Patrick Lagacé

Archive du 1 avril 2012

Dimanche 1 avril 2012 | Mise en ligne à 23h37 | Commenter Commentaires (88)

Justin Trudeau : j’aurais dû savoir…

J’étais parmi ceux qui avaient un peu peur pour Justin Trudeau, avant son combat de boxe contre le sénateur conservateur Patrick Brazeau, dans le cadre d’une campagne de financement d’un organisme d’Ottawa venant en aide aux gens aux prises avec le cancer.

Dans le coin droit : Brazeau, expert en karaté, ancien soldat des Forces canadiennes, candidat à la direction du club des anti-Justin. En plus, le sénateur semblait avoir l’oeil du tigre.

Dans le coin gauche, Trudeau, golden boy libéral, député modérément jet-set, adepte de la course à pied…

Quand je l’ai interviewé pour les Francs tireurs, il y a quelques semaines, je m’étais ouvert de mon inquiétude à Justin. Qui avait répondu qu’il boxait depuis des années, que Brazeau serait surpris, bref, de ne pas m’inquiéter pour lui…

Surtout que sur les épaules de Brazeau étaient posés tous les fantasmes d’une certaine franges de conservateurs désireux de sacrer une volée métaphorique à une certaine idée du Canada, celle du père de Justin, encore honni dans certains coins de l’Alberta, par exemple…

Puis, samedi soir, dans cette soirée bizarre qui frisait le cirque, le député de Papineau a fait mentir les pronostics (on donnait Brazeau gagnant à 3 contre 1) en l’emportant par knock-out technique.

Avant ce combat, Brazeau était le Clubber Lang de Rocky III : taciturne, menaçant, haïssable, inutilement baveux. Sur Twitter, une semaine avant le combat, il s’est pour ainsi dire pris aux cheveux avec l’univers au grand complet : journalistes perçus comme ennemis de son parti et Canadiens ordinaires qui trouvaient que ses tweets relevaient du domaine du scénario de la WWE. Brazeau n’a jamais aimé Justin Trudeau, mais sa conduite d’avant-ring donnait l’impression d’un bum sans grandeur. Ce n’est sûrement pas le cas, dans la vie, mais le sénateur n’a rien fait pour s’élever au-dessus de la mêlée…

Sur le ring, Brazeau a rencontré Rocky : Trudeau était le négligé et, après un premier round difficile, a réussi non seulement à tenir la distance mais à battre les prévisions des preneurs aux livres et à faire mentir ses détracteurs en forçant l’arbitre à arrêter le combat. Triomphe de l’underdog.

Chose certaine, j’étais dans le champ quant aux chances de Justin. J’aurais dû savoir qu’un homme qui peut volontairement débouler l’escalier menant au sous-sol du studio des Francs tireurs (voir clip ci-haut) sans se ramasser à l’hôpital est capable de prendre par surprise un adversaire comme Patrick Brazeau…

On parle d’un combat-revanche en 2013 mais, franchement, peut-être que les pugilistes devraient s’abstenir. La chose fut très divertissante, mais assez peu édifiante.

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