Patrick Lagacé

Archive du 21 mai 2008

Mercredi 21 mai 2008 | Mise en ligne à 23h00 | Commenter Commentaires (66)

Tranche de vie de journaliste au bord des vacances

Les mots ont un poids et même, des fois, un poids insoupçonné. J’utilise le mot vieux, il se trouvera des lecteurs pour croire que je n’aime pas nos compatriotes de l’âge d’or. Je glisse le mot pute et il se trouvera des lecteurs pour croire que je déprécie les travailleuses du sexe. J’écris sur les excès de Mark Lafleur et les parents d’enfants souffrant du syndrome de la Tourette croient que je vise personnellement leur enfant. Et ainsi de suite.

Je le prends toujours avec un grain de sel, remarquez. Mes cours de yoga m’aident à me mettre dans la peau de l’Autre et je sais que les gens lisent parfois en diagonale, surtout mes papiers. Moi-même, souvent, il m’arrive d’écrire en diagonale, d’une main, en lisant À la recherche du temps perdu de l’autre.

Long détour pour vous dire que mardi, j’ai écrit que la victime de ce meurtre atroce à Rivière-Ouelle était une bibitte sociale. C’était une image pour décrire à quel point elle était impliquée dans sa communauté. C’était loin, très loin, très, très, très loin d’être dérogatoire.

Dring, ça sonne au bureau. C’est un lecteur. Fâché.

– Pourquoi avez-vous écrit que c’est une bibitte sociale ?
– Je ne comprends pas, Monsieur.
– C’est un manque de respect.
– Non, je vous assure que non.
– Avez-lu la définition du mot bibitte dans le Larousse ?
– Non, Monsieur.
– Ce n’est pas positif. C’est négatif.

J’étais sur le cul. J’ai cru à une joke. J’ai dit :

– Le mot « monstre » est négatif. J’appelle mon fils p’tit monstre, des fois. Allez-vous appeler la DPJ ?

Jusque là, la conversation était ce légendaire dialogue de sourds. Le Monsieur a lu quelque chose que je n’ai pas écrit. Ça arrive. Des fois, t’écris que le ciel est bleu et tous les fédéralistes qui dorment dans des draps unifoliés s’écrivent « AH-HA, JE LE SAVAIS, RITA ! LAGACÉ’ C’T’UN PIQUOUISTE ! » alors que tout ce que tu veux dire, c’est que le ciel est bleu et qu’il ne pleuvra pas aujourd’hui…

Justement, c’est après que la conversation a pris un tournant surréaliste.

– Auriez-vous écrit que Pauline Marois est une bibitte sociale ?
– Pardon ?
– Je vous demande si vous auriez écrit que Pauline Marois est une bibitte sociale.
– Euh, je ne suis pas certain de vous suivre, là…
– Pauline Marois. Auriez-vous écrit que c’est…
– J’ai pas dit que j’avais pas entendu, Monsieur, j’ai dit que je ne vous suis pas. Je ne sais pas si j’utiliserais bibitte sociale en parlant de Mme Marois. Ou de Stéphane Dion. Ou de Jack Layton.
– Oui, mais Pauline Marois, auri…

Le plus formidable, c’est que nous demeurions tous les deux polis, des exemples de civisme pour la jeunesse, bien que nous avions de toute évidence, chacun de notre bord, une puissante envie de s’envoyer ch…

– … Je ne sais pas, Monsieur. Mais je ne vois pas en quoi cela a un rapport avec le sujet qui nous occupe.
– Je trouve que « bibitte », c’est irrespectueux.
– Eh bien, Monsieur, il va falloir qu’on soit d’accord pour être en désaccord.
– Bonne journée, Monsieur.
– À vous aussi.

Bon, voilà. Je vous rapporte l’incident parce que certains d’entre vous croient que mon métier est jet-set à l’os, tapis rouge, champagne, Prix Pulitzer et tout et tout. Eh bien, non, non et re-non. C’est pas toujours comme ça, je vous jure. Il faut souvent accommoder sans se fâcher tous ceux qui voient des complots partout et ça, c’est pas facile, les enfants, n’essayez pas ça à la maison, I’m a professional.

Je crois qu’après m’avoir téléphoné, le Monsieur a appelé le titreur qui a écrit, à la une de La Presse de ce matin, à propos de la démission de Zampino : LE MAIRE TREMBLAY PERD SON BRAS DROIT. Pour lui dire quoi ? Pour lui dire qu’heureusement, le maire est gaucher…

Bon, je crois que je suis dû pour prendre des vacances. Je ne suis pas le seul, apparemment.

Je m’en vais en Islande, justement. Je me répète, je sais. C’est que j’ai hâte. Vous ai-je dit que c’est le pays le plus pacifique de la Terre ? Juré, craché. Il faut dire qu’il y a plus de monde à Laval qu’en Islande, alors ça aide.

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Mercredi 21 mai 2008 | Mise en ligne à 16h33 | Commenter Commentaires (22)

Hitler (encore) parodié

Certains vont me reprocher d’être un peu monomaniaque avec ces pastiches de La Chute mais je ne peux pas m’empêcher de vous les soumettre. Après avoir cessé de rire comme un malade, évidemment. Certains vont aussi me reprocher d’être un peu léger, aujourd’hui, dans le choix de sujet. Les plus cyniques diront que je ne suis que léger sur ce blogue (et ailleurs). C’est vrai que je suis léger, je m’en excuse, cette histoire d’enlèvement m’enlève le goût de me prendre la tête. Et je me prépare à cette semaine de vacances en Islande. Vous ai-je dit que je m’en vais en Islande ? Si vous connaissez une parodie de La Chute mettant en scène l’Islande, faites-moi signe, je vous en supplie.

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Mercredi 21 mai 2008 | Mise en ligne à 16h18 | Commenter Commentaires (2)

Les hauts et les bas de Richard Dufour

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Photo AP

Richard Dufour est mon ami depuis 1992. C’est vous dire à quel point c’est un très, très bon gars, patient et doté d’un sens peu commun du pardon et de passage de l’éponge. Nous avons même été colocs de 1993 à 1996, dans trois appartements différents, apparts qui affichaient tous un niveau de bordel digne de Animal House. Je dois vous dire que Rich, cependant, n’était pas le gars le plus porté sur le ménage, je devais souvent le rappeler à l’ordre.

Quand j’ai connu Rich, il était quart-arrière de l’équipe de football de l’université d’Ottawa, étudiant en communication et chef de la section sports du journal étudiant où je sévissais aussi, La Rotonde. Bref, Rich était un homme occupé. Mais nous savions tous qu’il irait loin un jour. Surtout quand il a décidé de faire un MBA. Là, nous étions impressionnés, dans notre petit groupe d’amis. Surtout qu’il s’arrangeait, en communication, pour qu’on fasse les travaux à sa place. On se demandait comment il survivrait dans un vrai programme sérieux…

Je ne suis plus coloc avec Richard Dufour parce que nous avons désormais les moyens, chacun de notre bord, d’habiter en solo, mais je suis resté ami avec lui pendant toutes ces années, notamment parce que c’est toujours utile d’avoir un ami athlétique fort comme un bœuf pour les déménagements et parce que les chums, c’est comme les souliers, ceux qui sont usés sont les meilleurs.

Tout ça pour vous dire que Rich est désormais blogueur à temps plein sur Cyberpresse, il va couvrir les hauts et les bas de la Bourse. La Bourse ! Je n’y connais rien. Mais déjà, alors que nous n’avions pas 25 ans, il achetait des titres.

Bonne chance, Rich. Et j’aime que tu écrives justement sur les jets d’affaires. Je pensais justement m’en acheter un…

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