Patrick Lagacé

Archive du 1 mai 2012

Mardi 1 mai 2012 | Mise en ligne à 23h03 | Commenter Commentaires (268)

« Pantoite » : pauvre Line Beauchamp…

Ouch.

Line Beauchamp, ministre de l’Éducation a fait une gaffe, en conférence de presse. Elle s’est dite pantoite devant la contre-offre de deux associations étudiantes.

Pantoite, bien sûr, n’existe dans aucun dictionnaire. Pantoise, si…

Mais Line Beauchamp est dans un gouvernement impliqué dans une logique guerrière avec trois associations étudiantes en grève. À la guerre comme à la guerre, sa bourde risque de devenir virale, grâce à une vidéo qui la ridiculise. Quand on est titulaire de l’Éducation, ça rend le faux pas encore plus embarrassant.

Évidemment, une ministre qui se dit pantoite, ça ne fait pas super sérieux, surtout quand elle est ministre. Surtout quand, devant elle, les trois leaders étudiants sont à peu près impeccables dans le choix du mot, du verbe et de l’adjectif justes.

Ceci étant dit, permettez que je vole une seconde à la défense de la ministre. Mme Beauchamp était en direct, ça ne pardonne pas : elle ne peut pas se reprendre, elle n’a pas l’avantage d’Antidote intégrée dans son Mac ou du « on recommence » du journaliste enregistrant un topo…

Bref, ça peut arriver à tout le monde. Même aux étudiants, tiens, qui on (!) ont fait une belle, grosse et juteuse faute de français, l’autre jeudi :

Photo AFP, Rogerio Barbosa — Cherchez la faute...

Photo AFP, Rogerio Barbosa — Cherchez la faute...

On peut s’obstiner sur la vraie façon d’écrire hostie en tant que juron du terroir, mais négocie, à l’impératif, ne prend pas de s, c’est sûr. Quand il s’agit de notre jeunesse éduquée, c’est très embarrassant, surtout que la photo a comme un peu fait le tour du monde

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Et vous, qu’auriez-vous fait ?

C’est la question que je pose dans ma chronique du jour, sur ce troublant et fascinant drame de la rue Rachel, survenu dimanche : un chauffeur de taxi est passé sur le corps d’un jeune homme qui donnait des coups, avec d’autres jeunes hommes, à sa voiture, qui était encerclée par la meute.

Le gars qui a filmé la scène du 2e étage, Jonathan Himsworth, s’explique longuement dans un blogue. Il raconte ce qu’il n’a pas filmé, et se demande ce qui s’est passé dans les 8 minutes entre sa première observations de la chicane naissante entre les quatre gars et le chauffeur, et le moment où, de sa fenêtre, il a commencé à filmer.

Appel de Stanley Bastien, hier soir. Stanley est un chauffeur de taxi, qui fut très impliqué dans la représentation de ses pairs, à une certaine époque. Connu comme le proverbial Barabas dans la célèbre Passion du taxi, si je puis dire. J’ai connu Stanley quand j’ai fait, pour des reportages dans le Journal de Montréal, du taxi à Montréal, autour de 2005.

Stanley connaît le chauffeur de taxi Guercy Edmond, 47 ans, accusé notamment de voies de fait graves après être passé sur le corps d’un jeune homme de 23 ans, rue Rachel, dimanche matin. L’affaire est survenue dans un contexte de chicane qui a dégénéré. Les vidéos croquées sur le vif connaissent un vif succès sur le web. Stanley a parlé à la famille de M. Edmond.

Selon lui, les quatre jeunes hommes que M. Edmond a embarqués ont refusé de le payer. Une dispute a suivi. Une porte a été claquée avec violence. Stanley ignore comment le véhicule a été endommagé, à l’avant. Selon lui, si M. Edmond restait en travers de la route, c’était pour attirer l’attention de la police, qu’il venait d’appeler.

Stanley Bastien convient que Guercy Edmond aurait pu s’en aller, avant le drame. Mais ce faisant, il était absolument certain, dit-il, qu’il n’aurait jamais revu la couleur de son argent. En attendant la police, pendant que les jeunes l’engueulaient, il avait au moins une chance de pouvoir identifier ceux qui avaient refusé de le payer. Quelques secondes plus tard, ça dégénérait.

C’est, je le répète, la version de Stanley Bastien. On verra si elle se confirme officiellement un jour.

Mais en marge de ce drame, il est urgent que le Bureau du taxi de la Ville de Montréal révise un de ses règlements : celui qui interdit aux chauffeurs d’exiger de l’argent, à l’avance, de ses clients. Les refus de payer sont la source d’innombrables quiproquos, malentendus et situations explosives, surtout la nuit, à Montréal. Refuser de payer un chauffeur de taxi est un crime sans grande conséquence et le chauffeur qui se retrouve devant de tels clients n’a pas beaucoup de recours. Il peut appeler la police, qui n’arrivera que plus tard, quand le client sera déjà loin ; il peut se faire justice lui-même et risquer non seulement des blessures physiques mais un casier judiciaire ce qui entraîne la suspension de son permis de taxi.

Or, on le sait, le taxi, c’est un « tue-monde » : beaucoup d’heures, beaucoup de travail, pour une paie quelconque, bien souvent. Quand, à la fin d’une course, un client refuse de payer, dites-vous bien que ce n’est pas une affaire banale pour le chauffeur.

Voilà : le Bureau du taxi de la Ville de Montréal désamorcerait beaucoup de situations conflictuelles inutiles en obligeant les clients à payer, au minimum, un dépôt avant une course de nuit. Je ne dis pas que ça aurait empêché le drame de la rue Rachel. Je dis que ça faciliterait la vie des chauffeurs de taxi de Montréal aux prises avec des fêtards et des ivrognes et des brutes nocturnes pour qui, bien souvent, un chauffeur de taxi est un sous-homme qu’on peut se permettre de mépriser sans vergogne.

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