
Daniel Audet — Photo François Roy, La Presse
Les hommages fusent, comme il se doit, pour saluer la vie de Daniel Audet, décédé d’un cancer du cerveau à 51 ans, après cinq années à repousser le crabe. Je répète : cinq années à repousser le cancer. C’est du domaine du miracle. Les pronostics pour ce cancer incurable sont impitoyables, d’ordinaire. Lui qui avait pu profiter du meilleur de la recherche oncologique aux États-Unis, il avait publiquement interpellé Québec, pour que nous cessions d’être à la traîne des autres provinces canadiennes en matière de lutte au cancer: le Québec offre une résistance collective mal organisée, face au cancer.
Chef de cabinet de Bernard Landry, Délégué général du Québec à Londres, vice-président du Conseil du patronat du Québec : Daniel a toujours été un surdoué, un brillant parmi les brillants. Un gentleman, aussi, qui comptait des amis tant à gauche qu’à droite ; chez les fédéralistes et les souverainistes, lui qui était un souverainiste de droite.
Il y a deux ans, pour une série sur le cancer, j’avais fait un portrait de Daniel, alors qu’il savourait à pleine dents la stagnation de sa tumeur, un glioblastome. La tumeur, m’avait-il dit, reculait, sur les scans. Outre de légers problèmes d’élocution, il était vif, alerte et heureux d’avoir repris le boulot, au Conseil du patronat. En verve, il m’avait dit avoir aimé sa vie, une vie faite d’aventures, de belles rencontres, de défis, une vie dont le phare était sa fille. Ce midi-là, il m’avait dit sa chance d’avoir aimé, d’avoir été aimé ; d’avoir vécu mille et une aventures dans ce Québec pour lequel sa foi était inébranlable. Daniel avait même trouvé, pendant sa rémission, une compagne avec qui faire un bout de chemin…
Dans sa dernière chronique au JdeM, qui m’interpellait dans le titre, il avait raconté la récidive de son cancer. Il espérait, de là, tenir un an. Il aura tenu un an et demi.
Si une vie ne se mesure pas à sa longueur mais à la façon dont elle fut remplie, Daniel Audet a eu une belle vie. Une vie en forme d’étoile filante, passée trop vite, mais une vie riche.
RIP, Daniel. Sympathies à sa famille.
AJOUT : JFL, sur son blogue, a pondu le genre d’hommage que seuls les compagnons de route peuvent pondre.