Patrick Lagacé

Archive, juillet 2012

Mardi 31 juillet 2012 | Mise en ligne à 16h26 | Commenter Commentaires (106)

Le drapeau du Québec compte combien de fleurs de lys ?

L’humoriste Guy Nantel a maintes fois fait ce coup pendable : poser des questions de culture générale à des badauds. Malaises et fous rires garantis devant l’ignorance de certaines personnes, qui semblent ne jamais ouvrir un journal, ne jamais consommer un bulletin de nouvelles pour comprendre le monde dans lequel elles vivent.

Ci-haut, une vidéo qui a déjà circulé l’hiver dernier, mais qui n’a abouti dans ma messagerie que tout récemment. Il s’agit d’un Monsieur qui ignore combien de fleurs de lys le drapeau du Québec contient. Un, commence-t-il par dire. Quand Guy lui dit qu’il y en a six, le Monsieur allume : SIX, oui !

Puis, quand le comique lui demande de nommer un pays du Moyen-Orient, notre homme hésite, longuement, avant de dire : Thailand. Or, tout le monde sait que la Thaïlande est en banlieue de l’Antarctique, pas au Moyen-Orient.

Il se trouve que le Monsieur s’appelle Denis Leftakis et qu’il est candidat de la CAQ.

Évidemment, on ne peut pas recruter uniquement des champions de Génies en herbe, pour être candidat aux élections. Évidemment, M. Leftakis connaît probablement d’autres choses, mais si vous ne savez pas combien de fleurs de lys compte le drapeau du Québec, peut-être qu’une élection québécoise n’est pas le terrain de jeu le plus propice à vous mettre en valeur… Mais je lis le compte Twitter de Kamal G. Lutfi, ce quasi-candidat de la CAQ, et je me demande si quelqu’un, dans ce parti, a pris 15 minutes pour parler de la pluie et du beau temps avec certains candidats. M. Lutfi, on le sait, a été éjecté de la Coalition avenir Québec après avoir dit un tas de bêtises sur les souverainistes, les Caisses pop et — par la bande — les Noirs sur ce média social.

Hyperactif sur Twitter depuis son divorce avec la CAQ, M. Lutfi est un feu roulant de déclarations aussi incompréhensibles que stupéfiantes. On dirait que quelqu’un, quelque part, a tenté une expérience de clonage : hop, un peu d’ADN de Jean Perron, un peu de d’ADN de Dan Quayle, on brasse, on ajoute une moustache et — TADAM ! — c’est M. Lutfi qui en est sorti…

Difficile de croire que le fond clownesque de M. Lutfi n’a pas pu être dépisté par les bonzes de la CAQ. Lui a-t-on parlé un peu, l’a-t-on sondé sur sa vision de la vie et de la société ? Toi, mon Kamal, tu penses quoi de la question nationale ? Ou lui a-t-on seulement demandé un chèque visé de 25 000$ ?

Au-delà de ces cocasseries, les pelures de bananes qui ont embarrassé MM. Leftakis et Lutfi sont symboliques de l’environnement dans lequel on vit, ce monde 2.0 où tout le monde a une tribune, où tout le monde connaît quelqu’un qui est un peu passé à la télé un jour. Il ne faut pas seulement craindre la bêtise qu’on pourrait dire ; il faut se méfier de celles échappées dans le micro d’un humoriste, si facilement recyclées dans une vidéo sarcastique anonyme…

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Lundi 30 juillet 2012 | Mise en ligne à 11h12 | Commenter Commentaires (199)

Pause Kit Kat de type « En passant, t’es toute filmée »

Un camion à déchets, une BMW, une rue étroite de Montréal, une dispute à propos de qui devrait céder le passage.

La dame de la BMW n’allait pas reculer.

Elle a fait une scène.

Elle était filmée.

Oups.

La leçon, encore une fois: en 2012, y a des caméras partout. Et YouTube est une nouvelle forme de cour de justice.

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Mardi 24 juillet 2012 | Mise en ligne à 12h30 | Commenter Commentaires (443)

Léo Bureau-Blouin : battre le fer de la notoriété…

Photo La Presse — Léo Bureau-Blouin

Photo La Presse — Léo Bureau-Blouin

De tous les leaders étudiants, Léo Bureau-Blouin affichait à mon avis la maturité la plus évidente ; le calme le plus manifeste, dans les moments les plus tumultueux du Printemps Érable. Puis, le mandat du président de la FECQ a pris fin et il a cédé le plancher.

Des bruits ont aussitôt couru : on le courtisait pour la prochaine campagne électorale, imminente. Dans Trois-Rivières, a-t-on chuchoté. C’était faux. Mais il n’y a pas de fumée sans feu ! Denis Lessard, de La Presse, nous arrive avec cette nouvelle : il sera candidat du PQ dans Laval-des-Rapides.

Eh, misère…

Déception.

Passons sur le fait que l’ancien leader étudiant s’arrime à une formation politique dont la position sur les droits de scolarité n’est pas tout à fait synchro avec celle de la FECQ. Passons sur le fait qu’adversaire non-partisan du gouvernement ce printemps, ce jeune homme va tenter d’arracher une circonscription aux libéraux.

Ce qui me désespère, c’est que LBB a 20 ans.

Oui, oui, je sais : il-faut-des-jeunes-en-politique. Mais faut-il qu’ils soient si jeunes ? Faut-il qu’ils soient si verts ? Faut-il qu’ils n’aient mariné que dans le politique, pendant l’essentiel de leur vie active, avant de se donner à l’électorat ?

Nous vivons dans l’ère des politiciens professionnels. Jean Charest en est l’exemple suprême : il n’a fait que cela. Nathalie Normandeau, avant d’être mairesse en Gaspésie, avait fait partie du personnel politique libéral sous le gouvernement Bourassa. André Boisclair est un autre exemple patent d’une carrière de « jeune politicien ».

Peut-être qu’on peut être très bon, même en n’ayant fait que de la politique. Je suis sûr qu’on peut être meilleur en ayant, avant, fait autre chose. N’importe quoi. Du droit, du journalisme, de la gestion, du travail humanitaire, du communautaire. Même de la poésie ! (allez visionner Godin, sur le site de Télé-Québec, pour vous convaincre de l’utilité de la poésie en politique). Bref, la politique, pas de problème. À condition d’avoir vécu un peu…

Et LBB n’a pas vécu, désolé.

Il aurait pu aller faire son droit. Après, il aurait pu faire quelque chose, n’importe quoi — défendre des bandits, obtenir justice pour des veuves lésées, gérer une clinique juridique, qu’importe, on s’en fiche — pendant quelques années et, dans une dizaine d’années, décider d’y aller…

Mais non. Il y va tout de suite. Tant du côté du PQ que de LBB, c’est assez évident qu’on s’est dit qu’il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Le fer de la notoriété, je veux dire.

Aucun enthousiasme de ma part devant cette candidature : on assiste à la naissance d’un politicien professionnel. Il n’a fait que de la politique. S’il est élu, il en sortira en n’ayant fait que ça, dans la vie.

Triste.

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