Patrick Lagacé

Archive du 19 janvier 2011

À -30, l’eau bouillante gèle au contact de l’eau. La vidéo, cocasse, nous provient de Whitehorse, au Yukon. Et elle est légèrement déprimante, si vous voulez mon avis…

De Whitehorse, je me faisais une image idyllique, celle de steppes enneigées, quasiment vierges…

Et que voit-on sur les images de cette dame qui lance de l’eau bouillante dans les airs ?

On voit un quartier qui semble sorti de Blainville ou de Charlesbourg…

(Via le compte Twitter de @mitsougelinas)

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Mercredi 19 janvier 2011 | Mise en ligne à 9h13 | Commenter Commentaires (129)

Kirpan : les Québécois ne sont pas des talibans !

DrapeauQuebec

Ah, what does Quebec want ?!

C’est la question que se pose le Canada anglais depuis toujours. Les Québécois sont, il est vrai, difficiles à suivre : voter pour Lévesque à Québec, pour Trudeau à Ottawa ; voter pour le Bloc à Ottawa, pour Charest à Québec ; etc, etc… La question nationale étant en veilleuse depuis plus de 15 ans, c’est la question des accommodements raisonnables qui laisse le Canada anglais perplexe. Car hors-Québec, grâce au multiculturalisme canadien, l’harmonie règne partout, bien sûr, chacun vit sa canadiannité en conservant rigoureusement toutes les caractéristiques culturelles, sociales et religieuses du pays de ses ancêtres, tout le monde sait ça…

Il n’y a, bien sûr, qu’au Québec que les Québécois font du chichi et mettent des obstacles dans les pattes des Canadiens-d’origine-diverses, des citoyens de confession musulmane, sikhe, juive ou chrétienne qui veulent vivre leur canadiannité sans embêter personne, en burqa, avec un kirpan ou en mêlant religion et éducation…

Bad Quebeckers. Bad ! Bunch of racist pigs oh wait no we can’t say that !

L’an dernier, donc, le Canada s’est encore gratté la tête en voyant l’histoire de cette femme portant un niqab, au CEGEP Saint-Laurent, expulsée parce que, justement, elle portait un niqab. Enfin, l’histoire est sortie comme ça dans le plus grand quotidien national, j’ai nommé le Globe and Mail : elle fut expulsée car elle portait le niqab. L’histoire, sortie par Vincent Marissal, était évidemment plus complexe que ça : la femme a été expulsée parce qu’elle n’avait pas respecté sa partie d’une entente conclue en accord avec le principe d’accommodement raisonnable. Ça, le Globe and Mail (et la CBC) a miraculeusement oublié d’en parler. Le Globe and Mail, en éditorial, avait même comparé la gestion de l’affaire par les autorités québécoises au régime des talibans, en Afghanistan (probablement parce que la métaphore nazie était en congé de maladie). Ça m’avait donné de la chair à chronique/blogue.

Donc, nouvelle controverse avec ces quatre membres de la communauté sikhe du Québec à qui on a refusé l’entrée de l’Assemblée nationale avec leurs kirpans, ces couteaux cérémoniaux. Kirpan, accommodements raisonnables : on entend l’écho d’une autre histoire, celle qui a mis le feu aux poudres, au Québec, il y a quelques années, quand un garçon a gagné en cour le droit d’aller à l’école avec son kirpan.

Le Globe and Mail a mis l’histoire en une. Il en fait un éditorial. Un éditorial très critique (l’Assemblée nationale du Québec, peut-on y lire, a failli à ses obligations d’ouverture démocratique). Mais, cette fois-ci, je suis heureux de vous le dire, le Globe and Mail ne nous a pas traités de talibans ! Personnellement, j’y vois une amélioration : oui, bon, on lit ça et on passe quand même pour des intolérants, pour des gens fermés d’esprit face aux autres cultures, légèrement attardés (mais je suis peut-être parano, j’en conviens) mais nous ne sommes PAS des talibans !

Comme écrit ma collègue Elkouri, dans La Presse, ce matin :

Hier, la World Sikh Organization, mécontente de devoir laisser ses kirpans au vestiaire, criait à l’injustice et au non-respect de la liberté religieuse. Mais elle semblait être particulièrement mal placée pour donner des leçons. Exiger des accommodements, alors que l’on se complaît dans l’intransigeance, n’est pas très convaincant. Donner des leçons de respect, alors que l’on n’a même pas le souci de faire traduire son communiqué dans la langue officielle du Québec, non plus.

Évidemment, pas l’ombre d’une chance que vous lisiez ce point de vue nuancé dans un éditorial du Globe and Mail, par ailleurs un grand journal mais qui, en chronique/éditorial, devient carrément imbécile quand il aborde des questions d’identité au Québec.

Ajout : Plusieurs lecteurs me signalent que dans la section commentaires de l’édito du Globe, les lecteurs expriment leur désaccord avec ce texte, de façon majoritaire.

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Mercredi 19 janvier 2011 | Mise en ligne à 6h22 | Commenter Commentaires (15)

Norbourg : ÇA, c’est une bonne nouvelle !

canadian_money

L’actualité est un flot intarissable de nouvelles qui sont, plus souvent qu’autrement, mauvaises. Un tremblement de terre, des pertes d’emploi, un dictateur qui revient hanter le pays qu’il a saigné, une guerre civile, PK Subban qui ne fait pas l’unanimité dans le vestiaire du CH… Puis, de temps à autre, une authentique bonne nouvelle se glisse dans le flot, une nouvelle où le bien triomphe. C’est le cas dans l’affaire des petits épargnants floués par Norbourg et ce salopard de Vincent Lacroix, qui viennent d’obtenir gain de cause contre une poignée d’intimés, dont l’Autorité des marchés financiers et la Caisse de dépôts et placements du Québec.

Résumés de ce réglement de plus de 100M$ du côté des Affaires, de Radio-Canada, de et de Canoë.

On connaît tous l’histoire, terrible, de ces 9000 victimes du requin Lacroix et de la passivité d’institutions comme L’AMF et la CDDP. Ils ont, dans bien des cas, perdu les épargnes d’une vie. Parfois, dans ces affaires de fraude, les victimes ont mordu à l’hameçon du filou qui promettait des rendements illogiques de 25, 30%. L’affaire Norbourg était à des millions d’années-lumière de ces traquenards : jamais ils n’auraient pu se douter que Lacroix vidait les coffres. Dans certains cas, ils ignoraient même que le fonds où ils investissaient des sous était passé dans les mains de Norbourg. Une vraie saloperie.

Je notais, en 2009, que l’avocat Jacques Larochelle, un des plus brillants plaideurs au Québec, avait pris le dossier des victimes de Norbourg. Quand vous avez Jacques Larochelle* dans votre coin, qui défend un dossier solide, ce n’est pas une garantie de succès, mais disons que vos chances de succès s’améliorent…

En 2009, pour les Francs tireurs, j’avais interviewé des victimes des affaires Norbourg et Earl Jones. Leurs histoires donnaient envie de hurler. Après le tournage, toute l’équipe était ébranlée par la facilité avec laquelle ces requins peuvent ruiner les épargnants, sans que personne ne soit en mesure de les détecter. J’ai une pensée, aujourd’hui, pour les victimes de Lacroix, et une autre pour les victimes de Jones, qui ont eux aussi intenté un recours collectif qui sera, je l’espère, victorieux.

*Transparence totale : je note, en faisant une recherche sur Google News pour ce billet, que Me Larochelle poursuit La Presse pour un récent papier sur une entente imminente entre les intimés et les victimes.

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