Patrick Lagacé

Archive, septembre 2010

Mercredi 29 septembre 2010 | Mise en ligne à 14h53 | Commenter Commentaires (99)

Un pari risqué : sous-estimer Denis Coderre

Photo Robert Skinner, La Presse

Photo Robert Skinner, La Presse

On aime Denis Coderre. Ou on ne l’aime pas. J’ai longtemps été dans la seconde catégorie.

Au JdeM, à quelques reprises, en chronique et en blogue, j’ai fessé sur lui. Il y avait des faits embarrassants, je parle de son amitié avec Claude Boulay, un acteur du scandale des commandites. Une amitié qui est revenue hanter le député de Bourassa.

Mais au-delà des faits, je ne l’aimais pas. Point.

Son style m’irritait, ses colères m’exaspéraient, son franc-parler me faisait rouler les yeux, sa familiarité me donnait des boutons. Sans parler de son amour des kodaks : ce côté shameless self-promoter, comme ils disent à Winnipeg…

Puis, deux trucs sont survenus. Primo, Denis Coderre a attaché le grelot à l’affaire des arbitres francophones insultés, en plein Centre Bell, par le hockeyeur Shane Doan. Le député, ex-ministre des Sports sous les libéraux, a dénoncé les propos de Doan et réclamé son exclusion d’Équipe Canada, aux JO de 2006. Une prise de position qui lui a valu une poursuite du principal intéressé. J’ai été impressionné de le voir tenir son bout et de savoir qu’il se défendait avec son propre fric (l’affaire s’est réglée, à la satisfaction du député, hors-cour). Deuzio, comme bien d’autres, j’ai « découvert » l’autre côté de Denis Coderre, son côté givré, disons, via Twitter. Sur Facebook, je ne l’ai jamais suivi, même s’il était un précurseur. Sur Twitter, son éclectisme est fascinant. Il a vraiment compris comment fonctionnent les médias sociaux. Avec eux, il s’est refait une image, opération qui lui aurait coûté des dizaines de milliers de dollars, s’il avait donné le mandat à une firme de PR…

Bref, la puck roule pour Denis Coderre, ces jours-ci. Il y a eu cette prise de bec avec les bonzes torontois du Parti libéral du Canada, il y a eu le règlement entre lui et Doan, etc, etc… La Presse annonce aujourd’hui que le député de Bourassa ne ferme aucune porte quant à son avenir politique. Mairie de Montréal, Parti libéral du Québec : disons qu’il n’attend que des invitations pour se manifester. Denis Coderre, maire de Montréal ? Denis Coderre, chef du PLQ ? Ça en fera sourire certains. Mais s’il y a une chose que les cinq, six dernières années m’ont enseigné, à propos de ce type, c’est ceci : il ne faut jamais le sous-estimer…

Mon camarade Vincent Marissal, qui signe l’article avec Joël-Denis Bellavance, demande aux gens de lui dire où ils voient Denis Coderre atterrir…

Par un hasard total, c’est ce soir, aux Francs tireurs, que nous présentons une émission un peu spéciale, une journée avec ce drôle de moineau qu’est le Denis Coderre d’Amérique, dans son écosystème naturel, Montréal-Nord. Il faut le voir pour le croire. Vous ne verrez plus jamais un politicien serrer des mains de la même façon, après…

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Mercredi 29 septembre 2010 | Mise en ligne à 11h42 | Commenter Commentaires (52)

Santé : c’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

La caricature de Serge Chapleau, ce matin

La caricature de Serge Chapleau, ce matin

Hier, La Presse annonçait, sur la foi de chiffres obtenus du ministère de la Santé, que le nombre de cadres et d’administrateurs avait explosé. Créant cette absurdité : 108 000 soignants, 100 000 cadres/administrateurs.

Dans la journée, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a répliqué que, non, ces chiffres étaient erronés. Détails dans La Presse.

Donc, qui croire ? Le ministre ou son ministère ?

Dans le réseau, il se trouve des gens pour ne pas croire le ministre. Dans cette dépêche de Radio-Canada, on lit par ailleurs cette citation surréaliste du ministre Bolduc : C’est un système qui est équilibré, et je suis très à l’aise avec la façon dont il fonctionne actuellement. »

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Mardi 28 septembre 2010 | Mise en ligne à 10h35 | Commenter Commentaires (119)

Santé : « Mais les cadres, eux ? »

Un bureaucrate, une infirmière...

Un bureaucrate, une infirmière...

Ma collègue à la Santé, Ariane Lacoursière, doit donner des cauchemars aux dirigeants du ministère de la Santé. Elle multiplie les révélations embarrassantes pour le réseau. En voici une autre, à vous inciter à lancer votre bol de Corn Flakes dans le mur : le nombre de gestionnaires a explosé depuis l’an 2000 dans le réseau.

Il y a 52% plus de cadres aujourd’hui qu’en 2000. Il y a 30% plus de personnel administratif. Pendant ce temps, devinez la hausse dans le nombre de personnes affectées directement aux soins ?

Retenez-moi quelqu’un : 6% !

La beauté de la chose ? La période 2000 à 2010 est une période qui couvre les deux côtés du spectre partisan au Québec. Cela a commencé avec les péquistes pour se poursuivre allègrement sous les libéraux.

Citation tirée du texte d’Ariane :

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, Régine Laurent, est estomaquée par la hausse constante du nombre de cadres dans le réseau de la santé: «Il n’y a jamais eu autant de personnel cadre et administratif et ça n’a jamais été aussi mal! Il y a un problème!»

Un autre extrait :

À Blainville, le centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Thérèse-De Blainville fait face à un sous-financement chronique de 8 millions. Pour compenser, le CSSS a diminué les soins à domicile. Une quarantaine de citoyens ont perdu leurs services. C’est le cas de Marc Girard, atteint de sclérose en plaques, qui recevait des soins à domicile depuis six ans.

En chronique, RIma Elkouri parle d’indécence. Extrait :

«Les cadres, c’est une secte. C’est comme l’Ordre du Temple solaire, sauf qu’ils ne meurent jamais», a laissé tomber en entrevue le Dr Gaétan Barrette, avec son franc-parler habituel. Grossière caricature lancée à la blague, bien sûr. Tout le monde reconnaît qu’il se trouve des cadres compétents dans le réseau de la santé. Le hic, c’est que, lorsqu’ils sont incompétents, ils sont rarement congédiés et le plus souvent «replacés».
(…)
La «secte» des cadres de la santé ne cesse donc de recruter de nouveaux membres. Elle en compte déjà plus de 11 000. Si on ajoute le personnel administratif (plus de 88 500 personnes), nous voilà presque à 100 000 employés. Combien compte-t-on de travailleurs dans la catégorie du personnel soignant? Cent huit mille. Cela fait presque un ratio de un pour un. Un ratio parfaitement ridicule alors que l’accès aux soins est toujours problématique.

Dans le cadre d’une série à paraître dans La Presse sur le cancer, j’ai interviewé des hordes de médecins qui travaillent dans le réseau de la santé. Un constat revenait souvent, dans nos discussions, constat qui fait écho à ce qu’Ariane souligne ce matin : il y a assez de fric dans le réseau, le problème, c’est la gestion du fric et des ressources.

Question : est-ce que le pouvoir politique est assez compétent pour gérer un monstre comme la santé ? Est-ce que les politiciens sont assez orientés vers le long terme pour pouvoir gérer efficacement la santé ? Faudrait-il confier la gestion des soins de santé, dans cette province, à une agence qui soit détachée des impératifs du politique ?

Parce que malgré leurs belles promesses, malgré les serments bleus ou rouges de faire de la santé une priorité, force est de constater que tout cela, c’est de la bullshit pour pancartes électorales et clips de dix secondes pendant la période des questions à l’Assemblée nationale.

AJOUT : Vanessa Girard me signale cette pétition pertinente, sur le site de l’Assemblée nationale.

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