Patrick Lagacé

Archive du 11 avril 2012

Mercredi 11 avril 2012 | Mise en ligne à 15h32 | Commenter Commentaires (11)

Un coup de pouce pour Parent Étoile

affiche

C’est peut-être ma plus grande peur de parent. Si on exclut de le perdre, lui : mourir alors qu’il est petit.

Petit, comme dans petit. On ne va pas chipoter sur l’âge, je suis sûr que vous comprenez. Ça peut être 8 ans. Ça peut être 15, 16. Petit. J’aimerais qu’il soit un peu grand quand je vais tirer ma révérence. Un enfant a deux soleils dans sa vie, son père et sa mère. Je ne veux pas m’éteindre à 89 ans forcément, je veux m’éteindre quand il sera grand. Juste ça.

Il y a des enfants qui n’ont pas cette chance. Ils sont petits et, paf, un des deux soleils de leur vie s’éteint : Bonne chance pour la suite, ti-cul.

Il y a quelques années, j’ai consacré une chronique à ces enfants endeuillés, sous l’angle du travail de Parent Étoile, porté à bout de bras dans un sous-sol d’église par la magnifique Sylvia Hamel. Mme Hamel tente d’aider ces enfants, dans une mer de quasi-indifférence : les « ressources » pour les enfants qui ont perdu un parent ne sont pas légion. Récemment, ma collègue Marie-Claude Malboeuf a parlé de ces enfants endeuillés, de façon très émouvante.

Long détour pour vous dire que demain, jeudi le 12 avril, 20h, au Salon bar Il Motore, 179 Jean-Talon Ouest, Parent Étoile tient un spectacle-bénéfice pour financer ses activités auprès des enfants endeuillés. Les tickets sont 10$.

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Mercredi 11 avril 2012 | Mise en ligne à 7h25 | Commenter Commentaires (79)

Bullying d’Oasis : le PDG Gattuso a un blogue

Ma chronique sur Bioasis, Oasis, comme un bully, une compagnie qui s’est frotté à Lassonde et qui a fermé ses portes plutôt que de se battre devant les tribunaux, est en ligne sur LaPresse.ca : les similitudes avec Olivia’s Oasis sont flagrantes. Dans les deux cas, des compagnies qui font des produits nettoyants. Dans les deux cas, Lassonde leur a signifié que l’utilisation du mot « Oasis » lui portait préjudice. J’ai aussi blogué sur Oasis et sur Bioasis, il y a quelques heures.

Jean Gattuso a un blogue. Son premier billet est consacré à mon blogue et à ma chronique. Il se demande pourquoi plusieurs des faits évoqués dans mon entretien téléphonique avec lui et sa VP Affaires juridiques, hier, ne se sont pas retrouvés dans ma chronique.

Réponse, en général : une entrevue est une recherche d’information. Très, très rare que le contenu intégral d’une entrevue se retrouve dans le produit journalistique fini. Ce fut le cas hier. Je n’ai pas, par ailleurs, enregistré l’entrevue. Si Lassonde l’a fait : qu’elle la mette en ligne. Je suis très à l’aise avec la conduite de cette entrevue.

Réponse, en particulier : parce que j’ai préféré écrire sur l’affaire de Bioasis, que j’ai évoqué en entrevue avec eux et a pris une tout autre tournure quand, en soirée, j’ai pu parler à Denis Bousquet, ancien actionnaire de Bioasis. Cette entrevue est survenue après l’entretien avec l’équipe de Lassonde: les faits soumis par M. Bousquet étaient d’un intérêt manifeste qui supplantaient largement, dans mon esprit, le détail du nombre de interventions juridiques depuis 2004 pour protéger sa marque de sommerce, tel soumis par Lassonde en entrevue. D’ailleurs, le seul commentaire portant sur Bioasis, celui de Me Lemoine, a été cité dans ma chronique.

D’ailleurs, puisque M. Gattuso a désormais un blogue, je suis curieux de l’entendre nous expliquer en détails pourquoi une compagnie fabriquant des savons de toutes sortes, portant le nom de Bioasis, a dû se frotter aux avocats de Lassonde. Voici une compagnie qui fabriquait des savons à plancher, des détergents, du savon à mains, utilisant un jeu de mot incluant « Oasis » dans sa raison sociale… Et qui a attiré l’attention de la compagnie dirigée par Jean Gattuso. Étonnant.

C’est la beauté d’un blogue, M. Gattuso : pas de journaliste pour nous interrompre, pas de limite de temps et d’espace. Je l’invite à développer sur le cas de Bioasis. Les parallèles avec Olivia’s Oasis de Deborah Gudzman sont troublants. Une des différences majeures : Mme Gudzman a décidé de se battre plutôt que de plier devant les avocats de Lassonde.

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Mercredi 11 avril 2012 | Mise en ligne à 0h08 | Commenter Commentaires (37)

Les jus Oasis, le bullying et l’irrigation souterraine

Photo André Tremblay — La Presse

Photo André Tremblay — La Presse

Ma collègue Christiane Desjardins a déclenché une affaire fascinante, samedi dernier, avec ce papier sur Deborah Gudzman Kudzman, propriétaire de Olivia’s Oasis, qui a fait l’objet d’une guerilla juridique de la part d’un géant de l’alimentation québécoise, les Industries Lassonde, propriétaires des jus Oasis.

L’article, repris par les internautes sur Twitter, où bien des Québécois ont jonglé avec l’idée d’un boycott des produits de Lassonde, a mis à mal la (belle) image d’Oasis.

Twitter a bel et bien créé le ressac qui a forcé Industries Lassonde à faire preuve d’une parcelle d’humanité à l’égard de Deborah Kudzman, après sept ans d’avocasseries désincarnées.

Mais le problème de Lassonde n’a rien à voir la gestion de sa marque sur les médias sociaux. Le problème de Lassonde n’a aucun rapport avec la gestion de ses relations publiques. Lâchez-moi, avec ça, de grâce. La meilleure escouade d’influenceurs au monde n’aurait pas pu aider Lassonde, en ce week-end pascal où elle a été crucifiée par les internautes québécois. Les génies de Mirador non plus…

Le problème, c’est que Lassonde a très clairement tenté de passer le bulldozer sur plus petite qu’elle. La chose a été très clairement expliquée par Christiane Desjardins dans le papier qui a mis le feu aux proverbiales poudres numériques. C’est ça le problème, et les meilleurs conseillers en relations publiques ou gestion-de-la-marque auraient eu, ce week-end, le même effet que le gars sur la plage qui brandit un panneau STOP devant la première vague d’un tsunami.

Parce que même si tu mets un masque souriant sur un bully, le bully reste un bully.

C’est ce que la twittosphère québécoise a décodé, samedi, dans le papier de Christiane Desjardins.

**

L’affaire n’est pas sans rappeler certains dossiers médiatisés aux États-Unis qui ont conduit à l’invention de l’expression “trade-mark bullying”. Après que le “bullying” dans les polyvalentes du Québec ait tristement défrayé les manchettes au Québec l’automne dernier, avons-nous assisté ce week-end au premier cas médiatisé de “trade-mark bullying” dans notre province?

Cette citation est de Xavier Beauchamp-Tremblay, avocat et agent de marque, qui signe un billet fort éclairant sur les marques de commerce, sur le blogue Droit-Inc, dans la foulée de l’affaire Gudzman/Lassonde.

Pour Me Beauchamp-Tremblay, il n’est pas évident que Lassonde soit un bully :

Reste que quand une entreprise cherche à protéger le caractère distinctif de sa marque de commerce, la grosseur de son adversaire ne devrait pas en principe être un critère pertinent pour décider de loger ou non un recours judiciaire. Je suis persuadé que, contrairement aux intimidateurs des cours d’école, Lassonde aurait agi de la même façon contre un plus gros adversaire (elle l’a d’ailleurs fait contre Imperial Tobacco dans les années ‘80). Or, d’après Merriam-Webster, un “bully” signifie “one habitually cruel to others who are weaker”.

Sauf qu’ayant trouvé hier un autre cas où Lassonde a passé le bulldozer juridique sur un autre (petit) fabricant de savon ayant eu l’outrecuidance d’utiliser le mot « Oasis », je n’hésite pas : c’est une forme de bullying.

Le cas dont je vous parle — sujet de ma chronique de mercredi, qui n’est pas encore sur LaPresse.ca au moment d’écrire ces lignes — est similaire à celui de Deborah Gudzman.Ce fabricant de savon québécois, Bioasis, a préféré fermer ses portes plutôt que de se lancer dans un long et coûteux combat juridique. C’est ce que m’a raconté un des administrateurs. Bioasis, un jeu de mot surfant sur le côté biodégradable des produits de la compagnie, a sonné le glas de la petite entreprise : se plier aux diktats de l’entente à l’amiable imposée par Oasis aurait entraîné trop de coûts.

Bioasis a préféré se saborder.

**

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Industries Lassonde a une vision très, très large de son emprise sur le mot « oasis ». Autre extrait du billet de l’avocat Beauchamp-Tremblay :

C’est ainsi que Lassonde, comme le décrit la Cour d’appel dans son jugement, détient un enregistrement de marque de commerce pour la marque OASIS, en lien avec des “valves pour l’opération de systèmes d’irrigation souterraine”.

On présume que Lassonde a appris qu’un tiers employait une marque OASIS en liaison avec son entreprise de valves et qu’elle a contacté le détenteur de cette marque s’objectant à cet usage de la marque OASIS.

Le propriétaire de l’entreprise de valve a probablement évalué les risques de poursuite (et ses ressources pour se défendre contre une poursuite, le cas échéant) et, dans le cadre d’un règlement, a transféré à Lassonde l’enregistrement pour sa marque OASIS en lien avec des valves en retour d’une autorisation de continuer d’employer la marque OASIS. J’ignore si une telle offre a été faite à Olivia mais, le cas échéant, elle a visiblement été refusée.

Peut-être qu’ici aussi, Industries Lassonde avait peur que le public ne confonde les jus OASIS avec un système d’irrigation souterraine. On ne sait jamais…

Je rappelle, pour mémoire, les mots de la juge qui a condamné Lassonde à payer 125 000$ à Deborah Kudzman (décision, comme on le sait, qui fut renversée en appel) :

«Faire croire à la possibilité d’une confusion entre les marques (de Lassonde et de l’Oasis d’Olivia) dans l’esprit du consommateur moyen serait insulter ce dernier ou présumer qu’il est complètement dépourvu d’intelligence», a asséné la magistrate.

Peut-être que Larousse devrait retirer de ses dictionnaires le mot « oasis », avant d’avoir à se frotter aux avocats de Lassonde. Peut-être que les frères Gallagher devraient… Euh, et puis, non, ne faisons pas entrer les frères Noel et Liam là-dedans, l’affaire manque déjà suffisamment d’élégance comme ça…

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