé d’apprendre que le directeur du SIM, Serge Tremblay, ne l’a pas lu. Il plaide, comme la Ville, la protection des renseignements confidentiels qui s’y trouvent.

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Mercredi 27 février 2013 | Mise en ligne à 8h12 | Commenter Commentaires (156)

SPVM : une tisane pour Daniel Lacoursière, svp

J’ai connu mon lot de porte-parole de police au fil des années et la plupart d’entre eux sont des professionnels qui comprennent bien que leur métier consiste fatalement à être pris entre l’arbre (leur organisation) et l’écorce (les médias). J’ai côtoyé certains de ces porte-parole dans des situations très tranquilles et j’en ai côtoyé dans des situations explosives.

Mais jamais, jamais, jamais je n’ai vu un porte-parole de police se comporter comme Daniel Lacoursière l’a fait avec mes collègues de La Presse, tel que rapporté dans ce texte.

Voici un homme qui, contrairement à certains de ses collègues, n’est pas en train de se frotter à une foule peu commode, mais il est quand même en pleine perte de contrôle. Un bon porte-parole de police, habitué à composer avec les médias, est capable de trouver les mots pour se faire respecter et respecter l’équilibre entre le droit du public à l’information et le gros bon sens opérationnel…

Sans menacer de procéder à une arrestation.

Du stuff de pee-wee d’un agent qui devrait peut-être se faire de la tisane, le matin et/ou demander à travailler ailleurs. C’est grand, le SPVM.

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Des réflexions glanées en trois recoins du web et dans ma messagerie (gracieuseté de deux personnes qui ont été citées dans ma série sur l’amour, qui prenait fin aujourd’hui dans La Presse) ; réflexions originales, chacune à sa façon et pour des raisons différentes. En voici cinq, sans compter le lien qui coiffe ce billet, une conférence TED de l’anthropologue Helen Fisher, citée quelques fois dans ma série sur l’amour (transcription française dispo dans un onglet, si vous suivez ce lien).

1) Des auteurs donnent des conseils pour l’écriture de lettres d’amour, sur le site de Radio-Canada.

Claudia Larochelle, en plus de suggérer d’éviter les pages web de citations célèbres, l’équivalent épistolaire du gâteau McCain selon moi, rappelle les vertus de la légèreté :

Soyez drôle, même si c’est maladroit, névrosé, imbécile un tantinet. Le tata un brin timide se préfère au prétentieux qui savoure déjà sa victoire en fumant sa clope l’air ténébreux. Et dites-vous qu’une lettre d’amour de Woody Allen doit être de loin plus agréable à lire qu’une lettre de George Clooney. C’est Diane Keaton qui l’a dit quelque part!

Edouard H. Bond a justement un message pour les gens trop intenses :

La chose à éviter, selon moi, serait d’écrire votre lettre d’amour avec votre propre sang. Je sais, l’idée peut sembler romantique à première vue, ça vient littéralement du cœur et ça signifie un dévouement sans borne doublé d’une intense passion. Mais croyez-en mon expérience, c’est juste creepy.

2) Kim Lizotte signe un billet touchant et lumineux — billet qui s’est répandu sur les médias sociaux hier comme une éclosion de grippe dans un CPE — à un hypothétique et éventuel fils. Kim lui dit, à ce « petit bonhomme imaginaire », comment choisir, prendre soin et aimer une hypothétique et éventuelle blonde. Ça s’appelle La blonde de mon fils. Morceau choisi :

Trouve-toi une amie. Une fille avec qui « t’as le goût d’aller jouer dehors après souper ». Parce que l’amour, c’est ça. Enfant, on a tous un meilleur ami, avec qui on a toujours le goût d’aller au parc. On a beau avoir d’autres amis plus cools et plus fins, mais à la fin de la journée, on a toujours une personne préférée avec qui on a le goût d’aller se balancer (…) Choisis une fille avec qui tu as envie de bâtir des projets. Pas nécessairement le combo « maison-chien-bébés-cabanon ». Trouve celle qui va te donner le goût de rêver à plus grand.

3) Julien Roy, sur le blogue In the 10’s, a quatre conseils pour les filles, en ce 14 février, quatre conseils brutaux de lucidité emballés dans un tout petit billet. Désolé de gâcher ta chute, Julien :

À toi, la contestataire : T’es pas obligée de faire la frustrée qui déteste la fête de l’Amour et qui dit à qui veut bien l’entendre (et aux autres) que «ça a été inventé par Hallmark pour vendre des fucking cartes». C’est pas grave si tu n’es pas la valentine du gars que tu trouves vraiment canon au gym. C’est pas grave si tes amies casées te font chier avec leurs nouvelles boucles d’oreilles. Fais comme tout le monde: lis Fifty Shades of Grey pis attends ton tour. Personne n’aime les casseuses de party.

Et n’oublie pas, ça va aller, l’amour n’a pas de calendrier.

L’amour n’a pas de calendrier ? T’es sûr, Julien ? Fabien Nadeau n’en est pas si sûr, lui… Fabien, 70 ans, de Saint-Liboire, était dans une de mes chroniques sur l’amour — Survivre à l’amour-passion — parce qu’il m’a envoyé son « Calendrier de l’amour », où il cartographie son parcours de gars qui aime. Dans ce calendrier, il cède la parole aux multiples Fabien qui se sont frottés à l’amour : l’enfant, l’ado, l’adulte, le grand-père, l’ami… Extrait :

Je conclurais que l’amour nous prend de l’intérieur par les hormones. Quand, à 16 ans, je dansais un slow avec ma blonde et que je l’embrassais et la serrais dans mes bras en disant des « Je t’aime » éperdu, j’aurais dû dire : « Je m’aime, je m’aime… »

J’ai lu quelque part que l’amour commence lorsque la lune de miel est terminée.

Anne-Sophie Laframboise s’est retrouvée dans Les amours jetables parce que le court texte qu’elle a pondu pour répondre à mon appel à tous m’a interpellé, il symbolisait quelque chose à propos de notre époque… Extrait :

Ça pleut, l’amour, depuis Walt Disney. Aujourd’hui, l’amour ça se Google, ça se twitte, ça se Facebook, ça se visite. Il y a les livres, les modes d’emploi, les statistiques, les psys, le porno, le Kama Sutra, le mommy porn, l’échangisme, les infidélités, ça se bouscule de partout pour nous parler d’amour avec un grand « A », petit « a » ou un « a » comme tu voudras.

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