Patrick Lagacé

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    Patrick Lagacé aime le journalisme : « Cette profession permet de vivre des aventures et d'être payé pour le faire », dit-il.
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    Mercredi 8 décembre 2010 | Mise en ligne à 14h55 | Commenter Commentaires (32)

    L’Everest est aussi un cimetière a ciel ouvert

    tintin_tibet

    (Sachez que le billet dont je parle dans le paragrpahe suivant est illustré de photos assez horribles)

    Dur de ne pas sortir décoiffé de ce billet sur les alpinistes qui meurent sur l’Everest. Le plus haut sommet du monde tue une personne sur dix, parmi ceux qui tentent l’ascension. Comme les opérations de sauvetage y sont quasiment impossibles, à cause des conditions climatiques et du manque d’oxygène en altitude, les corps restent là, dans la neige, en marge des passages que doivent emprunter les alpinistes, comme une sorte de cimetière à ciel ouvert. Hallucinant.

    Dans ce papier d’un journal anglais, un alpiniste qui n’a pu aider une collègue en train de mourir explique en détail les difficultés inhérentes à toute opération de secours, sur l’Everest.


    • mouais….perso je prefererais que mon corps demeure givré sur cette montagne que coincé dans un tombeau dans un cimetière quétaine !

    • Une personne sur dix c’est énorme!! Surprenant même qu’il laisse encore les gens la monter…

    • Je ne peux m’empêcher de penser à Reinhold Messner, le plus grand alpiniste de tous les temps. Premier homme à avoir gravi TOUS les 8000m sans oxygène. Ses exploits ne se comptent plus. Everest deux fois dont une sans oxygène et l’autre en solitaire. Gascherbrum I et Gascherbrum II sans retour au camp de base. Il a donc enchaîné les deux montagnes l’une après l’autre. Le Dhaulagiri dans des difficultés inimaginables. Enfin vous voyez le genre. Le type d’homme dont la volonté n’a pas de limite.

    • Il faut aider quelqu’un qui est en danger … à moins que ça te mette en danger toi-même. C’est la rêgle de base en secourisme. Tous ceux qui y vont le savent et sont bien avertis de ce qu’ils pourraient y voir.

      Je trouve bien plus désolant les morons qui vont dans une fosse à purin et quand il y en a d’autres qui le suit dans la mort pour essayer de sauver le-dit moron.

      Qu’est-ce que ça fait un éléphant ans un arbre ? Un éléphant de moins sur la terre.
      Qu’est-ce que ça fait deux éléphants ans un arbre ? Un arbre de moins sur la terre.
      Pourquoi les crocodiles sont plats ? Parce qu’ils se tiennent sous les arbres dans lesquels deux éléphants grimpent.
      (très vague rapport mais c’est drôle en ta…).

    • Sur ce même sujet fascinant mais à faire dresser le poil sur les bras: lire “into thin air” de jon krakauer… qui explique comment les grimpeurs ont du laisser leurs camarades à crever près du sommet pour sauver leur propre peau, entre autres choses…

    • Je vous recommande le bouquin “Into Thin Air”, par le journaliste Jon Krakauer, le même qui a écrit “Into the Wild”, qui a tenté l’expédition en 1996, l’année la plus meurtrière de toute l’histoire de l’Everest. Il raconte avec brio comment plusieurs personnes de son équipe ont succombé aux conditions exécrables lors de la journée finale d’ascension et il donne sa vision sur ce qui pousse l’humain à vouloir grimper ces montagnes. Il raconte aussi comment un de ses coéquipiers a été déclaré mort à deux reprises, pour reprendre vie contre toute attente et rejoindre le groupe dans la descente.

      Un permis pour pouvoir grimper l’Everest coûte dans les 70 000$, et si vous embauchez un guide pour vous aider à grimper jusque là-haut, celà vous coutera dans les 300 000$. Une bonne proportion des gens qui font l’expédition sont quasi inexpérimentés et cherche une forme de gloire, où se cherchent simplement eux-mêmes.

      Ce livre a fait partie des lectures les plus fascinantes que j’ai fais cette année. À mi-chemin entre le récit sportif et l’oeuvre philosophique.

    • C’est le cas de le dire, ça glace le dos!

    • Les deux articles m’ont scié en deux. On entend pas vraiment parler de ca dans les reportages sur l’Everest.

      Merci

    • Ouf, assez hard comme on dit! Mais je pourrais te parler de l’attitude de bien des montagnards et beaucoup préfèrent tenter le sommet que d’aider un alpiniste en difficulté…comme quoi la vie d’un être humain ne semble pas importante des fois…

      Je vais me contenter du Mt-Royal pour l’instant… :-)
      Une petite pensée pour ceux qui ne sont jamais revenus…

    • Très touchant comme article et il s’agit d’un sujet dont on entend très peu parler: les grimpeurs qui ne reviennent pas de l’Everest. C’est par contre dommage que l’homme de l’article ne puisse pas descendre le corps de cette femme de la montagne… Cela donne un tout autre sens à ces expéditions qui semblent toujours tellement glorieuses mais qui sont en fait des coupes-gorges.

    • Saisissant en effet… L’état de conservation des corps est remarquable, celui de George Mallory y est depuis 1924, pratiquement momifié…

      M. Woodall (dans le second article en lien) a raison lorsqu’il mentionne que pour le commun des mortels, il paraît insensé de laisser quelqu’un mourir ainsi… Nos sociétés ont une telle aversion pour le risque qu’on n’a pas le droit à l’accident… Et tout accident a “obligatoirement” un coupable sous les 8000 mètres…

      Passé le 8000 mètre, c’est le “death zone”… y entrer c’est mourir un peu, c’est accepter qu’on ne pourra recevoir d’aide ni en donner. Ceux qui s’y aventure connaissent les dangers…

      Et du club des sommets de plus de 8000 mètres, c’est l’Annapurna qui a le plus haut taux de mortalité avec 40% des grimpeurs qui y ont trouvé la mort, l’Everest n’est qu’à 6%…

      Pas moi qui m’y risquerai…

    • Merci pour ces liens. Il y a un petit quelque chose que les mots ne peuvent décrire particulierement dans le reportage photo. ..Le mont Everest est un dépotoir qu il faudra nettoyer un jour ou l autre mais c est aussi un sanctuaire en l honneur de ceux qui ont pensé pouvoir aller plus haut et en revenir.

    • Regardez- ça du bon côté:

      À chaque fois que vous croisez un cadavre, vous pouvez vous dire que vous êtes meilleur que quelqu’un. C’est bon pour l’estime de soi.

    • >>>Une personne sur dix c’est énorme!! Surprenant même qu’il laisse encore les gens la monter…
      ______________
      Encore un qui veut tout interdire pour une minorité.

    • Je viens d’aller voir les photos du billet en début de votre chronique: très très troublant c’est tout ce que je peux dire… Ça glace le sang (sans faux jeu de mots) de penser que ces corps vont rester à l’air libre sans protection contre les assauts de la nature. Cela permet de voir ce que le manque d’oxygène peut faire… perdre la tête…

    • Encore plus glacial: deux personnes sur trois sont décédées APRES avoir atteint le sommet. La perspective d’atteindre le sommet, si proche, l’emporte souvent sur la prudence face aux conditions météorologiques menaçantes, “les délais d’attente” sur le Hillary Pass qui occasionnent des retards (les grimpeurs doivent être redescendus au Camp IV avant la nuit) ou le mauvais état de santé. Bref, de nombreux décès auraient pu être évités.

      Krakauer, oui pour le récit sur la plupart des faits, mais à lire avec un bémol, plusieurs survivants, dont Boukreev, ont relativisé “l’héroisme” de Krakauer dans ces événements.

    • Citons le capitaine Haddock, au début de TINTIN AU TIBET justement: “Les montagnes, moi, ou pourrait autant les supprimer” (citation libre).
      Paul Laurendeau

    • Micheline Charest a réussi à escalader l’Everest à 50 ans et elle est décédée chez son chirurgien à la suite d’une anesthésie générale pour une chirurgie esthétique courante. Il y a une personne sur 10 de mal entraîné ou qui n’a pas la condition physique pour une telle entreprise. Mais ils ne sont pas du genre à rebrousser chemin. Ce n’est pas la montagne qui les tuent mais bien leur orgueuil.

      Perso : Voir des cadavres sur mon chemin me motiverait et je n’hésiterais pas à poursuivre mon ascension même si tous mes collègues crèveraient sur place. IF you can’t win don’t play.

    • Si vous avez la chance, écouter la mini série Everest: Beyond the limit qui a passé sur la chaîne Discovery en 2009…c’est assez troublant

    • Correction pour M. Lagacé. Ce n’est pas vrai que 1 personne sur 10 meurt en escaladant l’Éverest. L’article parle d’un mort pour 10 qui ATTEIGNENT LE SOMMET, ce qui fait une énorme différence.

      Et en fait, on compte 14 000 tentatives environ, 4000 réussites environ et 216 morts, ce qui donne plutôt 1 mort sur 64. On est loin de 1 sur 10…

      Quant à ceux qui meurent, eh bien je serai le dernier à les juger. Comme ils ne sont pas secourus dans la death zone, ils assument seuls leur choix sans mettre la vie d’autres personnes en danger, contrairement à beaucoup de sportifs extrêmes qui doivent parfois être secourus dans un contexte dangereux, mais accessible pour les sauveteurs.

    • (1 mort sur 64 tentatives, bien sûr)

    • L’Éverest n’est pas une montagne pour amateurs ! Malheureusement, beaucoup de gens mal préparés s’y essaient. C’est quasiment devenu une destination touristique, avec les dérapages que l’on voit.

      On voit ça aussi ailleurs. Je me rappelle un documentaire sur les sauveteurs en haute montagne. Ils doivent régulièrement, au péril de leur vie, aller secourir des inconscients qui croient que gravir un sommet de plusieurs milliers de mètres est une promenade. On voyait par exemple une équipe devoir prendre de gros risques pour aller chercher une bande de jeunes idiots mal pris sur le mont McKinley, en Alaska, la plus haute montagne en Amérique du Nord, qui culmine à 6000 mètres. Ils étaient à peine équipés : ils portaient des chaussures de sport !!!

      Le chef des sauveteurs les a copieusement engueulés. Ils réalisaient tout d’un coup qu’ils avaient failli y laisser leur peau et que leurs sauveteurs auraient pu y rester aussi, vu les conditions atmosphériques.

      Malheureusement, pour beaucoup, c’est souvent trop tard. Même une montagne beaucoup moins haute , comme le Mont Washington ( 1900 mètres ), a tué de nombreux randonneurs. On ne se méfie pas assez de l’imprévisibilité du temps en haute montagne : une tempête peut se lever sans avertissement, et on se retrouve coincé. C’est souvent de cette manière que les alpinistes meurent.

    • @bt627

      Le manque d’oxygène affecte le jugement, et les alpinistes prennent souvent des décisions imprudentes parce que leur cerveau n’est plus assez oxygéné pour fonctionner efficacement.

    • 1 sur 10? Quand j’y suis allée il y a 20 ans, c’était 1 sur 6

    • @ stridulation En théorie c’est vrai. En pratique, sur une autoroute comme l’Everest pendant “la fenêtre”, il y a tant de grimpeurs, dont les Népalais qui sont moins affectés, que les décisions imprudentes devraient être beaucoup moindres.

    • @bt627

      J’ai lu “Into Thin Air” 3 fois (fas-ci-nant) et je n’ai pas constaté d’héroïsme de la part de Krakauer dont parle Boukreev (qui est mort en tentant une autre ascension).

      Sans vouloir entrer dans les détails, l’attitude de plusieurs guides envers leurs clients est responsable de nombreux incidents. L’orgueil et l’argent qui leur pend au bout du nez sont les principaux responsables des mortalités (et des amputations).

      Tenter t’atteindre le sommet de l’Éverest (Sagarmatha, en népalais) n’est pas une partie de plaisir, c’est une “game” contre le corps, la nature et la chance (ou la malchance… dans ce cas la limite entre malchance et chance est très, très mince, comme l’oxygène qui entre dans les poumons à ces hauteurs).

      En fait, il faut être fou pour tenter l’expérience. Entre 6 000 et 8 840 mètres, ta vie ne tient pas à grand-chose.

    • l’Éverest, ce cimetière à ciel ouvert, c’est une vision sur le courage et la folie de l’homme.

    • J’en ai des frissons, au sens propre comme figuré.

      Je ne comprendrai jamais pourquoi l’humain qualifie de ’sport extrême’ ce que j’appelle du suicide…

    • @vlad_drac

      À la base, ce livre se voulait un reportage sur la pollution du Mont Everest justement. Mais le hasard a voulu qu’il soit là pour cette tragédie. Il y a un film IMAX qu’on peut louer sur l’histoire de cette assenscion. Il est vraiment très bon.

      Vous avez bien raison, ce livre est vraiment fascinant à tous les points de vue.

    • À mon avis, l’ascension du Mont Everest ou toute autre entreprise du genre relève du plus pur égoîsme : pour qui donc entreprend-on pareille aventure sinon soi-même! Que de risques courus, d’énergie dépensée et d’argent dilapidé pour pouvoir se targuer d’avoir monté ceci, descendu cela, enduré cela. Si les gens consacraient autant d’efforts à être bons les uns envers les autres, la société, le monde s’en porteraient mieux.

    • De 2 à 3,4 % de ceux qui atteignent le sommet de l’Everest meurent en redescendant, dépendant de la route suivie (il y a des routes plus faciles: la route à 2 %, par exemple).

      http://www.bmj.com/content/337/7684/Sport.full.pdf

    • @respectable

      un peu de sérieux svp. Micheline Charest n’a pas escaladé l’Everest. Elle s’est rendue au camp de base à quelques 5 000 M, très loin des 8 000 M.

      Une bonne randonnée que n’importe qui le moindrement en forme peut faire, comme le Kilimandjaro.

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