Patrick Lagacé

Archive du 20 septembre 2010

Lundi 20 septembre 2010 | Mise en ligne à 13h43 | Commenter Commentaires (161)

Bellemare : une corroboration, sous serment, de George Lalande

Dollar

Coup de tonnerre, chez M. Bastarache. George Lalande, ex-sous-ministre associé à la Justice, sous Marc Bellemare, est venu corroborer certains des dires de l’ancien ministre. Ces corroborations touchent l’influence de Franco Fava, grand argentier libéral, dans les nominations du gouvernement, qu’il s’agisse de juges à la Cour du Québec ou au Tribunal administratif du Québec. Texte de Denis Lessard, de La Presse.

Quelques déclarations, sous serment, de George Lalande, ce matin, à la Commission Bastarache, telles que rapportées sur le site de Radio-Canada et de Cyberpresse :

Propos de Franco Fava, selon M. Lalande, lors d’une rencontre : « Marc Bellemare ne comprend pas qu’on a besoin de nommer nos amis, à la Justice comme ailleurs. Ça foule aux portes après neuf ans dans l’opposition ». M. Fava aurait ajouté : « Mais il y a d’autres nominations à la Cour du Québec ou au Tribunal administratif du Québec qu’on va nommer. »

« En aucun cas, je n’ai demandé de rendez-vous avec M. Fava », a précisé M. Lalande. Selon ce dernier, l’argentier du PLQ utilisait toujours le « même pattern » pour discuter avec lui: « il m’invitait pour parler de justice administrative, mais bifurquait pour me parler d’autre chose », a-t-il raconté.

Le 8 juillet 2003, Georges Lalande avait noté «Franco dit qu’il collecte un million par année pour le PLQ. Marc Bellemare ne comprend pas qu’on ait besoin de nommer nos amis à Québec comme ailleurs. Ça foule aux portes», écrivait M. Lalande.

C’est le premier témoin qui corrobore, à tout le moins en partie, les propos de Marc Bellemare sur l’influence importante de Franco Fava dans les affaires internes du gouvernement. M. Lalande avait déjà fait des confidences à Benoit Dutrizac, à ce sujet, il y a quelques semaines, au 98,5 FM.

Remarquez, Franco Fava, quand on lui a mis un micro sous le nez, il y a quelques mois, quand toute cette histoire a éclaté au grand jour, avait laissé entendre qu’on lui demandait parfois son avis sur des nominations. Les anecdotes de M. Lalande, à ce sujet, donnent encore plus de relief à l’influence colossale d’un homme qui n’est pas un élu, dont le grand talent est de mettre du fric dans les coffres du parti au pouvoir.

M. Fava, comme son collègue argentier Charles Rondeau, et comme le premier ministre Charest, doit comparaître cette semaine. Je répète ce que j’ai dit ce matin, au sujet de M. Rondeau : espérons qu’il sera bousculé par les procureurs comme Me Bellemare l’a été.

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Lundi 20 septembre 2010 | Mise en ligne à 7h59 | Commenter Commentaires (80)

Charles Rondeau, argentier du PLQ : la citation du jour

Charles_Rondeau-3

Charles Rondeau, grand argentier du Parti libéral, avait un accès formidable au bureau du premier ministre Charest, dans la période décrite comme Marc Bellemare comme une époque où on faisait pression sur lui. L’équipe d’enquête de La Presse a mis la main sur le registre des visites au bureau du PM, dans la période 2003-2004. Dans des audiences pré-commission, Rondeau avait affirmé n’avoir visité le bureau que deux fois, entre août 2003 et février 2004. Or, selon le registre, la réalité, c’est que Rondeau a visité le bureau de Jean Charest… 20 fois.

Que dit M. Rondeau pour sa défense aux journalistes de La Presse ?

Voici ce qu’il dit :

«Il n’y a pas de contradiction, a-t-il dit. Je parlais d’aujourd’hui, pas du début.»

(Présumons que « début » réfère à début du mandat libéral et qu’« aujourd’hui » signifie quelque chose comme ces jours-ci dans le mandat libéral…)

Voici pourtant ce que Charles Rondeau a dit aux procureurs de la Commission, lors d’une audience, avant la commission, communément appelée « will say », tout récemment , selon l’extrait du sommaire de son témoignage prévu :

«M. Rondeau expliquera sa relation avec le premier ministre Jean Charest et expliquera dans quel contexte il s’est rendu à deux reprises à son bureau

Donc, si je comprends bien, interrogé sur son accès au PM en marge d’une commission d’enquête qui porte sur des événements qui se seraient déroulés en 2003 et 2004, Charles Rondeau aurait répondu sur son accès au PM ces jours-ci.

Deux observations, en ce lundi matin de fin d’été :

1- Espérons que les procureurs de la Commission seront aussi pugnaces envers M. Rondeau qu’ils ont pu l’être envers le témoin Bellemare : il y a de quoi, ici, mordre le mollet du témoin Rondeau assez longtemps

2- Je lis cette déclaration stupéfiante de contradiction (Il n’y a pas de contradiction. Je parlais d’aujourd’hui, pas du début) et je me dis qu’un observateur cynique serait en droit de se demander qui Charles Rondeau prend pour des cons : les Québécois en général ou les procureurs de la Commission en particulier ?

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