Patrick Lagacé

Archive, juillet 2008

Jeudi 31 juillet 2008 | Mise en ligne à 22h41 | Commenter Commentaires (42)

Je ne comprends rien à la géopolitique

bush-musha.jpg

Ok. J’essaie de comprendre, là.

Nous (l’Occident, disons) sommes allés en Afghanistan pour détruire un régime qui a abrité un groupe de terroristes de l’islam qui a frappé les Etats-Unis en 2001. Nous sommes en Afghanistan pour éviter que les talibans, des islamistes fondamentalistes, ne reprennent le pouvoir. Nous sommes en Afghanistan au nom de la démocratie.

Dans cette lutte, le Pakistan, pays voisin, est notre allié.

Pour le remercier d’être notre allié, nous (l’Occident, toujours), vendons au Pakistan du matériel militaire en plus de lui donner de l’aide financière. Pourtant, nous tolérons le fait que ce pays est une dictature qui bafoue le processus démocratique, suspend les juges qui déplaisent au régime militaire et laisse régner des islamistes fondamentalistes dans la région tribale montagneuse limitrophe de l’Afghanistan. Fondamentalistes qui foutent le bordel en Afghanistan en plus de faire sauter « nos » soldats.

Notre allié, quand des talibans semant la terreur en Afghanistan se réfugient dans ses montagnes, ne permet pas, bien souvent, à nos soldats d’aller les frapper. Il ne le fait pas non plus. Bref, il nous met des bâtons dans les roues.

Voici qu’on apprend, ce soir, que notre allié pakistanais, via ses services secrets, a participé à l’attentat meurtrier contre l’ambassade de l’Inde (son ennemi juré) à Kaboul, participant plus avant à l’instabilité de l’Afghanistan, instabilité que combattent nos soldats. Voici qu’on apprend que l’ISI fournit même à des obscurantistes de l’islam cachés dans ses régions montagneuses des informations précieuses sur les opérations américaines contre eux. Comme par exemple, des trucs sur la façon d’éviter des frappes ciblées des Américains contre eux.

Vraiment, tout cela est très compliqué. On appuie un régime qui appuie les terroristes qui déstabilisent un pays que nos soldats, au prix de leurs vies ou de leurs membres, essaient d’aider.

Évidemment, il faut supporter les troupes stationnées en Afghanistan et fermer nos gueules devant ces contradictions, mais je les souligne quand même, au cas où quelqu’un pourrait m’expliquer. Sur ce, bonne nuit.

AJOUT : Autre incroyable histoire sur la « coopération » d’un autre de « nos » alliés, l’Arabie saoudite, dont les officiels ont menacé la Grande-Bretagne de cesser de coopérer sur des questions de lutte au terrorisme, si une agence gouvernementale britannique ne cessait pas une enquête de corruption impliquant… des officiels saoudiens. Devinez la suite…

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Jeudi 31 juillet 2008 | Mise en ligne à 22h03 | Commenter Commentaires (12)

Tricherie et piège à ours…

Vous avez peut-être vu le film Twenty-One, en 1994, avec Ralph Fiennes, à propos du célèbre scandale du jeu-questionnaire Twenty-One, dans les années 1950. C’était un jeu-questionnaire télévisé comme il y en avait des tonnes, à l’époque. Charles Van Doren, sur les ondes de NBC, avait tout pour plaire : la politesse, le look, le sens du spectacle et, bien sûr, la vaste culture générale qui lui permettait de trouver les bonnes réponses.

Sauf que le show était scénarisé : les producteurs décidaient qui allait perdre, qui allait gagner, combien de temps les candidats allaient même rester « gagnants » sur le plateau. Le candidat que Van Doren a battu, pour rester en ondes pendant quatre mois, s’était fait dire de porter un costume trop petit et un peu cheap…

Van Doren a fait bien peu de sorties publiques, depuis le scandale. Il n’a pas participé au film de Robert Redford. Dans le New Yorker, récemment, Van Doren, qui a connu une belle carrière d’éditeur et d’écrivain, livre sa version des événements, un demi-siècle plus tard. Excellente lecture qui m’a fait oublier l’eau du bain qui refroidissait. Extrait :

I continued to appear on “Twenty-One” until March 11, 1957. During those four months, Freedman never stopped coaching me, and I came to see just how carefully controlled the show was. In our sessions, he would ask me questions, I would answer them—and then he would tell me how to answer them: pause here; add this or that remark or aside; always seem to be worried, anxious; never answer too quickly, let the suspense build up.

Au-delà de la porte qu’entrouvre ce texte sur l’univers des débuts de la télévision de masse, ce qui reste fascinant est la ligne bien mince entre la crosse et l’honnêteté. Voici un homme, Van Doren, qui avait eu une vie exemplaire avant Twenty-One ; qui a eu une vie tout aussi exemplaire après. Mais, pour des raisons qu’on ne comprend pas vraiment même après la lecture de son texte, le type a succombé au côté sombre de la Force, si je puis dire.

Attrait du fric ? De la célébrité ? Goût du risque ?

Who knows. Mais il y a quelque chose d’universel dans cette histoire, dans cette façon de mettre le pied — en toute conscience, en toute complaisance, malgré les lumières rouges, malgré le petit ange qui s’active sur notre épaule —, de mettre le pied, disais-je, dans le proverbial piège à ours…

(L’entrée Wikipedia – English only, désolé – est intéressante. On apprend notamment – surprise, surprise – que le film a pris des libertés avec la réalité…)

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Jeudi 31 juillet 2008 | Mise en ligne à 21h16 | Commenter Commentaires (36)

Il y a quelque chose dans l’air…

NOTE : Images troublantes sur le premier lien : poupon maltraité.

Le monde est fou.

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