Patrick Lagacé

Archive du 12 juin 2012

Mardi 12 juin 2012 | Mise en ligne à 16h23 | Commenter Commentaires (141)

Amir Khadir, Yves Bolduc et les messages subliminaux

Pastiche du groupe Mise en demeure

Pastiche du groupe Mise en demeure

Je résume : en débarquant chez Amir Khadir pour arrêter sa fille, la semaine passée, les flics ont découvert une affiche qui a capté leur attention. Il s’agit d’un pastiche de la toile La liberté guidant le peuple, d’Eugène Delacroix. On a superposé aux personnages originaux des visages du Québec moderne, incluant le député de Mercier et le PM Charest, lequel est mort, aux pieds dudit député…

C’était la une du JdeM, ce matin. Amir Khadir songe à poursuivre le JdeM, pour cette manchette.

Mais comme toutes les nouvelles mettant en vedette le député de Québec solidaire, celle-ci agit comme loupe grossissante, une loupe qui montre à quel point le député Khadir suscite des sentiments viscéraux, en certains quartiers. J’en parlais ce matin, par rapport à une chronique de Joseph Facal. Paul JournalJournet, de La Presse, nous offre trois paragraphes surréalistes où le ministre de la Santé tente d’expliquer comment ce poster vu chez Khadir peut inciter à la violence. Je cite Paul :

Au lendemain de la défaite dans le château fort d’Argenteuil, plusieurs libéraux n’ont pas hésité à commenter l’affaire. Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, craint que le pastiche ne contienne des messages subliminaux qui incitent à la violence.

Simplement parce qu’il possède cette image chez lui, M. Khadir pose une menace, croit Yves Bolduc. «Il y a toujours des messages subliminaux (sic) qu’on passe avec des peintures comme celles-là. Pour certaines personnes qui eux autres sont vulnérables, ça pourrait présenter un risque», a-t-il affirmé.

Que laisse-t-il entendre? «Ça peut toujours être mal interprété. Mais tout ce que je peux dire, c’est que c’est de mauvais goût et ça peut être inquiétant», a-t-il ajouté. «C’est inquiétant de voir que les gens aient pu faire une peinture de ce type-là. Même si on dit que c’est ironique ou que ça fait partie de l’humour, c’est un humour noir qui n’est pas très approprié», a-t-il affirmé.

Bon. Voilà qui n’est pas clair, mais qui reste très divertissant. Et qui nous rappelle, en ces temps de délires, que nous avons tous besoin de vacances. Et, un jour, il faudra m’expliquer comment le député unique d’un parti somme toute marginal, dont l’accession au pouvoir relève quasiment de la science-fiction, parvient à susciter des réactions aussi vives, chez ses adversaires politiques, chez les commentateurs et dans une partie de la population.

AJOUT — Autre pièce à conviction au dossier « Délire », des manifestants font des saluts nazis et traitent les flics de SS. C’est ironique, bien sur, c’est du deuxième degré, évidemment… Mais ça reste une niaiserie du meme calibre qu’assimiler les carrés rouges à la violence, sauf que cette dernière niaiserie ne banalise pas un des pires faits historiques de l’humanité. Le B’nai Brith dénonce.

Lire les commentaires (141)  |  Commenter cet article






Mardi 12 juin 2012 | Mise en ligne à 13h55 | Commenter Commentaires (29)

Eux, nous ; les bons, les méchants

zizanie

Louis Brunet, directeur du programme de psychologie de l’UQAM, signe une analyse de la crise actuelle au Québec, sur son blogue. Il décortique la dynamique du eux-nous qui se développe dans une foule, dans une société, ainsi que le rôle des chefs politiques dans cette dynamique (merci à @MariePi_Dube, sur Twitter, pour le lien). Un extrait :

La dynamique des groupes s’organise presque toujours sur la dichotomie « nous-eux ». Cette dichotomie a pour fonction de renforcer l’identité de groupe et de renforcer l’adhésion aux valeurs du groupe. La crise étudiante au Québec ne fait pas exception. Le « nous » a graduellement pris sa forme symbolique par des carrés rouges, puis des carrés verts et blancs. Plus le conflit s’est enlisé, plus le clivage nous-eux s’est renforcé. Tant les étudiants que le gouvernement se sont mis à accentuer ce clivage. Comme résultat, la société québécoise entière s’est graduellement divisée en « nous-eux ». Tout comme le président Bush avait dit « si vous n’êtes pas avec nous vous êtes contre nous », les représentants gouvernementaux se sont mis à dire, tant en conférence de presse qu’à l’Assemblée nationale, que ceux qui étaient en faveur du mouvement étudiants étaient contre le respect de la loi, pour la violence et l’anarchie, donc contre l’ordre et contre le gouvernement dûment élu. La société en était réduite à se positionner de façon clivée : pour ou contre, sans nuance possible. Les sondages montrent qu’actuellement la plus grande part de la société québécoise participe à ce clivage néfaste.

En quelques lignes, c’est un portrait triste du Québec de juin 2012. Des Québécois qui fessent — métaphoriquement, mais pas toujours — sur des Québécois.

Du côté de L’actualité, Jean-François Lisée ajoute son grain de sel sur ce climat parfois délirant, entrant dans le rayon de la démonisation des adversaires politiques. Extrait, qui critique Joseph Facal pour cette chronique d’anticipation que j’évoquais hier sur ce blogue:

On est d’autant plus surpris du procédé que Joseph est membre d’une famille politique, souverainiste, régulièrement diabolisée par certains de ses critiques, qui ne se gênent jamais pour associer la défense du français à du nazisme.

Et Marc Cassivi revient sur l’amalgame fait par la ministre Christine Saint-Pierre entre le carré rouge et la violence.

http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/delires/13584/

Lire les commentaires (29)  |  Commenter cet article






publicité

  • TWITTER

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    juin 2012
    L Ma Me J V S D
    « mai   juil »
     123
    45678910
    11121314151617
    18192021222324
    252627282930  
  • Archives