
Jean Charest : le Rocky de la politique
Coup de théâtre (un autre) à Québec : le gouvernement libéral remet à l’automne l’adoption du projet de loi qui permettra de blinder l’entente Labeaume-Quebecor. Ce faisant, le premier ministre montre qu’il ne prend pas au sérieux l’urgence invoquée par le maire de Québec Régis Labeaume et le grand patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau.
Mais il sauve son arrière-train en mettant le couvercle sur un dossier qui ne faisait pas l’unanimité dans sa propre famille politique. Et il le fait 24 heures après que le PQ se soit très publiquement déchiré à propos de ce projet de loi spécial. Il laisse aussi dans la cour des péquistes le projet de loi Labeaume-Quebecor, pour tout l’été. Quelques mois de plus pour s’entredéchirer.
Considérez ces quatre variables, issues de la crise récente :
a) le PQ a perdu quatre députés
b) mis à mal le leadership et l’autorité de Pauline Marois, peut-être même fatalement
c) lavé son linge sale en public, avec l’air fou que cela suppose
d) payé TOUT le prix politique de la grogne entourant l’entente Labeaume-Quebecor
… à cause d’un projet de loi qui ne sera finalement pas déposé.
On peut déplorer le manque d’idées et de grandeur émanant de son gouvernement (j’en suis), mais reconnaissons à Jean Charest une sorte de résilience politique absolument hallucinante. Dans un monde normal, c’est son parti qui devrait se déchirer, dans la foulée de affaires d’éthique élastique qui l’ont miné depuis trois ans. Mais c’est le PQ qui se comporte comme un parti en fin de régime. Fascinant.
Je cite un jeune collègue, que nous appellerons ici Killer, tout simplement : « La réaction de Charest, aujourd’hui : LOL »
Entendu : «Le PQ s’est lancé dans un projet de loi Crackpot et le PLQ en a fait un crockpot»
AJOUT : Denis de Belleval parle de M. Charest comme d’un homme d’État.
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