
Stéphane Archambault et sa fille Samantha
Mon texte de ce matin porte sur le suicide d’un employé civil du Service des incendies de la Ville de Montréal (SIM), Stéphane Archambault, en octobre dernier. Il avait 48 ans. Il est impossible de dissocier ce geste désespéré du climat de travail qui sévissait à la division Prévention du SIM, où il oeuvrait. Ce climat de travail s’est dégradé quand, en 2010, un nouveau patron est venu diriger la Prévention, un homme du nom de Pierre Sigouin.
Pour le clan Archambault, il n’est pas question de blâmer un homme — Pierre Sigouin — pour le suicide de son chef. Elle blâme Sigouin de s’être comporté de façon brutale avec les employés de la Prévention, et avec Stéphane Archambault notamment, bien sûr. Mais la famille reproche surtout à la Ville de Montréal et au SIM de ne pas avoir vu que le climat de travail était toxique et inadmissible au 200, rue Bellechasse et de ne pas avoir pris au sérieux les appels à l’aide de Stéphane Archambault. Je reviens sur cette affaire tragique demain et samedi. J’aborderai la réponse du SIM a) au suicide du préventionniste Archambault et b) aux récriminations de la famille de M. Archambault, qui s’est mobilisée et qui talonne le SIM et la Ville de Montréal depuis le 19 octobre dernier.
Mais plus globalement, cette série de papiers aborde ce phénomène encore méconnu, encore tabou : le harcèlement psychologique au travail. La Ville de Montréal refuse de parler, dans cette affaire, de harcèlement psychologique. On parle pudiquement de « climat de travail malsain ».
Dans la foulée de l’affaire Archambault, à la demande de la famille, la Ville de Montréal a ordonné une enquête indépendante sur ce qui s’est passé dans la division dirigée par Pierre Sigouin. L’avocate qui a enquêté a parlé à 58 personnes. Au terme de cette enquête, Pierre Sigouin a été suspendu pour deux mois et demi. La Ville assure qu’il ne travaillera plus jamais en son sein… Mais m’a dit que sa conduite ne justifiait pas un congédiement. Ce rapport est ultra-secret, la Ville refuse de le dévoiler et se contente d’en faire des résumés oraux. J’ai été soufflé d’apprendre que le directeur du SIM, Serge Tremblay, ne l’a pas lu. Il plaide, comme la Ville, la protection des renseignements confidentiels qui s’y trouvent.
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