Tim Thomas, le gardien de but des Bruins de Boston, a décidé de faire un coup d’éclat politique en boudant la visite de son équipe à la Maison-Blanche, où le président des États-Unis recevait les champions de la Coupe Stanley.
Thomas, aligné sur la vision bizarroïde de la vie du Tea Party, a émis le communiqué de presse suivant pour justifier son boycott :
I believe the Federal government has grown out of control, threatening the Rights, Liberties, and Property of the People.
This is being done at the Executive, Legislative, and Judicial level. This is in direct opposition to the Constitution and the Founding Fathers vision for the Federal government.
Because I believe this, today I exercised my right as a Free Citizen, and did not visit the White House. This was not about politics or party, as in my opinion both parties are responsible for the situation we are in as a country. This was about a choice I had to make as an INDIVIDUAL.
This is the only public statement I will be making on this topic. TT
Traduction : Le gouvernement fédéral est hors de contrôle, il menace les Droits, les Libertés et les Propriétés du Peuple. Cela se passe aux niveaux de l’Executif, du Législatif et du Judiciaire. Cela est en opposition directe à la Constitution et à la vision qu’avaient les Pères Fondateurs pour le gouvernement Fédéral. Parce que je crois en cela, j’ai décidé aujourd’hui d’exercer mon droit de Citoyen Libre, et je n’ai pas visité la Maison-Blanche. Cela n’a rien à voir avec la politique ou les partis, mon opinion est que les deux partis sont responsables de la situation actuelle. C’est un choix que j’ai posé en tant qu’INDIVIDU…
Évidemment, Tim Thomas a le droit à ses opinions politiques. Évidemment, on peut se dire qu’il ne s’agit ici que d’un sportif — c’est vrai — et que son boycott n’engage que lui. C’est vrai. On a quand même le droit, en tant que Citoyens Libres, de commenter et on me permettra quelques observations…
– Sur le plan sportif, Tim Thomas a occulté la visite de son équipe à la Maison-Blanche. Ce qui n’est habituellement qu’un flash à la fin des bulletins de nouvelles est devenu de l’engrais à commentaires partout sur le web : bonjour l’ambiance ;
– Le boycott de Tim Thomas illustre bien l’extrémisme d’une partie de la population américaine, qui penche loin, loin, loin à droite, désormais sans complexes, en public. Cet extrémisme vote très majoritairement républicain et contribue à éradiquer, au sein même du parti républicain, les éléments « modérés » ou centristes ;
– Cet extrémisme politique, chez les adeptes du Tea Party, a préséance sur un patriotisme qui, jadis, transcendait la partisanerie. Aujourd’hui, la game des républicains est d’enlever aux « socialistes » (!) du parti démocrate tout légitimité: où étaient les crinqués du Tea Party quand George W. Bush, qui avait pourtant hérité d’un surplus budgétaire en 2000, s’est mis à creuser des déficits a) en coupant massivement dans les impôts b) en envahissant l’Irak sous des prétextes fallacieux et imaginaires c) en créant un programme d’assurance-médicament national ? Ils était nowhere to be found, comme on dit aux USofA. Ce n’est qu’une fois que le Noir s’est pointé à la Maison-Blanche qu’ils ont été téléguidés vers la rue…
– Dix ans de chronique dans des journaux m’ont appris ceci : les gens qui abusent des majuscules sont généralement des coucous…
– L’acteur John Wayne, un républicain notoire, après la victoire de Kennedy sur Nixon, en 1960 a eu ces paroles célèbres : “I didn’t vote for him but he’s my president, and I hope he does a good job.”
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