
Dans Le Soleil de Québec, ce matin, controverse autour d’un concours organisé par un club de danseuses local. Le club de danseuses a décidé de diversifier sa clientèle. En effet, pour des raisons faciles à comprendre, l’essentiel du marché d’un tel établissement est composé de seulement 50% de la population générale, celui représenté par l’Homme. Donc, il faut attirer les femmes. Comme clientes, je veux dire. Pour les artistes, ça va, le cabaret en question se concentre encore sur l’autre 50% de la population, celui représenté par la Femme.
Donc, le club organise des activités pour les femmes. Danse (sans se dénuder) et chants, par exemple, les dimanches. Or, pour attirer les femmes et les encourager à participer à l’essort de ce secteur de l’industrie de la restauration et du divertissement, le club en question offre un prix de présence d’une valeur de 7000$.
Sous la forme d’implants mammaires.
Extrait du texte du Soleil :
La propriétaire du Lady Mary Ann, Johanne Dolbec, ne cache pas qu’avec ce concours et ce prix inusité, elle souhaite faire parler de son établissement et attirer une nouvelle clientèle. «Le dimanche, nous voulons attirer une clientèle autant féminine que masculine, raconte la propriétaire lors d’un entretien téléphonique. Nous continuerons à offrir des spectacles classiques de danseuses les dimanches, mais nous souhaitons innover avec des concours de tous genres, comme celui que nous lançons. Les participantes ne seront pas obligées de se dévêtir et de présenter un spectacle érotique pour gagner le concours. Elles pourront faire du chant, du théâtre ou de la danse. Toutes les performances seront acceptées.»
Du théâtre, hein ?
Hum…
Voici ce qui ferait une belle promo pour le poster : « Jouez Le Cid, gagnez un buste ! ». Enfin, je m’égare, toujours est-il que Le Soleil a déniché une femme qui n’est pas d’accord avec le concours organisé par l’établissement. Une ancienne de la Fédération des Femmes du Québec, Mme Emilia Castro. Ligne d’attaque classique quand on s’est impliquée dans le militantisme d’une association de femmes :
Jointe au téléphone en fin d’après-midi hier, une ancienne membre du conseil d’administration de la FFQ, Émilia Castro, s’est insurgé contre ce concours. Elle demande au cabaret de mettre fin à cette compétition, qui démontre, selon elle, «un manque flagrant de respect envers les femmes». «Je pensais qu’en 2010, nous étions rendus à un autre niveau», évalue celle qui a siégé au conseil d’administration de la FFQ jusqu’en octobre dernier. «C’est une autre façon d’utiliser le corps de la femme comme un objet, à des fins commerciales. C’est totalement inacceptable.»
Le problème, c’est que cette façon d’utiliser le corps des femmes se fait de façon tout à fait volontaire de la part des femmes qui choisissent de préparer un petit spectacle amateur dans leur sous-sol, de monter dans leur auto (ou celle de leur chum), de conduire jusqu’au cabaret en question et d’y faire leur petit spectacle. Le problème, ce n’est pas qu’un cabaret de danseuses ait pensé à une singerie-marketing pour faire parler de lui, le problème c’est qu’il ne manquera certainement pas de jeunes femmes en santé, tout à fait consentantes, pour aller jouer un extrait du Cid, personnifier Carmen ou Madonna sur ses planches, dans l’espoir de se procurer un nouveau kit à 7000$.
Évidemment, c’est plus délicat de dire de ces filles qu’elles utilisent leurs corps comme un objet, que ce qu’elles font est totalement inacceptable, qu’en 2010, les femmes – ces femmes – devraient être rendues à un autre niveau, qu’elles manquent de respect envers elles-mêmes…