Dans ma chronique du jour, Dire oui, dire non, je défends ce point de vue : quand un élu est compromis dans une affaire de corruption, il y a une couche de culpabilité morale supplémentaire, qu’on ne retrouve pas chez le corrupteur. Quelques lecteurs m’ont écrit pour me sonner les cloches : les entrepreneurs sont tout aussi coupables, me répond Pierrot Péladeau, dans cette missive. Jocelyn Brousseau, lui, m’écrit :
Vous affirmez que M. Accurso et autres contracteurs ne sont redevables qu’à eux-mêmes, je trouve cela désolant dans une société de droit qui implique la responsabilité citoyenne pour les personnes physiques et morales qui la composent. D’un côté, on nous sert ad nauseam le principe des PPP, de cette pseudo-modernité économique voulant que la privatisation, la réduction de la taille de l’État, alouette, va rendre toute société plus prospère. Mais d’un autre côté, votre chronique lève le voile sur ce grand tabou voulant que lorsqu’on n’encadre pas les entreprises privées par des règles strictes, il serait naturel et normal pour celles-ci de frauder le fisc, de payer des pots-de-vin et de chercher à obtenir un poids illégitime dans la vie démocratique de notre société. Cette réalité renvoie à l’image d’un cancer féroce qui, lorsqu’il n’est pas contenu par des pénibles séances de chimiothérapie, va inévitablement se répandre.