
Ma chronique du jour porte sur la sortie récente de l’Association des gens d’affaires et professionnels italo-canadiens contre une sketch diffusé lors de la spéciale de fin d’année de Tout le monde en parle, le 31 décembre dernier. Comme vous le savez peut-être, Giuliano D’Andrea, du CIBPA, dénonce ce sketch, qui véhicule selon lui des « stéréotypes » sur les Italiens qui sont « inacceptables ».
Dans ce papier, j’explique comment les prétentions du CIBPA sont de la bouillie pour les chats et participent d’une tentative claire de semer, dans le coeur des adversaires désignés du CIBPA, la peur d’être taxés de racisme, la prochaine fois qu’ils voudront critiquer quiconque est issu de la communauté italienne. C’est une tactique maintes fois utilisée par bien des groupes de pression et individus prenant la parole en public au nom de groupes particuliers. Vous critiquez les actions d’Israël ? Préparez-vous à vous défendre d’antisémitisme. Vous critiquez l’État haïtien : ne seriez-vous pas un peu raciste, vous ?
On a vu, à l’Assemblée nationale, une variante partisane de cette tactique utilisée par les groupes de pression : Tony Tomassi et Nathalie Normandeau, ministres du gouvernement du Québec, ont respectivement accusé leurs critiques de racisme et de sexisme, quand l’opposition les a cuisinés, dans un passé récent.
Mais revenons à ma chronique et à M. D’Andrea, du CIBPA. Vous aurez remarqué que l’acronyme CIBPA n’est pas synchro avec « l’Association des gens d’affaires et professionnels italo-canadiens ». Sur son site web, l’Association n’a pas jugé bon de franciser son acronyme, référant à elle-même comme la CIBPA. Donc, appelons l’Association par l’acronyme anglo de son choix, si vous le permettez. La CIBPA, donc, a planté Radio-Canada pour ce sketch qui véhiculait, selon elle, des stéréotypes ethniques.
Je suis tombé, par la magie de Google, sur une déclaration publique assez consternante du représentant de la CIBPA, M. D’Andrea, faite au magazine Châtelaine, sur la question du français au Québec. Le genre de citation qui semble sortir de la bouche d’un extra-terrestre n’ayant jamais mis les pieds au Québec. Je cite M. D’Andrea, à propos du sort du français à Montréal :
Elle n’est pas et n’a jamais été menacée à Montréal. Montréal vit et respire en français !
On s’asperge un peu d’eau froide dans le visage, on relit la quote et, non, on n’a pas rêvé. Montréal vit et respire en français. N’a jamais été menacée. Jamais.
Bon.
Je voulais juste donner un peu de contexte sur le (ou faut-il dire la ?) CIBPA. Il y a des groupes d’intérêts qui, quand ils prennent la parole, ont de la crédibilité. D’autres, par contre, n’en ont pas, à force de dire des énormités. Dans mon-livre-à-moi, le CIBPA, quand il intervient au Québec, dit des énormités énormes comme la Lune.