Patrick Lagacé

Archive du 26 janvier 2011

Mercredi 26 janvier 2011 | Mise en ligne à 22h00 | Commenter Commentaires (33)

Gil Meche, lanceur de baseball : un homme renversant

Gil Meche a 32 ans et sa profession, jusqu’à sa retraite récente, était lanceur au baseball pour les Royals de Kansas City. Cette saison, il allait être payé 12M$ US, en vertu de son contrat garanti, même s’il était blessé. Meche a pris sa retraite, alors qu’il aurait très bien pu se rapporter au Royals et ramasser son 12M$ : il s’agit d’un contrat garanti. Sauf que Meche a décidé de prendre sa retraite et de laisser les 12M$ sur la table. « Je ne sens pas que je les mérite », dit-il. Du (presque) jamais vu dans le baseball professionnel…

C’est la nouvelle renversante de la journée.

Détails dans le NYT et sur le site de Rad-Can.

Lire les commentaires (33)  |  Commenter cet article






Mercredi 26 janvier 2011 | Mise en ligne à 16h06 | Commenter Commentaires (67)

Le Maroc et autres dictatures à visage sympathique

Le Prix Nobel 2009 trinque avec le chef du régime qui a emprisonné le Prix Nobel 2010...

Le Prix Nobel 2009 trinque avec le chef du régime qui a emprisonné le Prix Nobel 2010...

Ma chronique d’aujourd’hui, Le Maroc est aussi une dictature, sur notre indignation à géométrie variable face aux dictatures, m’a valu quelques clémentines par la tête, surtout de la part de Marocains installés ici qui n’aiment pas qu’on parle en mal de leur pays. C’est normal, j’imagine, de défendre son pays becs et ongles, quand on en parle en mal à l’étranger. Voyez la réaction des Québécois quand quelque magazine français ne tombe pas en amour avec la poutine…

Mon problème, c’est le recours des démocraties au fameux « dialogue » avec les dictatures, pour faire avancer les droits de l’Homme et la démocratisation. Ce « dialogue », c’est une façon de dire qu’on ne dénonce pas publiquement les emprisonnements d’opposants, le harcèlement de journalistes, la torture de prisonniers, le piétinement de la règle de droit, mais qu’on en parle aux dictateurs en privé…

C’est exactement ce que Frédéric Mitterrand, ministre français de la Culture, disait dans sa lettre d’excuses aux Tunisiens, la semaine dernière, lettre que j’évoquais dans cette chronique. Un extrait, cité dans Libération, qui résume tout le climat de complaisance de l’Occident face aux dictatures qui ne nous emmerdent pas trop :

Les Tunisiens savent que je travaille au service de la Tunisie, et notamment dans le domaine culturel, depuis trente ans. Comme beaucoup d’autres, je l’ai fait en essayant de privilégier le dialogue avec les autorités et souvent en allant jusqu’aux limites de ce qui était acceptable

On (je veux dire l’Occident) fait la même chose avec l’Égypte, avec l’Arabie saoudite, avec l’Algérie, avec le Maroc, avec ces anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale : on tolère ces dictatures au nom de nos intérêts (freiner les islamistes, accès aux ressources naturelles, accès à des bases militaires, etc). Nos chefs de gouvernement jurent qu’ils parlent des droits de l’Homme quand ils rencontrent les autocrates qui dirigent ces États, qu’ils dialoguent à ce sujet, mais en privé, question de ne pas les braquer. Human Rights Watch, dans son rapport annuel 2010, dénonce cette complaisance. Je cite un long extrait du communiqué de presse (qui contient un hyperlien vers le rapport annuel) :

En soi, une stratégie de promotion des droits humains basée sur le dialogue et la coopération n’a rien de mauvais. Persuader un gouvernement par le dialogue à coopé- rer véritablement aux efforts d’amélioration de son bilan en matière de droits humains est un des objectifs clés du plaidoyer des droits humains. Une démarche coopérative tombe sous le sens pour les gouvernements manifestement soucieux de respecter les droits humains mais qui ne disposent pas des ressources ou des compétences tech- niques nécessaires à la concrétisation d’un tel engagement. Cette démarche peut aussi être utile pour permettre à un gouvernement de sauver la face, par exemple lorsque ce- lui-ci est disposé à mettre un terme à ses exactions tout en donnant l’impression d’agir de son propre chef. En effet, c’est souvent dans ce genre de circonstances que Human Rights Watch noue un dialogue discret avec certains gouvernements.

Toutefois, lorsque le non-respect des droits humains est dû à une absence manifeste de volonté politique, les pressions publiques s’imposent pour modifier l’analyse coût-bé- néfice à l’origine de la décision d’un gouvernement de réprimer au lieu de respecter ces droits. Dans de tels cas, la quête de dialogue et de coopération devient une mascarade conçue davantage pour apaiser les personnes qui critiquent l’inaction face aux abus que pour permettre un réel changement. Il s’agit d’un moyen de détourner l’attention du fait qu’aucune mesure significative n’est prise pour mettre fin aux abus. En outre, le refus d’exercer des pressions nuit à l’efficacité du dialogue et de la coopération car les gouvernements répressifs savent qu’en feignant une participation, ils ne s’attireront aucun ennui.

Parmi les exemples récents de cette regrettable stratégie, citons la réaction mitigée de l’ASEAN à la répression birmane, la déférence des Nations Unies envers les atrocités commises au Sri Lanka, l’attitude obséquieuse de l’Union européenne à l’égard de l’Ouzbékistan et du Turkménistan, la clémence des pays occidentaux face à certains dirigeants africains répressifs qu’ils soutiennent, tels que Paul Kagame au Rwanda
et Meles Zenawi en Éthiopie, la faiblesse de la politique des États-Unis vis-à-vis de l’Arabie saoudite, l’indulgence de l’Inde à l’égard de la Birmanie et du Sri Lanka, et la lâcheté manifestée de manière quasi-universelle face aux atteintes toujours plus graves aux libertés fondamentales perpétrées par la Chine. Dans tous ces cas, pour les gouvernements qui renoncent à exercer des pressions publiques, c’est un peu comme s’ils fermaient les yeux sur la répression dans les pays concernés.

À la fin, là où je veux en venir, c’est que je préférerais que nos dirigeants soient complètement honnêtes avec nous. Qu’ils nous disent que ce qui compte, ce sont nos intérêts, point. Qu’ils cessent de nous chanter des chansons sur les grandeurs de la démocratie qu’il faut promouvoir, qu’ils faut exporter, qu’il faut implanter (par exemple en Afghanistan), quand la réalité, c’est que nous tolérons très bien les régimes autocratiques, quand ils ont le bon goût d’être au minimum modérément pro-Occident. C’est pourquoi le dictateur chinois est honoré par un « State diner » à la Maison-Blanche.

Lire les commentaires (67)  |  Commenter cet article






publicité

  • TWITTER

  • Catégories

  • Blogues sur lapresse



    publicité





  • Calendrier

    septembre 2014
    L Ma Me J V S D
    « déc    
    1234567
    891011121314
    15161718192021
    22232425262728
    2930  
  • Archives

  • publicité