
Coup de tonnerre, chez M. Bastarache. George Lalande, ex-sous-ministre associé à la Justice, sous Marc Bellemare, est venu corroborer certains des dires de l’ancien ministre. Ces corroborations touchent l’influence de Franco Fava, grand argentier libéral, dans les nominations du gouvernement, qu’il s’agisse de juges à la Cour du Québec ou au Tribunal administratif du Québec. Texte de Denis Lessard, de La Presse.
Quelques déclarations, sous serment, de George Lalande, ce matin, à la Commission Bastarache, telles que rapportées sur le site de Radio-Canada et de Cyberpresse :
Propos de Franco Fava, selon M. Lalande, lors d’une rencontre : « Marc Bellemare ne comprend pas qu’on a besoin de nommer nos amis, à la Justice comme ailleurs. Ça foule aux portes après neuf ans dans l’opposition ». M. Fava aurait ajouté : « Mais il y a d’autres nominations à la Cour du Québec ou au Tribunal administratif du Québec qu’on va nommer. »
« En aucun cas, je n’ai demandé de rendez-vous avec M. Fava », a précisé M. Lalande. Selon ce dernier, l’argentier du PLQ utilisait toujours le « même pattern » pour discuter avec lui: « il m’invitait pour parler de justice administrative, mais bifurquait pour me parler d’autre chose », a-t-il raconté.
Le 8 juillet 2003, Georges Lalande avait noté «Franco dit qu’il collecte un million par année pour le PLQ. Marc Bellemare ne comprend pas qu’on ait besoin de nommer nos amis à Québec comme ailleurs. Ça foule aux portes», écrivait M. Lalande.
C’est le premier témoin qui corrobore, à tout le moins en partie, les propos de Marc Bellemare sur l’influence importante de Franco Fava dans les affaires internes du gouvernement. M. Lalande avait déjà fait des confidences à Benoit Dutrizac, à ce sujet, il y a quelques semaines, au 98,5 FM.
Remarquez, Franco Fava, quand on lui a mis un micro sous le nez, il y a quelques mois, quand toute cette histoire a éclaté au grand jour, avait laissé entendre qu’on lui demandait parfois son avis sur des nominations. Les anecdotes de M. Lalande, à ce sujet, donnent encore plus de relief à l’influence colossale d’un homme qui n’est pas un élu, dont le grand talent est de mettre du fric dans les coffres du parti au pouvoir.
M. Fava, comme son collègue argentier Charles Rondeau, et comme le premier ministre Charest, doit comparaître cette semaine. Je répète ce que j’ai dit ce matin, au sujet de M. Rondeau : espérons qu’il sera bousculé par les procureurs comme Me Bellemare l’a été.
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