
Photo Robert Skinner, La Presse
On aime Denis Coderre. Ou on ne l’aime pas. J’ai longtemps été dans la seconde catégorie.
Au JdeM, à quelques reprises, en chronique et en blogue, j’ai fessé sur lui. Il y avait des faits embarrassants, je parle de son amitié avec Claude Boulay, un acteur du scandale des commandites. Une amitié qui est revenue hanter le député de Bourassa.
Mais au-delà des faits, je ne l’aimais pas. Point.
Son style m’irritait, ses colères m’exaspéraient, son franc-parler me faisait rouler les yeux, sa familiarité me donnait des boutons. Sans parler de son amour des kodaks : ce côté shameless self-promoter, comme ils disent à Winnipeg…
Puis, deux trucs sont survenus. Primo, Denis Coderre a attaché le grelot à l’affaire des arbitres francophones insultés, en plein Centre Bell, par le hockeyeur Shane Doan. Le député, ex-ministre des Sports sous les libéraux, a dénoncé les propos de Doan et réclamé son exclusion d’Équipe Canada, aux JO de 2006. Une prise de position qui lui a valu une poursuite du principal intéressé. J’ai été impressionné de le voir tenir son bout et de savoir qu’il se défendait avec son propre fric (l’affaire s’est réglée, à la satisfaction du député, hors-cour). Deuzio, comme bien d’autres, j’ai « découvert » l’autre côté de Denis Coderre, son côté givré, disons, via Twitter. Sur Facebook, je ne l’ai jamais suivi, même s’il était un précurseur. Sur Twitter, son éclectisme est fascinant. Il a vraiment compris comment fonctionnent les médias sociaux. Avec eux, il s’est refait une image, opération qui lui aurait coûté des dizaines de milliers de dollars, s’il avait donné le mandat à une firme de PR…
Bref, la puck roule pour Denis Coderre, ces jours-ci. Il y a eu cette prise de bec avec les bonzes torontois du Parti libéral du Canada, il y a eu le règlement entre lui et Doan, etc, etc… La Presse annonce aujourd’hui que le député de Bourassa ne ferme aucune porte quant à son avenir politique. Mairie de Montréal, Parti libéral du Québec : disons qu’il n’attend que des invitations pour se manifester. Denis Coderre, maire de Montréal ? Denis Coderre, chef du PLQ ? Ça en fera sourire certains. Mais s’il y a une chose que les cinq, six dernières années m’ont enseigné, à propos de ce type, c’est ceci : il ne faut jamais le sous-estimer…
Mon camarade Vincent Marissal, qui signe l’article avec Joël-Denis Bellavance, demande aux gens de lui dire où ils voient Denis Coderre atterrir…
Par un hasard total, c’est ce soir, aux Francs tireurs, que nous présentons une émission un peu spéciale, une journée avec ce drôle de moineau qu’est le Denis Coderre d’Amérique, dans son écosystème naturel, Montréal-Nord. Il faut le voir pour le croire. Vous ne verrez plus jamais un politicien serrer des mains de la même façon, après…
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