
Politicien passant son message sur les médias sociaux...
La frénésie électorale est terminée et je constate avec un peu de surprise que ceux qui, parmi nos élus et candidats, étaient actifs sur le web avant le 4 septembre le sont encore, aujourd’hui. Du côté du PQ, les Bernard Drainville, Pierre Duchesne, Jean-François Lisée et Yves-François Blanchet, tous omniprésents dans mon fil Twitter, y sont encore.
Je suis un peu surpris, oui. J’anticipais que les péquistes actifs sur Twitter alors que leur parti était dans l’Opposition cesseraient de s’y agiter, une fois au gouvernement. Ça ne semble pas être le cas.
Mon ami Lisée, lui, poursuit même ses aventures dans la blogosphère, à son compte si on peut dire, puisqu’il n’est plus sur le site de ses premières amours, celui de L’actualité, depuis son élection comme député de Rosemont. Il blogue à la même cadence, ou presque, que quand il tenait salon virtuel dans le magazine de Mme Beaulieu et avec une verve comparable. Un élu peut-il bloguer ? Réponse: oui, indiquait-il récemment. Il a expliqué aux lecteurs les limites de sa liberté d’expression, maintenant qu’il est ministre : Extrait :
L’élu, notamment s’il fait partie de la députation gouvernementale, comme c’est mon cas depuis le 4 septembre 2012, ne jouit évidemment pas de l’entièreté de sa liberté de parole. Et les lecteurs qui m’ont suivi entre octobre 2009 et le 10 septembre 2012 sur le site de L’actualité (vous avez été 1,250 millions à venir plus de 4,2 millions de fois lire 7,4 millions de pages et écrire 52 953 commentaires) et qui me retrouvent ici doivent en être avertis: je ne pourrai plus dire tout ce que je pense. (…) Et si cela réduit, c’est certain, la part de vérités qu’on peut dire dans un blogue, cela n’épuise nullement la quantité d’informations, d’opinions, d’éclairages qu’on puisse y verser, sans jamais (ou, presque jamais) tomber dans la propagande. Alors voici mon engagement envers vous, chers lecteurs. Je ne vous dirai pas, ici, toute la vérité. Mais je ne vous dirai que la vérité, au meilleur de ma connaissance.
Côté libéral, à moins de me tromper, peu de députés sont actifs sur Twitter depuis la fin de la campagne. C’est forcé: ils étaient au gouvernement quand Twitter est devenu populaire, et quand on est au gouvernement, la discrétion est une vertu. L’élection a poussé quelques libéraux à apprivoiser la bête mais — si on exclut le personnel politique, très actif et très aguerri — ces élus et candidats semblaient aborder ce réseau social comme une figure imposée. Comme Guy Ouellette, député de Chomedey, qui tweetait mais qui ne tweetait pas vraiment des trucs d’une candeur à couper le souffle, disons…
Chez les caquistes, François Legault est le leader, le chef, que dis-je, le Napoléon de l’effort numérique de la nouvelle formation politique! Pensez ce que vous voulez de M. Legault, son hyperactivité sur Twitter force l’admiration. Il squatte mon fil Twitter comme s’il voulait s’inviter dans mon salon, il est là, commente sur tout, répond aux internautes, se chicane avec Marie-France (réglez ça dans le Tempo !)…
Tenez, l’autre soir, M. Legault a envoyé un message pour parler de je ne sais trop quel impératif de productivité collectif…
C’était vendredi soir, 20h11.
Vraiment, ai-je répondu au chef de la CAQ, faut-il être productif même le vendredi soir ?!
Il m’a répondu, dans la minute ou presque, avec un enthousiasme qui ne me semblait aucunement feint, ajoutant qu’il attendait sa dame pour aller souper…
Ne tweetez pas dans le visage de votre épouse, M. Legault, ce n’est jamais winner…