Patrick Lagacé

Archive du 7 mai 2012

Lundi 7 mai 2012 | Mise en ligne à 18h34 | Commenter Commentaires (21)

L’enfer (passé) des courses de Formule Un


Grand Prix — The Killer Years par Faryus

L’heure passée, il y a un an, à regarder ce documentaire fascinant de la BBC sur le tue-monde épouvantable que fut jadis la Formule Un, s’est rappelée à mon bon souvenir, aujourd’hui, pour une chronique. Demain, ça fera 30 ans que Gilles Villeneuve, la fierté de Saint-Cuthbert, s’est tué à Zolder, la veille du Grand Prix de Belgique. Le Québécois fut un des derniers pilotes à mourir en piste, en F1. Les années 1980 furent le début de la fin du carnage sur les pistes : ce sont ces années meurtrières qui font l’objet de Grand Prix : The Killer Years. Avant, c’était l’époque des pistes qui étaient quasiment conçues pour tuer, des voitures qui s’enflammaient au moindre choc d’envergure. De 1970 à 1980, 12 pilotes sont morts en piste. Jochen Rindt, en 1970, fut le seul champion du monde couronné à titre posthume : il est mort avant la fin de la saison.

La scène la plus traumatisante du documentaire survient vers la fin, quand l’Anglais Roger Williamson fait une embardée sur une piste néerlandaise, en 1973. Sa F1 est sur le côté, des flammes commencent à embraser le bolide ; son ami David Purley immobilise sa propre F1, se précipite vers lui, pour essayer, en vain de le déloger. Il peste contre des officiels de course, les enjoint à venir l’aider ; il faut un long moment avant que quelqu’un dégote un extincteur, que Purley décharge lui-même, en vain. Pendant ce temps, les autres F1 continuent la course, qui n’est pas stoppée par les officiels. C’était la préhistoire de la course.

Puis, avec les protestations des pilotes, avec l’implication grandissante de la commandite — mauvais pour la business, quand un pilote est carbonisé alors que sa voiture porte votre logo — les voitures sont devenues plus sécuritaires et les pistes ont été repensées pour offrir le maximum de sécurité aux pilotes et aux spectateurs. Probablement que dix ans plus tard, l’accident qui a tué Gilles Villeneuve ne serait même pas survenu. Ou, s’il était survenu, sa monoplace n’aurait pas fait le vol plané qui lui fut fatidique. Après Villeneuve, seulement quatre pilotes sont morts en F1, le dernier étant Ayrton Senna, en 1994.

(liste complète des décès en F1, via Wikipedia)

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Ça m’irritait quand c’est Alfonso Gagliano, malgré tous ses travers, qui se faisait faire le coup. Ça m’irrite quand c’est Jean Charest qui se fait faire le coup. Ça m’irrite quand c’est Richard Martineau qui se fait faire le coup.

Le coup, c’est celui du on-débarque-en-gang-devant-chez-vous-pour-manifester. Chez-vous, comme dans chez-vous, chez toi, devant ta maison.

C’est le coup que Rico — mon coanimateur des Francs tireurs — s’est fait faire, la semaine dernière. En gang, des étudiants se sont pointés chez lui, jeudi soir dernier, dans une de leurs manifestations nocturnes. En gang ? Ils étaient des centaines !

Ils ont manifesté, ils ont chahuté. Ils ont le droit, ce n’est pas illégal. Cependant, c’est vil, infect, laid, abject, nauséabond, lâche, petit et j’en passe.

Je sais que Richard n’est pas le chroniqueur préféré des étudiants en grève. Moi-même, je suis à des années-lumière de sa position. Mais être en désaccord avec Martineau ne donne pas tous les droits, même s’il est le symbole d’une certaine opposition aux étudiants.

Depuis le début du conflit, les étudiants posent leur lutte dans un contexte plus grand, qui inclut une lutte contre un déficit de démocratie qu’ils perçoivent au Québec. Fort bien. Sauf qu’il n’y a pas de démocratie sans liberté d’expression. Et la liberté d’expression, c’est d’abord et c’est surtout respecter la parole qui ne nous plaît pas. On peut la critiquer, cette parole ; on peut la ridiculiser ; on peut la contredire. C’est aussi ça, la liberté d’expression : critiquer celle de l’autre. Ça fait partie de la game.

Mais aller relancer devant chez lui l’auteur d’une parole qu’on n’aime pas, désolé, ce n’est plus de la liberté d’expression. Aller relancer chez lui un journaliste, alors qu’on est des centaines — Dieu qu’on est braves, en troupeau ! —, ce n’est plus de la liberté d’expression, c’est autre chose et ça porte un nom : intimidation.

Et, de grâce, ne me dites pas que Richard récolte ce qu’il sème par la virulence de son propos, par ses choix de mots. Il émet des opinions. Il n’envoie personne manifester devant les résidences personnelles des leaders étudiants, à ce que je sache.

De toute façon, puisque je connais bien mon coanimateur, si vous pensez pouvoir l’intimider, vous vous trompez. Si ça se trouve, il va redoubler d’ardeur. Et puisque j’ai connu le journal pour lequel il écrit, dans une autre vie, que j’étais là quand un de ses journalistes a été tiré dans le parking, je peux vous dire ceci : ils vont lui donner tous les moyens pour qu’il puisse écrire en paix.

Critiquez-le, raillez-le, défiez-le, sloganisez-le, c’est parfait. Mais quand vous allez l’écoeurer devant chez lui, vous ressemblez plus à des goons qu’à des émules de Platon.

Y a pas de quoi être fier.

**

Plus largement, la manif qui a fait une escale chez Richard — rapportée sur LaPresse.ca, avec le nom de la rue, ce qui a déclenché la colère de Martineau, ce week-end — devrait inciter les médias à réfléchir à une question: quand une manif s’arrête devant la résidence personnelle de quelqu’un, est-ce que le droit du public à l’information serait fatalement desservi si on ne mentionnait pas la rue en question ? On le fait, comme médias, sans trop se poser de questions, calibrés que nous sommes à révéler le plus de détails possible sur un événement. On l’a fait dans le passé pour des manifs chez le maire Tremblay, le PM Charest, l’ex-ministre Gagliano. Je pense personnellement que ça n’ajoute rien à la qualité de l’info. Je pense qu’on devrait y réfléchir.

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