Patrick Lagacé

Archive du 13 août 2012

Lundi 13 août 2012 | Mise en ligne à 11h27 | Commenter Commentaires (182)

Le tour de taille de Gaétan Barrette…

Le poids de Gaétan Barrette s'invite dans la campagne — Photos PC

Le poids de Gaétan Barrette s'invite dans la campagne — Photos PC

Réglons un truc, tout de suite : je ne crois pas à la charade du Parti québécois dans la controverse impliquant sa chef Pauline Marois avec le candidat-vedette de la CAQ, Gaétan Barrette. Samedi, on le sait, la question du poids du Dr Barrette a fait irruption dans la campagne, avec fracas. Extrait du texte de Paul Journet, qui suit la campagne péquiste pour La Presse :

« (Terrebonne) Un ministre de la Santé devrait-il montrer l’exemple en adoptant de saines habitudes de vie ? Pauline Marois croit que oui.
En conférence de presse à Terrebonne, Pauline Marois a proposé un crédit d’impôt remboursable sur les activités sportives des jeunes. Il faut encourager les modes de vie, a-t-elle expliqué en présence notamment du Dr Réjean Hébert, candidat dans Saint-François.
«Est-ce que le ministre de la Santé lui-même doit être un exemple?», a pris l’initiative de lui demander un journaliste.
«Moi, je crois qu’un ministre de la Santé a un devoir d’être exemplaire », a répondu la chef du Parti québécois. »

Antoine Robitaille, du Devoir, a aussi un texte, qui offre les autres phrases de Mme Marois à ce sujet
:

« Je crois qu’un ministre de la Santé a un devoir effectivement d’être exemplaire. Comme, pour moi, le ministre de l’Éducation a un devoir d’être exemplaire ; envoyer ses enfants à l’école publique par exemple »

Mme Marois n’a pas nommé Gaétan Barrette. Le journaliste non plus. Mais c’est ça, une charade : on ne nomme pas les choses. Ici, on ne nomme pas la personne, mais si vous croyez que Mme Marois n’évoquait pas Gaétan Barrette, envoyez-moi vos coordonnées, je connais quelqu’un qui a un club vidéo à vendre, il s’agit d’une business en pleine expansion…

Dans certains quartiers, il y a des gens qui croient que le surpoids de M. Barrette ne devrait même pas être l’objet de discussions dans cette campagne. Je ne suis pas d’accord.
La question du surpoids de M. Barrette se pose, justement parce qu’il aspire à être ministre de la Santé. Et justement parce que ce surpoids n’est pas de l’ordre du léger embonpoint. L’obésité de Gaétan Barrette est incontournable, comme la faillite personnelle d’un(e) candidat(e) présenté comme le futur titulaire d’un ministère économique se poserait : parce qu’elle incarne un paradoxe.

La question se pose et la question fut posée, surtout par des journalistes. Je me souviens de Guy Simard, au 98 5 FM, il y a quelques jours, qui lui a posé la question. Il y a quelques années, aux Francs tireurs, j’ai posé la question à Gaétan Barrette. Je paraphrase, mais sa réponse est simple, quoiqu’elle est à peu près la seule ponctuée d’hésitations : «Je ne fais pas attention à ce que je mange.» Deux morceaux de robot pour la candeur.

Mais il ne faut pas avoir le sens politique de Lyndon B. Johnson pour savoir qu’abordée par les adversaires politiques du candidat caquiste, cette question est une grenade qui risque d’exploser au visage de celui — ou de celle — qui la manipule. Il n’y a aucune façon élégante de noter cela, quand on est un adversaire de M. Barrette. C’est une autre maladresse de Mme Marois, une petite niaiserie qui pose encore une fois la question de sa capacité à éviter les écueils et les peaux de banane. La révélation, dans un portrait de L’actualité, sur les 33 coiffeurs prêts à lui faire un brushing matinal, partout en province, est un autre exemple de ces maladresses en série.

Dans le cas qui nous occupe, la vanne de Pauline Marois a placé son parti sur la défensive depuis samedi. Le PQ a ainsi perdu deux jours à se défendre d’avoir raillé un obèse.

C’eut été si simple pour Mme Marois de répondre quelque chose comme : « Je vois où vous voulez m’entraîner, mais nos griefs contre M. Barrette sont ailleurs, et laissez-moi en énumérer quelques-uns… »

Mme Marois, lorsqu’elle s’en tient au plan, au scénario, au discours prévus, se tire bien d’affaire. Quand elle doit improviser, faire face à des surprises — magistral exemple : sa fuite des reporters quand, il y a dix jours, elle a refusé de commenter l’entrée en scène de Jacques Duchesneau — c’est une autre histoire . Avec cette déclaration, si elle accède au gouvernement, la chef du PQ vient de placer des pièges à ours dans son parcours: on ne manquera pas de rappeler le manque d’ « exemplarité » de tel ou telle ministre, au moindre paradoxe entre les vies privées et les fonctions publiques de ceux-ci.

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