L'utilisation de Facebook sert uniquement à simplifier votre inscription.
Aucune de vos activités sur Ma Presse ne sera partagée sur votre page Facebook sans votre consentement.
Accessible sur lapresse.ca et La Presse Mobile, Ma Presse est votre espace personnel où sont regroupées vos activités effectuées sur l'un ou l'autre de nos produits numériques.
La sauvegarde multiplateforme
Accédez aux articles et galeries de photos sauvegardés à partir de lapresse.ca ou de La Presse Mobile.
Votre historique
Retrouvez la liste de vos activités, incluant vos sauvegardes, partages et commentaires.
Votre compte
Retrouvez vos données personnelles : profil et inscriptions aux infolettres.
Gabrielle Legault, qui habite le Japon, m’envoie un lien qui documente une autre particularité du Japon : la vaste variété de saveurs de Kit Kat, cette barre chocolatée, qu’on y retrouve. Vous aimez les Kit Kat au maïs grillé et au camembert ? Vous devriez aller au Japon. Merci, Gabrielle.
Commentaire inutile à m’envoyer, comme dirait La Clique : non, la pause Kit Kat de ce blogue n’est pas commanditée par Kit Kat.
Le maire de Québec Régis Labeaume semble être un peu sur les nerfs, si je me fie à cette dépêche de Radio-Canada et cette nouvelle de M. Normandin du Soleil. Il menace un tas de gens de poursuites, il traite Radio-Canada de « télépoubelle ». Bref, on dirait qu’il ne va pas bien. On l’a connu plus guilleret. Je préférais la version Régis 1.0 (celle de la période tout de suite après sa victoire), où le maire était capable d’expliquer ses positions avec pugnacité, capable de lancer des flèches tout en étant sympathique dans la bataille. La version 2.0 (de la dernière année, disons), est pleine de bogues : danses du bacon en public quand il est contredit, intolérance extrême à la critique médiatique, arrogance carabinée…
Le maire est archi-populaire à Québec, il n’a quasiment pas d’opposition, il surfe sur la folie Colisée/Nordiques et il a pourtant le comportement d’un roi assiégé qui a peur d’être trahi par sa garde républicaine, qui voit des ennemis partout. Il se comporte comme un maire de Montréal croulant sous les tuiles…
Peut-être qu’il a besoin de vacances ?
Commentaire inutile à m’envoyer : Vous autres, à Montréal, vous avez des nids-de-poule, des compteurs d’eau et Gérald Tremblay, fait que…
Volumineux courrier après cette chronique, Les ceintures fléchées, portant la frilosité du Mouvement national des Québécois face à une éventuelle et hypothétique participation d’un groupe comme Arcade Fire, qui chante en anglais, à un show de la Fête nationale. Je critiquais la réponse de la Fête nationale (organisée par le MNQ) à une question de la Presse canadienne, qui s’est demandé si le groupe montréalais, acclamé un peu partout et récemment primé aux Grammys, pourrait un jour chanter à la Fête nationale (en anglais, non ; en français, si). Au pif, comme ça, je dirais que 60% des lecteurs qui ont pris la peine de m’écrire me plantent. S’il y a quelques Prix Nobel qui m’ont écrit pour défendre le français en l’écrivant tout croche (Priceless : « T’es un coloniser ! »), je suis ravi de vous rapporter que même dans la dissidence et dans la colère, la qualité des montées de lait était belle à lire. En voici quelques-unes :
Stéphane Venne, le parolier, m’écrit ceci :
Ayant été personnellement (et assez ignominieusement) pris à parti par Richler, je m’estime autorisé à grincer des dents et à vouloir graffigner (intellectuellement, bien sûr) quiconque promeut l’idée d’honorer ce raciste impénitent et pervers qui n’a jamais ni reconnu la collectivité québécoise ni, encore moins, consenti à en faire partie. C’est assez ironique, d’ailleurs, voire incohérent, que vous suggériez que cette rue Mordecai-Richler soit dans le Mile-End. Un p’tit ghetto avec ça? Si Richler méritait que la collectivité québécoise l’honore, le vrai honneur consisterait à le faire n’importe où en dehors du périmètre où il a vécu, ce qui serait signe qu’il ne s’y est pas cantonné. Or non seulement il s’y est cantonné mais toute son oeuvre est une négation, méprisante de surcroît, de ce qui se trouve hors de ce périmètre, ce qui est la définition du racisme. Non, l’art n’excuse ni la goujaterie ni la bêtise. C’est pour ça qu’il n’y a pas de rue Louis-Ferdinand-Céline à Paris… et les Français ne sont pas exactement identitairement frileux.
Quant à l’objection de certains (ceux que vous qualifiez de “ceintures fléchées”) à l’idée d’inviter Arcade Fire à la Saint-Jean, je la trouve comme vous inopportune, comme je trouvais inopportune la montée de lait de certains nationalistes quand McCartney a chanté sur les Plaines. Mais il faut comprendre que cette allergie à la langue anglaise vient non seulement d’une blessure ancienne mal guérie (donc devenue symbole) mais aussi d’une confusion intellectuelle entre la notion de “langue des institutions nationales” et cette autre notion encore nouvelle et conjecturale qu’est “langues de la culture nationale”. Connaissez-vous bien des collectivités où ces deux notions sont tout à fait réconciliées? des collectivités où la culture “officielle” est multilingue? Pas moi. Et vous voudriez que le Québec soit à l’avant-garde d’une hypothèse dont on peut tout aussi facilement dire à ce stade-ci soit qu’elle est prophétique, soit que c’est un “pipe dream”, si bien-pensant qu’il soit, comme le fut un temps l’esperanto? Au moment où certaines nations majeures commencent à se résigner à dire que la politique du multiculturalisme est une erreur sociale, je vous trouve bien hardi de mettre le Québec au défi d’en appliquer la portion la plus sensible, celle qui touche la langue, ce liant traditionnel des collectivités.
Annie Barbeau, qui se décrit comme « une Montréalaise qui lutte chaque jour pour se faire servir en français » :
Arcade Fire est un excellent groupe, dont les Montréalais doivent être fiers. On doit être heureux qu’ils aient choisi notre ville vibrante pour créer. Devrait-on les inviter à jouer à la fête nationale du Québec… c’est une toute autre histoire… Il faut se questionner sur les raisons de l’existence de cette fête et sur ce que l’on veut y projeter. Je pense qu’il est important que le français y conserve une place prépondérante. Pour le reste, je ne saurais me prononcer. Par contre, quand vous dites que nous ne sommes plus en 1950, que nous ne sommes plus dans une situation d’infériorité face à l’anglais, je suis tout à fait en désaccord. Parce que justement, dans notre propre ville, on ne compte plus les endroits où on se fait servir en anglais. Pas parce que les serveurs, vendeurs, préposés etc., ne parlent pas français, mais parce que la clientèle accepte que l’on s’adresse à elle dans une langue qui n’est pas la sienne. Parce qu’elle n’ose pas. Parce que l’anglais est «cool», ou parce qu’elle a peur de ne pas avoir l’air ouverte, ou même parce qu’elle est gênée à l’idée que l’on pense qu’elle pourrait ne pas parler anglais…
Non, justement, nous ne sommes plus en 1950. Nous sommes en 2011. Après la Révolution tranquille. Après la loi 101. Après que toute une génération se soit battue pour vivre, créer, et respirer en français. Nous sommes en 2011 et on n’entend que de l’anglais quand on se promène dans les rues du Mile End.
C’est pour cette raison que l’on doit continuer à lutter pour préserver ce qui fait de nous un peuple.
Un peuple fier, et ouvert oui, mais qui se souvient et a le droit de choisir ce qu’il veut mettre de l’avant. Et dire non à une rue Mordechai Richler. Pas parce qu’il était anglophone. Ni parce que l’on ne reconnaît pas la grandeur de son oeuvre. Mais parce qu’il a tenté de nous humilier. Et faire fi de cela, oui, ce serait s’autoproclamer inférieurs.
Laurent Paquin, humoriste et animateur à CKOI, m’écrit ceci :
Pour moi, la St-Jean Baptiste a toujours été une fête du français. D’ailleurs, originalement, la St-Jean était la fête des Canadiens français. Ce qui fait que des francophones de l’Ontario, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick… etc, la fêtent toujours. Pour moi, il y a dans la St-Jean, un petit côté « on est fier d’être toujours là ». Les Américains et les Français fêtent une victoire, nous, c’est notre seule victoire : être toujours là. Petite île francophone dans une mer anglophone. On se donne le droit de le fêter. Ce n’est pas un rejet de l’autre pour autant. Je pense qu’aux Etats-Unis, tous ceux qui se sentent Américains ont le droit de fêter le 4 juillet. Qu’ils viennent de partout, ils sont quand-même Américains. Latinos, Africains, Haïtiens, ils fêtent le jour de l’Indépendance, mais en anglais.
Question de perception. Le show de la St-Jean pourrait se faire en français, en anglais, en italien et en créole. Ça donnerait sans doute un très bon spectacle. En tout cas, ça ne pourrait pas être plus mauvais que certains shows de la St-Jean que j’ai vus et où tout le monde chantait en français.
Concernant Mordechaï Richler, je trouve juste bizarre l’idée de donner à une rue, le nom de quelqu’un qui nous a méprisé avec tant de vigueur et de mauvaise foi. Je n’ai pas peur d’un auteur décédé. Je n’ai simplement pas envie qu’on lui rende cet hommage. Ce n’est pas une question de menace. Je comprends mal qu’on puisse donner à une rue le nom d’un auteur qui nous a traité de racistes (le racisme étant dans nos gênes semble-t-il), de descendants de prostituées et d’antisémites. Un homme qui a toujours refusé de prononcer le moindre mot en français. En terme de fermeture d’esprit, Richler aurait pu donner des cours à bien des porteux de ceintures fléchées.
Je ne nie pas son importance comme auteur. Le monde de Barney est un grand classique, d’accord… Mais verrait-on une rue Pierre-Falardeau à Westmount ? Doit-on voir les gens de Westmount comme de peureux buveurs de thé ? Non.
Jean Beaudin, de Gatineau :
Z’êtes dans le champ, totalement déconnecté. C’est justement en jouant les gentils tolérants molasses éternellement conciliants qu’on finira par se dire, un de ces jours pas trop lontain : “Z’aurions dû clamer haut et fort et sans relâche, par la voie de nos plus hauts élus, que le français est au Québec ce que l’anglais est au reste du Canada, c’est-à-dire la pierre d’angle identitaire. À la différence près que les anglos hors Québec n’en ont rien à cirer de clamer leur identité linguistique car c’est de l’acquis. Et c’est bien l’anglais, leur langue commune, qui les unit. Comme la langue unit l’Uruguay, le Mexique, l’Argentine, le Brésil, Haïti et tous les autres pays des Amériques.” En invitant candidement Arcade Fire à chanter en anglais dans le cadre des activités de la Saint-Jean – fête des Canadiens français – non seulement on plierait l’échine et on se viderait de notre substance, mais les Anglos en remettraient en nous traitant d’assimilés de première classe. Ce qui manque, c’est un véritable engagement de la part de nos élus. Des déclarations percutantes, des campagnes de promotion et d’affirmation de notre identité linguistique, des sorties publiques rassembleuses pour faire comprendre aux gens que l’usage d’une langue commune sur un même territoire cimente mieux que tout les rapports humains. Ce serait selon moi de cette façon qu’on pourrait envoyer un message clair aux gens qui songent à s’établir au Québec, de même qu’à ceux qui y sont déjà et qui pourraient finir par se dire : “Finalement, y z’ont raison de la défendre leur foutue langue.” Et les membres d’Arcade Fire seraient peut-être flattés qu’on les invite à se produire en français le 24 juin. Ça ferait une belle fête.
Bref, à la fin, je n’en démords pas : si Arcade Fire était disponible pour venir faire un tour de champ sur les Plaines ou parc Maisonneuve pour chanter un ou deux de leurs plus grands succès (qui sont en anglais), ce serait nono de dire non. Idem pour Leonard Cohen, par exemple. Dire non comme si l’anglais allait contaminer la foule et en faire des anglos, c’est afficher une insécurité sidérante. Une insécurité dans laquelle je ne me reconnais pas.