Patrick Lagacé

Archive du 13 octobre 2010

Mercredi 13 octobre 2010 | Mise en ligne à 21h42 | Commenter Commentaires (89)

Un peu de fiction : si les 33 mineurs avaient été québécois

Photo AP

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Un lecteur de ce blogue, lui-même blogueur, M.Denis Hamel, s’est inspiré de l’épopée des mineurs chiliens pour imaginer une fable. Contexte : ces 33 mineurs chiliens bloqués dans leur mine. Il se prend à imaginer ce qui serait survenu si ces 33 hommes avaient été coincés au Québec. Une fable, bien sûr, sur l’immobilisme québécois, inspirée d’événements de l’actualité québécoise. L’État met près d’un an et demi, selon le scénario du blogueur, qui en donne le détail fou, fou, fou, à remonter les 33 mineurs québécois…

C’est drôle, grinçant, criant de réalisme…Extraits :

13 décembre 2010 – Dépôt du rapport du BAPE. Vu l’urgence de la situation, et la fin de la période de migration des outardes, le BAPE autorise la poursuite du forage. Mais pour minimiser l’impact sur la population, les forages ne pourront avoir lieu qu’entre 8 et 17 heures, du lundi au vendredi.

23 décembre 2010 – Arrêt des forages pour le congé des Fêtes.

7 janvier 2011 – Reprise des travaux de forage. Le gouvernement annonce qu’il confie à la compagnie Mécanex le soin de construire la nacelle qui servira à remonter les mineurs.

13 janvier 2011 – Un consortium chinois, une entreprise européenne et un concurrent québécois obtiennent de la Cour provinciale une injonction pour arrêter les travaux de forage. La construction de la nacelle à été confiée à une compagnie sans appel d’offres, ce qui est contraire aux dispositions des accords de l’Organisation mondiale de Commerce.

25 mars 2011 – La Cour donne raison au gouvernement qui n’avait pas à soumettre la construction de la nacelle à un processus d’appel d’offres, vu l’urgence de la situation. Les travaux reprennent.

5 avril 2011 – Un journaliste d’enquête découvre que le PDG de Mécanex est un généreux donateur à la caisse électorale du parti ministériel. Houleux débat à l’Assemblée nationale : l’opposition réclame la tenue d’une commission d’enquête sur la corruption et le retrait du contrat de nacelle à Mécanex.

12 mai 2011 – Début des travaux de la Commission d’enquête sur les allégations de corruption.

13 juillet 2011 – La Commission remet son rapport et reconnait que le gouvernement avait le droit de confier la construction de la nacelle à un entrepreneur de son choix, vu l’urgence du moment.

15 juillet 2011 – Reprise des travaux de forage

17 juillet 2011 – Début du congé de la construction

1er août 2011 – Reprise des travaux de forage

L’intégrale sur le blogue de Denis Hamel, Truisme.

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Mercredi 13 octobre 2010 | Mise en ligne à 17h13 | Commenter Commentaires (16)

Cancer : la pensée réaliste, expliquée

Le Dr Josée Savard, que je citais dans cette série sur le cancer, prône les bienfaits de la pensée réaliste, pour les cancéreux. Par opposition à la pensée positive, qui peut facilement devenir un Eden inaccessible pour le patient, en plus d’une tyrannie. Plus tôt aujourd’hui je citais Stéphane R., qui a exprimé sa dissidence en m’expliquant les bienfaits de sa propre attitude positive, quand il s’est mesuré au cancer. Le Dr Savard m’a demandé de publier son point de vue, en complément aux propos de Stéphane. Voici donc :

Cher Stéphane R.,

J’ai lu avec beaucoup d’attention votre histoire très touchante et je me permets de clarifier la position que je défends dans mon livre Faire face au cancer avec la pensée réaliste (Flammarion Québec). D’abord, laissez-moi-vous dire que vous avez tout à fait raison d’affirmer que les pensées négatives sont nuisibles. Elles peuvent en effet provoquer tout un lot d’émotions indésirables comme la déprime, le désespoir, l’anxiété, la colère et j’en passe. Clairement, il vaut mieux ne pas entretenir ce genre de pensées, car elles affectent considérablement la qualité de vie, et ceci n’est pas seulement vrai pour les personnes atteintes de cancer.

Encouragés par des centaines de livres prônant les bienfaits de la pensée positive (et bien souvent par leurs proches), non seulement pour s’adapter au cancer mais également pour en guérir, plusieurs tenteront de changer leurs pensées négatives par des pensées positives (« Je vais vaincre ce cancer »). Bon nombre de ces personnes s’interdiront même d’avoir toute pensée négative de peur que cela ne nuise à leurs chances de guérison (« Je dois être positif si je veux guérir de ce cancer »). Le problème, c’est qu’il est très difficile, sinon impossible, d’être constamment positif lorsque l’on vit avec un cancer. Toute pensée négative, même normale, sera alors accompagnée d’un fort sentiment de culpabilité (« Je ne suis pas capable d’avoir l’attitude qu’il me faut pour guérir ») et de l’anxiété intense (« Mon cancer va revenir »). S’ensuivra un cercle vicieux : plus la personne essaie d’être positive, moins elle en est capable. La culpabilité devient encore plus grave lorsque la personne apprend que son cancer a récidivé ou a évolué car elle se sent fautive d’avoir « échoué son combat ». Ceci est d’autant plus déplorable que nous n’avons actuellement aucune preuve, malgré des centaines de recherches ayant porté sur ce sujet, que l’attitude de la personne a réellement une influence sur le cours de son cancer.

Contrairement à ce que plusieurs personnes croient, il n’y a pas que deux types de pensées, les négatives et les positives. Ces deux types de pensées constituent en fait deux extrêmes. Dans mon livre, j’explique que l’optimisme réaliste se situe dans le milieu de ces deux extrêmes et je décris comment transformer ses pensées négatives en pensées réalistes par des exemples concrets. L’optimisme réaliste c’est percevoir sa situation telle qu’elle est, d’entrevoir tous les scénarios (réalistes) susceptibles de se produire dans le futur, et d’espérer que ce soit le meilleur de ces scénarios qui arrive (l’espoir est en effet essentiel). Plusieurs personnes qui se disent « positives » sont d’ailleurs plutôt des « optimistes réalistes », ce qui leur permet de traverser cette épreuve avec le moins de détresse psychologique possible. Peut-être est-ce votre cas?

Je vous souhaite le meilleur scénario possible!

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Mercredi 13 octobre 2010 | Mise en ligne à 15h20 | Commenter Commentaires (6)

Pause Kit Kat de type ça ne peut pas mal se passer

Vidéo tournée lors d’un concert des Stones au Japon. Jagger commence Gimme Shelter au milieu de la foule – Ooooh a storm is threateniiiiing… My very liiiife tooooday – en régie. Ensuite, selon le scénario, il devait marcher, baba-cool peut-on imaginer, jusqu’à la scène. Mais ce bon Mick s’est plutôt senti comme un canot pogné dans un tsunami de fans en délire…

J’adore la courte définition du clip, sur Metafilter, où j’ai récolté ce document : Hey, Mick, pourquoi tu ne commencerais pas Gimme Shelter au milieu d’un foule immense avant de commencer à marcher tranquillement vers le stage ? Nothing bad will happen…

C’est drôle, j’y vois une métaphore pour les déboires d’André Caillé, l’Homme du Gaz au Québec. Hey, André, pourquoi on n’irait pas expliquer aux gens pourquoi ils ont tort dans des assemblées publiques ? Nothing bad will happen…

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