Ma chronique du jour porte sur Barack Obama et ce qu’on peut appeler l’Amérique profonde. Cet été, je suis allé en Indiana avec des amis pour voir une course de NASCAR (le voyage était davantage pour les amis que pour les chars) et ça m’a permis de voir une autre tranche de ce pays fascinant. J’adore les États-Unis, je suis pro-Américain, n’en déplaise aux bushistes qui confondent aversion pour Bush & co. avec aversion pour les États-Unis. Bref, j’aborde la question délicate des années-lumières qui séparent le candidat démocrate et une partie de son électorat.
Lisant cela, une lectrice qui voyage régulièrement aux États-Unis, qui désire demeurer anonyme pour cause de susceptiblités professionnelles (pas les siennes), m’a envoyé cette réflexion (je n’ai pas la force d’ajouter les accents à son message, écrit sur un clavier anglo, sorry) :
Tout ca pour dire que oui, vos conclusions sur l’autre versant des US sont pertinentes. Sauf que voila : j’ai aussi vecu 2 ans a Long Island NY et ai parcouru pas mal de miles dans le Nord-Est et ailleurs aux Etats-Unis et ce qui est veritablement inquietant, c’est qu’en une majorite d’americains (PARTOUT sur le territoire) sommeille un RED NECK. Voila, c’est lâché. Et le red neck, c’est quoi? Le red neck c’est l’anti-these d’Obama, c’est le refus de tout ce qui ressemble de pres ou de loin a une analyse intelligente et approfondie des evenements qui surviennent et nous entourent. Le red neck, c’est un faux patriotisme qui fait coller des bumper stickers « Support our troops » sur les Hummer, qui voit en Obama un homme raffine et eduque (donc elitiste et par defaut suspect) qui s’exprime avec des mots a 5$, qui porte un gun a la ceinture en guise d’extension phallique, qui va voir des femmes lutter dans le gras de porc sous un soleil de plomb a Wakulla en Floride (vous avez bien lu, j’ai des photos a l’appui) et qui va a l’eglise le dimanche se faire pardonner ses peches (le plus commun etant la gourmandise).
On est loin, TRES loin du projet ambitieux des premiers immigrants venus s’installer en Amerique pour y developper une societe libre, affranchie et novatrice (je vous invite d’ailleurs a lire ou relire « The Air-Conditioned Nightmare » de Henry Miller. C’est decalissant a souhait mais ses salves contre sa propre patrie sont amerement savoureuses). Le discours d’Obama echappe totalement a la logique de la culture dominante Red Neck, c’est un autre algorithme. Le discours Obama s’adresse a un public ouvert, branche sur le monde et qui ne puise pas dans la peur de l’autre.
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