
Amanda Lang, de la CBC : il y a un lien entre la suspicion québécoise face au voile intégral et les subventions québécoises à la fécondation in-vitro. Quel lien ? Elle ne nous le dira pas.
La semaine passée, vendredi, je dénonçais la vision martienne du Québec telle que décrite par des commentateurs du Globe and Mail. Ce jour-là, Margaret Wente, columnist du Globe, m’a contacté pour un papier qu’elle préparait sur l’affaire du niqab du CEGEP Saint-Laurent. Je suis content de vous dire que des fois, le Globe est raisonnable : en voici la preuve, dans la chronique de Mme Wente (et je ne vous dis pas cela seulement parce qu’elle me cite).
Dans la même veine, ma chronique du jour, La CBC, le contexte et les sauvages, porte sur quelques émissions de la CBC qui se sont, elles aussi, balancées du contexte complet dans l’affaire du niqab. Sur le blogue de Jean-François Lisée, on peut regarder un topo du National, le TJ anglais, sur cette affaire. Si on se fie à ce topo, l’histoire est simple : l’État québécois a ordonné à une pauvre femme de ne pas aller à l’école avec son niqab. C’est évidemment plus complexe. Mais c’est plus compliqué à raconter, aussi. On se demande si a) ils ne veulent pas raconter toute l’histoire, incluant les six mois de négos avec la dame ou si b) l’histoire ayant été d’abord racontée, avec nuances et détails, dans un journal écrit en français, ils ne peuvent tout simplement pas la comprendre.
Que ce soit bien clair. Ce n’est pas une question d’opinion. Je respecte les opinions qui divergent des miennes. Exemple : un lecteur m’a envoyé un édito récent du Toronto Star sur la question. Je l’ai lu, je ne suis pas d’accord, mais là n’est pas question : tout le monde a droit à son opinion et le Star se concentre sur la seconde expulsion de la dame au niqab. Il n’y a pas d’omissions délirantes ou de comparaisons odieuses, comme dans le cas de l’édito du Globe. Rien à redire. C’est une vision Toronto-centriste, si on veut, c’est loin du Québec en tabarslak, mais ce n’est pas une vision martienne du Québec.
En fait, dans le cas de bien des journalistes anglos – pas tous –, délirer à propos du Québec, c’est un état d’esprit. Un état d’esprit probablement permis par les préjugés de leur auditoire face à cette bizarre de province, je ne sais pas trop. Tenez, un exemple. Elle s’appelle Amanda Lang et c’est une journaliste-vedette de la télévision de la CBC. Sur son compte Twitter, @AmandaLang_CBC, Amanda a écrit ces sibyllines paroles, samedi : hmm. in Quebec they don’t like the burka…and they’re funding invitro with tax dollars…anyone see a pattern here? Traduction : « hmmm, au Québec, ils n’aiment pas la burqa. Et ils financent la fécondation in-vitro avec l’argent des taxes. Voyez-vous le lien ? » Je n’ai pas vu le lien, le pattern, alors j’ai écrit à Amanda Lang pour qu’elle m’éclaire de son savoir, pour que je comprenne le lien entre la suspicion face au voile intégral et la fécondation in-vitro. Réponse : « I don’t have anything to add. As you may know, it is not my area of expertise. » Traduction : « Je n’ai rien à ajouter. Vous savez probablement que ce n’est pas mon champ d’expertise. »
AJOUT : Le tweet a été effacé. Il en reste une trace, note @MarioAsselin.
Donc, Amanda Lang, reporter en vue de la CBC, par ailleurs pas une nounoune, fait des parallèles douteux sur le Québec sur un compte twitter comportant l’acronyme de son employeur. Quand on lui demande de s’expliquer, elle dit qu’elle n’a rien à dire. T’as de quoi à dire ou t’as rien à dire, Amanda ? Faudrait te brancher.
Je note, en passant, que dans la section « Provenance » de son compte Twitter, Amanda Lang précise qu’elle est basée à Toronto. Qu’elle décrit d’une façon qui nous aide un tout petit peu à comprendre ces reportages et ces attitudes bizarres de la CBC face à la question du niqab au Québec : « The center of it, Toronto. »
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