Patrick Lagacé

Archive du 27 août 2012

Lundi 27 août 2012 | Mise en ligne à 10h17 | Commenter Commentaires (100)

Jean-Martin Aussant et autres notes de campagne

Dans La Presse de ce matin, j’ai une chronique sur Jean-Martin Aussant, chef d’Option nationale, qui a quitté le PQ pour fonder ce parti, plus empressé face à la souveraineté. À ceux qui me demandent pourquoi ON et son chef sont si peu couverts par les médias, et ils sont nombreux à l’avoir fait par courriel depuis quelques mois, voici ma tentative de réponse.

La couverture médiatique n’est pas guidée par des principes scientifiques immuables. Le problème d’ON, à ses débuts, était assez simple : le parti était inconnu et son chef, à peine plus. La différence avec la CAQ naissante était là : dans la notoriété. Legault avait été un poids lourd de plusieurs cabinets péquistes, et ses ambitions politiques étaient connues: le « sujet » Legault a eu l’effet sur les médias d’un spotlight sur les maringouins par un soir d’été. JMA, lui, était un député-recrue du PQ, assez peu connu dans le public.

Le paragraphe ci-haut est une explication. Pas une justification.

Ceci étant dit, je n’ai jamais compris pourquoi Aussant a été exclu des débats des chefs. Il est chef d’un parti reconnu, il a un siège à l’Assemblée nationale. François Legault est chef d’un parti reconnu, il n’a pas de siège l’Assemblée nationale. On dira que c’est un transfuge, et c’est vrai. Mais tous les députés caquistes sont aussi des transfuges. Il faudra bien, un jour, régler la question des débats télévisés: ils sont trop importants pour les laisser au libre-arbitre des diffuseurs. J’aimerais voir un débat officiel, diffusé sur toutes les chaînes francophones, avec un certain nombre de chefs choisis selon des critères qui ne changent pas au gré des années.

Ce que je retiens du « phénomène » Aussant/ON — c’en est un, à voir le dévouement et la passion de ses militants —, c’est la morosité de notre système électoral uninominal à un tour. Avec une dose de représentation proportionnelle, Aussant aurait un siège à l’Assemblée nationale. Avec une dose de proportionnelle, on peut rêver à une Assemblée qui ne soit pas empêtrée dans une logique binaire J’accuse/Je me défends. Imaginez deux ou trois Aussant ; imaginez deux ou trois Khadir, qui racontent autre chose que les discours habituels. Je ne sais pas si la recette norvégienne de nationalisation des richesses naturelles préconisée par Jean-Martin Aussant est applicable au Québec. Mais je sais que je veux entendre des députés en parler, haut et fort, dans les travaux parlementaires. Pensez à Amir Khadir : il y a deux, trois ans, il a attaché le grelot aux crosses dans le milieu des mines — privatisation des profits, socialisation des coûts liés aux dégâts environnementaux, et autres gâteries consenties par l’État aux minières — sans relâche. Comme député, il a pu le faire parce qu’il n’avait pas participé à ce régime, contrairement aux péquistes, quand ils étaient aux affaires.

**

Je n’ai jamais vu une élection où les gens sont si hésitants quant à leur choix, dans l’urne. Je dirais même qu’il y a une angoisse, si j’en juge par des témoignages reçus ! On sent que chaque vote compte, le cliché est quasiment vrai, ce coup-là.

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