Patrick Lagacé

Archive du 10 janvier 2011

Lundi 10 janvier 2011 | Mise en ligne à 8h02 | Commenter Commentaires (78)

Jared Loughner : le climat a le dos large


Quand il a tiré sur Reagan, John Hinckley voulait attirer l’attention de Jodie Foster

Dans les heures qui ont suivi la fusillade de Tucson, j’ai pensé au rôle du climat politique absolument toxique aux États-Unis dans le drame. Comme tout le monde. Le discours politique s’est radicalisé, depuis deux ou trois ans, il a pris une tournure apocalyptique, surtout du côté conservateur, chez les fleurons du talk-radio et du talk-tv et chez les candidats républicains. Mon collègue Richard Hétu trace les contours de ce climat politique toxique, ce matin, dans La Presse.

Mais plus on en sait sur Jared Loughner, plus je lis ses élucubrations, moins je suis convaincu que ce gars-là est un produit du climat politique toxique qui prévaut aux États-Unis. Bien sûr, le climat n’aide pas. Mais je ne vois pas de lien de cause à effet entre Sarah Palin qui incite ses suiveux à « reloader » et la balle dans la tête de Gabrielle Giffords. Loughner semble surtout souffrir d’un problème de santé mentale, comme en témoignent les motifs invoqués par son collège pour l’expulser. C’est le thème de ma chronique de ce matin : le climat a le dos large. De toute façon, le drame de Tucson risque de civiliser un peu le discours : qui osera utiliser des métaphores guerrières, des « cibles » sur la photo de districts électoraux d’élus qui ne partagent pas leurs vues, d’images empruntées à la chasse ?

AJOUT : Et il y a aura sans doute un impact sur la carrière de Mme Palin, la question est de savoir quel sera cet impact.

Sur son blogue du Atlantic, James Fallows rappelle que le lien entre un tireur et sa cible, dans le grand totem des (tentatives d’) assassinats politiques, n’est pas toujours clair, cohérent et évident.

Première pièce à conviction : en 1968, le climat politique entourant la candidature à la présidence de Robert F. Kennedy était si toxique que son entourage ne se demandait si quelqu’un allait tenter de le tuer : on se demandait quand cela allait arriver. RFK suscitait une haine épouvantable chez les rednecks du Sud, pour un tas de raisons. Or, le type qui a fini par appuyer sur la gâchette, Sirhan Sirhan, un fêlé, n’était ni un redneck ni un conservateur. Ses motifs étaient, et sont encore, incohérents mais tournaient autour d’une cause : la Palestine. Bien d’autres tireurs qui ont ciblé des personnalités politiques américaines étaient bien plus malades que politiquement engagés : par exemple, l’homme qui a tiré sur Reagan voulait impressionner Jodie Foster.

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