Décision de la Commission des droits de la personne : les élus de Saguenay n’ont pas d’affaire à réciter une prière avant le conseil municipal. Pour la CDP, c’est clair : la décision du Tribunal des droits de la personne à propos d’une cause similaire à Laval fait en sorte qu’il n’est même pas nécessaire de porter l’affaire devant les tribunaux.
Deux citoyens du coin avaient porté plainte, estimant que la prière brimait leur liberté de conscience. Mais le maire de Saguenay, l’inimitable Jean Tremblay, persiste et (se) signe : il veut maintenir la prière.
Baon.
Par où commencer, donc…
Un, je trouve que la prière n’a pas sa place dans un hôtel de ville. Les élus municipaux, c’est l’État, qu’on aime ça ou pas. Et l’État n’a pas de religion. Mais bon, je suis un peu ayatollah laïc, dans ce registre : je voudrais bien que le crucifix de l’Assemblée nationale soit mis à l’index.
Deux, je trouve qu’il faut être chipoteux en simonac pour saisir la Commission des droits de la personne d’une question semblable. Pas extrémiste, pas exalté, juste chipoteux, du genre qui s’enfarge dans les fleurs du tapis. Je crois que les gens qui s’enfargent dans les fleurs du tapis ne font pas suffisamment de gymnastique horizontale en duo avec un être aimé.
Trois, le maire Tremblay, qui se vante de gérer sa ville en bon père de famille, sans trop dépenser, devrait avoir le bon sens de comprendre qu’il va plonger sa municipalité dans une bataille juridique longue, coûteuse et ridicule s’il s’entête. Bref, l’argent des citoyens dépensé pour défendre le droit de parler à Jésus avant les séances du conseil. Je ne pense pas que vos ouailles vont apprécier, M. le maire.
Quatre, la religion, ce n’est pas ma tasse de thé, la religion catholique est de moins en moins celle des Québécois (ne me parlez pas de croyants, parlez-moi de fréquentation des églises) et c’est une affaire privée. En privé, priez, lévitez, communiez tant que vous voudrez, bravo. Rien n’empêche le maire et les croyants qui forment le conseil municipal d’aller se faire bénir à l’église avant chaque séance.
Cinq, il fait beau dehors et je crois que je ne vais pas aller au bureau, finalement. Ne le dites pas au patron.
Oups, il m’appelle. Il est comme Dieu, il sait tout, entend tout, voit tout.
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