
Les journalistes de La Presse sont nombreux à utiliser Twitter et Facebook : nous ne vivons pas en vase clos. Ces derniers mois, les boss et les journalistes ont participé à un processus de consultation et de discussion, à l’interne, pour baliser les conditions d’utilisation de cette bibitte qui peut parfois mordre ses utilisateurs, je parle bien sûr des médias sociaux. Des discussions très sérieuses et très posées, sur les limites à respecter quand on tweete et qu’on facebookine et qu’on est travailleur de l’information dans une boîte qui considère que l’information, ce n’est pas n’importe quoi.
Ça donne le point 9 de notre Guide de responsabilités, il me fait plaisir de vous le refiler, dans un esprit de transparence et de discussion. Curiosité pour les profanes : les journalistes de La Presse, dans leurs photos de profil, ne peuvent pas utiliser d’« appliqué » (twitbon). Et avant d’appuyer sur « retweet », il faut s’assurer de ne pas retweeter d’informations non-vérifiées ou non-confirmées (appelons ça la clause Pat Burns).
Donc, le voici, ce point 9, tout nouveau, tout chaud, tout 2.0 :
UTILISATION DES MÉDIAS SOCIAUX
– Les journalistes sont des personnalités publiques associées au média pour lequel ils travaillent. Pour cette raison, les journalistes de La Presse devraient toujours respecter leur devoir de réserve lorsqu’ils utilisent les médias sociaux comme Twitter, un blogue personnel ou Facebook.– Tout ce qui est publié sur les médias sociaux et les blogues personnels peut être diffusé plus largement par un tiers, repris hors contexte et affecter la réputation du journaliste comme celle de son employeur.
– Lorsqu’ils participent aux médias sociaux, que ce soit dans leur propre compte ou en émettant des commentaires sur d’autres comptes, les journalistes doivent faire preuve de jugement et se référer aux règles suivantes :
•Les journalistes devraient être certains de la véracité d’une information qu’ils diffusent ou qu’ils retransmettent (« retweet »).
•Les journalistes, à l’exclusion des columnists ou éditorialistes, devraient éviter de publier leur opinion politique ou religieuse ou de prendre parti dans des débats de société.
•Les journalistes, à l’exclusion des columnists et critiques, devraient éviter de donner leur opinion sur un événement qu’ils sont appelés à couvrir.
•À moins d’une entente préalable avec un supérieur, les journalistes devraient rédiger un «breaking news» pour Cyberpresse avant de diffuser une nouvelle importante dans leur champ de compétence sur Twitter, Facebook ou tout autre site web ou blogue qui ne fait pas partie de Cyberpresse.
•Les journalistes devraient indiquer dans leur profil leur lien d’emploi avec La Presse. Leur avatar devrait être une photo « professionnelle » et ne doit pas contenir d’appliqué (twitbon)
•Les journalistes doivent informer l’employeur par écrit s’ils tiennent un blogue personnel à l’extérieur de Cyberpresse.
•Les journalistes devraient s’abstenir de publier des photos, des vidéos et des commentaires à propos des réunions et autres événements privés de l’entreprise.– Rappelons par ailleurs que les médias sociaux sont soumis aux mêmes règles que tout espace public en ce qui a trait à la réputation des personnes et à la diffamation. Les journalistes sont donc invités à évaluer le contenu de leurs commentaires sur les médias sociaux avec discernement tout en faisant preuve de la même rigueur que
celle utilisée dans le cadre de la rédaction de textes destinés à La Presse.
Voilà. Le gros bon sens, quoi. Et pas un mot sur les Pauses Kit Kat de ce bloye, ouf…










hermy
5 octobre 2010
23h18
C’est quand l’abolition de l’ ‘esclavage intellectuel’ ????
mariotoutdego
5 octobre 2010
23h27
Un « milestone » que ce point neuf!
Bravo.
stevepinch
6 octobre 2010
00h10
Je me demande si ce billet est en lien avec l’article de Mathias Brunet quant au sujet de Benoît Brunet…
C’est peut-être juste moi qui fait un lien entre deux choses qui n’ont pas de liens mais bon… Je crois bien que ce point est devenu nécessaire dans un monde où les gens sont de plus en plus ‘catégorisés’…
gillesmenard
6 octobre 2010
00h31
Moi les seuls gazouillis que j’écoute ce sont ceux des vrais oiseaux,les twit du twiter c’est fait pour les twits épais.
En passant j’ai encore un téléphone à roulette.
bbeenn
6 octobre 2010
00h34
Je suis très déçu que La Presse, qui se vante d’être le plus vieux quotidien francophone d’Amérique, ne trouve pas utile de traduire l’expression “breaking news”. C’est pourtant si simple… Et l’insulte est même poussée jusqu’à mettre l’expression entre guillemets, indiquant en quelque sorte “on le sait que c’est anglais, mais on va mettre des guillemets pour nous innocenter”… Paresse…
jolico
6 octobre 2010
01h34
Il ne faudrait surtout pas qu’on touche aux pauses Kit Kat! C’est la cerise sur le sundae!
marie-danielle
6 octobre 2010
02h53
Autrement dit, la liberté d’expression serait davantage plus importante pour la personne non journaliste. On sait que cette dernière peut aussi être poursuivi pour diffamation ; cependant, elle n’a pas besoin d’informer son employeur qu’elle a un blogue personnel, par exemple. Exercer le journalisme comporte de grandes responsabilités dont on voit toute l’ampleur par les exigences de son code d’éthique. Je ne suis pas certaine que j’aimerais faire ce métier ; je me sentirais épiée, limitée à cause d’un encadrement trop serré. Sans doute que ça ne doit pas être aussi pire que je le crois ! Il faudrait que ceux qui exercent cet emploi nous révèlent leur pensée à ce sujet….
lt.bindesant
6 octobre 2010
03h31
Pour résumé , les comptes que les journalistes possèdent dans les médias sociaux ne sont qu’ une publicité de plus , au profit de la presse ou des réseaux de télé ?
Ok .
Bon .
Esclavage intellectuel ?
Bien on s’ entend sur ce point , hermy , que si tu es journalistes , tu n’ es certainement pas libre intellectuellement !
On défend le système , ou on le pourfend .
charlot24
6 octobre 2010
03h42
C’est parfaitement normal. Vous n’arrêtez pas d’être journaliste à 18h00 le vendredi pour le redevenir à 9h00 le lundi matin. Un journaliste qui chie sur un gouvernement sur son blog ou post n’importe quoi, comment peut-il être crédible et neutre après. Je crois, que cette clause et équilibré et juste.
mediamaniaque
6 octobre 2010
03h51
Héhé. Ce qui est intéressant, c’est l’usage abusif de «personnalité publique» que l’on colle au journaliste. Autant dire que si vous travailler pour un journal, votre cul lui appartient, vos idées ne peuvent être diffusées parce qu’elles pourraient contrevenir à l’esprit du journal. Si le baillon outrepasse l’article et l’encre du journal, autant dire que les journalistes sont idéologiquement serviles à la ligne de presse du journal.
Cela me rappelle Chantal Hébert à tout le monde en parle: elle ne pouvait pas dire ses opinions politiques. Ici, pour paraphraser Descôteaux du Devoir, nous sommes dans le journalisme avec un grand J. Mais la note de service qui stipule et ordonne les faits et gestes de l’individu, vivant dans sa comunauté, nous sommes dans le journalisme avec un petit j.
Bien sûr, le journaliste ne ressent pas de pressions de son employeur. Il a la liberté de diffusion. Mais lorsque c’est ailleurs que dans le journal…
Les journalistes sont des organes idéologiques, embauchés pour leur points de vue et leur accord avec le journal qui les emploie; dire le contraire provoquerait un débat stérile. J’aime bien l’aspect «légal» de la note de service que le blogueur Lagacé nous partage. Elle est en soi très explicite: sous le couvert de possibles poursuites, c’est le baillon des moutons noirs.
La liberté de parole en démocratie appartient à tous de façon égale. Sauf dans un journal. Sauf dans la population. Sauf dans la diffusion. Sauf dans les moyens d’enquête.
Lecteurs de ce blogue, je vous invite à lire «Diversité et indépendance des médias» d’Isabelle Gusse, de l’UQAM. L’oeuvre entière de Florian Sauvageau vaut le détour et l’acharnement (Université Laval). Normand Baillargeon, «petit cours d’autodéfense intellectuelle» (UQAM) et enfin «Le métier de journaliste» de Pierre Sormany.
paleo
6 octobre 2010
04h25
Et qu’est ce qu’un “média social” ?
baker
6 octobre 2010
05h02
Simple vous devez être parfais! Que dis-je plus que parfais,plus blanc que blanc, beaucoup de pression ca
ante
6 octobre 2010
06h01
A la défense du censeur borgne: lettre da La Presse à euh… La Presse. Comme le disait Julien Green: “Un journal est une longue lettre que l’auteur s’écrit à lui-même, et le plus étonnant est qu’il se donne à lui-même de ses propres nouvelles”.
steakbledindepatate
6 octobre 2010
06h27
Pat! C’est toi «Patrick Lagace» qui commente les articles sur le site de Radio-Canada ?
ysengrimus
6 octobre 2010
06h55
“•Les journalistes, à l’exclusion des columnists ou éditorialistes, devraient éviter de publier leur opinion politique ou religieuse ou de prendre parti dans des débats de société.
•Les journalistes, à l’exclusion des columnists et critiques, devraient éviter de donner leur opinion sur un événement qu’ils sont appelés à couvrir.”
Quelle énormité. Les journalistes son baillonnés. Là, c’est explicite.
Paul Laurendeau
cousincousin
6 octobre 2010
06h57
Ça me semble tout à fait raisonnable.
michel_laurence
6 octobre 2010
07h20
« …une boîte qui considère que l’information, ce n’est pas n’importe quoi. » (Misère….!)
bomarco
6 octobre 2010
07h50
100% d’accord avec vos employeurs.
Certains journalistes (ou ce qui en tient lieu..)semblent avoir de la difficulté à concevoir qu’il ne s’agit PAS d’un blogue personnel, mais d’un espace hébergé par un média d’information. C’est l’image même du journal qui est entaché quand des billets frôlant l’amateurisme sont publiés en ses pages.
boleo
6 octobre 2010
08h13
L´article dit Les journalistes devraient s´abstenir de publier des photos, des vidéos et des commentaires à propos de réunions et autres évènements privés de l´entreprise. N´est ce pas ce que tu viens de faire.
oues81
6 octobre 2010
08h15
Pendant ce temps sur les charmants “bloyes” de la presse, sont couramment “choisis” les commentaires diffusés…
frankola
6 octobre 2010
08h19
Est-ce que ca va apporter une plus grande critique des sources et une analyse plus approfondie chez les journalistes d’aujourd’hui ??? Pas sûr.
Y’a peu de journalistes, y’a des chroniqueurs maintenant alors à quoi bon s’assurer d’avoir le big picture !!! Une opinion sur Facebook, Twitter ou dans un journal ca reste juste une opinion. Qu’on s’abstienne ou non, y’aura pas plus de raison.
gaspard66
6 octobre 2010
08h51
«Les journalistes, à l’exclusion des columnists et critiques, devraient éviter de donner leur opinion sur un événement qu’ils sont appelés à couvrir.»
Toujours la bonne vieille illusion de l’«objectivité» journalistique. Et à qui cela sert-il, que les journalistes soient des eunuques sans idées et sans opinions, du moins officiellement? Aux patrons de presse, bien sûr. Mais soyons francs et réalistes : qu’ils aiment ça ou pas, les opinions des journalistes transparaissent inévitablement dans leur façon de traiter l’événement, que ce soit par l’angle d’approche, le vocabulaire choisi, les détails écartés ou soulignés, les personnes interviewés et les citations choisies, etc. Je n’ai rien contre, je dis seulement que j’en ai marre qu’on essaie de me faire croire que ce que je lis dans La Presse ou ailleurs a été pondu par de purs esprits.
vetoleduc
6 octobre 2010
08h57
” … repris hors contexte et affecter la réputation du journaliste comme celle de son employeur”
Des propos repris hors contexte, des réputations entachées… Hum. Me semble que ça fait un bout que certains (je dis certains, pas tous) journalistes, à certains moments, ne se sont pas gênés pour appliquer cette médecine aux autres. Est-ce l’arroseur qui a peur de se faire arroser?
phazon
6 octobre 2010
09h32
gillesmenard: Un téléphone à roulette et une bonne dose de préjugés n’est-ce pas?
M’étonne d’ailleurs que vous soyez sur le net. Le télégraphe ou les signaux de boucane m’apparaissent plus appropriés pour quelqu’un comme vous rejetant à peu près toute forme de progrès.
phazon
6 octobre 2010
09h34
•Les journalistes, à l’exclusion des columnists ou éditorialistes, devraient éviter de publier leur opinion politique ou religieuse ou de prendre parti dans des débats de société.
Ce point me fait mourir de rire…. comme si les journalistes québécois supposément neutres ne transpiraient pas l’agenda politique… Et on sait de quel côté ils penchent 99% du temps ;)
mamiedou
6 octobre 2010
09h43
@steakbledindepatate, posez la question c’est y répondre… Combien d’internautes utilisent le nom de personnes connues en toute légalité? Beaucoup, et cela devrait être aussi interdit, mais ce serait ingérable.
ricklap
6 octobre 2010
09h49
phazon a dit : Ce point me fait mourir de rire…. comme si les journalistes québécois supposément neutres ne transpiraient pas l’agenda politique… Et on sait de quel côté ils penchent 99% du temps ;)
Touché mon chèr(E) phazon !!!!
citizen_welles
6 octobre 2010
09h49
@Patrick
Je me doute bien que vous avez eu l’autorisation cette fois-ci, mais vous contrevenez à l’avant dernier alinéa de règlement du Point 9 puisque vous divulguez cette information à propos d’une réunion privée de l’entreprise… lol
Mais c’est très intéressant de voir qu’il y a un certain encadrement. Je crois que ce genre de ligne de conduite devrait s’appliquer à plusieurs autres métier (entre autre à la vedette de votre pause Kit Kat de la semaine passé, le Ass-D.A. du Michigan).
ouragans
6 octobre 2010
10h30
Patrick…Patrick, je voudrais attirer ton attention sur un point:
“Les journalistes devraient s’abstenir de publier des photos, des vidéos et des commentaires à propos des réunions et autres événements privés de l’entreprise.”
louis.t
6 octobre 2010
10h37
Ça me rappel qu’au début je suivais Hugo Dumas et Marc Cassivi sur Twitter pour me rendre compte qu’ils ne faisaient pratiquement que rire et se moquer de gens. Disons que j’ai été très déçu. Je trouvais leur éthique plutôt lousse. On dirait qu’ils se croyaient dans un souper entre amis..
nroberge
6 octobre 2010
10h46
Ce billet n’enfreint pas la règle “Les journalistes devraient s’abstenir de publier des photos, des vidéos et des commentaires à propos des réunions et autres événements privés de l’entreprise.” ? :-)
Il n’y a rien de nouveau là-dedans. C’est exactement les mêmes règles de conduite sur n’importe laquelle espace public.
J’ai toutefois une question d’interprétation sur le retweet. Je doute fortement qu’un journaliste doute des informations provenant d’une personnalité crédible à ses yeux. Devra-t-il vérifier l’information au-delà de ça?
guy777
6 octobre 2010
10h59
…dans un esprit de transparence. Et j’attends toujoura la réponse à ma question concernant vos émoluments lorsqu’il s’agit d’offrir aux gens une photo de votre collègue de La Presse afin de “boucher” un trou. Navrant d’offrir aux lecteurs(trices) un tel niveau de réflexion.
gardeur
6 octobre 2010
11h08
Désolé de mon ignorance, mais qu’est0ce qu’un “twitbon”??
Merci
dkca
6 octobre 2010
12h11
Autrement dit : à média social, responsabilité sociale.
Mais celle-là je la comprend pas et la trouve totalitaire :
« Les journalistes doivent informer l’employeur par écrit s’ils tiennent un blogue personnel à l’extérieur de Cyberpresse. «
Beurk !!
dkca
6 octobre 2010
12h14
Pssst : Quand on y pense, « média social », quelle drôle d’expression !!?, un média n’étant-il pas par essence, social.
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dia
marcd13
6 octobre 2010
13h47
Je ne vois rien dans cet encadrement que de l’éthique journalistique légitime et intelligente. Par contre, j’ai hâte de voir ce qu’un Pierre Côté et tous les obsédés de la pseudo liberté d’expression à tout crin vont y voir et y interpréter.
q.terreux
6 octobre 2010
13h55
Big Brother !
gagneeric
6 octobre 2010
22h08
C ben correct ça. Droits et responsabilités professionnelles en tant qu’ employés et employeurs. Ça devrait faire boule de neige.
tordpinouche
8 octobre 2010
13h20
«columist», «breaking news», pourquoi donc est-ce que les “personnalités publiques” (les vedettes, ou les employés ?) du plus vieux quotidien francophone d’Amérique s’expriment-ils en chiak ?
ramses2.1
8 octobre 2010
14h16
“Ce point me fait mourir de rire…. comme si les journalistes québécois supposément neutres ne transpiraient pas l’agenda politique… Et on sait de quel côté ils penchent 99% du temps ;)” phazon
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Et les journalistes du ROC de quel coté penchent-ils par rapport à la souveraineté ? Ils sont neutres ?
Tu me fais mourir de rire. Mouaaaaah!
Jean Émard