Patrick Lagacé

Archive du 4 décembre 2012

Mardi 4 décembre 2012 | Mise en ligne à 9h49 | Commenter Commentaires (200)

André Boisclair, fonctionnaire/diplomate

Photo Le Soleil

Photo Le Soleil

Eh, misère. Par où commencer ?

Commençons par cette pratique des gouvernements en fin de règne de nommer des apparatchiks du personnel politique dans la haute fonction publique. Au moins, ces gens ont une connaissance intime du fonctionnement de l’État. Ils ont servi le pouvoir politique et cette expérience se recycle : la plupart de ces sous-ministres et sous-ministres adjoints ou associés servent bien les gouvernements qui succèdent à « leur » gouvernement.

Il y a aussi toutes sortes de nominations moins spectaculaires, de petits mandats à la commission machin ou à l’agence XYZ, pour les amis du pouvoir. Quand ce n’est pas la vice-présidence de Loto-Québec…

Mais dans le cas d’André Boisclair, nommé Délégué général du Québec à New York, il est titularisé dans la haute fonction publique au début du règne péquiste, alors qu’il n’a pas servi dans le personnel politique. Traduction : M. Boisclair jouit d’une exception aux procédures normales. Nommer un fonctionnaire de carrière à un poste de délégué n’est rien de neuf, mais le fonctionnaire en question a forcément monté les échelons un à un, avant d’être nommé dans une délégation. Ici encore, M. Boisclair est une exception.

Et c’est ici que je décroche complètement : pourquoi André Boisclair a-t-il droit à un traitement exceptionnel quant à sa titularisation express dans la fonction publique ? Et je vais être plus dur encore : en quoi le parcours d’André Boisclair justifie-t-il qu’on le parachute à New York, une des plus importantes délégations de l’État ?

Quand on nomme un fonctionnaire de carrière à la tête d’une délégation, on sait qu’il a gravi les échelons du ministère des Relations internationales un à un, on sait qu’il a pu étudier de près les impératifs des rouages de la modeste diplomatie québécoise en faisant ses classes dans d’autres délégations. Ce n’est pas le cas de M. Boisclair.

Quand on nomme un ami du pouvoir à la tête d’une délégation, il ne peut pas revendiquer ce parcours du fonctionnaire de carrière. Ça ne veut pas dire que la personne qui fait l’objet d’une nomination politique est incapable de faire le travail : John Parisella, conseiller de plusieurs chefs du PLQ depuis une génération, a été nommé à New York par Jean Charest et sa connaissance exhaustive de la politique américaine lui donnaient un atout manifeste pour le job. Ce n’était pas le cas de Bruno Fortier, son prédécesseur, dont la principale qualité était d’être un ami du PM de l’époque.

Mais dans le cas d’André Boisclair, quel est le lien entre cet ancien chef péquiste et les États-Unis ? Je ne le vois pas. Ça ne veut pas dire qu’il ne deviendra pas le meilleur Délégué général du Québec à New York — tout est possible —, ça veut dire que sur la foi de son CV, je ne vois ni l’expérience ni l’expertise qui puissent justifier une nomination aussi prestigieuse.

La principale qualité d’André Boisclair, ici, est d’être membre de la grande famille péquiste. Sa nomination, en plus de jeter des barils d’essence sur le feu du cynisme du public face à la politique, incarne le côté le plus détestable des nominations politiques.

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