Patrick Lagacé

Archive, mars 2009

Plus tôt aujourd’hui, j’ai blogué sur cette controverse en France, à propos d’un type issu du hip hop, et qui arrive avec Sale pute, une chanson qui décrit sa rupture. Les paroles sont assez choquantes, brutales, violentes. Et c’est un journaliste au seuil de tolérance assez élevé qui vous le dit.

Un lecteur, Laurent Bourgault-Roy, m’écrit ceci :

Pour ce qui est du fait que beaucoup de clips de hip-hop sont misogyne, je ne peux pas vraiment débattre du contraire, mais j’aimerais quand même te faire écouter ma chanson de hip-hop préféré. Comme quoi (sans vouloir faire de jeux de mots idiots) tout n’est pas totalement noir dans le domaine du hip hop

La chanson dont parle Laurent est ici.

Je ne suis pas le plus grand connaisseur de hip hop en ville, loin de là. Mais je peux apprécier certains trucs. Eminem a fait des rimes pas possibles, même s’il a dérapé, lui aussi. Le groupe Loco Locass a écrit certaines des plus belles lignes de la chanson québécoise récente, et parmi les plus bouleversantes, même. Le hip hop n’est pas que violent, absolument pas. Mais c’est assez consternant de voir que des tas de crétins s’y réfugient pour exprimer des conneries épouvantables et la chose semble universelle en Occident. On ne les trouve pas à l’opéra, je veux dire. Comme ce Français qui parle – je paraphrase, mais à la fin c’est ça – de torturer son ex parce qu’elle a « osé » le tromper. C’est que je voulais exprimer en disant « On ne veut pas généraliser, mais… »

Un lecteur, Immortal Quelque Chose, se rebiffe : « Parlez pas de ce que vous connaissez pas, informez-vous et puis jappez par la suite… »

Ça me fait penser à Pâques 2008, l’affaire Jonathan Roy. Les spécialistes du hockey junior pestaient de voir les journalistes « étrangers » débarquer dans les arénas. Se demandaient ce qu’on connaissait au hockey junior. Disaient qu’on ne comprenait pas la culture de la LHJMQ. Etc, etc. Je me demandais, à l’époque, ce qu’il faut « connaître » du hockey junior pour trouver mongol que des kids de 16, 17, 18, 19 ans soient impliqués dans des incidents violents sur la glace. Je me demandais ce qu’il faut connaître de la « culture » du junior pour avoir le droit de trouver débile qu’un gardien de but traverse la glace et fesse à grands coups de poings sur l’autre gardien, qui ne veut pas engager le combat.

Les apologistes du hip-hop violent comme Immortal partagent le même barbarisme tranquille que les apologistes du hockey « viril ». Je ne vois pas ce que je dois « connaître » de la culture hip-hop pour trouver profondément violent un chanteur qui rêve de se faire faire (appelons les choses par leur nom) une pipe par la mâchoire brisée de son ex-blonde.

Alors, Immortal, juste pour toi : wouf, wouf…

Au fond, c’est Snooze qui a raison :

Orelsan n’a aucun talent. Ce qu’il écrit est généralement mauvais (j’ai fait l’effort d’écouter quelque uns de ses textes). Je connais personnellement beaucoup de gens qui écrivent mieux que lui (et qui ne se prennent pas pour des artistes pour autant et qui n’endisqueront jamais) … C’est creux, c’est sans inspiration, c’est premier degré “tu ma trompé je vais te pèter la gueule sale /$%!”, y’a rien à retirer d’un tel “artiste” qui d’ailleurs feint très mal l’ébriété, la zone et le mal de vivre. C’est nul. C’est pas immoral, c’est pas choquant, c’est juste nul. Très très nul.

Quelques personnes ont souligné la liberté d’expression du rapper. Très juste. Il a le droit de chanter ce qu’il veut. Et on a le droit de dire que c’est profondément débile.

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Mardi 31 mars 2009 | Mise en ligne à 19h01 | Commenter Commentaires (3)

This American Life : fenêtre sur la récession

Je vous ai déjà parlé de cette émission américaine sur National Public Radio, This American Life. Du documentaire radiophonique, absolument merveilleux. Chaque émission a une thématique, souvent issue du champ gauche (la plupart des topos choisis par TAL, ici, leurs préférés, sont issus du champ gauche…). Mais quand l’équipe de Ira Glass se met à faire des dossiers sur des sujets d’actualité, l’émission ne perd rien de sa fraîcheur, de son zip, de sa profondeur. Dimanche, je revenais de New York. Dans le nord de l’État de NY, il n’y a pas grand-chose à voir, sinon des haltes routières et des épinettes. C’est beau, mais quand ça fait deux fois que tu écoutes le dernier de U2 et douze fois que tu réécoutes La nuit je mens, ça fait du bien de tomber sur TAL, à la radio…

Sujet de l’émission de dimanche : la récession. On peut l’écouter ici. Sur iTunes, on peut acheter en podcast toutes les émissions de TAL. La récession, donc. On explique comment le gouvernement américain prend le contrôle d’une banque qui est en train de s’écrouler, pour protéger les épargnants. C’est fascinant. Une opération jamesbondesque. On explore aussi ce qui arrive dans les immeubles à condos dont les unités n’ont pas encore été vendues à 100%, en Illinois, immeubles désertés par les promoteurs. Les (quelques) résidants qui ont acheté des unités sont pognés avec des problèmes épouvantables…

Plogue gratis, donc. Si vous n’avez pas envie de regarder la tivi ce soir, ça vaut le détour…

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Mardi 31 mars 2009 | Mise en ligne à 17h00 | Commenter Commentaires (13)

Star Wars rencontre Dallas…

Avertissement : si vous avez moins de 35 ans, il y a de fortes chances que vous ne compreniez pas ce clip…

(Via Boing Boing)

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