Patrick Lagacé

Archive du 10 décembre 2009

Jeudi 10 décembre 2009 | Mise en ligne à 17h32 | Commenter Commentaires (124)

Question : Lucien Bouchard est-il encore souverainiste ?

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Photo Robert Skinner, La Presse – Bernard Derome

Ce soir, Bernard Derome s’entretient avec Lucien Bouchard dans le cadre de sa série Les Années Derome, sur l’actualité des quatre dernières décennies. Je souligne que la critique a salué de façon quasi-unanime les épisodes montrés en visionnement de presse par Radio-Canada. On dit que c’est très, très bon.

Aux Années Derome, à 20h, ce soir, donc, le chef d’antenne mythique rencontre notamment Lucien Bouchard, à propos du référendum de 1995. On dit que l’entrevue est passionnante. M. Bouchard, « négociateur en chef » désigné par Jacques Parizeau pendant le référendum de 1995, est passé à deux doigts de faire gagner le OUI, le 30 octobre de cette année-là. Son arrivée dans la campagne a fait grimper l’option souverainiste : une véritable LucienManie s’était emparée du Québec…

On connaît la suite. M. Parizeau a démissionné après la courte défaite du OUI, Lucien Bouchard est devenu chef du PQ et premier ministre du Québec. Puis, M. Bouchard a démissionné, assez soudainement, en janvier 2001. Sa contribution à la vie publique est depuis limitée ; l’ancien ministre de Brian Mulroney sort très rarement du devoir de réserve qu’il s’impose avec rigueur. Il s’est impliqué avec les « lucides », il y a quelques années. C’est à peu près tout.

Donc, M. Derome qui rencontre M. Bouchard, c’est un événement. Il y a l’Histoire, avec un grand H, qu’il faut aborder, c’est sûr. Mais il y a une autre question, qui fait l’objet de rumeurs persistantes : Lucien Bouchard, selon certains échos, ne serait plus souverainiste.

Je ne dis pas que c’est vrai. Je dis que ça circule. Ces bruits sont de notoriété publique. Les chroniqueurs et les insiders du monde politique les connaissent. Il y a peut-être de la déformation, remarquez : d’autres disent que M. Bouchard ne croit plus à la victoire du OUI. Ce qui est fort différent de ne plus croire à la souveraineté.

N’empêche, il y a des bruits, alimentés par le devoir de réserve que M. Bouchard observe. Mais quand même, ces rumeurs, ce n’est pas rien, on parle d’un des chefs souverainistes de 1995, quand le Québec est passé à 50 000 voix de se séparer du Canada !

Alors, M. Bouchard est-il encore souverainiste ?

C’est une question qui se pose.

Mais Bernard Derome a choisi de ne pas la poser.

Voici ce que l’ex-lecteur de nouvelles de Radio-Canada a offert en guise d’explication à mon collègue Richard Therrien, du Soleil :

Bernard Derome n’a pas cherché plus loin à savoir si M. Bouchard était toujours souverainiste. «C’est une question qui ne se pose pas. Je pense que c’est à lui de le dire par écrit s’il le veut», dit-il.

Je sais qu’en certains cercles, Bernard Derome est un saint qui ne saurait être contesté. La stature de M. Derome dans le monde de l’info est, d’ailleurs, méritée. J’ai déjà émis des réserves sur les performances de M. Derome lors de ses deux dernières animations de soirées de campagnes électorales. Même si j’avais déjà dit tout le bien du travail de l’homme en d’autres temps, ces critiques, plutôt soft, m’ont valu l’inimitié de radio-canadiens pour qui critiquer M. Derome relève de l’hérésie, voire de la profanation.

Je ne vais encore pas me faire d’amis, mais allons-y : je tombe sur le derrière quand je lis que demander à Lucien Bouchard s’il est encore souverainiste est une question « qui ne se pose pas ».

Pardon ?

C’est faux. C’est une question qui se pose. C’est même une question incontournable que M. Derome a choisi de contourner. Quand on a un politicien devant soi, ou un ex-politicien de la stature de M. Bouchard, je peux penser à quelques questions qui ne se posent pas. Par exemple : Quelle est votre couleur préférée ? Sinon, demander à un des chefs souverainistes de 1995 s’il est vrai qu’il y a du mou, quatorze ans plus tard, dans sa conviction indépendantiste, oui, c’est une question qui se pose, you bet !

Après, la balle est dans le camp de l’interviewé. Qui décide. Qui peut mettre les points sur les I. Ou offrir une réponse diplomatique. Ou tourner autour du pot. Mais il faut lui poser la question. Quand Jean Lapierre, passé de fédéraliste à souverainiste à animateur de télé, s’est fait demander par Paul Arcand en 2004, en annonçant qu’il se joignait à l’équipe libérale de Paul Martin, s’il avait voté OUI ou NON en 1995, il a eu cette réponse savoureuse : il a dit ne pas s’en souvenir ! Mais au moins, Arcand a posé la maudite question.

Ce ne serait pas si fâchant si M. Bouchard accordait des entrevues aussi souvent, disons, que Jacques Parizeau ou Bernard Landry. Mais les entrevues de Lucien Bouchard sont quasiment aussi rares que la présence de la comète de Halley dans notre coin de la Voie lactée.

Ne pas poser la question, c’est consternant de déférence. Un newsman, des fois, doit laisser la déférence dans la salle de maquillage.

Quelle occasion ratée.

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Jeudi 10 décembre 2009 | Mise en ligne à 15h06 | Commenter Commentaires (115)

Des nouvelles de Guy A. Lepage

brault-lepage.JPG
Photo Bernard Brault – Guy A. Lepage

La semaine dernière, j’ai écrit deux chroniques sur le phénomène des citoyens-potineurs qui peuvent désormais croquer sur le vif leurs vedettes préférées (ou pas) et diffuser ces photos. Idem pour des infos sur leurs vies. Un de ces papiers citait le ras-le-bol de Guy A. Lepage, le RBO qui anime Tout le monde en parle. En blogue, ces deux chroniques, écrites la même semaine que le TigerGate, ont beaucoup fait jaser…

Lepage lui-même m’a envoyé une réflexion, après tout ça.

La voici :

La rançon de la gloire

Je suis un humoriste et un animateur populaire. Depuis 29 ans bientôt, je gagne ma vie dans le milieu artistique. Des gens achètent des billets ou regardent mes émissions. Dans les deux cas, on s’entend pour dire que sans l’affection du public, j’aurais changé de métier car on m’engage grâce à cette popularité qui m’est prêtée par ce même public.

Donc, depuis 29 ans bientôt, je serre des mains, je signe des autographes, je me fais prendre en photos avec plaisir et gratitude, chaque jour, chaque heure même, quand je suis hors de chez moi. Avec les gens qui m’abordent, j’écoute surtout: un humoriste, tout comme un animateur, a besoin de savoir ce que les (télé)spectateurs pensent de son travail. Il y a constamment des ajustements à faire. Et les gens dans la rue ont souvent ce que Ron Fournier appelle un “bon point”.

Mon travail m’oblige aussi à accorder des entrevues régulièrement aux médias pour faire la promotion de mes projets. Moi, j’aime bien faire ça. Ça s’appelle le « service après-vente ». Je suis très disponible et plutôt gentil, la plupart des journalistes et animateurs pourront en témoigner, je crois.

Il m’arrive aussi de me retrouver dans quelques polémiques générées par moi, parfois pas toujours!, avec lesquelles je dois composer, faire des mises au point, me justifier voire m’excuser. Ça fait partie de ma personnalité, disons.

Tout ça, c’est mon travail. J’accepte d’ailleurs cette définition de tâche sans problème au contraire, c’est même plutôt agréable en général. Moi j’appelle ça MA JOB et j’adore ma job.

Parfois, une mauvaise critique vient frapper l’artiste de plein fouet.
Parfois, l’artiste se fait congédier après avoir connu un échec, parfois un artiste perd sa popularité. Parfois l’artiste se sépare suite à une union qu’il a médiatisée. Les médias et le public commentent alors cet échec, ce désaveu, cette séparation et l’artiste, en plus de sa peine, doit composer avec toutes ces personnes qui bavardent sur son cas. Ça, ça s’appelle LA RANÇON DE LA GLOIRE. Si tu acceptes LA JOB, tu acceptes les conséquences de la rançon de la gloire. Pas de problème avec ça.

Mais quand l’artiste sort d’une clinique d’obstétrique avec sa blonde en fin d’après-midi et que sur twitter, une “twit” annonce qu’ils attendent un enfant (alors qu’il aurait pu s’agir d’un cancer de l’utérus, d’une fausse couche, etc), que cette nouvelle est reprise par un site à potins une heure plus tard, puis annoncée dès le lendemain matin à la radio (sans jamais vérifier auprès l’artiste la véracité de la nouvelle) et que le père de la blonde appelle sa fille à 9h du matin pour lui dire: « Ça fait 3 clients qui me disent que t’attend un bébé, c’est vrai? » ; que l’artiste, lui, doit aller rejoindre son fils sur son lieu de travail pour lui annoncer en deux minutes la « bonne » nouvelle en espérant qu’il ne l’ait pas appris par un autre “twit” auparavant, ça, ce n’est pas la rançon de la gloire, ça c’est les conséquences conjuguées d’actions irréfléchies de gens « qui n’ont pas de vie ». Qui vivent à travers celles des autres et qui peuvent causer des torts irréparables en propageant des nouvelles fausses que plusieurs chroniqueurs (et journalistes) ne se donnent même plus la peine de vérifier, dans ce beau monde de l’internet.

Parce que, oui, les personnalités publiques ont des vies privées. Comme tout le monde, ils vivent des deuils, tombent malades, se séparent, font des dépressions, ont mal aux dents, ont des pertes de désir, de sommeil, de mémoire, etc. Ça fait partie de l’intimité. Et l’intimité se partage avec les intimes. Parfois certains artistes acceptent d’en parler en public: c’est LEUR décision, ils ne sont pas obligés.

Je n’aime pas l’anonymat et l’immunité que confèrent l’internet. Je n’aime pas que des zoufs blogueurs masqués, jaloux, mesquins, envieux ou juste niaiseux qui polluent la toile et obligent des gens, connus ou non, à se justifier d’actes pris en privé ou pire, de gestes qu’ils n’ont même pas commis. Cela devient fallacieux. Il faut maintenant se justifier devant des gens qui ne signent pas leurs accusations. (cinny23, sprout69, la Clique du plateau ne sont pas des signatures en passant).

Alors pour ceux que ça intéresse:

- Mes anciens pneus d’hiver ne peuvent s’installer sur ma nouvelle voiture, j’ai du en acheter d’autres ;
- J’ai un cours pré-natal lundi prochain ;
- Je dois aller retourner une base iPod qui ne fonctionne pas. J’ai égaré ma facture, maudit !
- Après mon vaccin, j’étais incapable de dormir du côté gauche pendant 2 jours !
- Mon chien est cotonné. Il faudrait que je l’amène bientôt chez le toiletteur ;
- Je raffole des chips. Ne m’en offrez surtout pas, je vais passer à travers le sac ;
- La bière me fait roter.

Voilà, vous savez tout de moi !

Guy A. Lepage

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Jeudi 10 décembre 2009 | Mise en ligne à 14h47 | Commenter Aucun commentaire

Pause Kit Kat de de type « Images génériques »

B-Roll, comment expliquer le B-Roll ? Des plans de coupe ? En pub, ce sont des images génériques utilisées dans les publicités…

Formidable parodie d’une pub qui vend… des B-Rolls de publicités…

(Via Metafilter)

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