
Photo La Presse – Wajdi Mouawad
Tel que promis, voici l’entrevue de Wajdi Mouawad chez France Culture, que je commentais en chronique plus tôt cette semaine dans La Presse. L’émission s’appelle À voix nue et fut diffusée en juillet 2009, dans le cadre d’une série portant sur la vie et l’oeuvre du dramaturge libano-québécois.
entrevue de Wajdi Mouawad (audio)
Comme je vous le disais il y a deux jours, j’avais prévu publier l’entrevue mardi dernier, jour de la publication de la chronique. Mais un voyage aux urgences provoqué par une pierre au rein a comme gâché tout ce que j’avais au programme, à partir de mardi midi…
***
Avant de répondre à Marc Cassivi, qui a répondu à ma chronique sur Wajdi Mouawad dans le journal de ce matin, un petit mot sur mon collègue des Spectacles : je l’adore. Je le précise parce que quelques lecteurs se sont inquiétés — ou délectés — à l’idée que Marc et moi soyons en chicane via les pages de La Presse. Même au sein d’un même journal, entre collègues, le débat est sain. Tant que c’est fait directement et sans vacheries, je n’en prends pas ombrage. Je l’adore, donc, même si je suis rarement d’accord avec lui : j’admire ce guts, ce goût de se battre, la démarche qui mène à ses chroniques.
Le titre de la chronique de Marc, donc : Le Québec anti-intellectuel. C’est gros. C’est énorme. C’est trop gros, même. Le Québec est aussi anti-intellectuel. Il n’est pas qu’anti-intellectuel. Le rejet des idées, le mépris de l’intellectuel n’est pas une spécialité québécoise. Ces courants existent ailleurs, aux États-Unis, par exemple. Et, oui, en France. Évidemment que la France est un phare de la pensée, bien sûr qu’on y valorise la contribution des intellectuels. Mais la France n’échappe pas au mépris des idées et de ceux qui les expriment. À ce sujet, un petit livre, lumineux : C’est la culture qu’on assassine, de Pierre Jourde, qui dresse un état des lieux impitoyable sur l’état actuel de la production culturelle, de la diffusion des idées et de la montée de la bêtise, télévisuelle et autre. Après la lecture des chroniques de Jourde, il est impossible d’idéaliser la France à cet égard.
Convenons d’une chose, dans la foulée des propos de Wajdi Mouawad sur le Québec, comme terre réfractaire aux intellectuels : nous sommes dans le domaine du senti, du subjectif et de l’impression, principalement. Impossible de régler définitivement un tel débat. Je reconnais que j’ai une façon un peu carrée, des fois, d’expédier mes arguments, en chroniques : je ne suis pas le plus nuancé des membres en règle du commentariat québécois. C’est peut-être pourquoi les propos de Mouawad, sur France Culture, m’ont tellement irrité. Mouawad, c’est un intellectuel. C’est un type qui nous pousse à réfléchir. J’ai exprimé mon désaccord avec lui dans l’affaire Cantat, mais il nous enjoignait à réfléchir et surtout à faire des nuances. Qu’il sombre dans la caricature et la généralisation outrancière, comme il l’a fait avec son exemple stupide d’une conversation entre un épicier et un client cherchant du lait, sans aucune nuance, c’est un raccourci qui rappelle davantage les fleurons de CHOI FM le midi qu’un dramaturge primé partout où il passe.
Marc dit que le Québec est une société « où la culture et le savoir ont une odeur suspecte ». On peut sans doute trouver des exemples en ce sens. J’en vois beaucoup qui démontent ce mythe, pourtant. En 2008, quand les conservateurs de Stephen Harper ont émis l’idée de couper des tas de programmes en culture, qui est monté au créneau, en premier ? Le Québec. Un cynique peut voir le mouvement de l’époque comme étant noyauté par les artistes, les intellectuels et les faiseurs d’opinion. J’y ai vu une vague de fond, une réaction viscérale au mépris affiché des conservateurs envers la culture. Il est périlleux de décréter qu’un parti politique a gagné ou perdu pour une seule raison. Mais j’ose dire ceci : si les conservateurs n’ont jamais « passé » au Québec, c’est en partie à cause de ce mépris affiché pour les idées, pour les artistes, pour la culture.
Il y a quelques années, aux Francs tireurs, j’ai interviewé Stéphan Bureau. J’ai demandé au créateur-animateur de Contact s’il était déçu des cotes d’écoute faméliques de son émission lumineuse d’entrevues avec des phares de la pensée d’ici et d’ailleurs. Bien sûr, qu’il m’avait répondu : on souhaite toujours être regardé par un nombre maximal de gens. Mais, a nuancé Bureau, même si les cotes d’écoute de Contact étaient meilleures en France, la part de marché française était équivalente à celle du marché québécois ! « Évidemment, on ne peut pas résumer la vie intellectuelle d’une société à la télévision, me disait-il ce matin, quand je l’ai relancé à ce sujet. Reste que Contact a été lancé par un diffuseur québécois, Télé-Québec ! »
Un autre exemple : Le Devoir. Avant d’aborder la question du quotidien de la rue Bleury, j’aimerais y aller d’un mea culpa qui tombe pile. En 2007, invité à Tout le monde en parle alors que je venais de quitter le JdeM, j’ai lancé une vacherie à propos du Devoir. Je regrette cette vacherie parce qu’elle était injuste, d’abord : j’ai visé tout le journal alors que j’aurais dû nommer les deux ou trois plumes qui me tapent sur les nerfs. J’ai stupidement dit quelque chose qui pouvait passer pour une attaque sur le côté plus intello, plus centré sur les idées du Devoir, alors que ce n’était pas mon intention. Ensuite, je me suis mis les pieds dans les plats parce que j’ai voulu frapper l’imaginaire, j’ai caricaturé à outrance et j’ai tenté de résumer quelque chose de compliqué avec une boutade. C’est le danger qui vous guette quand on vous donne une tribune comme TLMEP, où vous êtes LE centre d’attention.
Et, si je puis dire, c’est le danger qui vous guette si vous êtes Wajdi Mouawad et que partout, on boit vos paroles comme si vous étiez Sophocle en personne : dire un truc explosif pour épater la galerie. Je soupçonne que Mouawad tombe dans ce piège à répétition. C’est peut-être ce qui arrive quand on s’attend à ce que vous disiez quelque chose de transcendant chaque fois que vous ouvrez la bouche. Je ne peux pas croire que Mouawad pense vraiment que son anecdote débile à propos d’une conversation monosyllabique entre un épicier et un client représente le Québec. En tout cas, il s’est bien gardé de dire qu’il s’agissait d’une caricature.
Mais je m’égare : je voulais vous parler du Devoir, donc : dans un marché comme le Québec, il s’agit d’une curieuse exception. Normalement, le marché publicitaire d’ici est trop petit pour soutenir un tel quotidien. Mais il se passe quand même un petit miracle, au quotidien, parce qu’un jour des gens venant d’un tas d’horizons de la société québécoise ont décidé que ça n’avait pas de bon sens, que ce journal ferme ses portes. C’était autour de 1993. Près de 20 ans plus tard, le Devoir est là. Il est en bonne santé. Son tirage est bon, il progresse, même. Il y a quelque chose comme un effort collectif dans la vie de ce journal, ce n’est pas le fait d’un seul donateur généreux. Et même s’il m’écorche à l’occasion, même s’il écorche La Presse de temps à autre, je m’en fiche : le Québec est une meilleure société avec ce journal que sans ce journal. Sa contribution à la vie intellectuelle du Québec est capitale. Bref, l’existence même du Devoir est une preuve que le Québec n’est pas « profondément anti-intellectuel ». Un peu ? Peut-être. Aussi ? Profondément ? Jamais.
Marc dit que l’espace public québécois a été « expurgé » du discours de l’intellectuel, à tel point que ceux-ci n’ « osent plus sortir de leurs universités »… Là, je suis bouche bée. Y a-t-il une chasse aux intellectuels ? Les lapide-t-on sur la place publique ? En sont-ils réduits à se dire pianistes dans des bordels pour ne pas être conspués à la taverne du coin ? La Presse publie régulièrement des points de vue de professeurs d’université. Ils sont régulièrement cités dans nos pages dans les textes de nouvelles, et dans d’autres médias. J’aimerais voir des preuves, systémiques, de ce rejet généralisé.
Exprimer son désaccord — avec un dramaturge, avec un chroniqueur, avec un prof de philo —, ce n’est pas conspuer les idées. Comme disait Parizeau aux « jeunes » députés qui lui ont récemment écrit la lettre que l’on sait : personne ne va vous donner votre place, prenez-la…
Voilà.
AJOUT : Du côté de L’actualité, JFL prend son bord : le mien…
AJOUT : Judith Lussier, du côté d’Urbania, aborde le côté anti-populaire du Québec. Joli point de vue.

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vetoleduc
7 juillet 2011
15h33
Pour ce qui est du mépris des intellectuels, à mon avis c’est un phénomène qui est loin d’être typique au Québec. J’ai l’impression que les nouveaux médias, comme les blog par exemple, permettent à tout le monde de se mettre le gros orteil dans l’espace publique. Le mépris des intellectuels nous semble plus présent parce que ceux qui les méprisent ont plus de possibilités de l’exprimer publiquement. Tandis qu’avant les intellectuels avaient le monopole de la parole, aujourd’hui, ceux-là même qu’ils appelaient “monsieur et madame tout le monde”, ce sont emparés des micros. C’est l’ère de l’opinion. Les français sont simplement un petit peu en retard parce qu’ils ont une culture de l’élite mieux implantée que la nôtre. Ça viendra.
Mais il faut donner à César ce qu’il lui revient: les King de la démagogie et du “franc parlé” ne peuvent être que les américains. Tandis que le Québec culturel a été influencé par la culture française et leurs intellectuels, les américains sont essentiellement un pays populiste, dirigé plutôt par l’argent et le pouvoir que par les idées. C’est génétique dans leur cas. On a l’impression que leurs intellectuels travaillent en marge de la société, à l’ombre, dans les musées à faire du mécénat.
Remarquez, je préfère de loin les intellos aux discours populistes et démagogues dont on est constamment inondés depuis quelque temps. Tout ce beau monde depuis hier qui hurlent à l’injustice après le verdict de Torcotte, c’est comme une foule au moyen-âge devant le bûcher. Pas de zones grises, pas de retenue. Mais Mouawad, je ne sais pas, on dirait l’archétype de l’intello prétentieux et hautin. Y’a pas l’air bien dans sa peau, c’est comme si il faisait la promotion du malheur. Mais c’est peut-être juste une impression.
D. Leduc
philo-26
7 juillet 2011
15h39
J’apprécies vos précision, concernant les intellectuels j’avoue avoir un penchant pour la position de Wajdi Mouawad, mais en effet nous sommes dans le domaine de la généralisation qui, comme on sait tous, fait toujours place aux exceptions. Je demandais à un ami récemment, qui se rangeait davantage du côté de votre position, de me nommer deux intellectuels Québecois? Faisable, mais pas facile. Moi j’ai été, et je continue d’être peu impressionné par exemple par le niveau d’analyse de nos journaliste lors des élections. Ça ne se démarque pas beaucoup des analyses des matchs de hockey, c’Est tout juste si on nous a pas dit que Harper jouait la trappe. Rien sur les fondements de nos institutions, sur les théories de la justice qui gouverne notre droit, rien (c’est vrai heureusement il y a madame Hébert). Que des gens qui comptent le nombre de fois où revient le mot “changement” dans les discours de Legeault. J’esenigne la philosophie, et je perçois une différence entre les Québecois de souche, et les Maghrebins où les asiatiques. Un manque de curiosité, de discipline de respect…oui ce ne sont que des perceptions, rien de plus. L’impression qu’au Québec on ne veut pas de chicane et que tous les débats d’idées sont considérés comme peu courtois. Impression, oui. Au fond, si les médias répondent à l,offre et la demande, il faut peut être simplement dire qu’il n’y a pas de demande pour les intellos. On ne les chasses pas, on préfère invité des gens de relation publique…
boisdort
7 juillet 2011
15h43
Le Québec anti-intellectuel? tout à fait. Les Québécois, dans leur majorité, affichent un mépris profond envers ceux qui réfléchissent et mêmes envers les créateurs. On nous dit que c’est comme ça ailleurs??? Ah voilà que le petit peuple de faiblards et de colonisés se sent rassuré. En attendant, même si vous dites que le Québec s’est élevé contre le gvt Harper dans les coupes dans la culture, ce n’est pas la majorité des Québécois. Seulement une petite frange. Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable: un peuple d’incultes et qui s’en enorgueillit. Ni plus ni moins, et rassurés vous, vous trouverez toujours un autre pays où c’est la même chose… question de vous rassuré.
GTremblay
Montréal
trash
7 juillet 2011
15h46
Merci Monsieur Lagacé, j’aime qu’on se lève pour ses idées. J’offre ici une phrase qui vient de je ne sais plus qui, ce qui donne peut-etre du poids à l’idée: La culture c’est ce qui rest quand on a tout oublié…
noirod
7 juillet 2011
15h52
Le débat entre vous et monsieur Cassivi est un reflet de ce que tout le monde découvre depuis le scrutin du 2 mai dernier. Marc a raison de dire que les intellectuels n ont plus bonne presse au Québec depuis quelques temps et avec raison.
Je pense que le vrai québecois n en a rien a cirer de ces penseux qui dans le fond n apportent rien au débat. Par exemple un politologue ca sert a quoi ? Comment se fait il qu ils n aient pas étés en mesure de voir venir les changements politiques au Québec ? Les intellos qui tergiversent depuis 30 ans au PQ ca apporte quoi concretement au débat autre que l inertie et l immobilisme ?
Le résultat de l époque ou les intellos étaient en force c est que le Québec est inerte,qu il tombe en ruine et qu il se retrouve avec un constat navrant de manque de décideurs et d hommes d action.
Comment alors expliquer que des débats de société comme ceux de Cantat et du dr Turcotte semblent être si éloignés de ce que le petit peuple pense?
Les intellos devraient etre des moteurs de la pensée et de l évolution mais ils sont plutôt des spectateurs qu on utilise dans des commissions d études chargés de se pencher sur des recommendations qui seront peut-etre mises de l avant dans le cadre d une restructuration possible de l organisation fondamentale d une société en évolution constante,,,,Phrase vide de tout sens qui caricature bien leur role concret quand on s arrete pour voir ou on en est rendu.
Et puis ca laisse la place a un Mouawad qui peut se permettre de nous juger car lui il utilise les moyens a sa disposition pour étaler ses pensées. Les intellos purs et durs sont plus obscurs dans de sombres locaux universitaires parmis l élite ,ce qui permet au pouvoir d operer et de se corrompre dans l indifférence….
Vous citez avec raison les interventions des ces penseurs dans les differents médias mais ca change quoi a 99% de la population et quelle est la crédibilité de leurs propos aupres de ceux qui prennent les décisions ?
Les idées c est ben beau mais quand elles restent sur les tablettes et qu on s appercoit que notre province est en piteux état on a comme l impression d être passés a côté du bateau et d avoir perdu temps,argent et énergies a écouter ces penseux…
wfaf
7 juillet 2011
15h54
Tout sonne comme si Cassivi se dessinait un personnage de fils spirituel de Denise Bombardier.
prov5
7 juillet 2011
15h55
Lorsqu’on exagère, qu’on amplifie afin de frapper l’imagination, on est dans l’émotion. C’est de cette façon qu’on parle aux Québécois. “ils n’ont pas d’opinions, ils n’ont que des émotions”
Pour ce qui touche de la culture ou de la langue, au Québec on devient vite émotif, l’histoire le démontre. Souvent il est tabou de critiquer la culture ou des artistes. Les arguments raisonné sont vites personnalisés.
C’est vrai qu’il y a d’autres peuples anti-intellectuels, les américains ou les canadiens. Comment expliquer le succès de Sarah Palin sinon qu’elle est proche du vrai peuple… Ou Stephen Harper qui se cache pour lire des livres. On a pas cessé de dénoncer Boisclair et Ignatieff comme des intellectuels.
Mais je crois qu’au Québec les intello, les verbeux, on les aimes vraiment pas.
Je dit ça sans rapport avec Wajdi Mouawad je le connais pas trop, mais il n’a pas l’air d’accepter qu’on ne soit pas d’accord avec lui pour son dernier projet pour Cantat.
alexisgagne
7 juillet 2011
15h55
Et vlan, bien répondu.
_renaud
7 juillet 2011
15h58
Mouawad me fait penser au personnage de Sheldon dans Big Bang Theory. Il pense que les jeunes lui faisait la vie a l’école parce qu’il était plus brillant que les autres et il ne se rend pas compte que la seule raison pourquoi les jeunes étaient durs avec lui c’est parce qu’il était détestable.
Mouawad c’est la même chose. Il blâme les Québécois pour ses vieilles blessures d’enfance. Tu sais Wajdi, les Québécois n’ont rien contre ton accent ou avec le fait que tu sois un intellectuel, la raison pourquoi tu te faisais achaler a l’école c’est probablement parce que tu étais détestable et arrogant (comme tu es présentement).
Le Québec n’est pas anti-intellectuel. Même qu’ils ont beaucoup de tribunes au Québec. Bazzo en reçoit à chaque semaine. On en entend souvent à la radio de Radio-Can. Le Devoir, La Presse. Des fois à TLMP. Sans compter les publications plus ‘intello’ qui sortent chaque semaine.
C’est certains qu’ils n’attirent pas les foules, c’est normal.
C’est normal également qu’on ne déroule pas le tapis partout ou ils passent. D’ailleurs c’est ce que Cassivi et Mouawad semblent penser. Ils ont une vision romantique de l’intellectuel. Comme si l’intellectuel était quelqu’un qu’on devait vénérer en buvant ses paroles. Dans la réalité ce n’est pas comme ca que ca se passe.
Historiquement le monde des ‘intellectuels’ a toujours été un monde dur. Un intellectuel qui émet une théorie doit s’attendre a ce qu’elle soit remise en question. Et quand un intellectuel émet une théorie choquante ou controversée il doit s’attendre a une réplique cinglante. Ce n’est pas de l’anti-intellectualisme. C’est comme ca.
C’est la même chose dans le domaine scientifique. Un scientifique qui émet une nouvelle thèse peut passer des années a la défendre.
bastije
7 juillet 2011
15h58
Vous voilà beaucoup plus nuancé et réfléchi que dans votre article initial. C’est tout à votre honneur… et à celui de votre collègue Cassivi qui a su engendré un vrai débat.
Bref, notre grosse Presse comme on l’aime.
bleuette
7 juillet 2011
16h12
Pour moi, je vois un peu de vrai dans les propos de Mouawad, mais aussi dans tes propos, Patrick. Comme le dit Marc, pour moi, le ‘crime’ de Mouawad, c’est la tribune qu’il a utilisé pour le dire, à l’étranger de surcroît. Sinon, c’est vrai qu’il y a beaucoup de gens au Québec qui sont visiblement mal à l’aise devant quelqu’un le moindrement curieux intellectuellement parlant. En fait, j’ai l’impression que ce n’est pas tant si quelqu’un est intellectuel, mais que cette personne démontre une curiosité ou un intérêt plus pousser que d’autres dans n’importe quel sujet, que ce soit littéraire, artistique, philosophique, politique, et j’oserais même dire sportif (on a juste à penser à Paul Houde, on rigole gentiment en le traitant d’encyclopédie vivante, mais vraiment, dites moi qu’il n’y a personne qui pense qu’il n’est pas un peu fou de s’intéresser aux statistiques sportives). Dès que quelqu’un démontre un intérêt un peu plus pousser que la normale, on le traite de pousse-crayon, d’illuminé, de nerd, d’extraterrestre. Moi, j’adore la littérature, j’aime bien discuter de philosophie. Je n’ai pas une connaissance poussée dans ces domaines, mais ce sont des sujets intéressants, mais dont je ne peux discuter avec n’importe qui, parce que je suis regardée de manière suspecte à la suite d’une tentative. Je ne me considère pas du tout intello, mais tout à coup, on me regarde ainsi, comme si c’était dérangeant. Si on m’offre un magazine à potins, et que je le refuse, je me fais dire ‘oh, toi, on sait bien, c’est pas assez intello’. Ça se peut-tu que j’aie d’autres intérêts. Ce que je trouve le plus drôle dans tout ça, c’est que je suis maniaque de sports en général et de hockey en particulier, et mon intérêt me pousse à vouloir en savoir plus sur ce qui se passe dans la ligue, et on me traite de nerd pour ça. Ça c’était vraiment la meilleure, j’en suis même pas encore revenue!
Ceci dit, je pense que le crime de Mouawad ne s’arrête pas à l’endroit où il a choisit de s’exprimer. Il se trouve aussi dans le fait qu’il ne compte pas de québécois de souche parmi ses amis. S’il en avait, il verrait que les québécois ne se révèlent pas tout de go, qu’il faut les apprivoiser, mais surtout, qu’on gagne à être patient dans l’apprivoisement. Il verrait qu’on recèle de surprises. Peut-être que Mouawad est trop radical et impatient pour pouvoir s’en rendre compte. Et là, si tel est le cas, il étale toute sa bêtise…
quidnovi
7 juillet 2011
16h16
Correction M. Lagacé, le Québec n’est pas monté au créneau lorsque M. Harper a coupé dans certaines aides aux artistes parce qu’il aime la culture, mais parce que ses artistes aiment les subventions et que le public les écoute via TLMEP.
lamygam
7 juillet 2011
16h21
Patrick et Marc, surtout ne lâchez-pas, vous être très distrayant! Et ce qui est le plus rigolo est que vous avez chacun raison!
vend01
7 juillet 2011
16h27
Je m’attarde à l’avant dernier paragraphe. Vous recherchez la preuve d’une chasse aux intellectuels. “Les lapide-t-on sur la place publique?”, demandez-vous. Ce sont des arguments de mauvaise-foi. Bien sûr qu’on ne les lapide pas sur la place publique. Par contre c’est la méfiance et le mépris au quotidien qui fait du tord. C’est la normalisation insinueuse de la pensée anti-intellectuelle.
Vous mentionnez avec raison que la presse cite régulièrement des points de vue de professeurs d’université. C’est vrai. Vous noterez par contre que la plupart de ces interventions sont des avis “d’experts” pour des soucis de clarification. On ne leur demandera pas de réfléchir en profondeur à un sujet. On invite donc des gens spécialisés pour leur connaissance sur un sujet précis, non pas des gens capables d’une grande réflexion ou capables de discours critiques.
Autre argument fallacieux: celui des conservateurs. Ils n’auraient pas été élus au Québec parce que ceux-ci seraient contre la culture, à laquelle seraient attachée les québécois. Personnellement, je pense que çela n’a rien à y voir. Un autre parti de droite pas très culture (ADQ) a connu beaucoup de succès au Québec. Vous oubliez par ailleurs que Dion et Boisclair ont été quant à eux rejetés en masse. Trop de diplômes?
Enfin, vous avez le droit d’exprimer votre désaccord. Mais vous l’avez fait en premier lieu de façon malhonnête en employant des techniques de discours de bas-étages faisant appelle à des arguments sur la personne (celle de Mouawad), ce qui ressemblait bien plus à une attaque qu’à la volonté de participer à une réflexion
Regardez bien le Québec et les québécois. Portez votre attention sur ses gens. Observez. Demandez-vous après si Mouawad n’a pas raison.
montrealite
7 juillet 2011
16h41
Pour un homme qui travaille constamment dans les nuances et dans le désir de montrer les choses comme elles sont (i.e Incendies), c’est presque incroyable de voir qu’il tombe dans la caricature enfantine aussi facilement. Il raconte comment la société est tellement anti-intellectuelle et ceci, en s’appuyant sur des exemples du début du secondaire…
Selon mon expérience au secondaire ( et c’est très certainement comme ca pas mal partout), un gars a lunettes, qui refuse de s’intégrer et parler comme les autres alors qu’il trouve son accent francais meilleur, lit des livres, etc: cible malheureusement facile pour les autres de le stéréotyper. Mais c’est des adolescents immatures encore, influencables, etc. !Par pitié, les adolescents, ce ne sont pas des adultes. Plus on grandit, plus on admire l’intellect des gens (médecins, écrivains, scénaristes) et ca se voit généralement une fois rendu au CEGEP, en plein lorsque l’adolescent devient adulte et nuancé! Oui, il y a en des gens anti-intellectuels, mais comme partout.
L’épopée du lait: c’est du bonbon (d’un homme amer).
Pour un homme intellectuel, je trouve qu’il fait très populiste. Pas son meilleur jour.
mozart999
7 juillet 2011
16h44
“Regardez bien le Québec et les québécois. Portez votre attention sur ses gens. Observez. Demandez-vous après si Mouawad n’a pas raison.”
Excellent conseil.
Voyez vous, quand je vois des gens dont la seule lecture se limite aux pages hockey et potins de leur journal critiquer des bibliothèques ambulantes en disant “hey ça demande pas un bac pour comprendre ça” je me pose des questions sur le devenir de la société.
Quand je prend le metro, je vois tout le monde avec les livres, mais quand je discute avec beaucoup de monde (heureusement pas tous)
mozart999
7 juillet 2011
16h49
“Regardez bien le Québec et les québécois. Portez votre attention sur ses gens. Observez. Demandez-vous après si Mouawad n’a pas raison.”
Excellent conseil.
Voyez vous, quand je vois des gens dont la seule lecture se limite aux pages hockey et potins de leur journal critiquer des bibliothèques ambulantes en disant “hey ça demande pas un bac pour comprendre ça” je me pose des questions sur le devenir de la société.
Quand je prend le metro, je vois tout le monde avec les livres, mais quand je discute avec beaucoup de monde (heureusement pas tous), je vois rarement trace de ces livres.
Pour former une société a la pensée critique et a la valorisation de l’idée pertinente, il faut commencer dès l’école, en apprenant aux enfants a structurer leurs idées, et a leur inculquer la notion de faux et vrai.
En bref, quand on apprend aux enfants que l’essentiel c’est de s’exprimer, on ne va pas dans la bonne voix, l’essentiel avant tout et de penser correctement, une bonne pensée s’énonce mieux …
Wajdi M a été dur avec la société quebecoise, il a certes fait un constat, mais ce constat il fallait le mettre dans son contexte historique et social, comprendre et lier le présent de la société quebecoise avec les racines de sa formation…l’isolement, le règne de l’église, la domination d’un mode de pensée unique et unanimiste… tout cela explique comment le bûcheron voit le lettré qui n’est pas obligé de trimer pour survivre…
montrealaise
7 juillet 2011
16h52
Je viens d’écouter l’entrevue. Il est tout en nuances, posé, presque tendre.
Patrick vous n’aviez pris que de petits extraits sortis de leur contexte. Vous avez monté le tout en épingle. C’est grave mais vous vous reprenez un peu dans votre réponse.
J’espère que tout le monde prendra le temps (28m26) pour juger par soi-même.
J’y reviendrai.
Tout ça pour ça…
tabarly
7 juillet 2011
16h57
Et moi, je demeure a Montréal(plateau), et je suis artiste-peintre.
Et c’est le plus grand tabou de ma famille au Saguenay…
Comme un grand malaise permanent…
steve2007
7 juillet 2011
17h03
Ont a pas besoin des intellectuel icite. Les intellectuel sont des prétencieu qui pense qui on toujour raison pis qui nous dise quoi faire. Ont a pas besoind de sa. Nous autre, le peuple, ont est ben capable de se dirigé tous seul sans les intellectuel. Les seul intellectuel qui ont une place c’est richard Martinau pis Régis labaume. Eux autre y parle des vrai affaire pis y font avancer la société. Le Québec c’est le peuple, pis la France c’est des prétencieu frais chier qui nous dise quoi faire chez nous. Mouawad devrait retourner en France avec les autre intellectuel, pis continuer d’etre retarder comme les francais.
Vive le peuple, vive le québec, vive les vrai affaire
Douxvison
7 juillet 2011
17h14
Au Québec, c’est le language du “coeur” qui nous parle le plus. Et c’est très différent du language émotif seulement . Lorsqu’un “intellectuel” nous parle avec sa tête…et son coeur, comme par magie, son message passe tellement bien ! Un bel exemple, Hubert Reeves. Et il y en a plein d’autre. C’est ce qui manque à Mouawad, sa tête n’est pas connectée avec son coeur. Son coeur a du être extrement blessé lorsqu’il était jeune pour vouloir blessé aussi les Québécois. Dommage, parce que des ptits intellos à lunettes, il y en a plein au Québec, mais ils sont charmants, c’est ça la différence !!
_renaud
7 juillet 2011
17h24
@vetoleduc
C’est un peu le feeling que j’ai à propos de Mouawad, un homme frustré et mal dans sa peau qui blâme le Québec (et les Québécois) pour ses névroses.
Il pense que les Québécois n’aiment pas les intellectuels sauf que c’est faux. C’est un peu comme si un noir était détestable et qu’il accusait les gens d’être raciste parce qu’il ne l’aime pas.
Mouawad devrait prendre exemple sur ses collègues Dany Laferrière et VLB.
Tout le monde aime Dany Laferriere au Québec et pourtant c’est un intellectuel et un brillant homme de lettre comme Mouawad. Il a toujours eu accès aux grandes tribunes et les gens ont toujours écoutés avec intérêt ce qu’il avait à dire. Et la raison pour ca c’est qu’il n’est pas méprisant. Laferrière est sympathique, on a toujours plus envie d’écouter quelqu’un de sympathique.
VLB c’est un peu la même chose. C’est un polémiste qui a dit des choses énormes mais ses commentaires sont toujours écoutés avec intérêt. C’est un homme de cœur. C’est un peu le vieux mononc bourru qu’on aime bien dans le fond même si parfois il peut nous faire rager.
Et il à une qualité que Mouawad n’a pas, il n’est pas braillard. VLB a souvent passé au cash après ses sorties controversées mais jamais on ne l’a entendu se plaindre. Si tu veux jouer la carte de la controverse assure-toi d’avoir ce qu’il faut pour encaisser les répliques.
gatomou
7 juillet 2011
17h24
Svp, ne dépassez pas 140 caractères.
;-)
gatomou
7 juillet 2011
17h31
“«Dès qu’on se met à articuler une idée un petit peu plus longtemps que le minimum requis, on est un intellectuel» M.C.
Je fais un parallèle avec la commission sur l’amphithéatre de Québec. 1 min 53 secondes pour débattre et discuter. Le chrono à la main, Malavoy ramenait l’ordre et à la fin ” des échanges ” elle y allait d’un remerciement pour avoir répondu avec diligence et clarté aux débats.
Il a raison M.Wouahad, nous sommes des anti-intellos, des “anti-veux savoir” et ce ,a à tout les niveaux de notre société. Même notre Maire ne sait et ne veut rien savoir.
gatomou
7 juillet 2011
17h50
” ah moi La presse, pas capable, trop dure à plier pis les articles qui commencent sur la page couverture pis qui finissent à la fin ”
Combien de fois ai-je entendu cela……
laurent59
7 juillet 2011
17h53
Mouawad n’a pas tort, le québécois moyen qui représente malheureseument la majorité, n’a rien à foutre de la culture, il n’a pas de classe (se promène torse nue dans la rue) pas de fierté (le québécois moyen ressemble de plus en plus à son voisin américain, non seulement en empruntant et en encourageant sa culture (cinéma) mais aussi en se nourrissant de la même façon de junk food) il s’exprime mal et n’a aucune envie d’améliorer son langage, pour lui le verbe ETRE n’existe pas et le sacrage est de mise partout en toutes circonstances . Les anglicismes sont largement employés, on ne dit plus le mot spectacle mais plutot SHOW. C’est plus court et cela fait cool. Bref, il n’a aucune fierté sinon celle qu’il a pour son “CHAR”. Tout à fait désolant.
martinbi
7 juillet 2011
17h58
Un mépris des intellectuels? Pas de preuves à l’appuie à brûle-pourpoint, mais la population méprise aussi tout projet d’avenir : lire le Plan Nord.
davidbourque
7 juillet 2011
18h12
@gatomou
Vous tombez clairement dans la généralisation.
J’entends aussi souvent ce genre de commentaire, mais ce n’est pas tout le monde qui peut être un intellectuel. Si je regarde dans mon cercle d’amis, ce n’est pas tout le monde qu’un tel sujet intéressera. Mais est-ce un crime. Est-ce que 100% de la population doivent absolument embarquer dans le bateau pour dire qu’on accepte l’intellectualisme? J’en doute.
Mais à voir plusieurs personnes se prétendant intellectuel à tord ou à raison mépriser les gens qui n’ont pas la réflexion aussi facile qu’eux, je peux bien comprendre pourquoi ils ressentent une certaine hostilité.
Ce n’est souvent que le reflet du propre mépris qu’il affiche envers les gens qui n’ont pas la même intelligence. Les intellectuels qui respectent les gens n’ont pas de problèmes d’acceptations. « voir le message de _renaud »
Ensuite, est-ce vraiment l’endroit, au secondaire pour jugé? J’en doute. On sait tous qu’à cette âge, l’intellectualisme n’est pas très en vogue… sauf si c’est pour copier.
fidji
7 juillet 2011
18h25
”Gerry y dit que le culture c’est aussi important que le cul pis la boisson” ;)
vetoleduc
7 juillet 2011
18h32
@_Renaud
Bon point pour Lafèrrière. C’est vrai qu’on Québec on valorise la simplicité, je dirais même l’humilité. Mais pas nécessairement la médiocrité. On adorait Lévesques mais pas Trudeau pour ces raisons. Mais on savait que Lévesques était un intellectuel malgré qu’il avait cet air de gars ben ordinaire. On sentait aussi que c’était un homme fondamentalement bon, généreux. Donc un Bush copain-copain avec le peuple ne passerait pas non plus ici. C’est malheureux mais la culture québécoise tu la comprends ou tu passes à côté. On est pas toujours dans les flatteries, les minauderies, ça ne veut pas dire qu’on est rustre et sans culture. Dommage qu’il ait cette impression de nous, mais c’est son droit. J’espère qu’il va se souvenir que si il est populaire en France c’est parce qu’il a fait le tremplin à partir de ce peuple qui ne parle pas français et où il n’a pas su se faire ‘amis.
Daniel L.
bellemoustache
7 juillet 2011
18h33
@steve2007
à voir votre façon ridiculement mauvaise d’écrire le français, c’est vraiment pas surprenant que vous soyez contre les intellectuels et toute autre forme d’intelligence.
unholy_ghost
7 juillet 2011
18h46
Steve2007, tu es une blague, ton message est une caricature, non?
mathieu.hetu
7 juillet 2011
18h49
Je sens que l’ami Cassivi va voir son taux d’abonné sur Twitter augmenté considérablement mouhahaha!
machiavelien
7 juillet 2011
18h52
Citation de Pierre Bourgault: “Le plaisir de la langue, c’est de pouvoir la parler sans effort. Or, quand on se refuse au départ l’effort de l’apprendre, on se condamne à parler avec effort toute sa vie.
(La Culture. Écrits polémiques t.2, p.147, PCL, 1996).”
Pas besoin d’une grosse étude pour constater que le Français moyen maîtrise beaucoup mieux la langue française que le Québécois moyen. C’est décevant, mais c’est un fait. Pourquoi? Je ne sais pas. Celui qui le dit ne devrait pas être traité d’anti-québécois.
americanophile
7 juillet 2011
19h11
Est-ce que ce type crache sur les Libanais ou le Liban ? Non. Pourquoi ? Parce qu’il risquerait sa peau en le faisant. Cracher sur le peuple québécois est facile, il ne court aucun risque. Ce type est donc un lâche. Un pur inconnu quant à moi. Au fait, est-ce qu’il crache aussi sur les subventions qu’on lui donne ? Inutile d’espérer une réplique de l’impotente ministre de la culture, toujours à plat ventre devant les soi-disants génies de la sorte.
lineni
7 juillet 2011
19h19
Me voilà rassurée : le Québec n’est pas le seul à sembler anti-intellectuel! Évidemment, je fais de l’ironie car ce genre d’affirmation est tellement enfantin. Votre réponse, M. Lagacé, ne répond en rien à la chronique de M. Cassivi. Vous avez eu une réaction viscérale, qui donne raison à M. Mouawad.
jeanguybo
7 juillet 2011
19h26
Très intéressant comme débat cet échange entre vous et Mr Cassivi. Il illustre bien ce que dit Mr Wouahad. Vous avez répondu de manière émotive et Mr Cassivi l’a fait de manière plus intellectuelle.
Vos propos sont généralement plus profond et vous avez réajusté votre discours dans ce billet. Sans doute la maladie vous a énervée.
Quand on attaque le messager et non le message, c’est bien un discours émotif que l’on pose.
Débattez sur les idées et non les gens et on n’obtient des propos bien plus intéressant à lire, que ce soit dans vos billet ou dans les commentaires.
Mais dire que Mr Whouahad est un frustré, qu’il devrait quitter le Québec si il l’aime pas, bla bla bla, c’est le genre de propos parfaitement inutile.
Je dois être trop intellectuel. Il faudrait que je pense à m’exiler.
restil
7 juillet 2011
19h28
L’anti-intellectualisme au Québec existe bien, mais il existe également ailleurs — même en France, comme vous l’avez démontré.
Il y a par contre plusieurs problèmes avec tout ce débat.
1) Ce n’est pas nouveau qu’on se méfie des critiques de l’extérieur. Je crois me souvenir que dans le roman de J-Charles Harvey, “Les Demi-civilisés”, celui qui avait fait péricliter la revue créée par les protagonistes était un “maudit Français”, à cause d’un article s’attaquant directement aux Canadiens français. Il y a aussi la réaction initiale au Canada à “Maria Chapdelaine”, écrit par un autre “maudit Français”. Malheureusement, le Québec est vraiment trop porté vers le “nous autres on est bons”, surtout quand, hypocritement, la reconnaissance vient de l’extérieur, du genre Céline à l’Olympia. Un exemple récent, sur ce site: un article sur la bouffe servie à William et Kate, et son impact sur le renom local: http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201107/03/01-4414677-le-couple-princier-a-deguste-des-produits-de-notre-terroir-regional-a-lithq.php
2) Ce qui me dérange avec Mouawad, c’est qu’il donne délibérément dans la provocation. Il y a ses propos sur les commanditaires en 1999, aux visages desquels il balancerait volontiers “pisse et merde”. Même Lorraine Pintal aurait répondu à l’époque: «S’il y a une chose que je ne peux supporter, c’est le mépris. Le mépris de Wajdi Mouawad qui a tout compris et qui veut jeter sa merde sur celui qui n’a rien compris. [...] Mais là où la décharge littéraire de Wajdi Mouawad m’agresse, c’est dans son intolérance, sa violence gratuite, son manichéisme.» Oui, la même Lorraine Pintal qui s’était portée à la défense du choix de Bertrand Cantat dans la pièce de Mouawad il y a à peine quelques mois.
Il y a aussi cette lettre que M. Mouawad avait adressée à Stephen Harper en 2008 à propos des coupures dans la culture, et dont l’extrait le plus frappant est celui-ci: “Bien des politiciens, depuis cinquante ans, mettent tout en oeuvre pour dépolitiser l’art, lui ôter sa portée symbolique. Ils tentent l’impossible pour délier ce lien qui rattache l’art à la politique. Ils réussissent presque! Or, vous, en une semaine, vous ébranlez ce travail de chloroformisation en réveillant le milieu culturel, francophone comme anglophone, d’un océan à l’autre.”
“Depuis cinquante ans”, donc à peu près depuis le début des subventions à l’art. Il déteste la corruption de l’art par le mécénat, dans ce cas-ci le mécénat gouvernemental; alors pourquoi s’oppose-t-il donc à l’abolition des subventions aux artistes? Il devrait, au contraire, appuyer les coupures, dans l’espoir qu’elles mettent fin à la “chloroformisation” de l’art; c’est peut-être même ce qu’il désire, sans l’avouer, car il semble fort apprécier les subvention à ses oeuvres.
Sans vouloir tomber dans les excès idéologiques d’une Krista Erickson, combien de subventions M. Mouawad a-t-il obtenues au cours de sa carrière? Je ne crois pas, par ailleurs, que le contribuable ait l’obligation morale de financer les oeuvres de ce monsieur, si tout ce que ce monsieur éprouve envers le contribuable n’est que mépris et arrogance. Je crois, au contraire, qu’aucun projet dans lequel ce monsieur se trouvera impliqué ne devrait bénéficier de subventions gouvernementales. Après tout, tous ces deniers publics risqueraient de corrompre son oeuvre; en fin de compte, nous lui rendrions service.
Et s’il en venait à crier à la censure: Rien ne l’empêche d’aller quémander auprès de ces commanditaires privés qu’il choisit volontairement de mépriser. Rien ne l’empêcherait de louer une salle de spectacles et de monter ses pièces. Rien à voir, donc, avec un Borduas perdant son emploi pour avoir publié le “Refus global”, un Harvey voyant “Les Demi-civilisés” se faire mettre à l’index par le clergé — ou un Rodolphe Girard mis à la porte de La Presse sur les ordres de Monseigneur Bruchési à cause de son roman de moeurs “Marie Calumet”.
3) Je n’ai jamais vu quelqu’un crier à l’anti-intellectualisme qui ne se considérât lui-même intellectuel. Généralement, la critique vient toujours des sciences humaines, un milieu qui, depuis plusieurs années, est donné à l’excès, à la partisanerie, à la mauvaise foi et aux querelles départementales. L’affaire Sokal, il y a quinze ans, demeure encore l’exemple le plus probant. (Dans cette affaire, un professeur de physique américain avait écrit un faux essai dans lequel il avançait que la théorie de la gravité était une construction sociale, en citant tous les auteurs postmodernes à la mode. Une prestigieuse revue postmoderniste a publié l’essai sans même se rendre compte de la supercherie. Après que l’auteur eût exposé son canular, la réaction des rédacteurs de la revue était à peu près celle-ci: l’essai n’était pas vraiment bon, c’était de la fraude, l’auteur était “ill-read and half-educated”. Alors pourquoi ont-ils publié l’article? Était-ce peut-être parce que l’article semblait dire ce qu’ils voulaient entendre?)
Alors maintenant, j’ai tendance à penser que le seul intellectualisme, que je définirais comme “la quête de la vérité”, se trouve dans les sciences dites pures, où les critères sont largement définis, et où une théorie se doit d’être corroborée par des tests ou une validation externe. Pas d’excès où on peut citer Freud pour justifier à peu près n’importe quoi, sans la moindre preuve. Cela explique peut-être pourquoi je me méfie grandement des artistes, qui ne sont pas des intellectuels en dépit de ce qu’ils peuvent dire. L’art, justement, vise les émotions, en dépit de ce que le balanceur de merde Mouawad peut en dire; sinon, cela nous donne un texte froid et distant avec lequel aucun rapport n’est possible. Alors s’il veut faire de l’intellectualisme, qu’il écrive un essai.
pomponazzi
7 juillet 2011
19h32
Je ne comprends pas cette obsession de certains de vouloir absolument attribuer une tare originale aux Québécois que ce soit ‘l’immobilisme’ ou ‘l’anti-intellectualisme’. À ce que je sache le ‘Tea Party’ n’a pas été fondé à Matane, Sarah Palin ne vient pas de Sorel et Rob Ford n’est pas le maire de Trois-Rivières. À ce sujet, selon un sondage récent 66 % des Québécois penchent pour la théorie de l’évolution, contre 35 % chez les Américains et 61% des Canadiens. N’est-ce pas la preuve que les Québécois. Il me semble que c’est un indice intéressant, non ?
mazenace
7 juillet 2011
19h49
J’avoue ne pas vous suivre monsieur Lagacé. J’ai envie de vous suggérer de réécouter cette interview de Mouawad. Peut-être constaterez vous que des deux, celui qui cariture le plus c’est vous sans aucun doute. L’ensemble de ses propos, contrairement à vous, m’a semblé être un prodige d’équilibre, de nuance et de finesse duquel n’est pas absente une certaine érudition. Le seul passage, celui de l’épicerie, qui vous hérisse tant, tient à mon avis plus du procédé de l’image que de l’analyse et me semble tout à fait en cohérence avec ce qu’il aura dit précédemment. C’est par ailleurs, un passage qui occupe une dizaine de secondes dans une interview de 28 minutes. Une chose est certaine, je n’ai pas vu dans ses propos l’espèce de mépris envers les Québécois, que vous décriviez dans votre premier article, un mépris qui plus est, s’exprimerait lâchement loin à l’étranger, à l’insu des Québécois. Sur le fond, Mouawad a exprimé une opinion. Elle se tient. La preuve en est: celle de Cassivi qui d’une certaine façon l’endosse. Il est vrai que vous l’aimez, Cassivi. Heureusement que vous vous rattrapez dans votre second article. Moralité, laissez Denoncourt faire du Denoncourt et écrire comme si vous étiez à Tout le Monde en Parle.
mlebel
7 juillet 2011
19h55
Je dirais plutôt que les Québécois n’aiment pas les discoureurs, ceux qui “parlent pour rien dire”. Les Québécois ne sont pas non plus des grands adeptes de l’auto-critique et ils n’aiment pas la critique à leur égard, surtout lorsqu’elle est prononcée à l’extérieur du Québec. Nous avons peu de penseurs médiatiques, la pensée se prêtant mal aux règles des médias: le clip, la rapidité, le survol, le superficiel.
Une des autres particularités québécoises , elle est la difficulté pour bien des gens de parler correctement le français. Ceci est une grave carence culturelle. Cette carence est souvent amplifiée par des artistes ou vedettes qui semblent prendre plaisir à mal parler, voire sacrer en public. Ceci est très dommage, car il témoigne d’un manque de respect de soi et du français. Le Québec a encore beaucoup d’effort à faire au plan culturel. L’éducation et la culture n’y sont pas encore des priorités.
Ceci dit, il se fait aussi de très belles choses au plan culturel au Québec. Tout n’y est pas noir, mais il faut aussi voir la réalité en face. Enfin je crois que Mouawad la voit cette réalité, mais l’homme utilise trop souvent un langage ampoulé. Un penseur peut utiliser un langage simple, non alambiqué. Chacun son style, il est cependant vrai!
Michel Lebel
vlrglqqf
7 juillet 2011
20h09
Il est démontré que lorsque certains intellectuels veulent exprimer l’essence même de leurs propos, ils n’en finissent plus de finir. Combien sont-ils à être incapables de schématiser? Et puis, ce sont des acteurs-nés. Alors ils pérorent en se donnant de l’importance. Certes, on a besoin de leurs connaissances, de leur compétence et de leur culture. Là où les québécois sont irritables avec eux, c’est de devoir subir parfois cette grandiloquence ennuyante à la Charles de Gaulle, dixit Alain Peyrefitte.
Il est difficile de suivre un intellectuel dans ses exposés souvent verbeux. On en a vu qui adoptent le tic de tomber en amour avec les mots. Comme les théologiens, quand ils prennent le plancher ils veulent le garder. Qu’on pense aussi à ces médecins spécialistes imbus d’eux-mêmes et qui se prennent pour Dieu le père.
vieillart
7 juillet 2011
20h14
Pour être intellectuel faut il posséder l’accent Français?
marc___
7 juillet 2011
20h17
L’erreur capitale que fait Wajdi Mouawad est que C’EST COMME ÇA AILLEURS AUSSI, et surtout au Canada! Vous rappelez-vous d’un certain Michael Ignatieff, conspué par les électeurs canadiens simplement parce qu’étant intellectuel, les gens le jugeait prétentieux, arrogant etc.?
ilisepa
7 juillet 2011
20h32
Même les intellectuels québécois ne lisent pas assez. Ils se cachent derrière des idées vagues, quelques lectures mâchonnées, Wikipédia et beaucoup de films. La grande majorité des arguments critiques pondus par la presse sont basés sur des films et des tonnes de concepts populaires. Ne vous trompez pas, la grande majorité de nos intellectuels ne passerait pas le simple bac français où il faut avoir lu le minimum acceptable des oeuvres de notre civilisation.
allonsvoyons
7 juillet 2011
20h36
D’autres bons exemples: Québec Science avait 300,000 lecteurs avant son tournant numérique en 2007. “Découverte” a 800,000 téléspectateurs de semaine en semaine!!! 10% de la population regarde ce magazine de vulgarisation scientifique. C’est plus que “The Nature of thing” au Canada (650,000). En voilà de la curiosité intellectuelle.
Peut-être que Marc confond quelque chose: il y a un certain mépris des élites. Quand on entend le débat contre les écoles privées, contre les gens qui réussissent, les entrepreneurs, les gens qui sont meilleurs que les autres… on peut voir une petite réaction viscérale mesquine.
jeffmorin99
7 juillet 2011
20h38
Je ne crois pas que les québécois soit des gens qui détestent davantage les intellectuels que les autres peuples développés. Seulement, je ne comprends pas pourquoi nous n’avons pas plus de respect pour les gens d’idées, sachant que le Québec est l’une des sociétés les plus scolarisés au monde. je crois par contre que partout en occident, on assiste à la “stupidisation” générale de la population. À preuve, lisez les discours de nos élites politiques et comparez-les avec ceux de nos politiciens du siècle dernier. Absolument rien à voir. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais il est très révélateur. Maintenant, pour qu’un politicien soit aimé, il doit avoir l’air d’un plombier ou d’un électricien. S’il a le malheur de bien parler, on le traite d’intello déconnecté. Voilà où en sont les sociétés civilisées.
dolcevita33
7 juillet 2011
20h44
Globalement, le contenu de La Presse est intéressant. Mais son format est nul, nul, nul.
pogz
7 juillet 2011
20h53
@_renaud
Parfaitement d’accord avec vous. J’ajouterai que ses propos sont plutôt décousus et qu’il frise le racisme. Allez jusqu’à dire que les seuls personnes dignes de son niveau intellectuel qu’il a pu trouver sont des étrangers? Soit il n’a pas cherché très loin, soit il souffre d’ethnocentrisme aigu.
medidata
7 juillet 2011
21h03
Ben oui on est tellement con ici !
Pfiittttttttt, n’importe quoi encore.
Notre mépris des intellos rivalise avec celui des Talibans, de Pol Pot et de Mao !
Qui n’a pas fait la chasse aux intellos pendant son séjour à l’université ?
Mes victimes préférées: littérature, théo et évidemment philo ( je blague )
Pathétiques ces intellos frustrés qui ne trouvent leur bonheur que dans le mépris de ce bien petit peuple dont ils ont le malheur d’être issus !
C’est le propre de beaucoup d’ intellos de se sentir méprisé et rejeté.Pauvres petites bêtes incomprises.
Les intellos regardent le petit peuple de haut et le petit peuple, qui s’en aperçoit, ose s’en offusquer !
Cassivi et les autres pleurnichards devraient être assez intelligent pour comprendre qu’ils ont eu la chance de naître brillant et d’avoir pu se développer.Ce qui n’est pas le cas de l’immense majorité de la race humaine, même en France. Vous comprenez tout mais pas ça ?
Ben non trop occupé à se sentir rejeté mais surtout tellement supérieur…
Enfants incapables de s’intégrer dans un groupe, adultes incapables d’intégrer le “petit” monde.
Le plus gros problème de la plupart des intellos c’est l’absence phénoménale de “people skills”.Par charité chrétienne je ne m’embarquerai même pas dans leur incapacité à parler aux femmes ;0)
Encore plus pathétique c’est qu’ils en font porter la responsabilité au “petit peuple” lol
Continuez à nous faire rire !
Heureusement les intellos ne sont pas tous frustrés ni nerds ou geeks.Comme le petit peuple n’es pas entièrement composé d’ignares et d’incultes !
sergeb
7 juillet 2011
21h17
Des exceptions il en a partout. Cela dit, le Québec est «anti-intellectuel »en général, je pense qu’on peut facilement reconnaître ça. Le habiletés intellectuelles viennent avec la maitrise de la langue et sur ce point les Québécois ont toujours associé cette maitrise aux Français, malheureusement, au lieu de voir la langue comme un système sophistiqué pour produire de la pensée, système qui leur appartient en totalité. Ce défaut de perspective a causé bien des dommages sur ce plan, sans oublier toutefois la complexité de la situation. Enfin, inculte ou ignorant ne signifie pas imbécile, comme cultivé et intellectuel ne signifie pas intelligent.
sergeb
7 juillet 2011
21h18
Ce qui peut nous hérisser c’est qu’il parle de nous comme dans notre dos genre.
marc___
7 juillet 2011
21h27
@Boisdort
Ni plus ni moins, et rassurés [rassurez-]vous, vous trouverez toujours un autre pays où c’est la même chose… question de vous rassuré [rassurer].
Commencez par apprendre à différencier les participes passés des verbes à l’infinitif ; ensuite, nous vous accorderons peut-être un peu plus de crédibilité.
Sinon, la réponse la plus judicieuse est à mon avis celle de bleuette. C’est vrai que ce n’est pas très bien vu de manifester de l’intérêt envers la philosophie, la littérature et plus généralement, envers l’école tout court. Mais de là à croire qu’il s’agit d’un trait de société exclusif aux Québécois…
Par ailleurs, je vais peut-être en choquer quelques-uns, mais franchement, j’admire les individus qui sont capables de mener des vies simples faites de plaisirs accessibles et inoffensifs. Wittgenstein a écrit quelque part que la philosophie était une maladie qui comportait en elle-même son propre remède. J’irais plus loin : l’intarissable volonté d’apprentissage qui caractérise les intellectuels est une maladie, mais qui ne comporte aucun remède cette fois. Le savoir ne permet pas d’accéder au bonheur : au mieux, il vous en éloigne, au pire, il le rend carrément impossible. Mon frère qui n’a qu’un secondaire 5 sera infiniment plus heureux que je ne le serai jamais avec mes études universitaires et mon impressionnante bibliothèque. Sur le plan personnel, il n’y a rien à gagner à être intellectuel, et je suis surpris que si peu de gens aient fait ce constat.
M-A Pelletier
zyxx
7 juillet 2011
21h55
M. Mouawad a tout à fait raison. Combien de fois ai-je senti ce regard méprisant des épais, des gros caves bien de chez nous, qui réagissent viscéralement au langage articulé, à la réflexion?
Trop souvent pour ne plus croire que les québécois en général sont petits et mesquins, pleins de suffisance quand ils ont du cash, bien plus que des idées. Le confort et l’indifférence, du pain et des jeux.
Comment expliquer que ce petit peuple se fasse tondre comme un gros mouton bête par ses dirigeants aussi petits et mesquins qu’eux? Un beau pays à laisser en pâture aux Jean Charest et homme d’affaires véreux de ce monde.
Et par-dessus tout, peureux, lâches, incapables de discuter intelligemment, menacés dès qu’une idée les prend à rebrousse-poil.
Enfin, quelqu’un le dit. Il était temps.
hamster
7 juillet 2011
22h05
Excellent débat !
merci Patrick pour ce bon papier. Je suis bien d’accord avec toi ici, et avec quelques-uns d’entre vous, dont _renaud.
Je pensais que j’hallucinais quand j’ai lu Cassivi. Tellement, que j’aurais voulu connaître sa définition d’anti-intellectualisme. Parle-t-on de la même chose ? Ayoye ! Comme Mouawad, il me fait penser à des connaissances que j’ai… des gens qui, jeunes élèves brillants, ont souffert de railleries, se sont fait traiter de snobs, de gens hautains. Et qui n’en reviennent toujours pas…
Je ne me considère pas comme une intellectuelle, mais je lis beaucoup, j’ai le temps de réfléchir, j’ai des amis qui me ressemblent, avec qui j’ai de bons débats… et puis je n’ai pas à chercher très loin pour trouver l’avis d’un penseur – c’est facile de dire que les journaux perdent la cote, que la télévision n’offre plus d’analyses aussi poussées qu’avant. Mais il y a d’autres moyens de se nourrir le coco – l’internet est rempli de ressources de mieux en mieux organisées. Et perso, les journaux me plaisent toujours autant. Notre industrie journalistique a beaucoup de créativité pour réussir à garder d’excellentes plumes – comptons-nous chanceux.
Que voulez-vous. Mouawad vient peut-être d’un milieu priviégié, très intello. Et en effet, au Québec, on a tendance à avoir le verbe plus bref et concis. Si on compare les “show de chaises” des réseaux français aux nôtres, on constate rapidement une différence dans la façon de s’exprimer. Mais les idées restent les mêmes – les débats sont tout aussi intéressants.
En gros… je dirais que notre langue souffre, et ça, on devrait y voir – un peuple qui ne sait pas bien s’exprimer risque de s’appauvrir. Aussi, notre pays est jeune, petit, et beaucoup moins hiérarchisé que les pays européens. Et il a fait beaucoup de chemin très rapidement, n’oublions pas. Les cercles d’intellos sont plus rares qu’en Europe, l’éducation supérieure est accessible à tous (pas qu’aux élites) et nos intellos sont souvent visibles par toutes les couches de société, pour le meilleur et pour le pire ! (D. Bombardier chez Céline, ça vour rappelle quelque chose ?) Ah oui. Ignatieff, Boisclair, Dion… le truc, c’est pas qu’ils étaient intellectuels, d’après moi, mais qu’ils souffraient de graves problèmes de communication. Coudonc, ça a toujours existé, des politiciens intellos qui savent parler à tous, mais j’avoue que c’est une qualité rare.
labelleauxoranges
7 juillet 2011
22h07
@steve2007
Je ne sais pas si c’est du satire que vous faites, ou si vous êtes vraiment sérieux, mais voilà justement une démonstration de l’anti-intellectualisme dont parlait Mouawad.
Vu le nombre de fautes d’orthographe, j’espère sincèrement que c’est du satire.
ramses2.1
7 juillet 2011
22h39
L’anti-intellectuel c’est souvent celui qui est incapable de défendre une opinion ou une idée sans l’aide de google et de youtube.
Jean Émard
mathieu.hetu
7 juillet 2011
22h52
Ton “chum” Lisée à l’air d’accord avec toi!
http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/le-quebec-anti-intello-wo-menute/10072/
ramses2.1
7 juillet 2011
22h55
Le rapport anti/pro intellectuel est le même ici qu’ailleurs. Ce phénom;ne n’a rien de typiquement Québécois.
Jean Émard
diji
7 juillet 2011
23h27
Il était “rejet” parce que croit-il, il jouait au rugby, portait des lunettes et parlait bien le français. Il en a conclu qu’on détestait les intellectuels et s’est construit tout un discours pour le démontrer.
Qu’aurait-il conclu s’il avait été le p’tit gros à boutons? Que les québécois étaient des minables détestant les gros avec de l’acné?
Pour moi, c’est de plus en plus clair, cet homme s’écoute parler et se croit brillant. Son discours en dit bien plus sur sa capacité à s’intégrer dans une société ou un groupe que sur l’anti intellectualisme du Québec.
Finalement, on ne parle toujours que de soi, même quand on parle des autres. Qu’il fasse attention, qui crache en l’air…
hamster
7 juillet 2011
23h51
Je viens d’écouter attentivement l’entrevue en question. W. Mouawad est un homme talentueux, très intelligent, articulé comme j’aimerais l’être et sa voix est douce comme de la soie ! mais à 15 ans, il aurait été TELLEment plus heureux dans un lycée parisien que dans une poly montréalaise. Traumatisme ! c’est super plate, j’ai connu aussi quelques “bollés” qui sont encore amers. Parce que oui, je trouve qu’il exagère grandement… comme créateur, il m’impressionne. Comme personne, beaucoup moins, et je lui conseille de faire la paix avec son passé et d’arrêter de faire mal à mon “québécois” !
antoine777
8 juillet 2011
00h03
Quand j’entends ou lis anti-intellectuel et québécois dans la même phrase,
ça me fait penser à “la grande noirceur”, avant 1960 (juste avant ma naissance).
L’époque de Duplessis, finalement. Lui, il les aimait pas les intellos.
Parce qu’un intellectuel, ça brasse des idées.
C’est nécessairement de gauche (un intellectuel dans le sens propre) et “ça se mêle de ce qui ne le regarde pas”-Sartre.
Mais le Québec d’aujourd’hui, anti-intellectuel “at large”? nonnn…..
Anecdote: qui met en scène deux québécois, mon ami chinois, propriétaire du dépanneur
du coin et moi-même, natif de Québec.
C’est devenu un ami et nous discutons de toutes sortes de choses.
La première fois que j’y suis allé, il me dit que le français est dur à apprendre.
C’est peut-être là que M. Mouawad ou un de ses amis est entré.
J’ai montré ce que j’achetais à mon nouvel ami en lui disant: Lait!
Il m’a répondu: 2$…hi hi
JuanMiguel
8 juillet 2011
00h16
Merci P Lagacé de nous avoir donné le lien audio pour juger des faits.
D’accord avec Montréalaise.
Après écoute de l’entrevue: Beaucoup de bruit pour rien!!
Franchement, Y a pas de quoi fouetter la chatte de la mère Michelle.
On peut d’ailleurs se poser la question suivante: pourquoi ressortir cette entrevue vieille de 2 ans, sur France Culture qui capture un auditoire assez limité? Vous lui cherchez des poux dans la tête a W Mouawad? Certains commentaires y ont vite associé l’affaire Cantat au TNM, qui n’existait pas au moment de l’entrevue!
Revenons aux faits. L’interlocutrice l’embarque sur la question de la langue française et W Mouawad donne sa perception lorsqu’il arrive, adolescent, au Québec puis a l’école de théâtre, des difficultés de communication et de compréhension entre personnes censées utiliser la même langue. Le discours sur l’épicier est une simple métaphore de sa perception de la qualité de la langue française parlée au Québec. Il pose le tout dans un contexte politique de défense forte de la langue Francaise.
Je n’entends nulle part l’idée d’un peuple cro-magnon comme P Lagacé l’a écrit dans un billet. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi le débat s’est orienté vers les intellectuels?
Finalement, ces propos que je considère mesurés sont le constat que font nombre de Français ou francophones qui immigrent au Québec. Après plus d’une décennie dans la belle province, je pourrais tenir les mêmes propos.
J’ajoute que dans l’entrevue, il y a 6 minutes dithyrambiques a propos de R Lepage, qui jusqu’à preuve du contraire est un pur produit Québécois.
Finalement dans ce débat, Ce qui reste intéressant, et qui a été démontré dans des études sociologiques, c’est l’interprétation très différente que l’on fait d’un document (écrit, visuel ou sonore) selon son expérience culturelle et sociale.
dcsavard
8 juillet 2011
00h43
Est-ce ici que quelqu’un est venu demander s’il y avait des gens qui lisaient les interventions de plus de dix lignes et qui lorsque j’ai répondu que je le faisais m’a pratiquement traité d’idiot? Apparemment que même les idées les plus complexes doivent s’exprimer en moins de dix lignes. J’imagine Guerre et Paix de Tolstoï en dix lignes, c’est sûr que ce serait écologique vue l’économie de papier qui en résulterait.
dandy
8 juillet 2011
00h54
Ça fait 10 ans que je suis au Québec et je n’arrête pas de découvrir. Ce débat est tellement exotique.
Cela étant dit, je sonne l’alarme parce que l’anti-intellectualisme ne touche pas seulement le domaine des arts mais aussi des places comme le monde scientifique et dans les organisations.
L’intellect n’est pas nécessairement connaitre sur quel tempo se joue la symphonie No 25 de Mozart, c’est a dire avoir une connaissance large.. mais tout simplement avoir un sens critique. Ceci n’est plus encouragé…c’est rare ou je vois dans un énoncé d’un emploi ” sens critique” …on ne veut pas de gens critiques…on veut des gens souriants, positifs, qui comprennent leurs jobs, qui font leurs et qui consomment. Point. Les gens qui réfléchissent, n’achètent pas, cherchent du sens dans leur travail parce que presque toute l’économie est basée sur des jobs insensées, le “système” n’en a pas besoin. En passant, Mr Patrick vous faites de la démagogie, on sait très bien que les européens se sont aussi américanisés . Ils vont rejoindre dans l’aliénation qui atteint les occidentaux…par contre, certains pays émergents qu’on dit émergents, ne le sont pas juste “économiquement” mais il y a idées nouvelles qui y circulent…La prophétie d’Arcan serait-elle de se réaliser ?
psycho51
8 juillet 2011
02h15
“Les seul intellectuel qui ont une place c’est richard Martinau pis Régis labaume. Eux autre y parle des vrai affaire pis y font avancer la société.” – steve2007
C’est la seule chose la plus drôle que j’ai lu ce mois-ci!! Martineau, faire avancer la société? hahahahaha je me roulerai sur le sol jusqu’à ce que je n’aie plus de souffle.
***
Autrement, et plus sérieusement, je m’en voudrais de ne pas mentionner que j’aime bien cet échange entre messieurs Lagacé et Cassivi. Chacun apporte de bons points, et c’est rare que nous avons l’occasion d’assister à une discussion qui traite de l’aspect intellectuel de la société québécoise. Merci à vous deux, et aussi à Wajdi Mouawad d’avoir ouvert la voie à cette petite polémique!
gengis
8 juillet 2011
04h14
Cassivi et Wajdi ont parfaitement raison.
Le Québec nivelle par le bas et encourage de la médiocrité au détriment du succès depuis des lustres et on commence tout juste à en voir les conséquences.
rodeur
8 juillet 2011
04h56
Les québécois anti intélectuel ? oui et j’ajouterais ‘moumoune’ dans ses actions et réactions.
LePecheur
8 juillet 2011
05h21
Steve2007, merci pour cet exemple flagrant de ce que nous traitons dans ce blog. Déjà de qualifier Richard Martineau d’intellectuel il faut le faire! Celui qui traite les nouveaux députés du NPD de poteaux car ils sont jeunes et sans expérience(je sais que c’est pour le show mais quand même)… Il y a évidemment des pelleteux de nuages qui ne font que lancé de beau grands mots vide de sens et qui ralentissent considérablement la progression des idées. Cependant, je crois que les intellectuels dont il est question ici c’est plutôt des gens instruits, vous savez ceux qui votent pour un parti en connaissant au moins 2-3 lignes du programme électorale, ceux qui connaissent un peu l’histoire de Jacques Cartier et pas celui au bout de Papineau, et ceux qui ont un vocabulaire et une culture générale suffisament développé pour lire les chroniques de Pierre Foglia sans se mettre a saigner du nez. Essayez de discuter politique avec quelqu’un plus de dix minutes sans que sa se termine par soit des attaques personnelles ou une discussion très agressive ou l’un parle par dessus l’autre. L’avenir de la discussion au Québec : Les sondages !
emilemazola
8 juillet 2011
05h46
“Un intellectuel est un homme qui utilise plus de mots que nécessaire pour raconter plus qu’il ne sait.”
Voilà. Les intellos nous font touner en rond. Comme le Québec tourne en rond, nous devons être bien nantis en intellos. CQFD
emilemazola
8 juillet 2011
05h49
Et en effet, au Québec, on a tendance à avoir le verbe plus bref et concis.
Hamster
****
Voilà.
chasse-galerie
8 juillet 2011
06h11
Monsieur Lagacé devrait se faire élire à Hérouxville, il aurait toutes les chances d’être élu maire.
chasse-galerie
8 juillet 2011
06h50
Lorsqu’une dictature s’installe, ce sont les poètes, les écrivains, les penseurs qu’on emprisonne ou exécute en premier. C’est ce qui est arrivé au Chili comme au Liban. Monsieur Mouawad dérange, il est d’autant plus précieux pour notre société.
Récemment, Monsieur Lagacé dénonçait un ado victime de ses pairs dans une école secondaire.
Avec tout le respect que je vous dois Monsieur Lagacé, c’est un peu ce que vous venez de faire avec Monsieur Mouawad.
georges_de_la_jungle
8 juillet 2011
07h23
Curieux que vous mentionnez le Devoir car on a qu’à écouter les commentaires des gens sur quelqu’un qui lit le Devoir pour comprendre que M. Mouawad a un petit peu raison.
G.Roy
basilic
8 juillet 2011
07h30
J’aime les idées qu’elles viennent d’intellectuels on non. Car il arrive que des gens ordinaires sans grade universitaire aient de bonnes idées. Je déteste les prétentieux, intellectuels ou non. Et Mouawad est un prétentieux de première grandeur.
ilisepa
8 juillet 2011
07h58
@labelleauxoranges
on dit “de la satire”
averell
8 juillet 2011
08h06
je n’ai pas entendu l’extrait. toutefois, à l’opposé des positions de Ms Cassivi et Mouawad, je dirais qu’il faut éviter de généraliser à partir d’une position somme toute très limitée. ces gens s’expriment publiquement sur la base de leur propre perception de leur environnement, dans un cercle restreint et souvent constitué de personnes qui pensent comme eux. la complexité d’une société est telle qu’il devient impossible de dire “le Québec” comme un État monolithique. Combien de Français et autres nationalités sont installés à Montréal (point de référence à ces deux-là car ils ne doivent pas souvent en sortir). Quand on s’attaque aux québécois, à qui s’attaque-t-on vraiment? Que dit M Mouawad de l’ouverture, de l’accueil et de la générosité de la société qui lui permet de s’exprimer comme il le fait. Le pourrait-il dans son Liban d’aujourd’hui?
rllemieux
8 juillet 2011
08h20
Il y a ceux qui, riches d’un grand savoir et dotés d’une grande intelligence, sont à la recherche de conclusions éclairées, au moyen de l’activité intellectuelle.
Il y a ceux qui, animés d’une mauvaise intention ou à la recherche d’avantages personnels, forts de leur intelligence et de leur savoir supérieurs, construisent de savants arguments pour arriver à leurs fins.
Les premiers méritent notre admiration, les seconds notre indifférence.
Au final, l’activité intellectuelle sans morale est une coquille vide. Et je soupçonne mes concitoyens d’être habiles à repérer ceux dont les sparages ne visent qu’à favoriser leurs petits intérêts.
Robert Lemieux
martymacfly
8 juillet 2011
08h34
Je ne comprends rien de cet article. Ce n’est ni une reponse a Cassivi, ni une addition originale au debat. Vous n’arretez pas de caricaturer Wajdi comme un intellectuel… Je pense qu’il est beaucoup plus complexe que cela. Comme vous n’etes pas seulement un journaliste pretentieux – vous etes egalement un journaliste qui coupe les coins tellement ronds que vous en arrivez a essayer de convaincre vos lecteurs du mepris des intellectuels en France a partir du dernier livre dont vous avez lu le debut et la fin. De plus, votre article parle de tout et de rien, des conservayeurs , de la culture et de Parizeau. Changez de cassette avant de vous embarrasser encore pus.
angel_eyes
8 juillet 2011
08h35
@noirod
Bravo pour cet éloge ahurissant de l’ignorance et de l’absence de réflexion.
snoopy35
8 juillet 2011
08h38
C’est quoi toute cette histoire autour de Mouji? On s’en fout de ce qu’il pense et on se fout également de ce qu’écrit Cassivi, un être imbu de lui-même qui trippe sur les intellos et le soccer.
Que le Québec soit plus hockey qu’intello, ca change quoi? On dira qu’on manque de culture? Non on a pas la culture des Francais, mais on a la nôtre et c’est pas grave si Cassivi pense qu’on l’est pas assez.
Nos politiciens sont-ils obligés d’être des intellos? Pantoute. Que Charest adore cuisiner, Harper le hockey et la musique, Jack les choses toutes simples, ca change quoi?Mouawad, qu’il retourne chez lui si il n’aime pas notre niveau intello.
ulysse
8 juillet 2011
08h44
Quand des personnages comme Mouawad et Cassivi également, crachent leur venin sur la société qui les fait vivre si généreusement il y là un mépris et un rejet du petit génie frustré incompris.
Dans l’interview sur l’affaire Cantat que Mouawad a donné à AM Dussealt sur Radio-Canada,il y avait du non dit à profusion dans les silences et la gestuelle qui révélaient des propos que Mouawad n’osaient pas exprimés par lâcheté,propos qu’il manifestement exprimés sur des ondes françaises selon Lagacé.Le Québec est une société accueillante et les individus qui acceptent d’en faire partie devraient avoir un minimum de reconnaissance et de solidarité.Ce n’est pas parce que nous sommes minoritaires que nous devons subir sans protester tous les Mordecai Richler de la planète.
waddle
8 juillet 2011
08h58
l’erreur de W.Mouawad c’est d’avoir critiqué le Québec en France, alors qu’à l’inverse on pousse maladivement chaques invité français sur les radios ou les plateaux de télé ici (à TLMP) à écorcher son pays et à vanter les mérites du Québec. Comme je le répète: ceci est une part de complexe dont les plus jeunes souffrent de moins en moins: ils s’assument plus que leurs ainés. Il est vrai qu’il y a un mépris pour la culture ici que l’ont relis au snobisme et souvent au francais: je lisais un test pour connaitre son gout des vins: bref si avez répondu A) dans la majorité des cas vous avez un gout snob des vins aristocrates Francais WOW?!.
Ce que fait W.Mouawad est bon et sain si on le voit de la façon suivante: aucune culture n’est parfaite: chacune à des particularités et généraliser et critiquer le Québec en France fait parti d’une IMMNENSE étape INDISPENSABLE à la construction du SOI.
On ne pourra pas vendre le Québec indéfiniment comme le meilleur “pays” du monde à longueur de temps. Les québécois ne sont pas plus gentils ou plus méchant que d’autre. Oui la culture et la connaissance est mal vue ici mais il y a d’autres qualités.
Mais il faut le reconnaitre: Exemple criant lorsque l’on voit la considération que l’on porte pour Guy. A le page, Que cyberpresse La presse est un journal respecté (je tombe de ma chaise quand je vois les unes racoleuses de jeux de mots moyens sur le malheurs des haitiens par exemple) et que 90% de son contenu est signé AFP Reuters… (même RDI n’a plus de propres sources elle semble louer des envoyés spéciaux a France 2),
Sur cyberpresse cette information concidéré comme compliqué par le peuple est alors traitée par des bloggueurs qui vulgarisent et font une une analyse simple de gros bon sens sur des problèmes compliqué: Moe la problème en Haitie j’vas te le dire… mais encore une fois c’est pas mal non plus d’être comme celà il y a forcément des avantages à certains moment d’être des pragmatiques francais plus. Ca nous défini.
waddle
8 juillet 2011
09h01
***Sur cyberpresse cette information concidéré comme compliqué ***POUR*** le peuple (la pseudo-inteligencia journalistique)
miriage
8 juillet 2011
09h03
Dans l’échange épicier et client ce que je déplore surtout c’est l’analyse qui en est fait. Si je reprenais cet exemple avec un vieux couple on dirait : n’est-ce pas merveilleux en peu de mots ils se comprennent? Le débat sur l’intellectuel est bien vivant.Au-delà des grands marchés, il y a des gens au quotidien qui se font baffouer ” on sait bien avec toi c’est toujours compliqué” ou encore ” tu te poses trop question” ou finalement “ça te donne quoi de penser à ça”… Mais avec les années ou les cheveux blancs le constat est que de toutes époques il en a été ainsi.
lemercenaire
8 juillet 2011
09h03
je ne me souviens pas une seule fois, lire quelques lignes positives de votre part Monsieur Patrick.
Que des articles negatifs. Vous etes le specialiste qui tire sur les ambulances sans arret.
sophie_l
8 juillet 2011
09h04
Pourquoi devrait-on automatiquement tracer une ligne entre un « intellectuel » et un « bûcheron »? Comme s’il était obligatoire d’être un intellectuel pour faire preuves de compétences intellectuelles. Comme si un gars de la construction était incapable de réfléchir. Comme si un artiste était l’incarnation du bon goût.
La tendance à qualifier d’ « élite » les intellectuels est ce qui creuse le fossé, à mon avis. Je ne crois pas que ce soient les idées émises par les intellectuels qui sont rejetées d’emblées, mais plutôt la façon de les émettre. C’est une chose que l’on retrouve souvent dans les recherches universitaires et les publications scientifiques, par exemple.
Je remets en question le désir de cette élite de communiquer de manière appropriée ses idées de façon à rejoindre un maximum de gens, plutôt que de se complaire dans son langage hermétique qui crée une barrière à un réel échange d’idées. Après tout, les intellectuels ne peuvent prétendre dresser un portrait juste des membres de la communauté s’ils les méprisent ou s’ils ne tentent pas de les inclure dans le débat.
apoptose
8 juillet 2011
09h09
Je ne crois pas que nous soyons profondément anti-intellectuels. Je crois plutôt que nous sommes profondément contre ce que j’appelle la “masturbation intellectuelle” où, une personne intelligente, qui le sait et qui s’aime d’ailleurs peut-être un peu trop, va prononcer de “grands mots” ou de “grandes idées” qui, dans le font, ne veulent absolument rien dire, ou pas grande chose. C’est vouloir paraître intelligent et impressionner, mais en réalité, ça emmerde plus qu’autre chose.
petitvampire
8 juillet 2011
09h20
L’anti-intellectualisme est très présent en Amérique du Nord MAIS spécialement au Québec, héritage d’un peuple conquis, colonisé, peu instruit et sous l’emprise d’une Eglise Catholique Romaine obsédé par le contrôle de ses ouailles et par de des politiciens de type Duplessis pour qui un peuple ignorant était un peuple docile. La Révolution tranquille a permis une meilleur instruction de la masse mais le fond anti-intellectualisme n’a jamais vraiment disparu car être intellectuel représentait (et représente encore) dans le psychisme collectif le péché de l’arbre de la connaissance et du Paradis d’Adam et Eve .
Même en l’ayant fait de façon un peu maladroite Wadji Mouawad a mis le doigt sur le bobo. Et le BOBO existe encore et ne semble pas se diriger vers une guérison totale. La chronique de Cassavi est très révélatrice d’un Québec supposément moderne .
A mon travail la moyenne d’âge est d’environ 40 ans. La majorité d’entre eux (et elles) ne semble aucunement intéressé a la culture en général, a l’histoire, a la littérature autre que des romans d’amour ou les nouvelles du sport. Les plus jeunes (deux dans la vingtaine) sont évidemment ” plogués ” sur leur I-Phone la plupart du temps et certainement pas pour s’enrichir culturellement mais plutôt pour faire les gigantesque mémères sur les Face Book et les Twitters de ce monde dans un langage digne des primates aux allures de gémissements tirés du franglais évidemment. En dehors de cette ” communication ” ils se régalent sur des vidéos des séries Jackass, série on ne peut plus insignifiantes faut le dire.
Parler de politique avec eux ?
« A koi ca cert sont toute paraye «
Parler de culture en général et de l’état du français a Montréal ?
« Who cares «
Parler de littérature !
« A koi ca cert «
Les émissions de tivi les plus écoutés au Québec !
Occupation-double, Le banquier, et évidemment Star Académie quand cette émission revient nous hanter !
En fait pour résumer l’état déplorable du niveau de culture d’une grande partie de la population le commentaire de ” Noirod ” sur ce blogue est à lire absolument.
Pour ce blogueur l’intellectualisme ça sert à quoi ? Les politologues, les journalistes de la chose politique et sociale (bien sûr les journalistes sportif sont essentiels pour couvrir les Habs) les écrivains, les artistes, les arts, la langue et autre niaiseries semblables ne sont que des boulets au pied d’une société pour qui le pouvoir d’achat et la consommation excessive sont les nouvelles priorités dans la vie.
Sébastien Martel
8 juillet 2011
09h31
Il convient, d’abord, de s’entendre sur ce qu’est un intellectuel.
Un intellectuel, selon moi, est celui qui interroge les institutions, les valeurs et leur hiérarchisation, dans une société donnée. Il s’attarde, pour ce faire, aux pratiques discursives, aux rapports de force en se référant à des textes canoniques de l’Histoire ou/et à des productions artistiques.
L’esprit critique qui caractérise, en un mot, les intellectuels, la formation universitaire l’y encourage, mais ne le garantit pas. Nulle société n’est parfaitement à l’aise avec ses intellectuels, car ils mettent en cause l’ordre établi.
Au Québec, nous avons longtemps valorisé le clergé. Maintenant, ce sont les médecins que nous pontifions. L’on observe le même phénomène, un peu partout.
Chaque société a ses idoles, son consensus, et laisse peu de place à la divergence. Évidemment, entre une société totalitaire et une autre pourvue d’un État de droit, il y a un abîme.
adpi
8 juillet 2011
09h40
Bizarre de voir une série de textes parler d’intellectuels en contournant complètement le noyau de la question. Qui sont les intellectuels? Des gens qui ont étudié en sciences pures : mathématiques, physique, chimie, biologie et les domaines connexes. Dans ce cas pourquoi est-ce que les chroniques parlent d’intellectuels en nommant des gens qui écrivent des livres ou des pièces de théâtre? Tout le monde peut lire des livres, écrire une chanson ou une pièce de théâtre (certains avec plus de talent évidemment, mais tout le monde peut le faire), est-ce que quelque chose que n’importe qui peut faire en un après-midi devrait être considéré intellectuel? Bien sur que non. Faire la preuve d’un théorème par contre, ça c’est quelque chose d’inaccessible pour plusieurs personnes, donc ceux qui sont capable de le faire oui ce sont des intellectuels. Pourquoi est-ce que dans les domaines de sciences pures les groupes au départ sont nombreux mais seulement une petite quantité d’entre eux se rendent jusqu’à la fin (les autres ayant abandonné pour se tourner justement vers les arts ou sciences molles)? Parce que ça demande une grande capacité intellectuelle que certains n’ont pas. Aucune mention de ceci nulle part par contre, en attendant on se contente de regarder les tours de force que certains accomplissent pour éviter de mentionner les scientifiques dans les discussions d’intellectuels.
shall
8 juillet 2011
09h47
Régis Labaume.
tabarly
8 juillet 2011
09h56
Je viens d’écouter l’entrevue, faudrait m’expliquer ou est le problème?
Une petite balloune mrLagacé?
Petit conflit personnel du passé?
tabarly
8 juillet 2011
10h01
@ tous
Ceux qui croient que le commentaire de steve2007 était sérieux….faudrait peut-être vous questionnez aussi sur vos capacités d’analyse.
boisdort
8 juillet 2011
10h03
@marc___ ,
merci pour les corrections. Vous avez tout à fait raison, je n’ai aucune crédibilité compte tenu de mon faible français. Mais j’y pense, vous avez une immense bibliothèque que vous dites, … et des études unversitaires!
Ce qui caractérise un intellectuel ce n’est pas que «…l’intarissable volonté d’apprentissage» comme vous l’affirmez pompeusement. C’est aussi l’intarissable mépris que vous affichez dans votre message. Un message qui pue la prétention propre à un «intellectuel» (entre guillemets puisque vue votre manque de classe c’est sans doute trop fort!). Voilà, nous y sommes. C’est peut-être pour ça qu’il y a de l’anti-intellectualisme au Québec. Si, comme vous, les intellectuels affichent du mépris aussi ouvertement, ils n’ont que ce qu’ils méritent. Du mépris en retour. J’aime autant me taire, parce que comme le disait Georges-Bernard Shaw: «Le silence est l’expression la plus parfaite du mépris.» (Quitte à faire dans le «name dropping comme vous).
Sans rancune… et mépris!.
GTremblay
Montréal
angel_eyes
8 juillet 2011
10h10
@apoptose
Ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas les “grands mots” et les “grandes idées” qu’ils ne veulent rien dire.
angel_eyes
8 juillet 2011
10h13
@snoopy35
Pour vous, dès que quelqu’un propose une réflexion qui s’élève un peu au-dessus des pâquerettes, c’est un snob et il est imbu de lui-même. Vous êtes tellement prévisible et surtout, vous êtes l’incarnation même de ce que dénoncent Mouawad et Cassivi.
casse-noisette
8 juillet 2011
10h38
Il faudrait retrouver le bel article que feu Pierre Bourgault avait écrit dans Le Devoir sur le sujet. Il avait critiqué des acteurs sociaux qui s’excusaient d’intervenir dans un débat, en protestant qu’ils n’étaient surtout pas des intellectuels! Il avait répondu en gros qu’on est intellectuel dès qu’on se livre aux travaux de l’esprit, au sens large du terme, et qu’il n’y avait pas de honte à ça. Alors, imaginez-vous, si les intellectuels se renient, qu’attendre du bon peuple et des masses obtuses?
IL y a plus d’un demi-siècle, le Frère Untel (Jean-Paul Desbiens) luttait contre le joual. On avait interrogé de ses élèves à la télé, qui avaient avoué que bien parler, c’était risquer de passer pour une tapette ou un fif! Et que dire du mépris envers les forts en thème, surtout au secondaire? Est-ce bien disparu de nos mœurs? C’était déjà une forme de rejet.
sagace
8 juillet 2011
10h41
Cassivi, Cassivi … C’est pas lui qui a inventé le concept juridique d’immunité artistique pour les pédophiles ?
hmcyber188
8 juillet 2011
10h48
Je ne suis pas d’accord avec M. Cassivi sur le fait que nous, intellectuels, devons nous cacher. En tant que jeune femme, de sucroît diplômée universitaire, ma force est justement mon cerveau. Mon entourage, en général, est intellectuel. J’ai observé que les femmes n’ont pas de honte à faire étalage de leur savoir, moi la première. C’est notre force, notre fierté. Les hommes, par contre, semblent plus réticents à le faire, en effet. C’est pas cool, ça fait pas viril… Je trouve ce phénomène un peu triste tout de même. Un homme cultivé est extrêmement sexy aux yeux d’une femme cultivée. Ce que les Québécois cultophobes ne saisissent pas, ou plutôt je devrais dire, ce qu’ils pensent, c’est que les gens cultivés ou intellectuels sont plates. Avec eux c’est du blablablaaaa… Bon, ça y est! L’intello se pense plus hot que nous, fiers Québécois ouvriers qui travaillent à la sueur de notre front et à force de nos bras! Ok, c’est cliché… Reste tout de même que je ne me sens pas du tout concernée par les généralisations faites par Mouawad ou Marc. Je ne pense pas non plus que ma génération (20 à 30 ans d’âge) se sente concernée. Je suis fière de mon savoir et je n’hésite pas à l’utiliser. Je veux toutefois apporter une nuance: il y a “faire étalage de ses connaissances” et “faire preuve d’intelligence”. Le premier est souvent plutôt prétentieux et superficiel, du “name-dropping” comme on dit. Le deuxième est plus subtil. Par exemple, faire preuve de répartie est très intelligent. Il est difficile de gagner un débat avec quelqu’un qui sait utiliser son savoir intelligemment. Demandez à mon ex, qui était un gars de construction (ok, je ne veux pas généraliser, mais…), un fier-à-bras. Je pense que je l’ai rendu fou et ce, avec des mots! Il s’est sauvé en courant après 5 ans, parce que, et je cite:”Tu me fais sentir comme de la merde! T’as toujours raison! Pis c’est correct, mais j’en peux plus!”
paulbeliard
8 juillet 2011
10h49
J’ai bien aimé l’entrevue de Wajdi Mouawad. Vraiment pas de quoi s’offusquer de quoi que ce soit ! Ni sonner le tocsin à tout va !
Paul beliard
kelvinator
8 juillet 2011
11h13
Lagacé de démontre pas que Cassivi a tort, il tente simplement de tempérer ces propos, en jouant sur le degré d’anti-intellectualisme.
SI vous croyez qu’avoir quelques articles dans les journaux à l’occasion démontre un ouverture à l’intellectualisme, vous oublier de prendre en compte l’intellectualisme dans la vie de tout les jours, dans la population moyenne. Essayez de discuter avec des nom de plus de 3 syllabes et vous verrez le slimites de l’intellectualisme dans la population.
bobhineault
8 juillet 2011
11h13
Il est loin le jour ou l’anti-intellectualisme sera aussi mal vu que l’homophobie par exemple. Dommage.
adpi
8 juillet 2011
11h19
Pour les deux ajouts à la chronique initiale : aucun des 2 auteurs n’adresse les scientifiques purs mais ils mentionnent plutôt seulement des exemples en sciences molles. Encore une fois les intellectuels sont ignorés dans des chroniques au sujet des intellectuels!
louisap
8 juillet 2011
11h23
Vous confondez culture et intellectualisme. Les deux ne vont pas nécessairement ensemble.
angel_eyes
8 juillet 2011
11h26
@adpi
N’importe quoi, un intellectuel est avant tout quelqu’un dont l’activité concerne les idées et l’esprit. Il peut donc y en avoir dans d’autres domaines que la science.
syl20_65
8 juillet 2011
11h29
“Je ne crois pas que nous soyons profondément anti-intellectuels. Je crois plutôt que nous sommes profondément contre ce que j’appelle la “masturbation intellectuelle” où, une personne intelligente, qui le sait et qui s’aime d’ailleurs peut-être un peu trop, va prononcer de “grands mots” ou de “grandes idées” qui, dans le font, ne veulent absolument rien dire, ou pas grande chose. C’est vouloir paraître intelligent et impressionner, mais en réalité, ça emmerde plus qu’autre chose.”
Et voilà ce que veut dire Cassivi. Quand on ne comprends pas les mots ou les idées, on traite l’autre de fendant et de prétencieux. On n’y comprend rien…. on appelle ça de la masturbation intellectuelle. De lire quelqu’un être aussi fier de son ignorance est désarmant. Décidément, ça lève pas plus haut que les Pâquerettes…
angel_eyes
8 juillet 2011
11h30
@hmcyber188
C’est pas la modestie qui vous étouffe. Je le serais un peu plus à votre place considérant le texte caricatural et bourré de grossières généralisations que vous venez de pondre.
angel_eyes
8 juillet 2011
11h31
@sagace
Quel rapport avec le sujet actuel ?
adpi
8 juillet 2011
11h56
@angel_eyes
c’est tout de même les sciences dures qui agissent comme frontiere entre intellectuels et non-intellectuels. Écrire une histoire, faire une pièce de théâtre, faire une sculpture, tous des activités pouvant être accomplies par des enfants de 2e année, pas besoin d’intellectuels ici. Mais par exemple faire la preuve de l’inégalité de Chebyshev oups c’est pas n’importe qui qui peut le faire, ça prend un vrai intellectuel.
hmcyber188
8 juillet 2011
12h01
@ angel-eyes
Je comprends que vous ayez lu 1 seule fois mon commentaire et réagit spontanément, ce qui fait que vous me jugez rapidement. Vous avez été sélectif dans ce que vous avez retenu de mon texte. Je suis modeste dans la vie de tous les jours. La preuve: j’ai eu un conjoint en construction… Je ne me sers de mon savoir que lorsque je dois défendre un point ou si on vient sur le sujet (comme présenement). De toute façon, pourquoi vous sentez-vous concerné par mon degré de confiance en moi? Sachez que vous êtes seul au monde au final et que l’on ne peut se fier qu’à soi-même. Alors pourquoi ne pas avoir de l’estime pour moi-même et m’aimer comme je suis?
marc-andre_tessier
8 juillet 2011
12h40
.. au Québec
Il existe depuis plusieurs années un rituel pratiqué lors de la lecture des billets contenus dans les petits biscuits dits chinois, qui consiste à ajouter les mots “.. au lit” au bout de chaque phrase. La plupart des phrases prennent un deuxième sens, parfois drôle. Ce rituel est plus ou moins répandu selon les régions, mais on le retrouve décrit dans des publications américaines datant de 2005 ou avant.
Il semble y avoir une autre version de ce jeu que j’ai remarquée récemment (bien qu’ancienne). Nos grandes gueules – Wajdi Mouawad, Richard Martineau ou les commentateurs de blogues des divers organes de presse – se plaisent à ajouter à la fin de chaque constat déplorable : … au Québec.
Bien entendu, dans ce au Québec, elles s’excluent. C’est tout le Québec sauf elles qui est entendu.
Je précise que ce sont certaines grandes gueules infatigables qui le font… au Québec. Ce n’est pas le Québec entier qui le fait.. au Québec. Et ça ne se fait pas qu’… au Québec.
Voyez, on peut y jouer sans dire des conneries… au Québec.
angel_eyes
8 juillet 2011
12h44
@adpi
Non, c’est vous qui établissez cette frontière. Vous faites quoi des philosophes, des sociologues et autres spécialistes des sciences humaines ? Vous confondez intellectuel et scientifique. Un intellectuel est dans sa définition large quelqu’un qui jongle avec les idées alors qu’un scientifique qui tente d’expliquer le monde à l’aide de données empiriques. Quant à savoir si un artiste est un intellectuel, c’est un autre débat mais le fait qu’un enfant soit capable de produire une oeuvre ou non n’a aucun rapport ici.
vm73
8 juillet 2011
12h47
Bonjour MM Cassivi et Lagacé
Premièrement je trouve ce débat très sain, le débat c’est bien l’essence d’une vie intellectuelle et vous nourrissez celle-ci noblement chacun à votre façon.
J’ai lu plusieurs commentaires d’internautes, dont de nombreux qui font preuve de finesse. Ceci dit avoir lu beaucoup de choses j’aimerais ajouter ces points:
- plusieurs soulignent que l’anti-intellectualisme est fort en Amérique du Nord, d’autres qu’il est inhérent à la culture populaire contemporaine. Si on fait 1+1, on arrive à cette conclusion: le niveau d’éducation des Québécois était très bas jusqu’à la Révolution Tranquille (les Nègres Blancs d’Amérique). Au moment où les Québécois accèdent à plus d’éducation, la culture populaire contemporaine explose (naissance de TVA et JdM). Mauvais timing. Conséquement les intellectuels québécois qui se sont fait entendre pendant la Révolution Tranquille n’ont pas pu s’installer durablement dans «la cité». Contrairement aux États-Unis où des institutions comme Harvard sont là depuis longtemps et produisent des prix Nobels et, par exemple, certains des meileurs historiens de l’histoire de France. Donc l’Amérique du Nord est peut-être culturellement anti-intellectuelle, mais il y aussi un équilibre qui n’a pas été atteint ici.
- Conséquemment je pense que M. Cassivi pourrait nuancer quelque peu son propos. Le Quéebc est fondamentalement anti-intellectuel? Ou plutôt: les forces anti-intellectuels sont fortes au Québec, prédominanates, et n’ont pas une oppoisition très forte. Mais elle existe évidement (Oui, le Devoir, les professeurs d’université qui écrivent dans La Presse, Télé-Québec, les festivals de cinéma).
- ce dont on ne parle pas mais qui me semble inhérent à ce débat, c’est le rapport des Québécois à leur image. Trois articles en France sur un film Québécois, et trente articles québécois pour parler de ces trois articles français. Un animateur qui critique l’accent québécois, et un drame national. Un peu malsain.
Le monde entier se déchaîne contre les Américains et les Français, le monde entier encense les Américains et les Français. Ils s’en foutent complètement, ils font leurs trucs. Personnellement je préfère cette attitude et je ne peux m’empêcher de penser que c’Est élément du débat.
- Finalement, et c’est le plus drôle, je ne considère pas M. Mouawad comme un grand intellectuel. Wim Wenders disait: Hollywood a conlonisé notre subsconscient. La culture populaire contemporaine a influencé le cinéma d’auteur de notre époque depuis longtemps.
C’est vrai pour INcendie (le film de Villeneuve, il est vrai) où l’émotion est la seul matériau (même si on me parlera de drame grec…), où le gros punch tient totalement de Hollywood, où la psychologie des personnages, sommaires, est la seule somme de leurs émotions. Une xemple parmi tant d’autres: le personnage principal entretient une relation avec un Palestinien. On ne prend pas deux secondes pour explorer les personages, l’important est de tuer l’amant pour faire avancer l’action et envoyer le personnage féminin principal vers une série de péripéties, vers un scénario d’intrigue bien plus que psychologique, où seuls les points tournants ont droit de cité, sans jamais nous livrer de vrais moment humains comme pourraient le faire des films d’auteurs, les vrais, comme Deer Hunter.
Bref avant de parler des intellectuels on pourrait aprler de l’état du monde intellectuel. En France, Camus et Sartre sont remplacés par BHL et autre Finkielkraut.
Ça me ramène à ceci: la culture populaire contemporaine, anti-intellectuelle et populiste, domine. Mais qu’est-ce qu’il y a en face ? En économie je me rassure avec l’importance nouvelle,d e puis la crise, accordée aux Thomas Piketty et Paul Kruegman. Pour la culture et le débat sociétal, je ne suis pas certain que les forces intellectuelles soient à la hauteur du combat à mener, ici comme ailleurs.
bobhineault
8 juillet 2011
12h54
adpi
un enfant de 8 ans peut mélanger du vinaigre et du bicarbonate et prendre des notes, mais il n’écrira jamais Guerre et Paix.
angel_eyes
8 juillet 2011
12h54
@hmcyber188
Avoir un conjoint qui travaille sur la construction est un signe de modestie ? Je vois plutôt dans cette affirmation l’expression de votre propres préjugés. En ce qui concerne votre supposé savoir pour défendre un point, je le cherche encore dans votre texte puisque le trois quart est consacré à raconter à quel point vous êtes intelligente, cultivé et comment vous étiez supérieure à votre conjoint sur la construction. Vous me semblez avoir une perception exagérée de votre propre valeur; quand Marc Cassivi parle d’intellectuels, il parle avant tout des universitaires. En êtes-vous une ?
angel_eyes
8 juillet 2011
13h00
universitaires au sens de professeurs d’université bien-sûr.
marc___
8 juillet 2011
13h08
Je voulais seulement souligner qu’il y a une contradiction évidente dans le fait de déplorer l’anti-intellectualisme du Québec en recourant à un texte plein de fautes grammaticales élémentaires.. Ta réponse contient d’ailleurs une autre contradiction : tu appuies le point de vue de Wajdi, mais tu fais appel aux mêmes réflexes qu’il déplore (émotivité, utilisation des qualificatifs “prétentieux” et “pompeux” pour des riens) lorsque quelqu’un au Québec s’étend trop longuement sur un sujet de réflexion..
Au reste, je ne vois pas en quoi mon message est méprisant. En substance, j’y disais que l’intellectualisme n’était souvent qu’un refuge pour ceux qui n’arrivent pas à accepter le monde tel qu’il est. Ma réponse ne cherchait qu’à relativiser l’importance de l’intellectualisme ; j’y ai même écrit qu’il valait mieux être ignorant qu’instruit si cela permettait d’accéder au bonheur. Si c’est ce que tu appelle être méprisant…
Heureusement, je n’accorde pas trop d’importance à une réponse vide de substance et de toute évidence motivée par une blessure narcissique.
M-A Pelletier
petitvampire
8 juillet 2011
13h13
@adpi
Vous mêler beaucoup de choses et probablement beaucoup de gens .L’intellectualisme ne s’applique pas seulement aux érudits scientifiques . Falardeau était un intellectuel , tout Hubert Reeves . Les philosophes , les écrivains et même les artistes ont dans leur rang respectif des intellectuels . Une chanson de Brel ou de Ferré tout comme Leclerc et Vigneault demande un effort intellectuel plus grand que d’écouter Marie -Hélène Thibert ou Garou .
Une personne qui li beaucoup dans différend domaines , qui écoute beaucoup de musique différente et qui s’intéresse à la science , à la politique et à l’art peut être considérer comme un type intellectuel .
Bien sûr si ont fait partie des puristes pour qui les intellectuels sont des petits génies hautement instruits et dans une classe a part on ne parle plus d’intellectualisme ordinaire mais d’élite intellectuel !
marc___
8 juillet 2011
13h31
@adpi
c’est tout de même les sciences dures qui agissent comme frontiere entre intellectuels et non-intellectuels. Écrire une histoire, faire une pièce de théâtre, faire une sculpture, tous des activités pouvant être accomplies par des enfants de 2e année, pas besoin d’intellectuels ici. Mais par exemple faire la preuve de l’inégalité de Chebyshev oups c’est pas n’importe qui qui peut le faire, ça prend un vrai intellectuel.
N’importe quoi ton commentaire. Si un élève de deuxième année peut écrire une pièce du théâtre, il peut aussi faire la preuve de l’inégalité de Chebyshev. Dans les deux cas, le résultat sera merdique, du n’importe quoi, mais ils le feront tout de même.
Et puis les spécialistes de “sciences dures” font souvent preuve d’un esprit critique lamentable et complètement risible dans des situations impossible à résoudre par raisonnements logiques. Un de mes anciens professeurs de chimie, très compétent dans son domaine, est persuadé que la fin du monde est prévue pour décembre 2012. Il avance des arguments comme la fin du calendrier Maya est en 2012, ou bien il démontre que l’addition des dates du séisme au Japon (10/03/11) et du World Trade Center (11/09/01) donnent le 21 décembre 2012. Quelle rigueur! Si c’est ça être un intellectuel… (Comme s’il n’existait qu’une façon d’être intellectuel)
M-A Pelletier
pourvoyeur
8 juillet 2011
13h31
Bon, comme aucun pure-laine n’ose sortir et le dire publiquement, merci à M.Mouawad de dire bien haut ce que plusieurs pensent plus bas.
adpi
8 juillet 2011
13h49
On sent le rejet de l’intellectualisme ici, même si certaines personnes ont plus de talent que d’autres pour par exemple l’écrture d’un roman il n’en demeure pas moins que c’est une activité banale pouvant être accomplie par n’importe qui, de la même maniere que Mario Lemieux a beaucoup de talent pour jouer au hockey mais tout le monde peut pousser une rondelle avec un bâton. Par contre c’est bel et bien en entrant dans le domaine des sciences pures qu’on se limite seulement aux intellectuels, il n’est plus question de talent ici, c’est des capacités intellectuelles dont on a besoin, ce qui est different des autres exemples, les gens sans ces capacités intellectuelles sont stoppés net.
ti-jo_connaissant
8 juillet 2011
14h16
En tout cas, le sujet (extremement large ici), apporte son lot de commentaires follement divertissants! Je retiens cette perle: “Je suis modeste dans la vie de tous les jours. La preuve: j’ai eu un conjoint en construction”
angel_eyes
8 juillet 2011
14h59
@adpi
intellectuel et scientifique ne sont pas la même chose, on se tue à essayer de vous l’expliquer, êtes-vous capable de le comprendre ? Vous semblez étrangement confondre intellectuel, capacités intellectuelles et intelligence.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Intellectuel
marc___
8 juillet 2011
15h03
@adpi
Tout le monde est capable d’opérer des opérations artihmétiques. L’arithmétique fait partie des mathématiques, qui est l’expression la plus forte des sciences pures. Par conséquent tout le monde est intellectuel! CQFD
bobhineault
8 juillet 2011
15h08
Angel eyes vous faites ici vous même un peu d’anti-intellectualisme, la dame s’affiche comme plus intelligente et cultivée que sont ex-conjoint, et vous lui reprochez. Elle aurait donc du se taire? Cela illustre combien ce réflexe est ancré profondement dans notre culture. Cette dame aurait mentionné qu’elle a bcp plus d’endurance et vitesse en course à pied et cela aurait passé comme lettre a la poste. S’afficher plus intelligent est pire que d’étaler sa richesse$. La différence d’intelligence entre les personnes est un véritable tabou.
le_maitre
8 juillet 2011
15h16
Premièrement, félicitation à La Presse qui laisse ses journalistes, dans le plus grand des respects, se répondent ainsi. C’est quant à moi la première étape à gravir pour intellectualiser les débats, car à trop faire la courbette, on pique du nez. C’est ce que je déteste le plus du Québec je crois.
Ceci dit, j’apporterais peut-être seulement une pensée.
Est-ce que le fait qu’un intellectuel y aille de : « dire un truc explosif pour épater la galerie », n’est pas justement caractériel d’une société qui laisse peu de place aux intellectuels? Est-ce que c’est pas davantage le caractère du temps qui oblige les intellectuels à faire des envolés pour pouvoir s’exprimer? En d’autres mots, combien de réseaux diffuseraient des entrevues de fond avec une personne pour parler d’un sujet complexe afin que la personne puisse s’exprimer entièrement? Il n’y en a pas, donc, il faut s’évertuer à exprimier rapidement sur un sujet qui pourrait justifier une thèse.
Peut-être que l’exemple est mal choisi, mais prenons Denise Bombardier…
adpi
8 juillet 2011
15h27
je vais me fier à la définition du larousse plutôt qu’à une page wikipedia qui est à moitié remplie de conceptions de diverses personnes présentées quasi aléatoirement
ramses2.1
8 juillet 2011
16h05
Les artistes, écrivains et autreur de théatre, aiment bien s’accaparer le titre d’intellectuel.
Est-on moins bien formé intellectuellement qu’un artiste parce qu’on a une formation scientifique ?
Je ne pense pas.
Jean Émard
ramses2.1
8 juillet 2011
16h46
“@adpi
Tout le monde est capable d’opérer des opérations artihmétiques. L’arithmétique fait partie des mathématiques, qui est l’expression la plus forte des sciences pures. Par conséquent tout le monde est intellectuel! CQFD” marc___
===
Pas plus que parce que tout le monde peut enfoncer des notes sur un piano, ça fait de tout le monde des musiciens.
Les mathématiques c’est la manipulation de concepts et pas l’application aveugle d’un algorithme de calcul.
Jean Émard
petitvampire
8 juillet 2011
17h24
adpi
Seriez- vous un peu vantard sur les bords ????
danfred
8 juillet 2011
18h02
Surprenant pour un intellectuel de cette envergure d’avoir des propos aussi méprisants et au ras des pâquerettes. Vraiment paradoxal. Tiendrait-il les même propos ici ? Quel courage ! Félicitations à Resti… C’est lui je crois qui exprime l’opinion la plus réfléchie. Ce n’est pas parce qu’on est un artiste ou un journaliste que l’on peut s’autoproclamer intellectuel.
marc-andre_tessier
8 juillet 2011
19h58
Dany Laferrière a déjà dit qu’il y a peu d’intellectuels au Québec. Il ne l’a pas dit à un quotidien, hebdomadaire ou mensuel français, tout en vomissant les querelles accumulées depuis son arrivée au Québec avec commis de dépanneurs ou fonctionnaires. Il l’a dit debout.
Et il avait raison. Il avait rajouté quelque chose de très profond : Il ne suffit pas d’être intelligent pour être intellectuel.
Pierre Foglia à Pierre Falardeau dans une émission radio : “Ça prend au moins un doctorat pour être intellectuel”. Pierre Falardeau de répondre : “Ben j’ai une maîtrise !”.
Ça c’était un dialogue. Pas un échange de courriels entre chroniqueurs d’un même journal; dont un qui pense que Wajdi ne le vise pas et se fait par conséquent servile envers tous ses propos, de peur de passer pour mononcle (ce sont ceux-là les pires).
marc___
8 juillet 2011
20h04
C’était une démonstration par l’absurde, je croyais que tout le monde comprendrais… apparemment que non. Et puis le calcul arithmétique fait définitivement partie des mathématiques. C’est quoi sinon, de la biologie marine?
prov5
9 juillet 2011
03h07
Je me souviens d’un article du Macleans qui avait choqué beaucoup de Québécois. Car cet article disait qu’on avait moins de culture que le reste du Canada!
Cet article compilait les visites de musés, l’éducation et le nombre de livres lu par année entre autres.
Ce sur quoi je suis entièrement d’accord!! Les festival c’est l’fun, mais ça fait pas réfléchir autant qu’un bon livre.
La presse affirmait récemment que l’éducation était la priorité numéro un de 8% des québécois!! Les enfants d’immigrants se débrouillent très bien ici malgré les embuches parce que pour leur parents l’éducation est bien plus importante que pour nous.
On est parmi les peuples qui accordent le moins de temps d’éducation à l’histoire.
On a coupé les cours d’économie au secondaire et les cartes de crédits se remplissent…
On est contre tout ce qui pourrait ressembler à de l’élitisme!
Dans les classe on ajoute des retardés pour faciliter leur intégrations et calmer les parents même si ça retarde le groupe au complet. Alors que les programmes pour élèves doués sont coupés. Car ici il est plus important de valoriser l’égalité que le talent.
Le gouvernement interdit à McGill de charger des frais de scolarité plus élevé pour sont programme de management. Pourtant c’est la seule université québécoise de classe mondiale qui attire encore des talents de l’extérieur. Encore une fois l’égalité prime sur le talent.
Centre d’interprétation de la mouche noire. Nos musés sont lamentables!!! J’ai visité une bonne vingtaine de pays d’Europe (env 100 villes) et une autre quinzaine d’états américains. Il faut aller à Ottawa pour trouver des musés de classe mondiale pis encore, dans ces musés “Canadian” la propagande et les omissions sont courante. J’imagine que le peuple manque trop de culture pour s’en rendre compte.
Nos héros sont Elvis Gratton, Slap Shot, Le Gros Cave pour le bien parlé. La télé réalité a fait des ravages dans ce qui s’appelait du contenu. On se complait là dedans. D’un coté on a télé matante et de l’autre notre gros projet de société: les sports, pas pour la mise en forme, non …pour le sport de salon!
J’ai beaucoup d’amis qui sont partis du Québec parce que les salaires et les opportunités sont meilleurs ailleurs. L’intelligence fuie le Québec. Ici c’est la loi du plus bas soumissionnaire et on a la qualité qui va avec.
Aller chercher le meilleur là où il se trouve, point barre. Je ne suis pas un porte étendard et je ne prendrais pas ma culture en fardeau. Merci internet.
isadora
9 juillet 2011
10h58
Les intellos sont peut-être victimes de leur inaction justement. Ils se terrent, se cachent par peur d’être jugés. Voila peut-être le vrai problème, car je ne cois pas que la société québécoise ne veulent rien savoir des idées des penseurs, des philosophes, mais ne veut pas se faire dire comment penser par des démagogues. Je nous vois en tant que société un peu comme un ado, réflactaire et opposant, très émotionnel dans ses raisonnements. C’est un passage obligé, mis l’ado a besoin de guide et dapprendre pour aller plus loin dans sa maturité, quelqu’un qui lui ressemble mais qui leur donne le goût d’aller plus loin. Mais les guides se cachent par peur…
montrealaise
9 juillet 2011
14h43
J’ai trancrit quelques minutes de l’entrevue, là où il est question de la langue. Mouawad parle d’un ton calme et avec lucidité du temps de ses 15 ans, à son arrivée au Québec.
Le thème de l’émission était : Les exils de la langue
L’animatrice : La France d’abord puis le Québec ensuite ont été vos terres d’accueil dans une autre langue, la langue française. À votre arrivée en France il y a eu l’apprentissage dans l’urgence d’une langue…
Wajdi Mouawad : Oui. Au Québec c’était l’inverse. C’était l’entêtement à ne pas apprendre, à ne pas accepter, à ne pas encore changer de langue, parce que le français et le québécois ce n’est pas la même langue. En France (enfant) j’ai voulu apprendre le plus vite possible le français et camoufler mon accent libanais; je ne voulais pas qu’on voie ou qu’on entende que je venais d’ailleurs alors qu’au Québec –j’étais adolescent il faut bien le préciser— durant les premières années, j’ai tout fait pour qu’on s’en souvienne à chaque fois, et dans ma langue, et dans ma manière d`être, et dans ma manière de dire les choses, et dans ma manière de rejeter cette terre d’accueil. J’étais vraiment dans la colère d’avoir quitté ce que j’avais fini par gagner en France. J’ai mis des barrières continuellement et c’était réciproque. C’était particulier parce que je passais du jour au lendemain du type qui parle pas très bien français, qui joue au rugby et qui ne parle pas beaucoup… je suis devenu du jour au lendemain le type qui parle très bien le français, qui ne fait plus de sport et qui écrit les meilleures rédactions en français de sa classe. Moi, j’étais le même… Du jour au lendemain, je suis le même… Ce n’est pas juste une question de niveau de scolarisation mais une question de PERCEPTION aussi. J’étais un « intellectuel » parce que j’avais l’accent français… et je portais des lunettes…
Tout ça, c’est pas que la langue. C’est un CONTEXTE. Parce que le contexte change complètement, vous êtes changé mais vous, vous êtes totalement resté le même mais… c’est comme les couleurs. Vous mettez un turquoise à côté d’un bleu ou à côté d’un vert, dépendamment où vous le mettez, le turquoise sera soit bleu soit vert. C’est un peu la même chose, même si la couleur est toujours la même… j’étais un turquoise bleu dans une situation et qui devenait vert dans une autre situation mais lui, il n’avait pas changé… et la part la plus visible de cette transformation, c’est la langue. Ça s’est passé par la langue. J’ai voulu garder l’accent français et ne pas prendre l’accent québécois.
-
J’invite les gens à écouter les 28 minutes de cet entretien (un sur les 4 de la série je crois). Il raconte entre autre qu’il parle mal sa langue maternelle, l’arabe et qu’il aimerait la réapprendre. Il dit que de nombreux Québécois parlent bien leur langue mais d’une manière cassée, comme lui parle un arabe cassé. Il dit beaucoup de bien de Robert Lepage, etc. etc.
C’était mon dernier grain de sel sur le sujet ici.
Voili voilou.
«Donne un cheval à celui qui dit la vérité ; il en aura besoin pour s’enfuir.»
Proverbe arabe.
montrealaise
9 juillet 2011
14h53
«C’était mon dernier grain de sel sur le sujet ici.»
FAUX Ha ha ha .
Je rajoute: Mouawad qui, à 15 ans, ne veut pas perdre l’accent français pour celui du Québec, je le compare aux Québécois qui tienne à garder leur accent quand ils sont en France, histoire de ne pas renier leur identité. C’est un choix. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse au dilemme de l’accent. Chacun a ses raisons.
latulipe15
9 juillet 2011
21h26
Je trouve tout ce débat ridicule,depuis que le monde est monde qu’il y a des penseurs et des gens pour qui un livre se n’est pas très important..on a pas tous le même degré d’intelligence mais chaque être humain a quelque chose à apprendre à un autre alors faudrait peut-être apprendre à respecter autrui…c’est comme ça que le monde a évolué avec une diversité……
madshuss
10 juillet 2011
07h56
Re : “Le Québec selon Wajdi Mouawad”
M. Lagacé,
Je n’ai pas visionné la vidéo de l’entrevue dont vous faites état. M. Mouawad a peut-être raison, peut-être tort. Toutefois, en une simple chronique où vous tentez de prouver la seconde hypothèse, vous réussissez admirablement bien à démontrer la première.
Félicitations,
Benoit Mathieu
Montréal
ramses2.1
10 juillet 2011
21h00
“C’était une démonstration par l’absurde, …” marc___
==
Démonstration qui ne démontre pas grand chose, à mon avis.
Jean Émard
sultitan
11 juillet 2011
18h42
Avertissement: mon commentaire semble avoir été censuré, ou peut-être juste oublié, par monsieur Cassivi. Je le réplique ici, avec quelques changements. En gros c’est une boutade envers Wadji, que j’ai très défendu lors de l’affaire Cantat.
Mon opinion est qu’il y a plus intellectuel que Mouawad, simplement. Même au Québec! C’est peut être un préjugé car je ne connais Wadji que par son oeuvre, que je ne trouve pas très complexe car elle utilise un procédé narratif manipulateur qui est l’adage de son métier. Je pense que le théâtre est une forme artistique limitée intellectuellement, comme le cinéma. Je pense que les arts visuels et la litérature en général leur sont supérieurs car leurs formats très variants leur permet de demander plus de la part du spectateur, à commencer par le temps d’attention.
Le théâtre et le cinéma sont des arts exigeant physiquement. Ils demandent une attention (plutôt, une concentration) phénomènale en un petit lapse de temps pour ensuite rejeter complètement, voir violemment, le spectateur (”sors de la salle, c’est terminé”… alors que tu viens de voir le personnage principal se poignarder). Si tu fournis trop d’informations pendant une pièce ou un film, le spectateur ne retient rien, ou alors il s’agit d’une oeuvre littéraire (as-t-on besoin de voir ou de lire Shakespeare?). La retenue est presqu’une exigence dans le domaine du spectacle, ce qui fait que sauf exception, on se retrouve souvent avec des propositions simples, des questionnements ou des métaphores casse-tout portés à fiers bras par le phénomène du Climax narratif. Vu sous cet angle, il est clair que le théâtre et le cinema sont des formes d’art très efficaces pour faire passer un message. Et ce sont des arts fabuleux dans leurs mécaniques: tout ce que je dis c’est que ce sont des formes en général qui demandent beaucoup plus des émotions que de l’intellect, ou qui se servent largement des uns pour atteindre l’autre. En ce sens, le théâtre de Mouawad qui cherche d’abord à faire réfléchir, le fait surtout à travers une tentative de bousculer les émotions.
Je ne trouve pas que la culture contemporaine en France est supérieure qu’aux USA ou ailleurs, donc je trouve louche cette impression que les “gens sont plus cultivés” là-bas. Il y a bien des façons et des langages pour être conservateur.
En passant, je suis survivant d’un cancer aux reins: y a rien là une petite pierre.
sultitan
11 juillet 2011
18h47
Bon, bon, bon, il semble que Cassivi ait passé mon message après tout. En te cas celui-ici est plus nuancé.
propos
12 juillet 2011
13h29
Je réside au Québec depuis bientôt 40 ans et jamais, que ce soit au super marché, au dépanneur, ou autres commerces, je n’ai entendu ce soi-disant « troc langagier » que Wajdi Mouawad qualifie de récurant et dont il fait mention par l’exemple suivant: « lait »… « Une piastre ». De plus, selon ce dernier, ce peuple détesterait les intellectuels. Faux! Comme partout ailleurs, les gens détestent tous ceux qui utilisent un langage alambiqué dans le but de duper et de manipuler. Au Québec, ce type de prétentieux se font appeler les « intellos ». Les vrais intellectuels, les québécois les aiment. On a qu’à penser à René Lévesque, Michel Chartrand, Lucien Bouchard, Robert Bourrassa, Bourgault…et j’en passe…. En émettant de telles “réflexions” au sujet du peuple québécois, Wajdi prouve, à mon humble avis, qu’il n’a rien de l’intellectuel, mais tout de l’ignare, de l’inculte et du cancre qui a conservé son accent français. Étant française moi-même, j’ai honte de voir qu’on utilise mon accent pour de telles tromperies et avec un tel snobisme. Un intellectuel ne peut offrir ce genre de généralités bidonnes et mentir aussi effrontément au sujet d’un peuple. Un imposteur, si.
Blackbird
12 juillet 2011
16h24
Patrick Lagacé est un ARABOPHOBE fini comme son ami Martineau.
Le français du Québec est plus que jamais une honte.
jolto
13 juillet 2011
14h19
Jean-François Lisée réplique de façon magistrale aux propos de Wajdi Mouawad et Marc Cassivi.
Certaines personnes confondent la hiérarchisation d’une société et l’intellectualisme…
La hiérarchisation sociale de la France plaît à de nombreuses personnes influentes dont des intellectuels alors qu’au Québec nous détestons les titres pompeux et privilégions l’égalitarisme
http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/le-quebec-anti-intello-wo-menute/10072/
montrealaise
14 juillet 2011
19h23
Paris Match:
Wajdi Mouawad LE PRINCE EN AVIGNON (13 juillet 2011)
Ce sera le fun de lire des choses belles sur lui.
sultitan
16 juillet 2011
04h24
Un ami m’a convaincu cette semaine que j’avais tort de traiter
le spectacle (theatre/danse/cinéma) comme étant un type d’art
généralement “anti-intellectuel”, mais je pense avoir cerné ce
que j’ai voulu dire:
Platon disait que l’art crée par les moyens de
la raison pâlit à coté de l’art des gens inspirés par
la “folie des muses”. Le problème des artistes
d’aujourd’hui est de vouloir remplacer les véritables
intellectuels, et çà se traduit par le fait qu’ils représentent
esthétiquement aujourd’hui des pensées
communiquées jadis par des “illuminatis-penseurs” qu’ils
admirent, comme Virilio, Deleuze ou Baudrillard (ou sinon
le dernier “meme” sur internet lancé par un blogueur
anonyme). L’art est devenu ce que je nommerais “illustrantisme”
puisqu’il illustre souvent sans citer ses sources.
Pourquoi cela? Parce que l’art a fait des “tours en ronds,
sur le pont d’Avignon” avec l’esthétique qu’elle a déconstruite sous tous
ces angles depuis lurette (ce que l’art “crois”, du moins)).
L’art d’aujourd’hui pense qu’il préfère l’idée à la beauté,
mais ce faisant son message principal est que la pensée
est la nouvelle forme de beauté. Mais que peut bien faire
une beauté à part s’exhiber, et se faire désirer?
C’est l’échec de Beuys, cet art-philosophie absolutiste.
La “sculpture sociale” de Beuys ne pouvait commencer que
par le dénis de l’artiste face à sa signature, son égo. Parce
ce que la vie et les grands questionnements existentiels
dépassent la représentation, le spectacle, bref, l’art, je crois
que le véritable intellectuel cessera de jouer avec celui-ci quand
il aura appréhender ses limites.
“L’art n’a aucune fin en soi sauf sa propre perfection” (Platon).
montrealaise
19 juillet 2011
16h55
Wajdi Mouawad en fait-il trop? Le Figaro 19/07/2011
- Venu à l’écriture par hasard
- Ses modèles : La Vierge et Homère
- Son réseau : Baudriller et Villeneuve
- Ses disciples : Stanislas Nordey et James Thiérrée
- Ses maîtres : Ariane Mnouchkine et Bornstein
Le Figaro:
http://www.lefigaro.fr/theatre/2011/07/19/03003-20110719ARTFIG00303-wajdi-mouawad-en-fait-il-trop.php