Patrick Lagacé

Archive, mars 2008

Lundi 31 mars 2008 | Mise en ligne à 23h23 | Commenter Commentaires (28)

Gorbachev, Reagan, l’Islande et un ti-cul

time-gorby-rr.jpg

Vous ai-je déjà dit que j’étais un ado un peu sérieux ?

À 13 ans, je lisais La Presse, tous les cahiers, un peu en diagonale. Le cahier des sports, surtout. Mais l’édito et les nouvelles très sérieuses du cahier A, aussi. Les chroniqueurs avaient d’interminables colonnes, à la droite des pages de droite. Ils écrivaient tout ça à la dactylo. Ils devaient se faire des bursites terribles dans les doigts, les pauvres. Enfin, tout ça pour dire que j’avais la bizarre habitude de lire le journal en mangeant mes Captain Crunch le matin, avant d’aller à l’école. En secondaire II…

Il faut dire que l’actualité m’obnubilait depuis longtemps. À 8 ans, mon père avait demandé à ma gardienne de ne pas me laisser lire le Journal de Montréal au complet : seulement les pages sportives. C’est que, voyez-vous, je lisais les premières pages et je découpais les avis de recherche. Vous savez, quand la police publie un portrait-robot, ou une vieille photo d’un criminel en fuite ? Je découpais ça, je mettais ça dans mes poches, au cas où je croiserais un type correspondant à la description du filou…

Quand mon père a trouvé quelques-unes de ces photos en faisant la lessive (enfin, peut-être que c’est son épouse qui faisait la lessive), il s’est inquiété et a demandé à la gardienne (si tu me lis, Micheline, allô) de censurer un peu mes lectures. Pas grave, je lisais tout le contenu (beaucoup plus sanglant, le JdeM, dans les années 1980) du tabloïd de M. Péladeau intégralement, en cachette…

L’ado sérieux, donc. À 13 ans, je lisais La Presse. À 14 ans, ma mère a décidé de m’abonner à Time. Elle voulait que j’améliore mon anglais. J’ai toujours compris l’anglais, because la famille de ma grand-mère maternelle, fille d’une immigrante écossaise. Mais à 14 ans, disons que je ne comprenais qu’un mot sur deux…

Comment ? Si j’étais un nerd ? Pourtant, non. Je lisais La Presse, je lisais Time, mais à l’école, rien d’extraordinaire : élève moyen, notes dans les 70, un peu paresseux. Plus intéressé par mes entraînements de soccer et l’achat de gants de gardien de but Uhksport que par l’algèbre et le complément d’objet direct…

Reste que je dévorais Time, c’était une fenêtre sur les États-Unis, le pays rival de celui qui me fascinait : l’Union soviétique. Avis aux jeunes lecteurs : je suis un enfant de la Guerre froide. Et l’URSS était une bibitte séduisante, mystérieuse, romantique et communiste, à l’époque. Tout ce qui touchait la rivalité entre les deux superpuissances, dans Time, me poussait à sortir mon dictionnaire français-anglais…

Bref, tout ça pour dire qu’à 14 ans, j’étais probablement le seul ado de toute l’île Jésus à s’intéresser à cet événement historique que fut le sommet Reagan-Gorbachev, en novembre 1986. Sommet qui m’a fait découvrir cette petite roche sur mon globe, dans l’Atlantique Nord : l’Islande. J’étais subjugué par les reportages sur cette rencontre au sommet entre les deux maîtres du monde, celui du Monde Libre et celui de l’Empire du Mal. L’Est et l’Ouest, dans un petit pays inconnu, ou presque, à mi-chemin entre les capitales de deux superpuissances.

C’était l’époque, jeunes lecteurs (je vous dis ça sur le ton de Grand-Papa Bis), où des mots comme « transfuge », « défection », « RDA », « Pacte de Varsovie », « destruction mutuelle assurée » et « Politburo » étaient monnaie courante dans l’actualité. C’était aussi l’époque où une guerre nucléaire entre les USA et l’URSS était dans le domaine du possible (mais pas Gorby, en tant que porte-parole de Louis Vuitton, ooooh non !). On freakait très fort sur l’holocauste atomique hypothétique. Le champignon nucléaire était le ben Laden de l’époque. Justement, le sommet de Reykjavik mettait le désarmement nucléaire au menu…

Enfin, long, très long détour pour vous dire ceci : Ridley Scott va tourner un film sur le sommet Reagan-Gorby de Reykjavik. Paraît que ce fut plein de rebondissements, en coulisses. Qui jouera le camarade secrétaire général du PC ? Qui jouera Ronald Reagan ? Ah, tant de questions…

Et, aussi, pour vous dire un autre truc, qui n’a presque pas rapport, mais dont je suis assez satisfait : en mai, je m’en vais en Islande. Si vous y êtes déjà allé et qu’un élan de générosité vous pousse à partager quelques conseils avec moi, eh bien mon courriel se trouve dans ma bio, à droite, je vous remercie à l’avance…

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Geyser islandais célébrant la venue du sommet USA-URSS, en 1986

Ou comme, dirait Gorbachev : spassiba.

***
Autres cossins

Fans de Joe Dassin, au garde-à-vous : son père, Jules, cinéaste, est mort.

Les Remparts ont éliminé les Sags.

Saku a une fracture au pied.

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Max Mosley est le tout-puissant président de la FIA (Fédération internationale de l’automobile), qui gouverne la F1. Le Britannique est un type puissant dans ce paradis des jeux de coulisses qu’est la F1.

Mais ce qu’il fait dans les coulisses de sa vie privée vient de devenir public, très, très public. Le journal londonien News of the World a mis en ligne une vidéo montrant Mosley dans un bordel de Chelsea, avec cinq prostituées. Jusqu’ici, eh bien, il s’agit d’une histoire touchant les goûts coquins d’un adulte vacciné prêt à payer 5000$ pour cinq heures de « cardio » à poil. Jusqu’ici, cette histoire n’a rien à foutre dans un journal.

(Le clip est ici.)

Le hic : la thématique de ces cinq heures de partouze est un peu troublante. Mosley a payé 5000$ pour un jeu de rôle dans lequel il a été traité comme un prisonnier dans un camp de concentration nazi. Les prostituées jouaient le rôle de gardiennes (je crois que Mosley a aussi joué au gardien).

Ouch.

Mon pif de journaliste (qui est considérable, comme chacun le sait), me dit, à ce point de l’histoire, qu’il s’agit encore d’un truc privé.

Sauf qu’il y a un détail. Le père de Mosley, Oswald, était le leader d’un parti fasciste britannique, avant la Deuxième guerre mondiale. Ce bon Oswald a été interné pendant le conflit. Ah, j’oubliais, un autre truc : Hitler était au mariage du père de Max Mosley, mariage qui a eu lieu chez Joseph Goebbels.

Contexte : comme un peu partout dans le monde civilisé, on ne niaise pas, en Angleterre, avec les niaiseries nazies. Le pays a été bombardé par la Luftwaffe et des milliers de Britanniques sont morts dans des combats contre les nazis. Il y a quelques années, le prince Harry s’est mis dans le pétrin quand il est sorti, pour le fun, habillé en nazi.

Bref, avoir été le boss de ce journal, devant ce clip, je ne sais pas trop ce que j’en aurais fait. Le contexte est, disons, troublant. Tiens, jouons à un jeu de rôle à notre tour (restez habillés, les amis) : vous, avoir été le patron, vous auriez fait quoi ?

Sur YouTube, le clip propriété de News of the World n’est plus dispo.

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Lundi 31 mars 2008 | Mise en ligne à 7h22 | Commenter Commentaires (45)

Un pitbull aux trousses de Benoît Labonté


Clip promotionnel de Benoît Labonté

Le maire de l’arrondissement Ville-Marie a lancé sa campagne au leadership de Vision Montréal, hier. Il a notamment parlé d’audace dans une présentation à l’américaine, selon Jean Lapierre, de CKAC, qui relate l’événement au moment où j’écris ces lignes. Grand moment dans la vie d’un aspirant à la mairie de Montréal, n’est-ce pas… Une première étape vers la mairie de Montréal, donc.

Malheureusement pour lui, mauvais timing, dimanche et aujourd’hui, un pitbull l’a mordu.

Dimanche, c’était le mollet droit.

Aujourd’hui, c’est le gauche.

Doux, Michèle, doux.

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