Patrick Lagacé

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    Patrick Lagacé aime le journalisme : « Cette profession permet de vivre des aventures et d'être payé pour le faire », dit-il.
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    Lundi 30 novembre 2009 | Mise en ligne à 20h17 | Commenter Commentaires (26)

    La Presse : c’est réglé

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    Sept des huit syndicats de La Presse avaient approuvé une nouvelle entente (dont les journalistes, jeudi dernier) avec l’employeur : ce soir, le huitième et dernier syndicat, celui des distributeurs, celui qui subira les coupures les plus vives, a approuvé l’entente négociée par son comité de négo CSN.

    Ouf.

    C’est donc dire que les membres des huit syndicats de la boîte ont approuvé les ententes de principe conclues par leurs comités de négo.

    Je n’ai à peu près pas commenté ces négos difficiles, lancées le 15 juin quand le président et éditeur de La Presse, Guy Crevier, a convoqué les employés de la boîte pour leur dire que les mois à venir allaient être difficiles, que La Presse perdait de l’argent et qu’il fallait restructurer. De façon urgente. Je n’ai pas commenté parce que a) je ne suis qu’un membre parmi d’autres et b) dans une telle négo, on envoie au bâton un comité de négociation auquel il faut faire confiance et appuyer c) j’ai apporté dans mes boîtes, lors de mon déménagement du JdeM à La Presse, il y a trois ans, une pudeur à parler des affaires internes de mon journal.

    Je suis soulagé. Comme tout le monde. Je ne sais pas si, à long terme, La Presse est « sauvée » ; je ne connais pas les détails de notre situation financière. Je sais que les journaux vont mal. Mais l’incertitude des dernières semaines était invivable pour bien des employés, à bien des égards. Plusieurs d’entre nous n’avions pas la tête à la défense pleine et entière du droit du public à l’information. Je pense notamment à des collègues qui, à 50 ans et quelque, encore bourrés de talent et d’énergie, ne se voyaient pas soudainement commencer à faire de la pige, dans un marché des médias qui n’est pas très robuste. Et à tous ces couples formés d’employés du journal : fermeture ou lock-out et c’étaient deux salaires qui fichaient le camp. Joyeux Noël…

    Nous avons subi des reculs, collectivement. Je ne veux faire pleurer personne : comme journalistes, comme travailleurs, nous sommes bien traités, même après cette nouvelle entente. Nous savions que le contexte était dificile. André Noël, le journaliste d’enquête qui vous révèle tant de crosses dans nos pages, l’a bien résumé, en assemblée syndicale, quand il a dit au comité de négo (je cite de mémoire) : « Ce n’est pas tous les jours qu’on se réjouit de reculs. Mais vous n’aviez pas de leviers et vous avez quand même fait un très bon travail. Bravo. » Sa déclaration a été chaudement applaudie. Nous avons accepté des reculs pour un tas de raisons. Mais comme journaliste, je pense que je ne suis pas seul à penser que travailler pour ce journal, c’est un wet dream journalistique. Notre chèque n’est pas seulement le chiffre qui apparaît sur notre relevée de paie. C’est un peu pour ça que beaucoup d’entre nous avons dit oui à ce deal.

    Voilà. J’ai d’autres trucs à dire, sur des trucs qui ont été dits pendant ces semaines d’incertitude. Mais je vais décanter un peu avant d’écrire.


    • Bien content que La Presse va survivre, bien content que content que vous allez garder vos jobs, triste que des gens de talents perdent des avantages monétaires ou autres au nom de présumés ennuis économiques dont vous n’avez rien à voir avec.

      Je suis certain que nous allons avoir des braves anonymes qui vont vomir sur vos reculs et sur la valeur de votre travail mais bon en faisant ma part vous allez obtenir au moins un commentaire d’encouragement.

    • Je suis content de la situation de La Presse par rapport à ce qui est arrivé au Journal de Montréal et au Journal de Québec.

      L’intransigeance du patronat chez Quebecor ont largement entaché la réputation de tout son réseau.

      Le “prestige” (si je peux m’exprimer ainsi) de La Presse a été préservé. Et on sait qu’au-delà de la qualité de l’information qu’elle diffuse, l’image d’un journal définit en grande partie son taux de pénétration.

    • Très bonne nouvelle. Ce n’aurait pas été souhaitable du tout de voir La Presse dispaître, même si je ne suis pas toujours d’accord avec la ligne éditoriale :-)

      Ca reste un journal sérieux qui fait de bons “spéciaux” et qui traite l’information plus sérieusement que d’autres journaux. Ca reste aussi un journal (clairement) fédéraliste, ce qui sain dans un monde médiatique où il y a presque un consensus pour un journalisme de gauche et séparatiste. (je ne vous vise pas… :))

    • Quand je pense que la Pétrowski a eu peur de perdre sa job.

    • J’imagine que cela rendra les journalistes plus compréhensifs des mouvements syndicaux, à moins bien sûr que cela vous rende amers. Je suis impatients de voir comment vous, les journalistes de votre boîte, aller traiter les prochaines négociations des fonctionnaires provinciaux. D’un côté vous avez du faire des sacrifices et probablement que vous aller avoir de la difficulté à comprendre que les fonctionnaires n’en font pas. D’un autre bord, le gouvernement a de la difficulté à recruter des gens compétents pour ses réseaux de la santé et de l’éducation. Tandis qu’on ne manque pas de journalistes. Allez-vous être capable d’un traitement objectif ?

      Autre chose : avec toutes les sources d’informations alternatives, le journaliste moyen ne peut plus écrire n’importe quoi. Quand un journaliste écrivait une connerie, seul quelques concernés voyaient l’erreur et un seul écrivait au journal en espérant que sa lettre passe. Maintenant n’importe qui peut prouver à l’ensemble de la planète que tel ou tel journaliste a écrit une idiotie. Votre marge de manoeuvre se rétrécie au moment où les sources d’informations se multiplient.

      En fait depuis que le groupe d’Yves Michaud, le Mouvement d’Éducation du Droit des Actionnaires, a gagné contre Power corp et que les états financiers de Gesca ne peuvent plus être fondus dans le résultat global du conglomérat, les actionnaires peuvent exiger que Gesca soit rentable, ce qui oblige le journal à sabrer dans les dépenses et augmenter le tirage par tous les moyens. Auparavant le journal n’avait pas à être rentable tant et aussi longtemps que les idées du patron circulaient et que par une situation d’oligopole on évitait les sujets controversé comme la torture au profit de Talisman corp (dans laquelle votre grand patron a des intérêts) au Soudan.

    • Quand ça va bien il est normal que les employés aillent chercher la part qui leur revient. Quand ça va mal il est normal pour les employés d´absorber la part qui leur incombe, bravo aux employés de La Presse de l´avoir compris. Je pourrai continuer a lire mon journal que je lis depuis plus de 40 ans.

    • Bravo et bonne continuité!

    • tres bonne nouvelle. sauf pour le fait que marie-claude lortie pourra continuer son men bashing

    • Bravo à tous les travailleurs de La Presse.

      Ce n’est pas drôle de “reculer, pour mieux avancer”, si je peux m’exprimer ainsi.

      Oui, partout dans le monde, les médias écrits en arrachent. Vous ne regretterez pas votre accord à ces nouvelles conventions collectives.

      D’un autre côté, je ne peux m’empêcher à vos collègues de Ruefrontenac.com, qui sont sur le trottoir depuis plus de 10 mois. Avec un proprio comme PKP, il faut s’attendre au pire, malheureusement.

      Espérons pour ces 253 syndiqués qu’une entente va être possible avant longtemps. Sinon, un deuxième hiver sur le trottoir, il n’y a rien de plus triste à vivre à titre de travailleurs, qui ont toujours eu leur produit à coeur.

      Content de savoir qu’à La Presse, la négociation, quoique difficile par moment, a été la bonne voie à prendre, et non celle utilisée par Quebecor.

    • Comme dirait l’adage mieux vaut une entente boiteuse que pas d’entente du tout. Il y aura et ce dans toutes négociations des gagnants et malheureusement des perdants.

      Sauf que dans ce cas précis, pour une très grande majorité vous garder vos emplois, et cela, aujourd’hui c’est une denrée rare que de garder son emploi.

      J’aime “La Presse” et surtout et avant tout le “Cyberpresse”. Je me réjouis en silence car je sais pertinemment bien qu’une négociation houleuse laisse des traces. Les goûts amers ont les traînent longtemps.

      Je lève mon chapeau à vos représentant syndicaux, ils ne l’ont pas eu facile dans le contexte pourri que nous vivons tous.

      Le domaine de l’édition devra tôt ou tard s’ajuster à cette nouvelle réalité qu’est le cyber mondialisation. Nous n’y pouvons rien, c’est là que nous sommes rendus. Tous et chacun se sont fait prendre dans cet engrenage qui n’a plus de fin. Nous y trouvons notre compte,…au détriment du bon vieux papier.

    • Vous avez eu chaud M. Lagacé ? Je vous comprends. Vous avez eu peur que votre petit monde s’écroule. Le mien s’est écroulé 3 fois : En 1981 lorsque je commençais dans le métier, en 1991 lorsque je venais tout juste de seulement relever la tête et finalement en 2008 après seulement 5 à 6 années de vaches graces. Je suis architecte en région.

      Je suis heureux pour vous.

    • très heureux que tout est régler pour toutes les unités de négociation de la presse.
      la fermeture de la presse et les conséquences qui en aurais découler sont impensables.
      espérons que ces ententes apporterons le répit nécessaire à la presse pour demeurer rentable et rester en affaire.
      cg

    • Très bonne nouvelle pour vous et pour nous !

      Longue vie à La Presse !

    • Bravo à la lucidité syndicale. Il serait grand temps que les syndicats gouvernementaux fassent de même….

    • C’est une bonne nouvelle, car la disparition des grands journaux (ce que laissait miroiter la partie patronale) est une menace à la qualité de notre vie démocratique. Pour délibérer ensemble, encore nous faut-il avoir un minimum de références communes et il me semble que les grands journaux (comme la Presse) demeurent les principales sources d’information crédibles, même à l’heure du web 2.0…

      http://leblogueduvoisin.blogspot.com/

    • Quand les deux côtés sont raisonnables.

    • Ca va regler quelques problemes personnels; tant mieux pour ceux que ca aidera. Mais ca ne creve pas pas l’acces. Ca ne permettra pas une information a laquelle on puisse se fier, et ca ne garantira pas les plans de carriere de ceux qui sont a plus de quelques annes de la retraite. C’est une Regie autonome de l’information qu’il faut mettre en place.

      http://nouvellesociete.wordpress.com

      Pierre JC Allard

    • Avec Internet/Wi-fi, les portables et les ipods, ibooks et autres gadgets…

      Combien de temps encore pensez-vous que les journaux-papiers ont devant eux?

    • je comprends mon sherPat que tu as des pudeurs à parler de ton journal, mais c’est plutôt étonnant d’un franc-tireur …

      quels sont les reculs subis au juste ? la semaine de 4 jours qui passe à 5 ?

      soyons francs: vous avez d’excellents salaires, d’excellentes conditions de travail, d’excellents avantages sociaux … vous ne perdez rien de cela en pleine déroute financière et économique mondiale… picher a raison: maudit beau travail des négociateurs :-)

    • @Omni-tag que je cite: en 1991 lorsque je venais tout juste de seulement relever la tête et finalement en 2008 après seulement 5 à 6 années de vaches graces.

      J’ai commencé chez Dominion-Bridge à Lachine en 1968, jamais été mis-à-pied, jusqu’a sa fermeture en 1998. J’ai été 6 mois a faire du travail d’assemblage-soudage dans de petites compagnies, jusqu’à ce que ADF de Terrebonne achète les actifs de DB. Nous, les employés es syndiqués de DB avons rien perdu avec la nouvelle compagnie, sauf que ça a durer jusqu’en 2003.

      Par contre en 2001 je été malade et ne suis plus jamais revenu au travail.

    • M.Lagacé, bonne nouvelle.
      Très heureuse pour vous et votre petite famille:-)

      Bravo à votre syndicat….pour cette négociation réussie….malgré les reculs.

      Espérons que vos patrons sauront BIEN administrer cette fois.
      Car trop souvent, c’est la mauvaise administration qui fout l’entreprise dans
      la gadoue….mais les correctifs sont faits au niveau des employés…..

      Bonne suite des choses, et au plaisir de vous lire!
      Louise April(Laloue)

    • J’ai eu bien peur de perdre “mon” journal…et je fais ma part puisque je vous lis sur cyberpresse en me levant et j’achète la version papier plus tard. J’ai commencé à acheter la Presse, fraichement arrivée en ville de ma région pour me trouver une job. Ensuite je l’ai acheté pour Nathalie Pétrovski, puis Foglia et enfin pour te lire, toi. Vous y êtes encore tous et malgré mon retour en région 18 ans plus tard plus tard, je lis toujours religieusement ma Presse…même si certains matin de tempête elle arrive la dernière au dépanneur!!!

    • Je suis heureux pour vous. La Presse a puissamment contribué à maintenir le Québec dans le giron canadien. Juste pour cela je souhaitais la mort de votre journal. Maintenant que tout est réglé, je vous souhaite tout de même la meilleure des chances.

      P.S.
      Il est temps maintenant de faire une mise à jour majeure du site. Vos concurrents ont pris une avance en ouvrant tout les textes ou presque aux commentaires.

      Mot de Cambronne!

    • Très content et soulagé. Je me demande ce que j’aurais fait sans la Cyberpresse et ses journalistes que j’aime bien [même (surtout?) quand ils sont ch***ts! ;-) ].

      Soi-dit en passant: puisque les entreprises de presse sont si importantes, pourquoi n’y a-t-il pas un programme d’aide gouvernemental pour les aider à passer à travers la crise temporaire des médias? On subventionne (à tort?) des industries comme les pâtes et papier ou les producteurs de “coHons” mais les “médias” eux? Juste une idée comme ça…

      Bien cordialement.

      Claude LaFrenière

    • Je suis également très heureux de ce dénouement qui permet d’éviter une dégradation de l’ambiance de travail à La Presse. Il ne reste maintenant plus qu’à souhaiter une meilleure répartition du budget de rédaction entre les journalistes et les chroniqueurs (qui sont trop nombreux à mon avis).

      @quoailleur: Il est vrai que les employés de La Presse ont d’excellentes conditions de travail. Il ne faut cependant pas oublier qu’il s’agit des meilleures conditions auxquelles peuvent aspirer les journalistes écrits, qui dans la majorité des autres médias, doivent se contenter de salaires peu élevés par rapport à leurs études et de conditions très ordinaires, très loin des «faiseux» d’image de la télé.

    • Pour faire ça très simple, j’appelle ça un geste de solidarité. Je me demande comment le lecteur peut en faire un, lui.

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