
Caricature du journal Ouest-France, en 2009...
Avez-vous, comme moi, avalé vos Corn Flakes de travers en lisant, dans La Presse de samedi, ce long cri du coeur d’une enseignante ? Anne-Marie Quesnel relate ses vingt années dans une école secondaire privée, en déplorant le changement d’attitude générale des élèves… Extrait :
Nos ados croient que les profs sont des serviteurs (ou des nounous… ou des punching bags) à qui ils peuvent tout dire, n’importe comment. Ils peuvent nous insulter, nous injurier, nous intimider devant tout le monde. Vous savez pourquoi? Vous allez rire, je suis sûre. C’est parce qu’ils ont le droit de s’exprimer! C’est dans la constitution! La liberté d’expression, oui madame! La semaine dernière, une élève a réagi aux critères d’évaluation que j’annonçais en me criant en classe: «C’est chien, ça!» et d’en rajouter encore et encore, un autre d’ajouter «On veut un débat!», comme si c’était eux les spécialistes de l’éducation. Parfois, on reste bouche bée devant de telles interventions. C’est tellement malpoli, tellement inconcevable qu’on ne peut pas croire qu’on est en train de le vivre.
Autre extrait, qui parle de ces parents qui couvent beaucoup trop les bêtises de leurs petits trésors (je paraphrase) :
Chers parents, je vous en conjure, aimez vos enfants, mais aimez-les bien, à dose égale d’amour et de discipline. Trop d’amour et ils deviennent égocentriques, trop de discipline et ils s’écrasent. Encouragez-les, complimentez-les, mais avec réalisme afin qu’ils aient une vision juste d’eux-mêmes. Vous êtes leur miroir, ils se voient à travers vos yeux. Soyez honnêtes, aimants, justes.
Et si notre enfant fait une erreur, un oubli, un échec, laissons-le donc assumer, pour une fois, et arrêtons de surprotéger en attaquant le prof. Ça nous ferait du bien de travailler du même côté, pour éduquer nos jeunes, nos leaders de demain.
Ce sont eux qui s’occuperont de nous au CHSLD… Voulez-vous vraiment l’excuser à 16 ans, en pleine possession de ses moyens, d’avoir oublié une reprise d’évaluation? Ce sera plus grave quand il oubliera d’administrer une dose d’insuline à son patient, de resserrer les boulons de vos pneus, de tenir compte de toutes les déductions sur votre rapport d’impôt…
Institution imparfaite, financée à même nos impôts, l’école a le dos large. Bien sûr, elle doit toujours se renouveler, se corriger. Mais dans le débat sur l’école moderne, il y a une donnée toujours absente : l’attitude des parents. En ce sens, la lettre de Mme Quesnel pose des questions inconfortables qui, je l’espère, ne reviendront pas la hanter…
AJOUT — Un lecteur de ce blogue me signale la sortie, en 2011, de Lucien Francoeur, prof au collégial, lors d’une entrevue avec Sophie Durocher, dans le JdeM.
AJOUT — François Charbonneau me signale un texte qu’il signait pour la Revue Argument, où il faisait un lien entre la pédagogie actuelle et ce célèbre film de science-fiction des temps anciens, The Blob…
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