Patrick Lagacé

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    Patrick Lagacé aime le journalisme : « Cette profession permet de vivre des aventures et d'être payé pour le faire », dit-il.
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    Mardi 3 avril 2012 | Mise en ligne à 10h01 | Commenter Commentaires (39)

    Maclean’s : voyage au coeur du suicide amérindien

    Martin Patriquin est le correspondant québécois du magazine Maclean’s mais pour ce reportage, c’est au Manitoba qu’il a mis à contribution ses splendides talents journalistiques. Pour parler des problèmes sociaux qui affligent les communautés amérindiennes vivant dans les réserves, Patriquin est allé à Pikangikum, une petite réserve située à 300 km au nord de Winnipeg, accessible uniquement par avion. Pikangikum affiche un taux de suicides absolument hallucinant. Extrait de son reportage, disponible sur le site de Maclean’s :

    In 2011, the community of roughly 2,400 had a suicide rate equivalent to 250 per 100,000—nearly 20 times that of Canada, and far and away the highest in the world. It has been so for 20 nearly uninterrupted years

    Ce qui fait de Pikangikum quelque chose comme la capitale mondiale du suicide. Oui : le Canada héberge la communauté où on se suicide le plus sur la planète. Ici. La lecture du reportage de Martin Patriquin est à briser le coeur. Je pense à ce type, Jerry Strang, dont l’épouse, la blonde et le fils se sont tous enlevés la vie. Je pense à ce jeune qui pose avec un sac lui servant à respirer des vapeurs d’essence comme on pose pour un toast. Les vapeurs d’essence sont la dope de choix, dans cette communauté coupée du monde. Un aspect fascinant du reportage de Macleans: le caractère épidémique des suicides, qui surviennent souvent par grappes.

    Pikangikum est le théâtre de tous ces problèmes sociaux bien connus dans les réserves canadiennes — dépendances diverses, violence, démission parentale — depuis des décennies et qui s’apparentent au tiers-monde. Mais tout cela est bien loin de la « civilisation », tout cela concerne un segment de la population de on se fiche royalement, comme société. On en parle ponctuellement — parce que Richard Desjardins sort un documentaire sur les Indiens, parce que la CBC se fend d’une série de reportages sur les conditions de vie, parce qu’une épidémie de suicides en réserves se fraie un chemin vers le sommet du totem politique — puis, on passe à autre chose…

    Troublant.

    Comme a dit Desjardins, au moment de la sortie du Peuple invisible, réalisé avec son ami Robert Monderie, en 2007 : « Un Indien, ça ne vaut rien. »

    AJOUT : Comme je l’ai écrit souvent, en parlant de Patriquin, c’est un de mes chums.


    • Soyez sans crainte, les Warriors s’occupent de tout. :(

      Jean Émard

    • Les brits et leurs “descendants” sont les spécialistes du massacre à petit feu…On te tue et on te fait croire qu’on t’aide…

    • La violence conjugale et les abus sexuels sont épouvantables sur les réseves. Épouvantables. On en parle de temps en temps. Mais très peu. On en parle surtout pour blâmer les Blancs qui ont tellement abusé des pauvres enfants autochtones dans les pensionnats. C’est plus payant…

    • Le plus troublant, c’est ce scan de la lettre de Rocky Junior Turtle. “I don’t want to be here because I want to go home. My real home “heaven”.

      On se sent bizzare de lire ça. On a envie de rusher vers le Nord Ouest de l’Ontario (erratum à monsieur Lagacé) pour essayer de convaincre le jeune de 14 ans de ne pas commettre l’irréparable.

      On veut que McLeans fasse quelquechose. Que le média agisse…

      On hais Dieu et la religion. On se rend compte que c’est une béquille…

      On se rend compte aussi que la dépossession culturelle mène au suicide. Que notre taux de suicide, au Québec, a peut être certaines racines culturelles communes avec celui (beaucoup plus effarant) des premières nations. On se sent mal d’être nous mêmes, on se fait accuser de vouloir être nous mêmes ou on nous appauvrit de vouloir être nous mêmes (le bilinguisme est exigé pour ce poste).

      On se rend compte finalement que la loi sur les indiens, c’est de la bullshit.

    • La question amérindienne est une tâche noire dans notre passé et notre présent collectifs. Nous somme les héritiers d’une société génocidaire et tant que nous ne ferons pas face à cette réalité, nous ne serons que des colons, comme nos ancêtres.

      Basel Al-Kana

    • Mais à la fin du documentaire on entend bel et bien: “Ce n’est plus de la faute des blancs ce qui nous arrive maintenant”. Il y a des atrocités dans l’histoire de ces peuples, c’est un fait qu’il nous faut toujours considérer et ne jamais répéter. Mais que pensez-vous des hurons et des montagnais qui se chicane les 40000 km carrés du parc des Laurentides: une poignée de chasseurs qui se trouvent trop à l’étroit dans cette immensité… parfois ils sont assez décourageants aussi!!

      Je crois que nous devons certainement lutter contre le racisme et l’ignorance dans nos sociétés, mais qu’eux doivent lutter contre l’apitoiement: le monde ne fait pas toujours mon affaire à moi non plus…

    • On ne s’en sortira jamais. Tant que les amérindiens voudront vivre a notre crochet, tant qu’ils voudront vivre à l’extérieur du XXIe siècle, tant qu’ils ne deviendront pas des Canadiens comme les autres ils continueront à être des citoyens de seconde zone. Je ne dis pas ça par racisme (il faut faire attention ici, dès qu’on exprime une idée différente). Ne serait-ce que de vivre dans des endroits si retiré du monde, inaccessible et de voir qu’ils passent à côté des choses extraordinaires de la “civilisation” occidentales à la télévision n’est pas fait pour leur donner la joie de vivre. Ils faudrait qu’ils aillent à l’école, qu’ils travaillent, qu’ils s’intègrent, qu’ils vivent comme tout le monde, qu’ils deviennent des Canadiens. Les tamtams c’est bien beau mais il faut arriver au XXIe siècle.

    • Au lieu de quemander chaque mois a Ottawa, les grands chefs devraient plutot dire: on va faire le menage entre nous avant de blamer les Blancs. Comment ca se fait que les chefs de communaute de 2500 personnes gagnent plus que le PM du pays ? Comment ca se fait que des usines de traitement des eaux ultra modernes soient tout croche apres 1 an ? Comment ca se fait que on bati des maisons et 3 mois plus tard tout est arrache ? On parle pas de science physique quantique la, on parle de la base de la vie.

      Va falloir un matin que quelqu’un mette ses culottes et disent: le robinet est ferme tant que vous allez pas vous responsabilisez. Si vous avez besoin de la police ou de l’armee pour nettoyer les reserves de la tite pegre ameridienne, on va le faire pour vous. Cest meme pas une question d’argent, cest une question que on a cree une dependance qui n’a plus de limite. Et leurs leaders sont les premiers a blamer. Ils veulent regler les problemes entre eux avec leur solution mais avec l’argent des autres. Et toujours plus d’argent…comme Haiti, elle va ou l’argent ??? Dans les memes mains sales que Haiti. Sur le dos des enfants et des jeunes.

      Menage au plus vite svp ! D’ailleurs, le groupe de travail des parlementaires vont recommander la meme chose en Haiti, le ONG vont prendre leur trou et on va faire des projets cibles et concrets. Haiti et les reserves n’ont pas a etre des laboratoires, cest pas des animaux ce monde la !

      Mais dans les deux cas, un mot: responsabilite !

    • Pendant ce temps, Patrick Brazeau fait la Bella Figura pour les conservateurs

    • C’est bizarre, mais triste, que votre sujet plus bas touche au suicide assisté et aujourd’hui celui de jeunes qui devraient travailler à la continuité de leurs familles.

    • Souvent, la cause d’un suicide c’est l’impression d’être coincé, de n’avoir aucune porte de sortie lorsque confronté à un problème, d’être pris au piège.

      Je crois que c’est une des principales causes du «malaise» chez les amérindiens.

      D’un côté, la communauté fait clairement ressentir aux individus que l’attachement aux valeurs ancestrales est essentiel à l’identité personnelle et «raciale». Ceux qui ne partagent pas cet avis deviennent des traîtres à la «cause» et à la race.

      D’un autre côté, au plus profond de son être, l’amérindien sait que sa culture en est une de l’âge de pierre, que ses ancêtres n’avaient même pas découvert le métal, que sans son fusil, sa motoneige, son VTT, cadeaux de l’homme blanc, il trouverait aujourd’hui sa vie insupportable.

      De plus, «grâce» à la télévision, il peut voir une autre façon de vivre à laquelle, à son corps défendant et souvent inconsciemment, il aspire.

      L’amériendien est coincé entre ces deux pôles: rester à perpétuer une société de l’âge de pierre, type de société que l’homme blanc a dépassé et dont l’idée de la perpétuer ne lui viendrait même pas à l’esprit; ou adopter sans retenue le monde moderne et ainsi devenir un traître à la cause, à sa communauté et à sa race.

      Pour un amérindien, ce déchirement, ce choix impossible me semble une des causes le plus probables du taux élevé de suicide.

      Que faire quand on est un jeune amérindien, qu’on écoute Lady Gaga sur son iPod et qu’ensuite on doive partir à la chasse sur une motoneige afin de perpétuer un mode de vie totalement dépassé et ayant perdu tout son sens au 21e siècle?

      Porte de sortie: le suicide.

      On aura beau pomper des millions, tant que les communautés amérindiennes n’auront pas clairement établi le cheminement qu’elles entendent suivre pour amener leurs membres au 21e siècle, qu’elles n’auront pas pris les mesures nécessaires pour laisser à l’âge de pierre, leur culture certes noble, riche et colorée mais néammoins totalement dépassée, les suicides vont continuer à se multiplier.

      Maintenant, aux ethnologues, anthropologues et autres «logues» qui ne manqueront pas de me tomber sur la tomate pour avoir oser dire que la culture amérindienne est «totalement dépassée», une seule question: si cette culture est si merveilleuse, pourquoi les Européens l’ont-ils abandonnée, dépassée, y’a plus de 4500 ans?

      C’était bon pour nous d’avancer, de passer à mieux, mais pour les amérindiens, c’est pas bon?

      Je comprend que pour votre job, ce serait catastrophique, mais pour ces pauvres gens..?

    • C’est triste mais en même temps, c’est la décision de ces communautés de s’isoler loin de la vie active, vivre reclus au fond des bois.
      Ça n’excuse en rien notre inaction face à ces problèmes graves de suicide et de détresse sociale.

      Tout le monde doit faire sa part, mais les 1ers à blâmer ce sont les chefs de ces communautés.

      Les gens de ces communautés ne paient pas d’impôts, ouin mettons. Mais ils n’ont pas de services non plus. Facile de tomber dans la spirale infernale de la violence, drogue et autres quand les perspectives d’avenir sont sombres.

      Qu’on soit dans une réserve ou dans une banlieue riche, le désespoir tue. Mais lors qu’on est isolé, au milieu de nul part, c’est cent fois pire.
      Ces réserves doivent être démantelées à mon avis, peut-être pas toutes parce que certaines fonctionnent bien mais on doit se rendre compte que les Amérindiens ne sont plus comme au début du siècle, dépourvus de tout et laissés à eux mêmes.

      Vivre dans la nature comme il y a 500 ans je veux bien, mais force est de constater que ça ne marche pas pour tout le monde.

      Et le taux de détresse et de suicide est assez clair à mon avis pour le prouver.

    • Oui, mais que voulez-vous en faire?

      Si on les prends par la main, on se fait accuser d’essayer de les occidentaliser et de leur faire perdre leur style de vie traditionnel.

      Si on les ignore, tout les bien-pensants de ce monde grimpent aux rideaux.

      Si on les ignore plus ou moins, en leur donnant beaucoup d’argent… Ah non on fait ça déjà…

      Donc, il y a un problème. Mais quelle est la solution d’après vous? Plus d’argent? Plus de style de vie traditionnel et moins d’interférence? Occidentalisation forcée?

      A la fin de la journée, le gouvernement peux difficilement forcer quelqu’un a ne pas se suicider.

      T Rightman.

    • Calcul pour faire parler les nombres: 250 pour 100 000 équivaut à 0.0025. Donc 0.0025 x 2400 = 6

      6 par an pour 2400, ça fait quand même beaucoup… ils auraient pu le dire de cette façon là…

      Ben St-Pierre

    • Ma coloc me rapportait les propos de son cousin, un gars de la construction qui fait des « passes » de cash, dans le Nord. « Les criss d’Indiens qu’ils viennent pas se plaindre si le coin de leur maison n’est pas à 90 degré. La fierté s’arrête à Val-d’Or! »

      Parfois, je ne sais plus si j’aime vraiment l’ironie.

    • On les a mis en contact avec un mode de vie incompatible avec le leur, et ça les a tué. Un peu comme la petite vérole…

    • Vous écrivez:

      «Pikangikum est le théâtre de tous ces problèmes sociaux bien connus dans les réserves canadiennes — dépendances diverses, violence, démission parentale — depuis des décennies et qui s’apparentent au tiers-monde»

      J’apporterais la nuance suivante: c’est le tiers-monde. Un de nos tiers-monde, l’autre étant celui de l’itinérance (des dizaines de milliers partout). Vous précisez que cela est “bien connu” et c’est ce qui est le plus scandaleux là-dedans.

      1- Voilà le résultat de la Loi sur les Indiens, notre apartheid maison (combiné au génocide culturel des pensionnats autochtones).

      Je crois que la première chose à faire c’est de briser l’isolement de ces gens par le regroupement dans des collectivités plus grandes. À partir de là nous pourrions tenter de sauver ce qui l’est si nous nous en donnons la peine. La situation de ces gens est un honte nationale.

      2- Spécial “Boule de cristal”:

      Si nous commençons à parler de cela et si le gouvernement a la moindre velléité de faire quoi que ce soit pour régler le problème, je prévois (j’mise un “brun” là-dessus!) que nous assisterons à un déluge de propos haineux à côté du quel le délire actuel sur le «complot halal visant à financer le terrorisme» [ouais: c'est comme ça que ça se passe ... dans la tête de certains] passera pour une simple blague.

      On a déjà une idée de la chiennerie populaire déclenchée par le cas du dépanneur de Verdun (un “anglâ”), on aura l’occasion d’en connaître un peu plus sur le petit paquet de cochonneries que le «NOUS» a au fond du cœur. Ce sera “laite”!

      3- On fait quoi?

      Je ne sais pas par où commencer. Tout seuls ils ne s’en sortiront jamais: ça leur prend des alliés. Mais qui?

      Bye

      Claude LaFrenière

    • Comme la majorité des Québécois, j’en sais peu sur les amérindiens. Mais je sais une chose: c’est vrai que la façon dont nos gouvernements se sont occupé du “problème” EST une honte. Et qu’aujourd’hui, nous tolérons encore que des êtres humains vivent dans telles conditions EST une honte! Il n’y a vraiment pas de quoi être fiers et quand je lis ici que certains se permettent de véhiculer des préjugés haineux sur les amérindiens, j’en reste sans mots.

      Je sais une chose cependant, toute ignorante que je suis, c’est que la “loi sur les des Indiens” doit être abolie: commençons donc par ça… et engageons un véritable dialogue avec les amérindiens… ce qui n’a jamais été vraiment fait au cours des années. Cessons donc de leur imposer ce qui est bon pour eux (à notre idée) et écoutons-les donc! Apprenons à les connaître plutôt que de toujours recourir aux préjugés faciles et aux idées toutes faites.

      Je pense q

    • Comment il disait ca Félix Leclerc ? Si tu veut tuer un homme, paie-le a rien faire; c’est pas un peu ca, le drame de ces communautés ?

    • Oups! Je poursuis…

      Je pense qu’ils ont d’autres choses à nous montrer que les tam-tam, les totems et le reste du folklore autochtone. Et surtout, arrêtons donc de généraliser les méfaits d’une minorité d’autochtones à la majorité qui vivent dans des conditions dégradantes.

      S. Ouellet

    • cela fait parti du plan d’épuration ethnique datant de 2 siècles !

    • .
      Les réserves, c’est un problème complexe qui a été créé par les ententes et politiques gouvernementales.
      Les gens (les indiens) qui vivent sur ces réserves ont appris à aimer leur réserve, le territoire qui l’entoure et le territoire traditionnelle qui leur a été raconté, vanté comme plein de richesses et d’espoir.
      En voulant moderniser l’administration des réserves et en accordant de l’aide financière, le gouvernement a créer deux types d’indiens, ceux qui travaillent à l’administration de la réserve et ont une “paye”, et ceux qui sont dépendant des subsides. … Il y a aussi ceux qui se débrouillent , qui suivent une formation, qui finissent par travailler hors réserve, souvent loin de la réserve, et se résignent à payer impôt et taxes.
      Ces derniers sont parmi les meilleurs éléments, par contre ils partent et la réserve devient un ghetto pour les plus démunis …. une réserve qui n’a pas su garder ceux qui pourraient être des modèles pour les jeunes !
      … Il faut faire une transition entre le concept des réserves et un concept de territoire, une approche qui brise le modèle ghettos et constitue un risque de perte de pouvoir pour les chefs qui pensent à leur propre qualité de vie avant celle de leur communauté (Remarquons que ceci n’est pas unique aux chefs améridiens qui ne sont guère différents de notre élite politique).
      Comment règler ces problèmes … Ça prendra du temps et ce ne sera pas par des “politiques fermées” du gouvernement !

    • @yvesmontana

      Ce que vous dites est faux. Je suis Attikamekw, technologue en assainissement des eaux, et responsable de l’usine de traitement des eaux de Pakua Shipi. Mon usine est très bien tenue, mes analyses sont faites quotidiennement, la maintenance des équipements et calibration des appareils effectuée ponctuellement et compilée dans les livres de bord. En fait mon usine est beaucoup mieux tenue que dans la plupart des villages québécois. Et avant ça j’étais dans l’équipe du MAINC qui chapeaute l’ensemble des traitements d’eaux dans toutes les communautés autochtones du Qc (excepté les Cris et les mowhaks). Donc j’en connais un bout de plus que vous sur le sujet. Les quelques endroits où il existe un manque de vigilance et d’effort sont des exceptions, et ce ne sont surtout pas des usines neuves, parce que je les connais toutes de même que je connais les opérateurs et techs qui y travaillent. Faites le tour des villages non autochtones du Qc et vous en verrez des usines mal tenues.

      Idem pour les maisons. Les gens ici quand ils ont besoin de bois, ben ils vont dans le bois et ils bûchent du bois. Ils ont même le temps de le faire sécher pour le fendre ! 4ième année que je suis dans cette communauté et je n’ai jamais vu ça. Pourtant si vous voulez des vrais sauvages c’est par ici que ça se passe étant donné que nous sommes la communauté autochtone du Qc la plus isolée.

      Vous devriez vous en tenir à la physique quantique, on pourrait peut-être avoir un échange intelligent je m’y connais un peu, ça doit vous surprendre ?
      Nick Guerin, T.A.E.

    • @Nick Guerin

      Content de voir que tout ne vas pas mal ! Peut etre que votre communaute devrait etre prise en exemple et etre envoye pour former les autres techniciens ?

      Cependant, si tout est aussi rose partout, pourquoi y a-t-il autant de probleme dans les reserves ? En passant, jai dit que les gens a TOUS les niveaux (gouvernement, chef de bande, citoyens) devaient se responsabiliser et arreter d’esseyer d’acheter la paix avec de l’$$$, jai jamais dit c’etait des sauvages ni que les gens etaient pas intelligents. Mais pourquoi les gens sont ils aussi pauvres et dans la misere malgre les ententes tres genereuses depuis 50 ans?? Malgre les logements largement subventionnes ?? L’argent, elle va ou au juste ?? Peut on etre imputable a la population autochtone ainsi qu’au gouvernement qui donne l’argent ??

      Mais, comme Haiti, va falloir un jour arreter de tenir les populations en dependance du cheque du mois et se rappeler le vieux proverbe: Donne un poisson a un homme et tu le nourris pour la journee; montre lui a pecher tu le nourris pour la vie :)

      Dernier point vous pouvez me repondre: Pourquoi chez vous ca marche bien et ailleurs ca marche pas ??

      Merci :)

    • Un des rares commentaires sensés est celui très simple et concis de NGC253.
      nickoleterrible en sait plus que tous les répondants mis ensemble. Il faudrait ressortir la filmographie d’Arthur Lamothe des boules à mites. Cet homme avait vraiment saisi la vie du coin de nickoleterrible, en y passant du temps, en y observant avec un oeil humain et curieux en plus d’extrêmement cultivé ceux qu’il rencontrait.
      Le commentaire sur les chicanes entres Hurons et Montagnais perdrait de ses plumes en voyant ce qui a été carrément volé aux peuples autochtones. Et on continue de leur en arracher. Au Plan nord, maintenant! Donnons – ou presque – “nos” richesses, à n’importe qui veut bien les soutirer, bâtissons-leur des routes et autres infrastructures pour qu’ils viennent s’y mettre riche tout en appauvrissant tout ce qui s’y trouve.

      J. Lincourt

    • Se prendre en main ou devenir Canadien. Ce n’est pas ce que le Québec devrait faire? Mais bon, je m’éloigne du sujet.

    • Faites-nous part de votre opinion.

    • Le racisme ne fait pas partie de la solution du problème des Premières Nations. N’avons-nous pas nos “warriers” nous les Blancs ? Notre mafia et nos gangs de bécyk et de rues ? Et ne sommes-nous pas prédateurs de l’environnement ? Vous connaissez les dossiers aussi bien que quiconque, alors le bashing contre les indiens est le fait des ignorants et des imbéciles, tout simplement.

      La solution tient dans l’abolition de la Loi sur les indiens et sur la valorisation de leur potentiel économique. De nouvelles voies de développement sont actuellement ouvertes en ce sens, mais le frein le plus important tient au changement des mentalités. Il est difficile de se mobiliser lorsqu’une majorité persiste à détester et à nier les droits d’une partie du peuple Canadien.

      Mais l’éducation et une politique cohérente du développement donneront tôt ou tard leurs effets. C’est inéluctable.

      Aussi, il est toujours temps de se rallier à la cause des plus démunis qui nous élèvent, lorsqu’ils retrouvent leurs droits et leur fierté.

    • Ce que je trouve dommage avec les discours du type “Ils doivent se prendre en main et faire un effort, etc” c’est qu’il ne tient pas compte des différences fondamentales entre monsieur et madame tout le monde qui vit avec un problème de dépression ou de dépendance et une personne qui vit avec les mêmes problèmes mais sur une réserve isolée. La première a plus de chance d’avoir une famille et des amis qui ne souffrent pas des mêmes problèmes, a accès à plus de ressources et surtout a des modèles d’identification positive dans des médias qui lui ressemblent et auxquels elle peut s’identifier. Bref, le monde autour d’elle est stable et peut la soutenir.

      Même si ce n’est pas nécessairement le cas dans toutes les réserves, une personne autochtone vit souvent dans une famille aux prise elle-même (parfois depuis plusieurs générations) avec des problématiques de violence, de dépendance, de décrochage scolaire et de dépression, a des amis qui vivent ces mêmes problèmes, connaît plusieurs personnes qui se sont suicidées et a accès à des ressources extrêmement limitées. Elle n’a pas beaucoup de modèles positifs de réussite professionnelle tel que le monde moderne la conçoit et vit une fracture identitaire, tiraillée entre le mode de vie de ses ancêtres, (récupéré et caricaturé par les médias qui l’idéalisent ou le ridiculisent) et un mode de vie moderne qui fait de plus en plus d’exclus et dans lequel elle ne se reconnaît pas.

      Ce que je veux dire, c’est que tout le monde ne part pas à égalité dans la vie, même à l’intérieur d’un même milieu et que c’est facile de juger des personnes de loin sans avoir marché un kilomètre dans leurs chaussures. Le taux de suicide affolant chez les jeunes au Québec inclut celui des jeunes autochtones mais on ne le mentionne pratiquement jamais, comme s’il s’agissait uniquement d’un problème de blanc. De blanc hétéro car on ne parle presque jamais de celui des jeunes homosexuels non plus. On ne peut pas lutter efficacement contre le suicide si on se conforte dans nos préjugés et qu’on refuse d’examiner les facteurs qui influence ce fléau.

    • @nickoleterrible,

      Chaque fois qu’un sujet touche aux Amérindiens, on a droit à une honteuse scéance de lapidation… Comme si tous et chacun étions des individus rentable pour notre belle société….

      Ma soeur a marié un Mohawk et… ils travaillent tous les deux : Lui oeuvre sur les structures d’acier aux USA et elle, détient un bac et s’occuppe d’autistes. De leur union, sont issus 4 enfants qui étudient dans un collège privé américain… dont un dans une classe pour sur-doués…

      Bref, j’ai l’air de vouloir raconter ma vie, mais ce n’était qu’une illustration pour dire que les les Amérindiens, il y a des gens convenables.

      P.S. On devrait toujours se questionner de la valeur de ceux qui ont l’esprit meublé de clichés…

    • @yvonmontana,

      Les Gouvernements n’essaient pas d’acheter la paix, mais cherchent à obtenir le droit d’exploiter les ressources naturelles qui se trouvent sur leurs territoires.

      C’est du donnant donnant.

    • @yvesmontana
      Mais ici les gens savent pêcher, ils ne savent juste pas comment créer une économie pour que ceux qui désirent travailler le puissent.

      Regardez dans votre famille, est-ce qu’il y en a beaucoup des entrepreneurs ? Il y a un bateau cargo qui passe 1/semaine et pas l’hiver parce qu’il y a trop de glaces. La pêche ? C’est à terre, le village de l’autre côté de la rivière, St-Augustin, sont aussi démunis que nous économiquement. Le tourisme ? Ça coûte 3000 $ Mtl-ici en avion. Les gens aiment bien mieux aller à Cuba pour 800 $.

      Et l’éducation ? Première difficulté c’est en langue seconde pour les enfants. Arrivé à 14-15 ans ils doivent quitter leur cellule familiale et sociale pour aller étudier ailleurs. Même problème à St-Augustin. Autant vous dire qu’il n’en a pas ben ben qui décrochent leur diplôme secondaire.

      Il faut faire attention pour ne pas tomber dans les clichés et les préjugés, parce que ça coupe le dialogue. Il y a beaucoup de faussetés qui circulent et la plupart des gens s’imaginent que la réserve autochtone typique est comme le village Huron. Que les maisons sont gratuites. Que les sommes attribuées aux budgets autochtones sont faramineuses. En apparence oui parce que tout l’argent de toutes les communautés autochtones du Canada passe par un seul ministère fédéral. Oui il y a des excès mais quand je regarde le téléjournal je vois la même chose.

      J’aime bien le commentaire de @kakousse, ça représente assez bien la réalité. Par contre ça me frustre un peu d’entendre qu’on est des peuples de l’âge de pierre. Le Qc a inventé le ski-doo pis les gadgets Star-Frit tout le reste a été pris d’autres peuples, on est comme les autres, on est en 2012 et plus personne ne se soucie de la paternité des ordinateurs ou des épeluche-patates, on s’en sert c’est tout.

    • “Se prendre en main ou devenir Canadien. Ce n’est pas ce que le Québec devrait faire? ” kittyblues

      ===

      Troisième voie: Le Canada propose du “concret” pour que les Québécois conservent leur langue et leur culture dans ce pays. Dans la situation actuelle, le Canada tergiverse, gagne du temps et espère que la démographie règle le “problème” Québécois. Ok, je m’éloigne moi aussi du sujet.

      Jean Émard

    • M. Lagacé, vous avez utilisé la citation de Desjardins hors contexte. Il a dit, en faisant référence à la forte commotion dans la population et dans l’industrie à la sortie du documentaire L’erreur boréale par rapport à la réaction plus modeste au lancement du Peuple invisible: “La forêt, c’est une industrie de 20 milliards. Un Indien, ça ne vaut rien.”

      En ne citant que la dernière partie, vous avez évacuer toute l’ironie mordante et la finesse d’esprit contenues dans le propos de Desjardins. Ça doit être pour faire plus spectaculaire, plus accrocheur je suppose…

    • La question des peuples autochtones soulève à peu près toujours une polémique et est toujours truffée de stéréotypes et de généralisations. Il y a 600 nations autochtones au Canada et elles sont toutes différentes les unes des autres. Par contre, la situation tiers-mondiste des peuples autochtones est plus généralisée et on la retrouve surtout en territoire éloigné.

      Cette situation dépend beaucoup du fait que les colonisateurs ont décidé de prendre les territoires autochtones à leurs propres fins et ont «parqué» ces peuples dans des réserves, du moins pour ceux qui ne voulaient pas s’assimiler (s’émanciper selon la loi sur les Indiens) à la majorité. Comme ce n’était pas assez, on a aussi utilisé l’école (les pensionnats) pour tenter de forcer les enfants à s’assimiler. Je passe par-dessus les autres tentatives de manipulation des autochtones comme par exemple les «relocalisations» pour soutenir la souveraineté du Canada dans l’Arctique.

      Des experts en psychiatrie ont vite conclu que, en tant que groupes, les peuples autochtones souffrent collectivement de stress post-traumatique (ou PTSD en anglais). Quiconque est le moindrement familier avec cette condition comprend aisément le niveau élevé de suicides (et de violence) dans les collectivités autochtones, en particulier les réserves, mais aussi les collectivités des territoires du nord (où il n’y a presque pas de réserves, aucune chez les Inuit).

      Il y a des solutions à cela comme on le voit dans d’autres pays et à quelques endroits au Canada: l’autonomie gouvernementale, soit la prise en main de leur destin par eux-mêmes. Pour que ça marche il faut aussi relier cela à un territoire et il faut donc régler les revendications territoriales. On sait que les niveaux de vie et une réduction du nombre de suicides font partie du portrait des collectivités qui sont autonomes et ne dépendent plus de la loi sur les Indiens, pourvu que le territoire y soit compris.

      Enfin, le ministère des Affaires autochtones et du Nord canadien n’a plus sa place et reste le symbole d’un pays toujours colonial. Il comporte une bureaucratie qui coûte très cher et détourne des fonds qui devraient plutôt aller aux collectivités autochtones au pays pour restaurer leur capacité à se gouverner eux-mêmes, selon leurs cultures et leurs traditions adaptées au XXI è siècle.

    • @stephanie2001, 04/09h57

      Beau commentaire… D’accord avec vous.

      Je crois aussi que ralbol a mis le doigt sur un gros bobo, plus haut: le déchirement entre les 2 civilisations, pour les jeunes. On te fait rapidement comprendre que t’as le choix: rejoindre les Blancs et devenir traitre à la nation, à la culture, aux ancètres… ou bien mettre une croix sur tes rèves de marier to chum Blanc (la belle-mère de mon frère s’est fait sacrer dehors de la tribu pour avoir épousé un Blanc… L’Occidental n’a pas le monopole du racisme, vous savez) ou s’établir hors-réserve. Effectivement, entre rèves d’avenir impossibles ou exil, le suicide (ou la fuite dans la drogue) représentent de sombres, mais efficaces alternatives.

    • J’ai eu la chance d’aller à Winnipeg à deux reprises au cours des trois dernières années. Dès nos premiers pas dans cette ville, on s’étonne de voir autant d’amérindiens en ville. On en voit beaucoup qui titubent, qui quêtent, mais toujours avec un sourire. Ils tendent la main comme si en quelque part, ils avaient besoin “d’une main” pour les secourir.
      Quand des blancs de la ville nous repèrent comme touristes, ils se font un “devoir” de nous avertir à propos des indiens qui sont ben achalants. Quand je me suis fait dire une telle chose, je me souvient d’avoir répliqué que ces indiens là étaient complètement chez-eux et que je verrais à me montrer digne de leur hospitalité.
      Quand on pense à tous les politiciens fédéraux depuis la naissance de ce pays qui n’ont pas réussit à créer le moindre respect envers les peuples autochtone, c’est honteux et nous devrions tous avoir honte. Nous ne sommes pas mieux que ceux qui ont soutenus l’apartheid dans d’autres pays, nous ne sommes pas mieux que ces Américains qui ont tué leurs indiens, nous ne sommes pas mieux, vraiment pas.
      Monsieur Harper est au pouvoir et comme il ne s’intéresse pas à l’histoire autre que l’histoire de la royauté, alors il n’a aucune volonté de rendre son pays un peu plus humain, car on sait qu’après les indiens d’ici qu’il faille “euthanasier” à feux doux, ce sera au tour des Canadiens-Français. C’est commencé depuis longtemps, mais ils sont durs à cuire ces french peasoup, mais quand même ils en viendront à bout.
      Gilles Pelletier, Québec

    • J’ai oublié de mentionner le piètre état des maisons (délabrement, moisissures, mauvais isolation) et le manque d’accès à l’eau potable dans certaines réserves. En outre, le prix des aliments est souvent beaucoup plus élevé qu’ailleurs à cause des coûts de transport plus importants. Enfin, le taux de grossesse adolescentes y est parfois très élevé et on sait à quel point ça hypothèque une vie scolaire et professionnelle!

    • Oups, “mauvaise isolation”…

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