Patrick Lagacé

Archive, octobre 2012

Mercredi 31 octobre 2012 | Mise en ligne à 11h48 | Commenter Commentaires (10)

Appel à tous : parlez-moi d’amour !

En 2010, j’ai préparé pour La Presse une grande série sur le cancer (ce texte lançait la série). En 2012, j’en ai fait une autre, sur l’argent (plusieurs des textes sont accessibles via ce lien Google). Dans les deux cas, le principal carburant de ces deux séries fut le formidable feedback des lecteurs qui avaient répondu à mes appels à tous, publiés sur ce blogue. Dans les deux cas, ce fut comme placer un robinet sur l’intelligence collective de ceux qui ont bien voulu participer à l’exercice.

Tant pour le cancer que pour le fric, votre apport a été formidable. D’abord, surtout par vos témoignages qui m’ont permis de dégager des tendances importantes, même s’ils n’étaient pas nécessairement publiés. Ensuite, par les suggestions de lectures, de vidéos, de données et/ou de statistiques que vous m’avez gentiment refilé. Ces appels à tous ont nourri ces deux séries de façon inestimable. Je me souviens d’avoir été soufflé par la générosité des lecteurs, qui bien souvent m’ont écrit de très longs textes, très fouillés, qui venaient de leurs trippes.

Donc, voilà, je prépare une autre série du même type. Ce sera pour 2013. Pour février, plus exactement.

Vous me voyez venir ?

Eh, eh, c’est bien ça… Une série sur l’amour.

J’allais dire que c’est un sujet plus léger que le fric et le crabe. Mais peut-être pas tant que ça, finalement : quand on sait comment l’amour peut en venir à dominer nos vies, c’est tout sauf un sujet léger…

J’ai quelques idées, bien sûr, mais encore une fois, je compte sur vos témoignages, observations et idées pour façonner cette série. Vous pouvez me parler de vos histoires, de celles des autres. Ça peut venir de votre coeur ou de votre tête. L’idée (très) générale, est d’explorer comment se vit l’amour, de nos jours. Racontez-moi comment vous voyez ça, comment vous vivez ça. Et bien sûr, vous pouvez simplement m’aiguiller vers de la documentation pertinente…

J’attends de vos nouvelles, à l’adresse suivante :

parlezmoidamour1972@gmail.com

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Mardi 30 octobre 2012 | Mise en ligne à 21h35 | Commenter Commentaires (46)

Montréal : la résistance a son symbole… le sac brun !

PapierBrun

J’ai honte de la gestion de ma ville, j’ai honte de mon maire qui s’enfonce la tête dans le sable de l’aveuglement — sable payé 35% trop cher —, j’ai honte d’un coffre-fort trop petit pour l’argent sale, j’ai honte de savoir que tant de gens dans la classe politique municipale de Montréal ont participé à ces combines…

Bref, j’ai honte !

Donc, mon avatar Twitter est cette photo trouvée sur les internets (http://goo.gl/LaEZv), celle du symbole universel de la honte de son équipe, chez les zamateurs de sport nord-américains : un sac brun sur la tête. Avec des trous pour les yeux. Impossible de se faire reconnaître.

Je le garde jusqu’à ce que Gérald Tremblay — symbole du déni qui persiste à l’hôtel de ville quant aux saloperies morales et financières tolérées si longtemps — ne soit plus maire de cette ville.

#sacdelahonte !

VERSION FÉMININE : Virginie Laliberté a créé une version féminine du #sacdelahonte : https://twitter.com/VirginieLali/status/263452925228093440/photo/1/large

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Chapleau, en 2009...

Chapleau, en 2009...

Sur la base des reportages publiés et diffusés depuis quatre ans, je concluais que Gérald Tremblay était un naïf de calibre olympique, un champion du monde de l’aveuglement volontaire. Mais rien n’indiquait que le maire de Montréal et chef du parti Union Montréal ait pu participer aux stratagèmes de financement occulte que l’on sait.

Mais aujourd’hui, un témoin de la Commission Charbonneau a attaqué l’intégrité de Gérald Tremblay. Martin Dumont, qui s’occupait en 2004 de financement pour le parti du maire, a raconté ceci:

L’ex-organisateur Martin Dumont a raconté qu’à l’occasion d’une élection partielle dans Ville Saint-Laurent, en 2004, l’agent officiel d’Union Montréal lui avait expliqué l’existence d’une comptabilité «officielle» et d’une comptabilité «officieuse» des dépenses du parti, en présence du maire. Le système permettait ainsi de ne pas dépasser la limite de dépenses permises, selon l’agent officiel.

Le maire Gérald Tremblay s’est alors levé pour quitter la réunion. «Je n’ai pas à savoir ça», a-t-il dit, selon le témoin.

Martin Dumont dit que, selon les documents qu’on lui a montrés, à deux semaines du scrutin, la première comptabilité totalisait environ 43 000 $ et la seconde, environ 90 000 $.

Je n’ai pas à savoir ça.

Depuis des mois des années, le maire de Montréal dit et répète qu’il ne savait pas ceci ou cela. C’est devenu un running gag : Gérald Tremblay ne sait rien.

Et là, un témoin vient dire que le maire, dans au moins un cas de saloperie, Gérald Tremblay ne voulait pas savoir.

Le témoin Dumont a aussi dévoilé ce qui suit, lors de son témoignage, nous rapporte Vincent Larouche de La Presse :

À une autre occasion, M. Trépanier lui a demandé d’aller au restaurant Onyx, propriété de Tony Accurso, à Laval, afin que ce dernier lui remette 50 000 «documents» pour un cocktail de financement qui était pourtant déjà passé.

Devant l’incompréhension de Dumont, Trépanier lui aurait fait comprendre qu’il s’agissait en fait d’un don de 50 000 $. Dumont ne voulait pas participer à ce manège, et Trépanier s’en est finalement chargé lui-même, a raconté le témoin.

M. Dumont a aussi raconté en détail le manège qu’il a pu observer à la permanence d’Union Montréal lorsque des cadres de firmes de génie venaient rendre visite à Bernard Trépanier, dans le bureau où trônait un coffre-fort qu’on avait eu du mal à fermer tant il débordait de liasses d’argent.

«C’était toujours le même processus: la porte qui se ferme, les stores verticaux qui se ferment», a expliqué le témoin.

Tony Accurso qui aurait fourni du cash à un membre de la classe politique montréalaise ?

Mais diantre, qu’est-ce que ça me rappelle… Hum… Ah, oui, ça me rappelle Tony Accurso qui aurait fourni du cash à un (autre) membre de la classe politique montréalaise : Benoit Labonté. Ça vous dit quelque chose ? Pour mémoire, extrait d’un scoop de Fabrice de Pierrebourg (à l’époque chez RueFrontenac, désormais à La Presse) :

Restait à établir la raison de cette rencontre privée entre celui qui, à l’époque, rêvait de déloger Gérald Tremblay et l’important homme d’affaires. Les informations que nous avons obtenues auprès de plusieurs sources crédibles laissent entendre que, à l’issue de ce fameux repas, Benoît Labonté aurait sollicité devant témoins une aide financière conséquente à Tony Accurso pour sa future course à la direction. Une course qui s’annonçait déjà coûteuse.
Avant de se lever de table, puis de payer la note, Accurso aurait accepté de donner un coup de pouce à l’aspirant maire.
Un premier versement aurait ainsi été remis par chèque dans les jours qui ont suivi à un proche de l’organisation de Benoît Labonté, qui l’a ensuite fait transiter à qui de droit.

***

Si notre ami Réjean Tremblay avait écrit le scénario de la journée d’aujourd’hui, on aurait reproché au Bleuet d’exagérer. Le jour où les manchettes parlent du coffre-fort du parti Union Montréal trop petit pour contenir tout l’argent sale recueilli, la Ville dirigée par ce parti de pourris-sales annonce une hausse de taxe de 3,3% ?! Come on, Réjean ! Et 3,3%, c’est à peu près ce que demandait (3%) le parti du maire aux entrepreneurs qui reluquaient des contrats municipaux, en guise de ristourne ? COME ON, Réjean, pousse mais pousse égal !

Ce n’est pourtant pas une invention. C’est ce qui s’est passé aujourd’hui à Montréal. Pour-de-vrai !

J’ai souvent dit qu’il y a une différence entre le maire de Montréal et celui de Laval. Tous deux sont éclaboussés par des histoires qui puent. Dans le cas du maire de Laval, il devrait démissionner par simple décence: quand la police vient fouiller dans votre tiroir à bobettes, il est temps de céder le plancher. Dans le cas du maire de Montréal, c’était davantage une question de conscience: bien qu’il n’avait pas été personnellement impliqué dans les scandales montréalais, ils sont survenus sous sa gouverne ; deux de ses lieutenants (Frank Zampino et Martial Fillion) se sont fait passer les menottes et ont été accusés dans des affaires de corruption.

Aujourd’hui, avec les mots du témoin Dumont, l’intégrité personnelle de Gérald Tremblay est attaquée. Il entre dans ce territoire où sa démission devient affaire de décence, bien plus qu’une question de conscience.

***

Dans tout ce qu’on entend chez Mme Charbonneau, il y a l’écho de Réjeanne Padovani, le second film de Denys Arcand, lancé en 1973 (scénario de Jacques Benoît), qui se penche sur les jeux de coulisses entre le politique, la mafia et les grands constructeurs. Un extrait, cité dans ma chronique en 2010 :

(L’adjoint du ministre est au téléphone. Il laisse filtrer une nouvelle à un journaliste en espérant que son journal ne dévoilera pas une autre histoire sur son ministre.)

«Le tronçon a coûté 42 millions. Ça veut dire 19 de plus que les prévisions. Pis le ministre avait dit au printemps qu’on dépasserait pas les prévisions de plus de 4 millions.

Tout ce qui manque de Réjeanne Padovani, dans ce qu’on entend à la Commission Charbonneau, c’est l’utilisation de prostituées pour récompenser les corrompus pour services rendus.

J’imagine que ça ne devrait pas tarder.

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