Je n’étais pas familier avec l’oeuvre de Stéphane Dupont, animateur de radio, le midi, à CHOI, à Québec, jusqu’à ce que je tombe sur ce reportage d’Infoman sur le blogue de La Clique. Je l’ai dit et je le répète, il se fait de la très bonne radio à Québec. Mais il y a des singeries qui renforcent, genre, les préjugés. Comme celles de M. Dupont, sur Haïti, à grands renforts de sacres et d’obscénités qui sonnent bizarrement comme des rots. On écoute ça et on se croirait vraiment à la taverne, et encore, à la taverne juste après le last-call, quand les lumières sont allumées, que le barman a hâte d’aller se coucher et qu’un dernier client colle encore, englué dans un grand monologue sur l’état du monde, tanguant dangereusement sur son tabouret…
Évidemment, les Prix Nobel comme M. Dupont se défendent en disant qu’ils disent tout haut ce que « le monde » dit tout bas. Mais ce n’est pas ça le problème. On peut dire ce qu’on veut. Même : « Moi, je donne pas à Haïti. » C’est une position qui se défend parfaitement. Le pépin, c’est la méthode. Pour faire une image : on se décrotte le nez dans l’intimité, comme on y fait ses besoins intimes. On a le droit de faire ses deux activités. Mais on n’est pas obligés de les faire en public. Ou à la radio de Radio Nord Communication.
Bon, enfin, qu’importe. M. Dupont a tout à fait le droit d’animer à la radio. C’est un pays libre. Des entreprises de radio ont le droit d’embaucher qui elles veulent pour attirer le maximum de BBM, qui en retour fixent les tarifs publicitaires, qui forment eux-mêmes les revenus des stations de télévision. Elles ont le droit. On peut choisir de ne pas écouter, les BBM plongent alors, ainsi que les revenus publicitaires et, à la fin, nonobstant toute la libaaaaaartéééééé qu’on prône, l’animateur non-écouté est remercié. C’est ainsi qu’un animateur perd un micro*.Mais M. Dupont n’a pas ce problème, il est très largement écouté. Et ce midi, il s’offusquera peut-être de ce billet, mais il en est au fond bien heureux. Les gens qui font leurs besoins en public, au fond, veulent être vus…

Raynald Brière – Patron de M. Dupont (Photo La Presse)
On peut aussi choisir de poser des questions aux dirigeants. La page web des dirigeants de RNC est sur son site web. Le grand patron de la direction Radio-Nord Communication s’appelle Raynald Brière. Il en est le président et chef de la direction. M. Brière est un homme très respecté dans le monde de la radio montréalaise, je le dis sans sarcasme. Il a aussi été grand patron de TVA où il a encore imposé sa réputation de gestiionnaire médiatique chevronné.
Puis, il s’est retrouvé chez RNC. Après son arrivée, CHOI, via Genex, est entrée dans la grande famille RNC.
Qu’il soit à la tête d’un groupe qui tolère pareilles singeries me sidère.
Ma question est peu loadée, M. Brière, désolé, mais n’ayant pas fait carrière dans les vidanges, quand vous écoutez le gars qui anime le midi à votre succursale de Québec, vous bouchez-vous un peu le nez ?
*L’autre façon de perdre un micro : quand un animateur coûte tellement cher à défendre juridiquement en cour dans le cadre de poursuites en diffamation ou devant les organismes réglementaires, comme le CRTC, qu’il en vient à coûter davantage à sa station que ce qu’il rapporte.
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