Patrick Lagacé

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    Patrick Lagacé aime le journalisme : « Cette profession permet de vivre des aventures et d'être payé pour le faire », dit-il.
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    Mercredi 14 mai 2008 | Mise en ligne à 23h54 | Commenter Commentaires (34)

    Encore un peu d’essence : le pic pétrolier

    Je sais, je sais, on parle de pic pétrolier en certains cercles. Je sais, je sais, il y a des odeurs de complot autour du concept : il paraît qu’ « ils » veulent nous cacher la vérité, qu’il va bientôt manquer de pétrole, qu’on va bientôt cloner des ânes pour traîner nos voitures. Je sais surtout que je n’en sais pas beaucoup sur le sujet. Je vais me renseigner. En attendant, voici un papier (merci, Chantal Lemay) présentant un prof de l’Université de Montréal qui aborde la problématique. Paraît qu’il reste du pétrole pour encore 41 ans.

    Peut-être que c’est vrai. Je suis peut-être un optimiste naïf, mais 41 ans, c’est assez pour que le génie humain trouve des alternatives au pétrole pour faire rouler nos bazous et chauffer nos maisons…

    Et si ce n’est pas le cas, ben dans 41 ans, j’aurai 77 ans alors je m’en fiche. Je serai sans doute mort.

    Mais non, je vous taquine, là, allons, allons, ne prenez pas ça comme ça. Je serai là, toujours vivant, toujours à bloguer pour vous tenir compagnie au nom du droit sacré du public à l’information.

    On parlera des ânes clonés – croisement avec des chevaux de course, robustes mais très rapides – capables d’atteindre 50 km/h en 90 secondes, principal moyen de transport de l’humanité.


    • Je suis aussi très confiant que le génie humain trouvera une solution plus durable que le pétrole pour sa consommation d’énergie.

      Ce qui me dérangerait le plus, dans 41 ans, c’est de manquer de … plastique! Le retour des télés en bois, des ordinateurs en métal ? Et on est mieux de recycler nos pneus dès maintenant!

      Les alternatives énergétiques au pétrole sont nombreuses et souvent beaucoup plus intelligentes. Mais les matières plastiques dérivées du pétrole ont des propriétés très pratiques qui sont plus difficiles à remplacer. Espérons que nous changerons nos habitudes en matière d’énergie rapidement…

    • Vite à la rescousse : un élevage de chevaux de trait, forts et vigoureux ! Les ânes sont trop lents et têtus.

      En autant que les Chinois et les Indiens s’y intéressent aussi !

      On n’est pas sortis des gisements…

    • Je doute que la STM devienne la Société de Transport en Mulets…

      Et, anyway, ça ne règle pas notre problème: on va quand même manquer de foin !

    • C’est toujours drôle de s’imaginer le progrès technologique qu’il va y avoir eu dans 40 ou 50 ans. Est-ce qu’on va les avoir nos voitures volantes?
      Ça prend tu de l’essence une voiture volante? hehe

    • En économie, il y a un principe simple : la rareté. Quand un bien est rare, son prix augmente. Deux principaux éléments influencent la rareté : la demande et la disponibilité (l’offre) dudit bien. Plus un bien est en demande, plus il est rare, donc plus son prix augmente. Moins un bien est disponible (moins l’offre est présente), plus son prix est élevé. Or, quand la disponibilité n’est pas présente et que la demande est élevé, le prix augmente en flèche.

      Bon, prenons cet exemple concret qu’est le prix de l’essence. Comme la madame de la météo a prévu qu’il allait pleuvoir dans pas long, le cartel pétrolier a décidé d’augmenter le prix du litre d’essence de 95 ¢ en cinq minutes l’autre jour. Faut comprendre que le 10% de possibilités d’averses compromettait les approvisionnements et acculait le cartel vers une faillite commerciale sans bon sens. Et, c’est clair que personne ne veut que le cartel pétrolier ne fasse faillite. Sont tellement fins.

      Mais, la pluie n’est pas la seule raison qui risque d’augmenter la rareté de l’essence. Notons aussi les guerres, les ouragans, les estimations de pénurie, les tremblements de terre, les vacances, etc.

      Évidemment, à la longue, le cartel pétrolier s’emmerde et trouve ça plate de toujours se fier sur des facteurs aussi soporifiques. Il finit donc par invoquer une foule de facteurs externes pour déterminer la rareté de l’essence. On pense, entre autres, aux remous créés par les négociations dans le secteur public, à l’interminable dossier de la nouvelle gouverneure générale, à une retour probable d’Helmut Loti, aux problèmes conjugaux du sous-directeur des affaires publiques de la compagnie qui fait les rétroviseurs des citernes livrant l’essence, et à la bonne nouvelle TVA.

      « Et quand on est vraiment à court d’idée, il reste toujours la Chine à accuser. », a déclaré le cartel. Ce dernier ayant demandé de conserver l’anonymat, puisque, comme nous le savons tous, l’industrie pétrolière est dans une concurrence parfaite qui nous fait dire que-c’est-dont-beau-le-capitalisme-quand-c’est-mené-rondement-comme-ça…

    • Le pic pétrolier ne signifie pas “la fin du pétrole”. Faux problème d’ailleurs : du pétrole il y en aura toujours dans 200 ans et s’il nous fallait en vivre jusqu’au bout, notre civilisation s’effondrerait bien avant d’en forer la dernière goutte. A titre d’analogie, le corps humain n’a pas besoin d’être déshydraté à 100% pour crever : il lui suffit de perdre 20 ou 25 % de son eau pour atteindre le point de non retour.

      Le vrai problème c’est l’atteinte du maxima pétrolier : l’apex et le point médian de la production mondiale, le point où la moitié des ressources mondiales disponibles seront extraites. C’est ce que veut dire Peak Oil ou pic pétrolier. A partir de ce point, la production mondiale déclinera inexorablement, les coûts de forage et le prix du baril de pétrole iront croissant, le pétrole extrait sera plus lourd et plus coûteux à raffiner et l’économie mondiale, dont la demande d’hydrocarbures ne cesse de croître, piquera du nez.

      Lors du choc pétrolier de 73, il suffit d’une baisse artificielle de 5% de la production pour faire quadrupler le prix de l’essence. Qu’est-ce que ce sera lorsque nous serons en situation de pénurie durable et croissante ?

      Réponse : ce sera la fin du pétrole à bon marché.

      Or, nous sommes dépendants de ce pétrole à bon marché de bout en bout… Le pétrole ce n’est pas que le carburant, les transports et le goudron de nos routes (ce qui est déjà énorme et affecte le coût de tous les produits de consommation courants), c’est aussi la production industrielle, de l’extraction des ressources naturelles à la transformation des matériaux, le stockage et la transformation de la nourriture, le chauffage et la réfrigération… et une longue liste de produits dérivés pour lesquels nous n’avons pas de substitut : engrais, fertilisants, pesticides, solvants et plastiques.

      C’est essentiellement au pétrole à bon marché et à ses dérivés que nous devons l’extraordinaire croissance économique du dernier siècle. C’est l’abondance de l’or noir à faible prix qui a propulsé l’industrie automobile, ouvert les autoroutes, bâtie la banlieue, démocratisé l’accès à la propriété immobilière pour de nouvelles couches sociales, rendu possible l’existence d’une classe moyenne, fertilisé la révolution verte et l’industrie agro-alimentaire, graissé et bichonné la société de consommation, étendu la mondialisation des biens et des marchandises, etc. Et je ne parle même pas des bénéfices sanitaires de l’abandon du cheval comme moyen de transport (le purin empilé dans les rues des villes) et du charbon comme combustible (plus polluant que le diesel).

      C’est le pétrole à bon marché qui fait rouler (au sens propre comme au figuré) l’économie. Il est dans la tank à gaz, dans l’asphalte, dans l’acier, dans le béton, dans le jardin, dans le frigo, dans nos assiettes, dans l’ordi, dans à peu près tous les biens de consommation imaginables (parce que extraction, transformation et transport).

      Or, lorsque celui-ci ne sera plus bon marché, les coûts se feront sentir à tous les niveaux et c’est l’ensemble des activités économiques qui s’en trouveront affectées. Cela voudra dire une série de récessions toujours plus fortes et toujours plus longues, une spirale récessive, et la décroissance. A terme, ce sera la fin du mode de vie suburbain et la disparition d’homo banlieusardis mais aussi de la société de consommation, voire même de la mondialisation commerciale (les coûts de transport freineront l’importation et l’exportation des biens).

      Après tout, si les t-shirt fabriqués pour presque rien en Chine prennent toute la place ici c’est parce que le coût du carburant nécessaire à leur transport d’un bout à l’autre du monde le permet. Mais viendra un temps où les hausses de coûts de transport grugeront et effaceront les avantages comparatifs entre partenaires commerciaux internationaux. Le bon côté, pour nous, c’est que l’on peut prévoir des relocalisations d’entreprises de t-shirt ici même. Le mauvais côté c’est que le café, les oranges, les bananes, les kiwis et les aubergines chinoises à la pelure mauve deviendront des produits de luxe… Les hivers vont être longs et les légumes hors de prix.

      Ce qui me ramène à l’industrie agroalimentaire, laquelle carbure goulûment au pétrole et au gaz naturel d’un bout à l’autre de la chaîne de production et de transformation, pour ne pas parler du transport. Selon les scénarios admis, cette industrie sera l’un des secteurs les plus touchés. Les pronostics les plus pessimistes parlent de pénuries alimentaires en Amérique du Nord même…

      La structure agricole et industrielle du 19e siècle n’aurait pas pu nourrir les quelques 400 millions de nord-américains de 2006 – c’est grâce à la révolution verte (cultivée à grand renfort d’engrais, de fertilisants et de pesticides), à l’industrialisation de l’agro-alimentaire et aux réseaux de transport si on peut nourrir autant de gens aujourd’hui. Or, pour produire une calorie de nourriture, il en faut dix d’hydrocarbure en moyenne… avant même le transport. On s’entendra que l’on pourrait très bien vivre sans les Monsanto, General Food et autres multinationales tentaculaires mais là on parle de simple subsistance.

      Donc, et pour résumer, le pétrole n’est pas un bien de consommation comme un autre. C’est le building block de l’économie et des sociétés modernes, la source même de notre prospérité phénoménale à l’échelle de l’histoire, ce sur quoi reposent l’économie mondiale et notre niveau de vie, voire notre survie même.

      Voilà pourquoi il n’est pas exclu que le pic pétrolier nous fasse basculer dans un nouveau “Moyen-âge post-industriel” ou dans un nouvel “âge de pierre post-industriel”.
      ***

      Reste les incitatifs à réduire la consommation d’hydrocarbure et les soit disantes énergies alternatives…

      Je suis très, très sceptique vis-à-vis l’efficacité des campagnes de réduction de consommation d’hydrocarbures (une façon de repousser les échéances et de gagner du temps mais sans plus) et vis-à-vis les soit disantes énergies alternatives (elles ne sont ni prêtes ni applicables à grande échelle ni même “alternatives” – mais toutes dérivées du pétrole).

      Notre problème de dépendance envers le pétrole et ses dérivés n’est pas d’ordre technologique au sens reçu du terme, il est économique et civilisationnel au sens fort. La civilisation dans laquelle nous vivons repose sur le paradigme d’une croissance illimitée, croissance que nous devons essentiellement aux huiles fossiles. Nous entrerons bientôt dans un monde où ce ne sera plus possible, où les limites nous rattraperons.

      A terme, je n’entrevois pas de solution unique mais plutôt une multitude d’alternatives locales et bricolées selon les ressources disponibles. Ça et l’inévitable gestion de la décroissance. Mais ce n’est pas un discours populaire.

    • Il y aura encore du pétrole dans deux siècles mais à quel prix? Économie 101 la rareté d’un produits ou d’un service entraîne l’augmentation de son prix, alors les consommateurs peuvent soit acheter ce produit à un prix plus élevé, s’en passer ou le substituer. En pratique le prix du pétrole va encore et encore s’accroître, les plus pauvres sur terre vont devoir s’en passer même si ça veut dire manger moins, l’immense population des classes moyennes va devoir prendre les transport en commun et le vélo, (j’utilise un vélo électrique, c’est super) mieux isoler des maisons et chauffer mois etc, et comme toujours les plus riches, surtout ceux qui auront investi dans l’énergie, vont faire plus de fric.

      Et tant mieux ainsi on va probablement éviter de détruire notre planete.

    • Un pic ?

      Pour un conspi comme moi, c’est du connu, le pic. Voyez-vs avec les émergents, nous, les Hommes consommons plus au quotidien que la production pétrolière à chaque jour. C’est Hubbert, en voulant en savoir plus, qui a mis au point des recherches, pour en fixer la donne. Il a créé la courbe de Hubbert pour actualiser le “pic”.
      Le plus important, pour moi, c’est que depuis le fameux pic terroriste le baril d’or aura passer de 15$ environ, à la folie d’aujourd’hui, +100$. J”ai appris de Daniele Ganser sur You Tube sa synthèse et tout le tralalalalère. Je dis le + important pour mon fonds de pension.
      Moi ce qui me frustre c’est le moteur roue et tous ces gadgets qui nous déplacent et qui balanceraient le pétrole au rang de machin polluant comme le stuff d’Asbestos.
      En Angleterre, pour qui le moteur roue fonctionne ? Ditemele !

    • dsl ! je me suis gourré c’est sur daily motion et voici le lacet…

      http://www.dailymotion.com/relevance/search/Daniele%2BGanser

    • Si l’essence grimpe à 4$ du litre, pensez-vous que ca va empêcher les grandes puissances de faire la guerre à d’autres pays?

    • Bin non, n’ayez crainte… D’ici là, Vidéotron va avoir mis en marché son service de téléportation. “Tzwip!”, et vous vous rendrez chez votre beau-frère ou au resto dans le temps de cligner des yeux!…

      Bon, ça dépendra toujours… Si vous n’avez pas opté pour le service “Extrêêêêêêême!” (lire: à vitesse normale, tolérable…), vous vous rendrez en une heure ou plus, peut-être avec un membre en moins ou avec une oreille dans le front, ou avec un morceau de mouche dans le corps, dûs aux incroyables délais sur leur réseau ou à sa piètre qualité…

    • Si chaque ménage à son âne, ça va produire autant de gaz à effet qu’avoir des voitures. Ça pète c’est petite bête la!

    • tous à fait d’accord avec bobidoc,
      le problème n’arrivera pas dans 41 ans d’un coup sec, c’est lorsque le taux d’extraction sera inférieur à la demande soit demain matin, ou dans un ans ou dans 5 ans. En passant, comme le taux d’extraction va chuter il restera encore du pétrole dans 41 ans mais à un prix exorbitant pour les standard d’aujourd’dui.

    • Qu’est-ce que l’ânesse a répondu quand son âne de mari lui a proposé de faire un autre enfant, en ce temps de flambée du prix du pétrole?

      “Ânon!!!”….

      (S’cusez-la…)

    • peak oil? C’est bien pire: peak tout!

      L’erreur que nous faisons tous est de penser que nous n,avons qu’à remplacer le pétrole de nos voitures par un autre carburant (genre éthanol cellulosique ou biodiesel) ou par des technologies électriques. Ça prendrait au minimum 10 ans avant que l’essentiel de la flotte de véhicules personnels au québec soit remplacée et ce, si les solutions hybrides et électriques étaient vendues au même prix que les véhicules à essence. Nous n’avons pas 10 ans! Nous n’avons surtout pas 41 ans! J’y reviens.

      Pendant ce temps, 28,000 véhicules neufs s’ajoutent à chaque JOUR au réseau routier chinois. C’est en grande partie ce qui explique l’énorme demande et l’hyper-sensibilité des marchés. Ajoutez à cela l’Inde, le Brésil, les pays du Moyent-Orient eux-mêmes chez qui la demande explose litéralement…. pensez-vous vraiment que nous pouvons nous permettre d’attendre le “miracle” technologique?

      De façon générale, les économistes pensent que les prix élevés vont “détruire” la demande et finir par faire réduire les prix. C’est à mon avis sous-estimer la demande des pays ci-haut mentionnés. Même si les États-Unis et l’occident en général était en profonde récession prolongée, la Chine aurait quand même une croissance interne de 8%!!! Ils achètent tout ce qu’ils peuvent sur les marchés: pétrole, gaz naturel, acier, platine, riz… Toutes les matières premières voient leur prix doubler et même tripler, et ce n’est pas temporaire! À titre d’exemple, le charbon “coke”, utilisé comme combustible pour les aciéries demandant une énergie intense, vient de tripler!!

      Ce que tout ça veut dire? Qu’il y a maintenant au moins 2 milliards de personne qui aspirent à vivre la vie “insoutenable” (unsustainable) que nous avons ici. Manger de la viande et des produits laitiers, acheter une voiture, du matériel informatique, des gogosses qu’on remplace dès que ça brise…

      En continuant le BAU (business as usual), c’est à dire une société entièrement basée sur la croissance économique, on se tire dans le pied! Je vous suggère de lire à ce sujet sur les théories malthusiennes (de Malthus) qui sont drôlement d’actualité. En gros, il dit que toute civilisation qui ne contrôle pas ses naissances va se retrouvé avec un méchant problème… C’est assez simple: la population d’une civilisation “saine” (par exemple notre civilisation du pétrole – si notre civilisation s’est développée de façon hallucinante c’est bien à cause du pétrole) augmente de façon exponentielle alors que l’extractions et production des ressources elle, ne peut se faire que de façon linéaire:

      voyez:
      population: 1,2,4,8,16,32,64,128,256,…
      ressources: 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10…

      Pour ceux qui veulent en savoir plus sur le peak oil, j’ai mis quelques liens et documents pdf (Energy Watch Group, ASPO, rapport Hirsch…) sur mon site:

      http://www.picpetrolier.net

    • S’il reste vraiment 41 ans de pétrole, la solution alternative (à tout le moins pour le transport) devra être trouvé dans les 10 prochaines années. Le renouvellement du parc automobile mondial ne se fera pas en criant ciseau…

    • Certain énomiste nous disent que la monté du prix du pétrole est due à de la pure spéculation, mais alors où sont les réserves?

      à lire: http://www.nytimes.com/2008/05/12/opinion/12krugman.html

    • Ce que je retiens le plus de l’interview avec le professeur Mousseau, c’est cette petite phrase: “L’adaptation à un système sans pétrole ne peut pas se faire sans efforts et sans imagination.” On pourrait ajouter que toutes les périodes de transition ont leur lot de heurts et difficultés.

      À l’échelle de l’histoire du monde civilisé (il y a 4000 ou 5000 ans, ailleurs qu’en Occident il existait des villes avec des égouts et des aqueducs. Nos belliqueux ancêtres européens grognaient encore aux portes des cavernes…), une période de 50 ans c’est archi-court.

      C’est pendant ce cours de ce cours laps de temps que nous avons développé un mode de vie dont la pierre angulaire est une ressource ÉPUISABLE ET LIMITÉE. Aujourd’hui, nous voudrions rendre perpétuelle une façon de vivre assise sur du temporaire.

      Dans des sociétés qui ont érigé en valeur l’auto-bichonnage et dans lesquelles l’accès au confort ouaté est un objectif de vie individuelle sacré, suggérer de faire des sacrifices et de s’adapter aux réalités futures incontournables est perçu comme un dogmatisme extrémiste relevant d’une utopie écologiste.

      Il faudrait se demande si le dogmatisme n’est pas plutôt du côté de ceux qui dénient l’évidence afin de mieux s’enfoncer dans l’illusion d’un possible avenir semblable aux facilités du présent. Il est plus confortable pour certains esprits habitués à l’aisance d’insulter ceux qui annoncent un avenir difficile que d’admettre qu’on s’est peut-être engagé dans un cul-de-sac avec notre mode de vie “pétrolivore” à tous les plans.

      Si cette attitude avait prévalu il y a cent ans, nous en serions encore à l’huile de baleine comme principale technologie d’éclairage domestique mais avec une ressource naturelle éteinte…

      Durant le “petit âge glaciaire” qui dura du XV au XVII siècles, les français furent les seuls européens à ne pas adopter la culture de la pomme de terre, plus facile que le blé à être cultivé dans des conditions climatiques rigoureuses. Pendant que les autres mangeaient des patates, ils voyaient leurs champs incapable de rendre le blé à maturité à cause de trop courts étés. Mais le pain avait meilleur gout que la patate… Il souffrirent tellement plus que leurs voisins de la faim qu’il se révoltèrent et prirent la Bastille le 14 juillet 1789. Heureusement pour les révolutionnaires, cette révolution politique coïncida avec le retour d’un climat plus clément, ce qui permit la pérennité de nouvelles valeurs politiques dont nous sommes héritiers. Il est possible d’imaginer ce qu’il serait devenu de la société française si les courts étés eurent prévalu un siècle de plus.

    • Ce qui me choque dans vos messages, c’est le fait que VOUS NE VOULEZ PAS QUE LA FOLIE DE LA GRO-EXTRACTION DE PÉTRÔLE CESSE. Voulez-vous rouler en autre chose qu’un bazou générateur de CO2 ? Un bazou qui transforme votre argent en éléments destructeurs de la planète ? Voilà la question. Si oui, diminuer votre consommation de pétrôle, la demande diminuera et les compagnies commenceront peut-être à se poser des questions comme : “Peut-être les gens préféreraient-ils se déplacer plus intelligemment ?”.

      Certains disent “Je suis croyant que l’humanité trouvera de meilleurs moyens pour ce qui est de l’énergie de nos bazous.” Ceci dénote une inconnaissance du sujet CAR IL EXISTE DEPUIS LONGTEMPS D’AUTRES SOURCES D’ÉNERGIE, BEAUCOUP PLUS PUISSANTES ET NON POLLUANTES, MAIS COMME LE PÉTRÔLE REPRÉSENTE LA BASE DE L’ÉCONOMIE ACTUELLE, CES GOUVERNEMENTS NE VEULENT PAS DÉSTABILISER CETTE STRUCTURE. L’électricité, la magnétohydrodynamique (des drones ont déjà été testés pour voler à des vitesses supersoniques où le combustible primaire… c’est l’air même), etc. etc. Les gouvernements ne veulent pas réellement prendre en compte les travaux des scientifiques. La planète Terre souffre présentement d’une indigestion de son savoir car il ne l’exploite point pleinement. Pour ce qui est des biocarburants, c’est la pire honte scientifique et humaine.

      Voilà.

    • Oublions pas une chose, c’est le peak de “conventionnal oil supplies” dont on parle ici.

      Les sables bitumineux n’en font pas partie ainsi que les réserves maintenant accessibles grâce aux nouvelles technologies d’extraction.

      Le Brésil débute en ce moment le forage de plusieurs puits en eaux très profondes, les Danois ont mis au point le forage horizontal en Mer du Nord qui leur permettra de rejoindre de nouvelles poches adjacentes à celles qui sont en fin d’exploitation.

      Il faut également ajouter à cela les résultats qu’obtiendront les Russes et Américains dans l’Arctique durant la prochaine décennie.

      Ce n’est certainement pas le manque de pétrole brut qui joue sur le prix à la pompe, aucun rapport. C’est la capacité de raffinage qui est contrôlée à la baisse depuis des années.

      Si on cesse de couper des arbres, on peut en bruler du gaz… tant qu’on veut! Ça bouffe du CO2 un arbre, ça le transforme en carbone (bois). Plus ils absorbent de gaz à effet de serre, plus ils poussent vite. Non?

    • Tiens bodidoc viens nous sortir les mensonges du lobby du pétrole. La crise du pétrole des années a été une fabrication, de l’OPEP, des gouvernements qui se ramassent un taxe et des spéculateurs.

      Je te conseille l’histoire secrète du pétrole produit par TF1, ça va remettre en question les mythes que tu racontes. (sur la pénurie de 1970)

      Cette partie traite justement du sujet

      http://video.google.fr/videoplay?docid=-8157924255436204952&q=&hl=fr

      Les 7 autres sont aussi fort intéressant

      Par contre, lui nous parle de la crise artificielle du pétrole de 1973, où il y a eu une supposée pénurie, pourtant, les réserves de pétroles des pays supposément touchés était plus élevées à la fin de la pénurie qu’au début. Trouvez l’erreur.

      C’est la naissance des spéculateurs, des brokers!

      Et aujourd’hui l’industrie pétrolière, qui s’est recyclé dans l’énergie en général fait monté les prix du pétrole pour rendre ses autres énergies, dites alternatives, beaucoup plus dispendieuses, attrayantes.

      Pire, elles reçoivent des subventions de nos bons gouvernements imbéciles pour des recherches afin de trouver d’autres sources d’énergies, ou plutot de profits.

      Et ces entreprises font tout pour garder le controle sur le marché de l’énergie, donc retarde au maximum les innovations, car la rareté ou plutot, la pseudo rareté de l’énergie leur est profitable.

    • Skill, t’as tout à fait raison, les forêts dans le monde ont une croissance accélérée depuis environ 20 ans. Tout ça grave au CO2 qui est capté par ses plantes qui en ont besoin pour la fabrication de leur bois, majoritairement composé de CARBONE.

      Tandis que le réchauffement climatique lui est en décélération depuis le début du 21 ième siècle.

      Et t’as raison aussi sur le fait que les réserves dites de pétroles non conventionnelles sont en explosion, une des raisons est qu’un pétrole non rentable hier, l’est aujourd’hui.

      Mais bon, l’histoire se répète, une élite hyper puissante nous rejoue le jeu de 1973 afin de se faire un pécule sur notre dos et probablement dans le but de limiter le développement des pays en développement et de forcer les monde à limiter la population mondiale.

      D’ailleurs, ces même gens se retrouvent dans le Club de Rome, dans le fond mondial pour la nature(WWF), les Georgia GuideStone et autres conneries du genre.

      Et ça marche en plus, on a qu’a lire certains.

    • De Wikipedia:
      Sur les cheveaux:
      “The earliest evidence for the domestication of the horse comes from Ukraine and dates to approximately 4,000 BC.”
      Sur les voitures:
      “François Isaac de Rivaz, a Swiss inventor, designed the first internal combustion engine, in 1806, which was fuelled by a mixture of hydrogen and oxygen and used it to develop the world’s first vehicle to run on such an engine.”

      Donc en admettant que l’on soit genereux, disont que l’humanite ne c’est pas trop mal debrouiller entre 3500 BC et 1850 sans la voiture. Alors pourquoi tout le monde se mets a freaker quand on leur dit qu’il ne reste que 40 ans de petrole?
      On va juste trouver un autre moyens de se deplacer ou retourne aux cheveaux… “En ville sa va etre l’enfer avec les cheveaux!”, alors redemarons le systeme de tramway electrique qui fonctionnais tres bien avant que GM mettent la main dessus, fermons les rue aux auto et sortons les velos!

      Bordel, mon grand-pere labourais ses champs avec son cheval et il n’ai pas mort pour autant et il a toujours eux quelque choses a bouffer.
      Calmons nous et sourions a l’idee que ceux qui s’en mette plein les poches aujourd’hui seront les pauvres de demain…

    • @philippedubeau,

      qu’est-ce qui empêcherait une course vers un matériel de remplacement du plastique? On fait bien des sacs avec d’autre chose que du plastique.

      Si un produit de consommation n’est pas éternel, pourquoi ne pourrait-il pas être biodégradable après son temps utile?

      Je lance ça comme ça…

      http://renartleveille.wordpress.com/

    • À lire les commentaires de certains pédagogues de la bonne conscience économique par des énumérations puisées tout droit de la dernière parution de 7 jours expliquant le pic pétrolier et les ramifications de celui-ci. j’ai la vive impression que soit ils possèdent des stock options chez Shell ou Exxon, soit ils aiment mieux croire que le “peak oil” est devant nous et non derrière… que l’Arabie Saoudite, par simple folie furieuse, s’amuse avec ses réserves pour l’offrir qu’à la Chine exclusivement, afin de combler leurs demandes..Certes, Neil Armstrong était dans un studio d’Hollywood lorsqu’il a posé son pied sur la lune, il fut filmé et ensuite Walt Disney, tel un fier américain, c’est fait cryogèné afin de “dégeler” dans 40 ans…D’accord, je renonce, devant votre complot véritable, je ne peu que constater les dégâts et de grâce, continuer à croire au miracle de la Vierge Marie de Ste-Marthe-sur-le-Lac…

    • Simon, c’est toi qui parle comme actionnaire d’Exxon, mais bon, t’as le droit de dire des insignifiances et faire des allusions aux petits bonshommes quand une personne parle de complot, c’est à dire de petits arrangements entre amis pour se faire un max de blé.

    • Si le pic pétrolier était un fait véridique, les compagnies pétrolières en parlerait eux-même pour justifier leur hausse de prix.

      Anyway…

      Quand la Chine a commencé à installer le téléphone dans toutes ses régions, on a commencé à parler de pénurie de cuivre (les fils de téléphone sont en cuivres)

      Devinez quoi ?

      Il ‘y a jamais eu de pénurie de cuivre parce qu’entre temps on a découvert la… fibre optique !

    • @bobidoc :
      Probablement la meilleure intervention sur ce sujet.

    • @ bobidoc

      Excellente analyse. Quelle lucidité !

      Mais qui en tiendra compte ?

      Criez sur tous les toits « globaux ».

      Quelle complexité. Et ça continue…

    • Merci à ceux et à celles qui ont exprimé de bons mots au sujet de mon intervention.

      @skill :

      Les sables bitumineux de l’Athabasca sont de véritables sables mouvants énergétiques : leur exploitation est économiquement coûteuse, énergétiquement peu rentable, écologiquement désastreuse et matériellement entravée à brève échéance… On ne les range pas dans la catégorie de “réserves non conventionnelles” pour rien.

      L’exploitation des sables bitumineux requiert des quantités phénoménales d’eau potable (il faudrait l’équivalent du lac Michigan pour traiter la totalité du gisement de l’Athabasca) et de gaz naturel (celui-ci étant particulièrement essentiel à la transformation du minerai en brut synthétique). Quant à la production actuelle, elle reste négligeable à l’échelle mondiale : les exportations canadiennes combinées de brut et brut synthétique aux USA (où nous écoulons l’essentiel de notre production pétrolifère) y comptent pour 9% de la consommation nationale, soit un peu moins de 2,5% de la consommation mondiale.

      Or, les pénuries d’eau potable se font déjà sentir à Fort McMurray… et il en sera de même, à moyen terme, pour le gaz naturel. La production gazifière tant albertaine que canadienne est en déclin, le 2/3 des réserves prouvées est épuisé, les demandes résidentielles et industrielles au Canada et aux USA vont croissantes… Quelqu’un quelque part sur ce continent devra s’en priver d’ici une dizaine d’années. Étude récente de l’université d’Uppsala à ce sujet, réalisée pour le compte de l’industrie canadienne des sables bitumineux :

      http://www.peakoil.net/uhdsg/20060608EPOSArticlePdf.pdf

      D’où le feu vert du gouvernement Harper au nucléaire en Alberta, le seul substitut envisageable (outre le bitume lui-même, une véritable soupe à GES) au gaz naturel quand celui-ci viendra à manquer.

      Mais ce n’est pas encore fait. Et ça ne règle pas le problème d’approvisionnement en eau.

      Ni celui des impacts environnementaux de cette industrie qui transforme le nord albertain en un immense dépotoir toxique à ciel ouvert.

      Les sables bitumineux ne nous ’sauveront’ pas : leur exploitation entraine des externalités négatives que nous ne pouvons déjà plus refouler, l’épuisement des ressources nécessaires à cette exploitation n’étant pas la moindre d’entre-elles. Pas une solution donc, plutôt un symptôme manifeste de la névrose socio-techno-logique qu’entraine notre problème de dépendance envers les huiles fossiles.

    • @bobidoc

      Merci de ton commentaire (sérieux).

      J’ai peut-être passé pour un Dick Cheney avec mon commentaire mais rassurez-vous, ce n’est pas cas. Je suis par contre très au fait des répercutions environnementales de l’exploitation des sables bitumineux. Je suis parfaitement convaincu que l’Alberta fait une gaffe monumentale en précipitant tout leur territoire (surtout celui des Premières Nations) à une mort certaine et douloureuse.

      Mon propos, je l’ai relis encore depuis, ne devait être autre que chose que la dénonciation d’une autre fausse crise pétrolière coïncidant avec une guerre sans issue des Américains, exactement le même scénario qu’il y a plus de trente ans.

      Pour ceux que ça intéresse, je suis plutôt du genre qui projette la construction (très bientôt) d’une habitation autonome. J’utilise également le transport en commun pour aller au boulot au centre-ville. J’ai un SUV, que j’use à peine de 12 000 km par année dont 20% ce fait dans le bois et je recycle tout ce qui l’est tout en surveillant étroitement notre consommation d’électricité.

      On me “traite” d’écolo souvent… mais pas de cave. Les histoires du Bonhomme 7h, j’commence à en avoir plein le cul.

      La terre tout comme l’humanité ne court pas à sa perte. Il y aura probablement un autre grand ménage de Mère Nature bientôt, faudrait simplement être prêt à y faire face. Je ne conseillerai à personne de s’acheter une propriété avec “ocean view” que se soit sur la Côte Nord ou en Californie. Il y aura de gros changements dans notre centenaire, c’est certain. Est-ce qu’un mouvement global de lucidité décidera d’y passer un peu de temps de réflexion? Avec les ti-counes qu’on (les pays “riches”) élit à répétition, j’en suis pas certain.

    • On ne manquera pas de pétrole dans 41 ans, mais dans quelques années à peine. Et ce que le prof ne dit pas, c’est que d’ici ce quarante-un années (bien hypothétique) le prix aura augmenté bien au-delà de ce que nous pourrons nous permettre.

    • Le pic pétrolier est passé, la production est en baisse et la demande est en hausse ce qui va faire de l’or noire un produit aussi rare que l’or. Préparons nous à de gros changement dans nos modes de vie. Tant qu’à moi c’est extrement bénéfique pour l’humanité; assistez à la disparition de l’automobile (2 tonnes de ferrailles polluante) et surtout à la disparition des banlieues typiques nord américaines ( étalement de maison cheap et sans âmes, de boulevard Tashereau, de club price et autres dix30)…
      http://www.endofsuburbia.com/

    • Si tous les montréalais le moindrement en forme prenaient juste la peine d’aller travailler en vélo, l’été, on en aurait pour au moins 80 ans, du pétrole… Et en plus, on serait pas mal plus en santé! Félicitons la ville de prendre conscience du problème et d’investir dans un projet de vélos libre-service! Plus d’infos à www.avelocitoyens.com .

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